Labbaye de Westminster construite par Augustus Welby Pugin est l'un des édifices religieux les plus célèbres de Londres. Sa construction date pour l'essentiel du , sous . C'est le lieu de sépulture d'une partie des rois et reines d'Angleterre et aussi des hommes et des femmes célèbres. Le Coin des poètes fait honneur aux écrivains du royaume. La quasi-totalité des couronnements des monarques anglais a eu lieu dans cette abbaye.

signifie « abbaye de l'Ouest » car celle-ci se situait à l'ouest de la City (en opposition à , monastère cistercien qui se trouvait à l'est, au-delà de la tour de Londres, sur le site de l'actuelle Royal Mint). En ancien français, l'abbaye de Westminster se nommait Ouestmoustier (en latin west-monasterio).

Elle est classée au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1987.

Histoire vignette|gauche|redresse|Entrée nord de l'abbaye. vignette|gauche|redresse|Canaletto, La Chapelle d', début des années 1750, collection privéeCatalogue Sotheby's.

Selon la légende, l'abbaye aurait été fondée en 616, sur le site d'un ancien îlot de la Tamise baptisé (« île de Thorn »). Un pêcheur nommé Aldrich y aurait été témoin de visions de l'apôtre Pierre.

Au , Dunstan de Cantorbéry y installa une communauté de moines bénédictins avec l'appui du roi Edgar le Pacifique.

Par la suite, au milieu du , le roi anglo-saxon Édouard le Confesseur fait construire son palais sur les rives de la Tamise à proximité du monastère, qu'il décide alors de construire avec des dimensions plus grandes, et qu'il dédie à saint Pierre. L'abbatiale est consacrée le , peu avant la mort du souverain le Eric Fernie, « Edward the Confessor's Westminster Abbey », dans : Richard Mortimer (éd.), Edward the Confessor: The Man and the Legend, The Boydell Press, 2009, p. 139-143.. Le , Édouard le Confesseur est enterré dans l'église ; neuf ans plus tard son épouse, Édith de Wessex, est enterrée à ses côtésPauline Stafford, « Edith, Edward's Wife and Queen », dans : Richard Mortimer (éd.), Edward the Confessor: The Man and the Legend, The Boydell Press, 2009, p. 137..

L’Angleterre est ensuite envahie par le duc de Normandie Guillaume le Conquérant : celui-ci se fait couronner roi d’Angleterre dans l’abbatiale le ..

Au , (1207-1272) décide de reconstruire l'église dans le style gothique. Il s'agit pour lui de suivre la mode architecturale et de donner un écrin splendide à la sépulture d'Édouard le Confesseur : son corps est exhumé et placé dans un nouveau tombeau en 1269. Les plans sont dessinés par Henry de Reynes (mort en 1254).. Afin de valoriser le lieu et d'en faire un centre de pèlerinage, il adjoint à la dépouille de l'ancien roi une relique contenant le Précieux-Sang du Christ. Une procession, où le roi Henri III porte lui même le vase en cristal contenant le sang du Christ, est organisée en 1247. L'installation de cette relique procède aussi de la volonté du roi de concurrencer la Sainte-Chapelle de Saint-Louis où se trouve notamment la Couronne d'épines.

En 1376, l'architecte Henri Yevele refait entièrement la nef. On lui doit également des travaux dans la tour de Londres et le palais de Westminster.

Entre 1503 et 1519, sous les règnes d' et d', on construit la , aujourd'hui connue sous le nom de chapelle Henri-. La Renaissance artistique influence l'édification de cette partie de l'abbatiale et des artistes italiens y travaillent, comme le sculpteur Pietro Torrigiano.

En 1540, les moines bénédictins sont forcés à quitter le monastère lors de la dissolution des Monastères sous le règne d'Henri VIII et celui-ci érige l'abbaye en Cathédrale du nouveau diocèse de Westminster..

A l'arrivée au pouvoir de la Reine catholique Marie Ière, celle-ci rétablit l'abbaye et restaure la vie monastique sur place. Mais à l'avènement d', les moines sont de nouveau expulsés.. Il n'y a plus d'abbé, et un chapitre est formé, présidé par le doyen de Westminster.

Lieu de couronnement

vignette|gauche|redresse|La King Edward's Chair.

Depuis Guillaume le Conquérant, le jour de Noël 1066, tous les rois d'Angleterre, puis du Royaume-Uni, sont couronnés dans l'abbatiale, à l'exception d' et d'. La (« Chaise du roi Édouard »), aussi appelée (« Chaise du couronnement »), qui sert à l'intronisation des souverains britanniques depuis , est aujourd'hui entreposée dans la chapelle Édouard-le-Confesseur. Mais dans l'hypothèse d'un prochain couronnement, le cérémonial veut qu'elle soit à nouveau placée dans le chœur de l'église face à l'autel.

Jusqu'en 1996, elle était accompagnée de la pierre du destin (ou pierre de Scone), qui était placée sous le siège et servait autrefois lors du couronnement des rois d'Écosse. Cette dernière est, depuis cette date, exposée au château d'Édimbourg.

Le , la cérémonie du couronnement de et de la reine Camilla subit quelques modifications par rapport aux couronnements précédents afin de représenter d'autres dénominations chrétiennes, cultures et communautés à travers le Royaume-Uni, et est plus courte que celle de la reine en 1953.

Une nécropole royale et nationale Plus de sont également inhumées dans l'église dont 16 ou britanniquesIl n'a jamais été démontré que les restes retrouvés en 1674 et inhumés à Westminster sur ordre de sont bien ceux d'., accompagnés pour certains d'entre eux de leurs conjoints, et de nombreuses autres personnages illustres, dont six Premiers ministres britanniques, des écrivains, des poètes, des scientifiques, des acteurs ou encore des explorateurs.

La tombe du Soldat inconnu se trouve près de la porte occidentale, enterré parmi les rois parce qu'il .

Architecture

L'édifice est principalement construit dans le style gothique géométrique, utilisant pour les parements la pierre de Reigate. L'église possède une nef à onze travées avec des bas-côtés, un transept et un chœur avec un déambulatoire et des chapelles rayonnantes. Le bâtiment est soutenu par deux niveaux d'arcs-boutants.

L'extrémité ouest de la nef et la façade ouest ont été conçues par Henry Yevele dans le style gothique perpendiculaire. La chapelle Henry VII a été construite en style perpendiculaire tardif, en pierre de Huddlestone, probablement par Robert et William Vertue. Les tours occidentales, conçues par Nicholas Hawksmoor, mêlent le style gothique de l'abbaye au style baroque à la mode à cette époque.

L'abbaye de Westminster moderne s'inspire largement des styles gothiques français, notamment ceux de la cathédrale de Reims, plutôt que des styles gothiques anglais contemporains. Par exemple, le style gothique anglais privilégie les tours larges et élaborées, alors que l'abbaye de Westminster n'en avait pas avant le . Elle est également plus proche des églises françaises que des églises anglaises en termes de rapport entre la largeur et la hauteur : l'abbaye de Westminster possède la nef la plus haute de toutes les églises gothiques d'Angleterre, et cette nef est beaucoup plus étroite que n'importe quelle église anglaise médiévale de hauteur similaire. Au lieu d'une extrémité orientale courte et carrée (comme c'était la mode anglaise), l'abbaye de Westminster possède une longue abside arrondie, et possède également des chapelles rayonnantes à partir du déambulatoire, ce qui est typique du style gothique français. Cependant, on y trouve aussi des éléments typiquement anglais dans l'utilisation de matériaux de couleurs contrastées, comme le marbre de Purbeck associé à la pierre blanche de la croisée du transept.

L'entrée nord possède trois porches, le porche central comportant un tympan finement sculpté, ce qui lui a valu le surnom de « porche de Salomon » en référence au temple légendaire de Jérusalem.

L'abbaye conserve ses cloîtres des , qui devaient être l'une des parties les plus fréquentées de l'église lorsqu'elle faisait partie du monastère. Le cloître ouest était utilisé pour l'enseignement des moines novices, celui du nord pour les études privées. Le cloître sud menait au réfectoire, et celui de l'est à la salle capitulaire et au dortoir. Dans le coin sud-ouest du cloître se trouve un cellier autrefois utilisé par les moines pour stocker le vin et la nourriture : à l'époque moderne, il est devenu la cafétéria de l'abbaye. Le cloître nord et l'extrémité nord du cloître oriental, le plus proche de l'église, sont les plus anciens ; ils datent d'environ 1250, tandis que les autres datent de 1352 à 1366. L'abbaye contient également un petit cloître, sur le site de l'infirmerie des moines. Le petit cloître date de la fin du et comporte un petit jardin avec une fontaine en son centre. Un passage du petit cloître mène au College Garden, qui est utilisé en continu depuis 900 ans, à l'origine comme jardin médicinal pour les moines de l'abbaye et maintenant dominé par les maisons des chanoines et le dortoir de la Westminster School.

La partie la plus récente de l'abbaye est la tour Weston, achevée en 2018 et conçue par Ptolémée Dean. Elle se trouve entre la salle capitulaire et la chapelle Henri VII, et contient une cage d'ascenseur et un escalier en colimaçon pour permettre l'accès du public au triforium, qui comprend les galeries du jubilé de diamant de la reine. La tour a un plan en forme d'étoile et des fenêtres à plombs avec un toit élaboré, en couronne. La cage d'ascenseur, à l'intérieur, est revêtue de seize types de pierre marquant l'histoire de l'abbaye, dont le marbre de Purbeck, la pierre de Reigate et la pierre de Portland. Le projet a duré cinq ans ; les galeries ont été conçues par McInnes Usher McKnight.

Description La façade est rocheuse et lisse à la fois. Les tours médiévales n'étant pas achevées au , la façade de l'édifice fut réalisée à cette époque par Nicholas Hawksmoor. Elle présente deux grandes tours symétriques de style gothique.

L'abbatiale a un plan en croix latine, mais elle a subi plusieurs transformations au cours des siècles ; l'ajout de la l'agrandit considérablement vers l'est au .

Nef centrale La nef est l'endroit où se rassemblent les fidèles au moment des offices et des cérémonies. Celle de Westminster est relativement étroite () mais s'élève à au-dessus du sol.

La tombe du Soldat inconnu britannique, tombé durant la Première Guerre mondiale, est située à l'entrée de l'église depuis 1920. Elle est la seule de l'abbaye sur laquelle il est interdit de marcher. Elle est protégée par des coquelicots () artificiels.

David Livingstone (1813-1873), le célèbre explorateur qui découvrit la vallée du Zambèze et consacra une partie de sa vie à rechercher les sources du Nil, repose également dans l'allée centrale.

Chapelle Édouard-le-Confesseur C'est ici qu'est inhumé le roi Édouard le Confesseur. Sa châsse est entourée des tombeaux de cinq autres rois et trois reines du Moyen Âge.

Chapelle Henri-VII thumb|Voûte de la chapelle Henri-VII. Anciennement , elle a été élevée au début du par le roi . Elle abrite le tombeau monumental du roi et de son épouse Élisabeth d'York. Dans l'aile nord se trouve le gisant de la reine (1558-1603). Sa sœur aînée, la reine (1553-1558), est enterrée dans la même tombe. L'aile sud renferme les tombeaux de Marguerite Beaufort, mère d', de Marie Stuart, reine d'Écosse, et de Margaret Douglas, nièce d' et belle-mère de Marie Stuart.

Coin des poètes

Situé dans le croisillon du transept sud, le Coin des poètes () concentre des monuments à la gloire des principaux écrivains du Royaume : Matthew Gregory Lewis, Geoffrey Chaucer, Coleridge, Charles Dickens, William Shakespeare, William Wordsworth, Alexander Pope, Lewis Carroll

Coin des hommes d'État Cet endroit présente des plaques commémoratives à la gloire des principaux hommes d'État du Royaume : Churchill, Benjamin Disraeli, Robert Peel Six Premiers ministres de Grande-Bretagne sont effectivement inhumés dans l'abbaye : William Pitt le Jeune, George Canning, William Gladstone, Andrew Bonar Law, Neville Chamberlain et Clement Attlee.

Coin des hommes de science