La province de Chubut est une province de l’Argentine, située en Patagonie, entre les et parallèles sud.

Toponymie Le nom proviendrait du tehuelche chupat « transparent», leur description du Río Chubut https://web.archive.org/web/20140912205126/http://www.glaniad.com/stories.php?lang=es&subj=5967&storyId=34276&t=2.

Histoire

Avant l'arrivée des Européens, le territoire était peuplé par des Amérindiens nomades, et spécialement les Tehuelches.

Le Simón de Alcazaba fonda à l'endroit appelé Caleta Hornos dans la Baie Gil, au sud de la localité actuelle de Camarones, le très éphémère Puerto de los Leones, qui ne dura guère plus de trois mois, jusqu'au , lorsqu'il fut abandonné après la mort violente d'Alcazaba, assassiné. Cet établissement devait être la capitale de la , octroyée par le Roi Charles-Quint (ou plutôt Charles Premier d'Espagne) à Alcazaba en 1534. Cette entité incluait toutes les terres de l'Atlantique au Pacifique, au sud du parallèle.

Aux , la région fut parcourue par des missionnaires — dont le célèbre jésuite Mascardi —. Une deuxième tentative de colonisation espagnole se concrétisa par la fondation du Fuerte de San José dans la région de la péninsule Valdés, le . Une grande partie des colons étaient des habitants du nord du Leon. Cette colonie fut réduite au statut d'établissement militaire (un fort) en 1784 et survécut jusqu'au , date à laquelle elle fut rasée par les « Patagons » ou Tehuelches (des tzonek mapuchisés). vignette|Le voilier Mimosa.

Au , Georges Claraz, naturaliste et explorateur suisse, découvre en 1865 le territoire du río Chubut.

Ce n'est que durant la seconde moitié du qu'une colonisation réussie se déroula. Elle fut menée par des immigrants gallois, qui s'établirent dans la vallée inférieure du Río Chubut. Les Gallois arrivèrent sur le voilier Mimosa le , échappant ainsi à l'oppression britannique, ceux-ci voulant les empêcher de parler leur langue et de pratiquer leurs traditions. Depuis ce lieu, diverses autres implantations se déroulèrent de plus en plus vers l'ouest le long de la vallée du río Chubut, et notamment l'une d'entre elles aboutit à la création en 1888 de la colonie du 16 octobre, au pied de la Cordillère des Andes, où ils fondèrent alors Esquel et Trevelín.

Mais la souveraineté argentine face au Chili, restait bien fragile. Le Chili était alors en pleine phase expansionniste et convoitait aussi ces régions. Il est utile de rappeler qu'en 1860, l'Argentine ne comptait que , face au Chili qui était nettement plus peuplé avec environ , et qui ne connaissait pas les incessantes luttes et révolutions meurtrières et ruineuses qui rongeait l'Argentine.

Le Chili avait pour but de soumettre et annexer l'ensemble de la Patagonie actuellement argentine, et restée insoumise jusqu'aux années 1880. En 1879 éclata au nord la guerre du pacifique mettant aux prises le Chili contre une coalition Bolivie-Pérou. L'Argentine menaça de s'allier à ces deux pays et ainsi d'entrer en guerre contre le Chili. Pour éviter cette entrée en guerre, le Traité des frontières de 1881 entre l'Argentine et le Chili fut signé le , en vue de délimiter avec précision les frontières séparant ces deux nations. Celui-ci laissait à l'Argentine le champ libre pour occuper toute la Patagonie située à l'est de la Cordillère des Andes.

La vraie prise en possession de la province, comme du reste de la Patagonie argentine, put dès lors se réaliser pleinement. Elle se fit par ce que l'on a appelé la Conquête du Désert, dirigée par le général, futur président, Julio Argentino Roca. En 1879, un an avant son élection en tant que président du pays, avec dotés de nouveaux fusils, l'offensive de Roca commença. Le général devenu président Julio Argentino Roca ravagea d'abord le nord de la Patagonie et y décima les Indiens. Après avoir conquis les provinces de Neuquén et de Río Negro, y pratiquant une sinistre extermination des aborigènes, la dernière bataille fut livrée le sur le territoire de l'actuelle province du Chubut. Il s'agissait du dernier groupe d'amérindiens qui comprenait plus de , sous le commandement des caciques Inacayal et Foyel. Ils se rendirent deux mois après leur défaite.

vignette|upright|Carte des changements territoriaux apparus après le plébiscite de 1902.

En conséquence de cette Conquête du Désert, le Territoire National du Chubut fut créé en 1884 et un certain Luis Fontana fut son premier gouverneur.

Le Chili cependant ne s'avouait pas totalement vaincu et continuait à revendiquer la zone occidentale andine de la province du Chubut.

Au milieu de la décennie 1880, les colons- surtout gallois commencèrent à migrer vers l'ouest (région andine) pour y trouver plus de terre cultivable et aussi de l'orClery Evans: John Daniel Evans "El Molinero". ISBN ?. Une expédition fut ainsi menée, financée et alimentée par des colons gallois. Les colons dont une partie de la famille vivait toujours près de l'Atlantique avaient aussi pour but d'assurer la souveraineté argentine sur ces nouveaux territoires revendiqués par le Chili, faute de quoi ils se trouveraient coupés de leurs proches. L'expédition débuta le . Durant le parcours d'importants lieux de peuplement furent découverts. Des années plus tard, ils se peuplèrent et c'est ainsi que furent fondées différentes localités dont Valle 16 de Octubre aujourd'hui appelée Trevelín. Une route entre la vallée du río Chubut et la cordillère fut aussi ouverte. Or cette région andine avait initialement été attribuée au Chili, ce qui engendra une nouvelle querelle territoriale.

Un plébiscite fut finalement organisé parmi les habitants de la région contestée (principalement des Gallois) le . Le résultat s'avéra favorable à l'Argentine. Dès lors, Trevelín, Esquel et d'autres localités adjacentes furent incorporées à la province

Après 1902, et la fin de la seconde guerre des Boers en Afrique du Sud, plusieurs familles boers immigrèrent en Argentine et s'installèrent dans le Chubut, principalement dans la zone de Sarmiento.

Le , le territoire du Chubut fut amputé de toute une région au sud du , soit une étendue de , qui s'ajoutèrent aux pris sur le territoire de Santa Cruz, afin de créer la Zona Militar de Comodoro Rivadavia.

Par la loi du , signée par le président Juan Perón, on fit disparaitre la Zone Militaire de Comodoro Rivadavia et on restitua ces zones aux territoires du Chubut et de Santa Cruz. Le territoire du Chubut fut déclaré Province la même année.

Abritant la prison de Rawson, la province fut le lieu, en 1972, du massacre de Trelew, exécution sans jugement de prisonniers par la soldatesque, effectuée sous la dictature militaire d'Alejandro Agustín Lanusse, chef de la junte dite de la « Révolution argentine » qui gouvernait alors le pays.

Géographie

Río Chubut prise à Los Altares.|vignette Telsen est située sur le rebord sud de la meseta de Somuncurá. La région à un microclimat assez doux, avec des sources d'eau thermale et une végétation assez riche et variée, ce qui lui donne des caractéristiques d'oasis.|vignette thumb|La côte de la Péninsule Valdés, vue depuis la mer. On aperçoit une baleine dans les flots. Données de base : Population : en 2001 - en 2010 ; Superficie : ; Densité : . Le Chubut est la troisième province argentine du point de vue superficie, dépassée seulement par Buenos Aires et Santa Cruz.

Les points les plus élevés de la province sont situés au nord-est. À l'ouest du lac Cholila se trouvent les cerros Dos Picos (), Anexo () et Tres Picos (). Le cerro Situación, haut de , se trouve dans le Parc national Los Alerces. Quant au Nahuel Pan, grand rendez-vous touristique, il ne fait que .

La province distingue deux grandes régions : les Andes et les plateaux de Patagonie.

Au centre et à l'est, sur la plus grande partie du territoire de la province, s'étend le large plateau de Patagonie ou meseta tabulaire. Cette vaste zone est un plateau basaltique au climat rigoureux lié à l'altitude. Celles-ci sont en principe de plus en plus basses à mesure que l'on se rapproche de l'Atlantique. Cependant, il y a des dépressions mais aussi des zones très surélevées comme la meseta de Somuncurá au nord, haute de quelque et partagée avec la province de Río Negro. La meseta patagonienne est entaillée par de profondes vallées aux rebords abrupts, creusées par divers cours d'eau généralement venus des Andes, dont le río Chubut, ce qui a parfois créé des paysages d'une beauté quasi stupéfiante.

Sur la côte se trouvent la péninsule Valdés et le golfe San Jorge. Ce dernier, situé au sud de la province, est partagé avec la province de Santa Cruz. Les plages très ensoleillées sont nombreuses sur l'ensemble du littoral, mais aussi les falaises et des îles rocheuses qui abritent une faune riche et variée. La mer, riche en plancton y est très poissonneuse. La totalité du littoral de la province présente un climat franchement doux, avec des températures moyennes supérieures à celles de la majorité des villes françaises (la pluie en moins et bien des heures d'ensoleillement en plus).

La steppe sèche couvre la région des plateaux patagoniques, tandis que sur la Cordillère s'étendent d'épaisses forêts de conifères.

Limites

au nord : Río Negro au sud : Santa Cruz à l'ouest : le Chili à l'est : océan Atlantique

Voies d'accès Voie routière

thumb|upright|La route nationale 26 à son passage par Dolavon. La province est traversée dans sa partie orientale, du nord au sud, par la route nationale 3 qui relie Buenos Aires à l'ensemble de la côte est de la Patagonie, via les villes de Bahía Blanca et de Viedma. Cette route permet un accès facile aux stations balnéaires, ports et zones protégées de la côte atlantique de la province, y compris le grand centre de Comodoro Rivadavia-Rada Tilly.

À l'ouest, le long de la frontière chilienne, la route nationale 40 suit un trajet nord-sud également, mais au pied des Andes, et ici entre la petite ville d'El Bolsón, près de la province de Río Negro et río Mayo (un peu au nord de la province de Santa Cruz).

D'est en ouest deux grand-routes courent plus au moins parallèlement : au nord, la route nationale 25, longe le fleuve río Chubut tout au long de son cours moyen ; au sud, la route nationale 26 relie d'est en ouest le port de Comodoro Rivadavia avec la route nationale 40, à au nord-est de la petite ville de río Mayo. Au départ de Buenos Aires, cette route totalement asphaltée, fait partie de la grande voie reliant la capitale à l'ouest andin et préandin de la province plus méridionale de Santa Cruz avec les importants parcs nationaux qui s'y trouvent. Ce trajet comprendra la route nationale 3 jusque Comodoro Rivadavia-Rada Tilly, puis les de la route nationale 26, et enfin la route nationale 40 en direction du sud.

Voies ferrées La Trochita

Depuis les années 1990, et la présidence de Carlos Menem, la privatisation des chemins de fer argentins a mené à l'effondrement total de ce grand réseau ferré, et rien ne semble pouvoir ressusciter celui-ci. Il subsiste cependant quelques joyaux, dont le Vieil Express Patagonique encore appelé familièrement La Trochita. La ligne construite de 1935 à 1945 faisait partie du Chemin de fer General Roca. Elle est à voie très étroite () et connait un franc succès auprès des touristes.

Actuellement (2018), le train circule sur 2 tronçons. Le plus visité relie Esquel et Nahuel Pan, l'autre va d'El Maitén à Desvío Thomas.

La Province de Río Negro, qui n'utilise plus la voie (Ingeniero Jacobacci - El Maitén) depuis les années 1990, est en train de réexaminer sa réutilisation, mais tarde beaucoup. Des plans existent pour réhabiliter la ligne sur toute sa longueur (plus de ) donc sur le sol des deux provinces, mais on attend faute de budgetIngeniero Jacobacci guide, Patagonia Central, accedido el 2006-08-05. En les gouverneurs de Chubut et de Río Negro avaient déjà signé un accord pour la réactivation complète de la ligneAcuerdo para reactivar La Trochita.. thumb|Vue de l'aéroport de Comodoro Rivadavia.