Une gāthā (sanskrit : गाथा gāthā ; chinois : jì 偈 ou gātuó 伽陀 ; japonais : ge ou kada) est, dans le bouddhisme, une poésie en vers, un hymne« gāthā » in Gérard Huet, Dictionnaire Héritage du Sanscrit . Ces poèmes sont relativement fréquents dans la littérature bouddhique.

Littérature bouddhique On recense dans le genre gâthâ en particulier (mais pas uniquement) des poèmes d'éloge. D'autre part, nombre de sûtras du bouddhisme mahâyâna peuvent être entièrement composés de gâthas ou présenter de longs passages de gâthâs qui reprennent et résument des enseignements donnés précédemment en prose. Les gâthâs sont souvent composés de quatre vers de huit syllabes ou pieds, et tous ne sont pas des reprises de passages en prose. Le Sûtra du Lotus et le Sûtra de l'Entrée à Lankâ en sont des exemples célèbres.

On trouve dans le Khuddaka Nikâya deux recueils d'hymnes composés, pour l'un par des moines, pour l'autre par des moniales de la première communauté bouddhiste, intitulés respectivement Theragâthâ (« Versets des [moines] anciens ») et Therigâthâ (« Versets des [moniales] anciennes »).

Ce genre littéraire occupe se retrouve dans la littérature zen, qui compte un certain nombre de ces textes — mais ceux-ci peuvent aussi être des textes qui appartiennent au bouddhisme en général. D. T. Suzuki mentionne parmi eux le Kaikyô Ge (« Verset d'ouverture du sûtra ») ou le Shigu Seigan mon (« Quatre grands vœux ») ou encore le Sankie mon (« verste du triple refuge »)On trouvera sur le site officiel de l'école Zen Sôtô (Sôtôshu) les gâthâs (en japonais et en anglais) qui sont partie intégrante de la liturgie. .

À titre d'exemple, voici la gāthā de l'impermanence, citée par D. T. Suzuki : « Toutes les choses composées sont impermanentes, Et soumises à la naissance et à la mort ; Mettez fin à la naissance et à la mort, Et vous parviendrez à une tranquillité bienheureuse. »

Thich Nhat Hanh Le maître zen Thích Nhất Hạnh a beaucoup pratiqué et recommandé de pratiquer les gathas, qu'il avait découverts dans un manuel d'instruction qui lui a été remis quand il était moine novice à Hué. Portant le titre, en vietnamien, de Luat Tiêtu (« Petit Manuel de Discipline »), il comportait une partie intitulée « L'Essentiel de la discipline à appliquer chaque jour », Thich Nhat Hanh, Clefs pour le zen (Version française de l'auteur d'après son texte original vietnamien, revue par Luc Decaunes), Paris, Seghers, « Clefs », 1973 (réimpr. JC Lattès, 1999 (ISBN 978-2702-83071-0)), , (Rééd. sous le titre Regarder le cyprès dans la cour pour vivre en pleine conscience chaque moment de la vie, Pocket, 2022, 208 p.. Il précise que ces poèmes, au nombre de cinquante, avaient été compilés par un maître chinois et que Thich Nhat Hanh, La Terre est ma demeure. Mon autobiographie, Paris, Pocket, 2018 , 254 p. p. 31.

Aujourd'hui, les gathas constituent l'une des pratiques principales du Village des pruniers, fondé par Nath Hanh, qui a repris et composé écrit une centaine de gâthâs à utiliser dans les diverses situations de la vie quotidienne : en marchant, en faisant sonner la cloche, avant de manger, en faisant la vaisselle Ceux-ci sont affichés un peu partout dans le monastère, dans la cuisine, la salle de bains, les toilettes, les escaliers, dans l'entrée, ou à l'extérieur, sur des pancartes accrochées aux arbres, ou gravés sur des rochers. Les gathas agissent comme un rappel permanent à maintenir l'esprit attentif tout au long de la journée. Beaucoup ont été mis en musique.

Quelques exemples En ouvrant le robinet (affichée au-dessus du lavabo)L’eau descend de la source, Du haut de la montagne. L’eau monte de la source, Des profondeurs de la Terre L’eau coule miraculeusement Je lui suis à jamais reconnaissant.e.

En prenant le théCette tasse de thé entre mes deux mains Est remplie de ma pleine conscience. Mon corps et mon esprit s’établissent Dans l’ici et maintenant

La cloche qui sonne nous ditÉcoute, écoute, ce son merveilleux me ramène à ma vraie demeure.

En se promenantL’esprit se perd En mille et une pensées Mais je marche en paix Sur ce beau chemin A chaque pas Souffle un vent léger A chaque pas Une fleur éclot

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Chants du cœur. Choisis ou écrits par le maître zen Thích Nhât́ Hạnh et la Sangha du village des Pruniers, Paris, Sully, 2009, 320 p.

Catégorie:Texte bouddhique