Oletta est une commune française située dans la circonscription départementale de la Haute-Corse et le territoire de la collectivité de Corse. Elle appartient à l'ancienne piève d'Oletta dont elle était le chef-lieu, dans le Nebbio.

Géographie Localisation La commune est située au centre-est du Nebbio. C'est l'une des quatorze communes composant le canton de Biguglia-Nebbio.

Géologie et relief vignette|Vue du village depuis le couvent Saint-François. La commune est appuyée à la dorsale du Cap Corse, la chaîne de montagne de la Serra qui se prolonge au sud via Teghime, le Lancone et le massif de Stella, avec le massif du San Petrone. Elle fait partie de la Corse schisteuse au nord-est de l'île appelée encore « l'en deçà des monts ». La ligne de crête orientale qui domine le village lui appartient. S'y trouve le plus haut sommet de la commune : Cime du Zuccarello (). Côté occidental, Oletta possède une grande partie de la Conca d'Oro, une riche plaine alluviale qui a donné son nom au canton de la Conca-d'Oro.

Au nord-est de la commune, sont des collines calcaires aux sommets arrondis de la Serra di Agliastrello et du Monte Silva Mala. Elles se trouvent en bout des remarquables falaises blanches érodées de la zone géologique sédimentaire du secondaire barrant le côté oriental de Saint-Florent.

Limites territoriales Les limites de son territoire sont représentées : à l'est, par une ligne longeant les flancs orientaux de Cime du Zuccarello, passant au-dessus du village de Biguglia, démarrant à l'est du mont Sant Antonio (), passant par Bocca di U Sambuccu () et Monte Alzitano () ; au sud, par une ligne qui la sépare d'Olmeta-di-Tuda, d'abord ligne de crête partant du Monte Alzitano, passant par les Pointe des Trovelli (), Croix de San Giovanni (), Bocca di Pardino (), Poggio (), Monte di Tuda (), puis se prolongeant à l'ouest par une ligne quasiment rectiligne jusqu'à la rivière Aliso, touchant les berges méridionales du lac de Padula ; à l'ouest, par une ligne qui la sépare de Rapale, descendant le cours de l'Aliso sur environ , allant ensuite au nord sur la Punta Pizzolaccia (), traversant l'Aliso, passant au nord de la colline de Chioso Vecchio () ; au nord, la ligne qui la sépare de Saint-Florent, repart vers l'Aliso, la traverse et passe entre les collines de Chioso Vescovo jusqu'à la Serra di Agliastretto (). De là, la démarcation avec Poggio-d'Oletta se définit par une ligne orientée sud-est, longeant les crêtes de basses collines passant par la Monte Magna (), avant de passer entre les deux villages d'Oletta et de Poggio-d'Oletta, puis au nord du Monte Cannaje () pour finir au mont Sant Antonio.

Hydrographie vignette|Lac de Padula. Le réseau hydrographique est dense, comportant un faisceau de petits cours d'eau quelquefois capricieux, alimentant soit directement la rivière Aliso, soit d'abord le lac de barrage de Padula. L'Aliso traverse la commune dans sa partie plaine sur plus de trois kilomètres. Il y est principalement alimenté par le ruisseau de Loto. Celui-ci, qui prend sa source à sour Cime du Zuccarello, est lui-même alimenté par le ruisseau de Lenza Longa lequel arrose le village d'Oletta, à sa confluence avec l'Aliso. Le lac de Padula est alimenté par plusieurs petits cours d'eau qui prennent naissance sous le village, les deux principaux étant le ruisseau de Vitte et le ruisseau de Vomera. Son déversoir est le ruisseau de Furmicaiola, qui se jette dans le Salinelle, affluent de l'Aliso. Son bassin versant occupe une superficie de et sa capacité est de .

Climat et végétation La Conca d'Oro, comme tout le Nebbio, bénéficie d'un climat méditerranéen maritime aux écarts thermiques modérés. L'hiver est plus chaud, l'été plus tempéré que dans les microrégions de l'intérieur de l'île. En hiver, l'influence de la mer est très grande ; elle égalise les températures. En montagne, la neige n'est pas toujours présente. L'été le pouvoir rafraîchissant de la montagne est faible, la plaine d'Oletta formant une cuvette retenant l'air chaud.

Les précipitations sont fortes aux printemps et automne, les averses orageuses fréquentes, les nuages poussés par le libeccio, sec, violent, soufflant de l'ouest, souvent mêlé au ponant (punente), autre vent d'ouest. Ces vents sont causes d'incendies fréquents en fin d'été, dévastant un maquis bas, sec, roussi, et laissant des paysages dénudés en dehors des zones accessibles. Quoique le village soit bâti relativement bas (moyenne de d'altitude), on voit dans son voisinage des châtaigniers (ils poussent généralement à des hauteurs plus importantes). Les flancs de montagne sont cependant couverts de bois de chênes verts majoritairement, et de chênes blancs.

Voies de communication et transports Accès routiers La D82 est l'axe principal traversant la commune. Cette route relie le rond-point d'Ortale sur la RT 20, à la D81 au rond-point dit du « Pont de Fer » à Saint-Florent via le col de Santo Stefano (Olmeta-di-Tuda) et les villages de Olmeta-di-Tuda et d'Oletta.

Du village partent deux routes : la D38 qui rejoint la D81 au col de Teghime, passant par Poggio-d'Oletta. Sur le haut du village, la D38 est doublée par la D138. la D238 conduisant à Saint-Florent en passant par la chapelle ruinée de San Quilicu (Poggio-d'Oletta) et la cathédrale du Nebbio à l'entrée de Saint-Florent.

Transports Le village est peu éloigné des infrastructures ferroviaires, portuaire ou aéroportuaire de Bastia, la métropole départementale. Il n'est desservi par aucun transport en commun. La gare la plus proche est celle de Biguglia, à .

Il est distant, par route ViaMichelin, de :

Urbanisme Typologie Au , Oletta est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Bastia, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (66,3 % en 2018), néanmoins en diminution par rapport à 1990 (67,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (52,3 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (13,1 %), zones agricoles hétérogènes (12,3 %), prairies (9 %), cultures permanentes (6,3 %), zones urbanisées (4 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (1,3 %), forêts (0,9 %), terres arables (0,8 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (0,1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Hameaux vignette|Panorama du village.

Le village d'Oletta était au Moyen Âge le centre d'une pieve. Il était puissant, prospère, en raison de l'exploitation de mines d'argent encore visibles dans le paysage. Au fil des siècles, il est devenu un bourg qui a conservé ses maisons de caractère, aux hautes façades austères. Les ruines du hameau de Romanacce dominent toujours le village. Le village même a pour quartiers Guado in La, e Casette, des hameaux : Croce, Pietralbuccio (Piedalbuccio), Castelluccio d'Oletta, et de nombreux lotissements qui ont « poussé » le long de la route menant à Saint-Florent : Sualello, les Arbousiers, Mortola, Vitricione, A Concia, Lumio, Torra, etc.

La plaine n'est occupée que par des fermes. La zone bordant le lac de Padula est quasiment déserte car dans son périmètre de protection.

Oletta n'a plus de brigade de gendarmerie, les plus proches étant implantées à Murato () et à Saint-Florent ().

Toponymie Le toponyme d'Oletta est peut-être à rapprocher de son pendant pyrénéen : Oulette (graphie moderne oleta). Déjà Xavier Poli faisait beaucoup de rapprochements entre les toponymies corse et pyrénéenneXavier Poli in La Corse dans l'Antiquité et dans le Haut Moyen Âge ). En occitan, l'ola prononcé oul(o), est un pot en terre, et en toponymie, l'oule est un cirque plus ou moins important : Oulettes d'Ossoue, Oulettes de Gaube, Oule du Marboré (toponyme ancien du cirque de Gavarnie). Voir La vie des hommes de la montagne des Pyrénées racontée par la toponymie, . Mistral dans son Tresor dóu Felibrige, à l'article ouleto, oureto, , mentionne, outre le sens commun de « petite marmite », celui de « petit creux de rocher ». À l'article oulo, ouro, , il mentionne de nombreux toponymes avec la même racine, par exemple l'Oulo de Gavàrnio, Saint-Victor-des-Oules, l'Eau d'Olle dans le Dauphiné.

Il faut cependant noter que Mgr Rodié, évêque d'Ajaccio, dans son Petit Dictionnaire des noms de lieux corses (sans date) penche pour une étymologie différente et indique (p. 44) : « Oletta, c[ommune]., toscan Oleto, plantation d'oliviers (Bottiglione, Elementi prelatini nella toponomastica Corsa p. 15 ; Pieri, Toponomastica della valle dett'Arno, p. 240). »

Histoire Antiquité L'ancien pays du Nebbio était occupé par les Cilebenses (Nibolensii ?), l'une des douze nations pour la plupart autochtones qui, selon Ptolémée, habitaient La Corse. Ptolémée mentionnait aussi Oletta comme étant une civitas, un oppidum Xavier Poli - La Corse dans l'Antiquité et le haut Moyen Âge, Librairie Albert Fontemoing 1907 ..

Moyen Âge Les chroniqueurs parlent de l'existence de la ville romaine de Cersunum à un kilomètre à l'ouest de l'actuelle cité de Saint-Florent, au débouché de la plaine d'Oletta sur le golfe de Saint-Florent. Cersunum et Ostricon étaient les principales civitates du Nebbio. Cersum oppidum (variantes : Cersunum, Cersi). « Fuit ubi postea Nebbium, » dit BaudrandGeographia ordine litterarum disposita, Paris, 1671.

Un des cinq évêques de la Corse avait sa résidence à Cersunum, cathédrale de Nebbio. La cathédrale des anciens évêques du Nebbio existe encore, à deux kilomètres de Saint-Florent. La date de sa construction demeure incertaine, au , entre 1125 et 1140.

Oletta deviendra le centre d'une pieve. L'actuelle église paroissiale Sant'Andria a été bâtie à l'emplacement de l'ancienne église romane piévane dont elle a conservé quelques éléments sur sa façade.

Temps modernes Au , vers 1520, la pieve d'Oletta comptait environ habitants. Les lieux habités à l'époque avaient pour nom Oletta, le Bonemanaccie, La Lecia, lo Saliceto le Memolacie, le Boccheciampe, le Montagione, le Paganacie, lo Monticello, le Livacie, lo Pogio, la Costa, Grigogna, Cazalico, BreghettaÉléments pour un dictionnaire des noms propres Corse A-D. Monti.

Oletta dans la Grande Révolte des Corses 1729 - 1769