Le cimetière du Nord, communément appelé cimetière de Montmartre, est situé dans le de Paris. Il occupe une surface de . C'est le troisième plus grand de Paris, après le cimetière de l'Est, dit cimetière du Père-Lachaise, et le cimetière du sud ou cimetière du Montparnasse. Ces cimetières étaient tous hors de Paris au moment de leur création. Le cimetière de Montmartre présente la singularité d'être enjambé par un grand pont routier, le pont Caulaincourt.
Historique Lors de la Révolution, les cimetières étaient considérés comme des biens du clergé. Ainsi par la loi du , ils furent considérés comme biens nationaux. Par l'effet de cette loi, le cimetière paroissial de Montmartre, le cimetière du Calvaire, devint la propriété de la commune, qui fut ensuite fermé durant cette période trouble. C'est probablement de la fermeture de l'ancien cimetière que date l'origine du grand cimetière du Nord.
Les terrains occupés par le cimetière donnaient, jusqu'au , accès aux anciennes carrières de plâtre. L'exploitation des carrières ayant cessé à la Révolution, ces terrains servent alors de fosses communes pour les victimes des émeutes et, en particulier, les Gardes suisses qui ont été tués au palais des Tuileries le 10 août 1792. Par la suite, la nécropole, appelée des Grandes-Carrières ou de la Barrière-Blanche puis sous celui de cimetière sous Montmartre, de Champ du Repos et enfin de cimetière de Montmartre, va servir pour l'inhumation des Parisiens ne pouvant pas être inhumés dans les limites de Paris après la fermeture des cimetières intra-muros. Ces inhumations se font dans des conditions déplorables. La Ville de Paris décide d'acheter un terrain d'un hectare en pour y établir un cimetière décent. Ce premier cimetière devient rapidement insuffisant. Ne pouvant être agrandi, le cimetière est abandonné.
Après une restructuration du quartier entre 1818 et 1824, plusieurs terrains ont pu être achetés par la Ville de Paris pour obtenir une surface de . L'architecte Étienne-Hippolyte Godde est chargé de l'aménagement du cimetière. Il est inauguré le . En 1847, la Ville de Paris achète de nouveaux terrains d'une superficie de , entre la rue Étex, la rue Coysevox, la rue Marcadet et la rue Eugène-Carrière, mais cette partie est abandonnée en 1879. Le village de Montmartre est intégré dans la limite de Paris qui va jusqu'à l'enceinte de Thiers, en 1860.
En 1867, le préfet de la Seine, le baron Georges Eugène Haussmann, dépose un projet de prolongement de la rue Caulaincourt qui traverse le cimetière et nécessite le déplacement de plus de 200 tombes. L'opinion publique s'y oppose. Le baron Georges Eugène Haussmann défend le projet à la tribune en . La pétition est rejetée mais le projet est modifié pour adopter un pont surplombant le cimetière, le pont Caulaincourt. Sa construction ne commence qu'en 1887. Il est inauguré par le préfet Eugène Poubelle, le .
La Ville de Paris a engagé en 2012 une étude pour renforcer la protection paysagère et patrimoniale du cimetière de Montmartre. Cette étude permettra d'aller vers le classement du site, sur le même modèle que celui déjà adopté pour le cimetière du Père-LachaiseComment protéger le cimetière de Montmartre?, Ville de Paris, 16 janvier 2014.. L'Atelier parisien d'urbanisme (Apur) a publié en son étudeÉtude pour le renforcement de la protection paysagère et patrimoniale du cimetière Montmartre, Apur, décembre 2013.. De ce fait, une première inscription au titre des monuments historiques a eu lieu par arrêté du pour la chapelle Fournier.
Description Le cimetière de Montmartre, inclus dans Paris depuis 1860, est situé au 20, avenue Rachel, dans le . Il est installé à l'emplacement des anciennes carrières de Montmartre, réputées pour leur gypse dont on fit un plâtre utilisé à grande échelle dans la capitale.
Hors des anciennes limites de la capitale furent créés le cimetière de Montmartre au nord, le cimetière du Père-Lachaise à l'est, le cimetière du Montparnasse au sud et, à l'intérieur de la ville, le cimetière de Passy à l'ouest.
Le cimetière de Montmartre couvre environ ., soit la même superficie que le cimetière des Batignolles, ce qui en fait ex æquo le troisième plus vaste cimetière intra muros après le Père-Lachaise et Montparnasse. Aujourd'hui le cimetière de Montmartre compte plus de concessions et 500 personnes environ y sont inhumées chaque année.
Fait quasi unique en France, il est enjambé par le pont Caulaincourt, un pont métallique construit après de multiples polémiques en 1888.
La tombe de Dalida, avec sa sculpture en taille réelle et ses rayons dorés, est la plus visitée et la plus fleurie du cimetièreLe site officiel de la ville de Paris..
Personnalités inhumées dans le cimetière de Montmartre
Protection Le cimetière Montmartre possède une grande richesse patrimoniale et paysagère avec un nombre important de tombes de personnages célèbres ayant vécu à Paris. La Ville de Paris a engagé une démarche de renforcement de la protection du cimetière de Montmartre pour mieux le préserver.
Les maires de Paris Bertrand Delanoë et Anne Hidalgo ont proposé le classement de deux tombes pendant leur mandat : la chapelle Fournier, dans la , , édifiée vers 1830 par l'architecte Pierre-Léonard Laurecisque (1797-1860), inscrite au titre des monuments historiques en 2013, la chapelle Potocki, dans la , avenue de Montebello, construite vers 1845 par l'architecte Jacques Ignace Hittorff (1792-1867), classée au titre des monuments historiques en 2014.
L'inscription et le classement permettent de créer une zone de protection de de rayon autour de ces édifices.
Dans la culture populaire En littérature 1891 : Les Tombales, nouvelle de Guy de Maupassant, se déroule au cimetière de Montmartre« Les Tombales », athena.unige.ch, consulté le 29 septembre 2024..
Au cinéma 1959 : dans sa série des « Antoine Doinel », François Truffaut filme à deux reprises au moins le cimetière de Montmartre. Dans Les Quatre Cents Coups (1959), Antoine et René prennent le pont Caulaincourt permettant le franchissement du cimetière. Dans L'Amour en fuite (1979), Lucien, un ancien amant de sa mère, montre à Antoine la tombe de cette dernière. 2011 : Pourquoi tu pleures ? de Katia Lewkowicz 2014 : Les Souvenirs de Jean-Paul Rouve : enterrement de Madeleine à la fin du film. 2015 : L'Étudiante et Monsieur Henri d'Ivan Calbérac : la dernière scène, montrant Constance se rendant sur la tombe d'Henri, se déroule sur l'avenue Samson. 2018 : Plaire, aimer et courir vite de Christophe Honoré ; à peine arrivé à Paris, le jeune Arthur (Vincent Lacoste) vient se recueillir sur les tombes de François Truffaut et de Bernard-Marie Koltès. 2025 : Vie privée de Rebecca Zlotowski : la scène de l'enterrement de Paula a été tournée sur l'avenue Samson.
Notes et références Notes
Références
Voir aussi
Bibliographie Jacques Barozzi, Guide des cimetières parisiens, , Éditions Hervas, Paris, 1990 Recueil de tombeaux des quatre cimetières de Paris avec leurs épitaphes et inscriptions. Tome 1 (Cimetières du Père-Lachaise, de Montmartre, de Vaugirard et de Sainte-Catherine) Recueil de tombeaux des quatre cimetières de Paris avec leurs épitaphes et inscriptions. Tome 2 (Cimetières du Père-Lachaise, de Montmartre, de Vaugirard et de Sainte-Catherine)
Articles connexes Cimetière du Père-Lachaise Cimetières parisiens Liste de cimetières du monde Taphophilie
Liens externes
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