Un normalien est un élève ou un étudiant inscrit au Diplôme de l'une des Écoles Normales Supérieures françaises en fonctionnement au : les ENS de Paris, de Lyon, de Paris-Saclay et de Rennes.
vignette|Promotion 1878, comprenant notamment Henri Bergson, Jean Jaurès et Paul Desjardins.|alt=Photographie de groupe
Deux statuts distincts Le statut de normalien élève : un recrutement sur concours Les élèves des Écoles normales supérieures sont recrutés sur concours, le plus souvent à l'issue d'une classe préparatoire. Ils ont le statut de fonctionnaires-stagiaires. Ils sont rémunérés le temps de leurs études en l'échange de l'engagement décennal les obligeant à travailler dans la fonction publique.
Engagement décennal Les élèves des Écoles normales supérieures, nommés chaque année par arrêté du ministre chargé de l'Enseignement supérieur., bénéficient de la qualité de fonctionnaires-stagiaires, et sont soumis à un régime d'études particulier fixé par les établissements. Ils devront travailler au service de l'État au moins dix ans à compter de leur intégration, la loi leur demandant un remboursement dans le cas contraire.
La clause dite d'« engagement décennal », issue du statut de l'Université de Napoléon (1806)Loi du 10 mai 1806 relative à la création de l'Université impériale, art. 112 : « Les élèves qui se présenteront à ce concours devront être autorisés, par leur père ou par leur tuteur, à suivre la carrière de l'Université. Ils ne pourront être reçus au pensionnat normal qu'en s'engageant à rester dix années au moins dans le corps enseignant. » ; « (Les élèves) seront entretenus aux frais de l'Université, et astreints à une vie commune » (art. 115) , a été fixée sous sa forme actuelle par le décret du Jean-François Sirinelli (dir.), École normale supérieure. Le livre du bicentenaire, PUF, 1994, p. 434, qui prévoit que cet engagement concerne le service public dans son ensemble, et non les seules fonctions d'enseignement comme auparavant. Ce décret établit également les mesures consécutives à la rupture de cet engagement.
Concours d'entrée pour devenir fonctionnaire-stagiaire Le concours d'entrée à l'École normale fut créé en 1815 par le philosophe libéral Royer-CollardCirculaire du 16 novembre 1815 de Pierre-Paul Royer-Collard, président de la Commission de l'Instruction publique. Un règlement de 1816 fixe les quatre épreuves pour l'entrée à la section des lettres (discours latin, discours français, questions de cours de rhétorique, de philosophie et d'histoire, explications d'auteurs classiques).. Par la suite, le concours de la section des lettres fut réformé à plusieurs reprises : création des épreuves orales (1843), suppression de l'épreuve obligatoire de grec ancien (Lavisse, 1904), suppression de l'épreuve obligatoire de thème latin (Flacelière, 1968), création de la série « sciences sociales » (Poitou, 1982), création d'une épreuve obligatoire de langues (Guyon, 1991), harmonisation de nombreuses épreuves de l'écrit avec l'ENS de Lyon (Canto-Sperber, 2009-2010).
Le concours d'entrée à la section des sciences a connu plus d'évolutions au fil du temps, notamment à la suite de la constitution précoce de banques d'épreuves. Le concours scientifique a été individualisé dès 1830 par Cousin.
Le statut de normalien étudiant : un recrutement sur dossier Les normaliens étudiants sont recrutés sur dossier et non sur concours. Ils sont normaliens au même titre que les élèves, étant inscrits au Diplôme de l'ENS tout comme eux. Toutefois, ils ne sont pas fonctionnaires-stagiaires, de sorte qu'ils ne sont ni rémunérés, ni soumis à l'engagement décennal.
Une ouverture aux étudiants de l'université Postuler sur dossier offre une alternative aux étudiants de classes préparatoires se présentant en parallèle au concours d'entrée principal. Ce peut également être une seconde chance pour ceux qui auraient échoué à ce dernier, mais dont le niveau est estimé suffisant par la commission d'admission des ENS, souvent parce qu'ils ont été sous-admissibles, admissibles ou sur liste d'attente.
Il est bon de noter que des étudiants issus de l'université peuvent également être admis sur dossier, s'ils justifient d'un excellent niveau et d'une véritable motivation. Des sites internet tels qu'ENS sur Doss, dans le cas de l'ENS de Lyon, fournissent de précieux témoignages à ce sujet.
Des voies d'admission distinctes, en fonction des ENS À l'ENS de Paris, l'admission se fait en deux étapes, dans le cadre d'un concours dédié, nommé Concours normalien étudiant: une sélection sur dossier pour l'admissibilité, deux épreuves orale et écrite pour l'admission. Ce type de concours n'existe pas pour l'ENS de Lyon ni pour ENS Paris-Saclay (sauf pour le concours d'entrée en CPGE D2 et en CPGE BL), où le recrutement des normaliens étudiants se fait uniquement sur dossier, avec la possibilité d'un entretien en fonction des disciplines.
Différence d'avec les auditeurs libres Le statut des normaliens étudiants se distingue également de celui des auditeurs libres. Ces derniers, également reçus sur dossier, ne sont pas inscrits au Diplôme de l'ENS (en 3 ou 4 ans) et ne détiennent donc pas de titre ni de droits propres aux normaliens. Ils peuvent cependant bénéficier des formations de niveau master des ENS, en recherche aussi bien qu'en préparation à l'agrégation.
Uniforme thumb|right|250px
Le premier uniforme des normaliens était d'inspiration militaireJean-François Sirinelli (dir.), École normale supérieure. Le livre du bicentenaire, PUF, 1994, il était relativement proche de celui de l'École polytechnique. Il se composait d'un habit bleu à collet retombant avec deux palmes sur chaque coin, d'un pantalon et d'un gilet bleushttps://academiesciencesmoralesetpolitiques.fr/wp-content/uploads/2019/01/leclant_wallon.pdf. Les palmes, seul ornement, constituaient le symbole de l'Université napoléonienne.
Le ministre Lazare Hippolyte Carnot a confié à l'académicien Jean-Antoine Letronne la présidence d'une commission devant le moderniser. Jean Leclant, « L'École normale supérieure et l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres : passé, présent et futur », Comptes-rendus des séances de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, 1999, 138, n°4. Le projet a été abandonné.
Les élèves ont été dispensés du port de l'uniforme le Jean-François Sirinelli (dir.), École normale supérieure. Le livre du bicentenaire, PUF, 1994, p. 431. Il n'a toutefois pas été aboli et a été modifié le ..
Critiques Longtemps critiqués comme constituant une « caste »Pierre Bourdieu, La noblesse d’État. Grandes écoles et esprit de corps, Paris, Éditions de Minuit, 1989., les normaliens ont un esprit de corps souligné par le jargon normalienAlain Peyrefitte, Rue d'Ulm. Chroniques de la vie normalienne, Fayard, 1994 (rééd.)Jules Romains, Les Copains, Paris, 1913.
Autres surnoms
Ulmard, Ulmien ou Ulmite pour un élève ou un ancien élève de l'ENS de la rue d'Ulm ; Cloutard, Cloutier ou Cloud pour un ancien élève de l'ENS de Saint-Cloud, disparue en 1985 ; Sévrienne pour une ancienne élève de l'École normale supérieure de jeunes filles (Sèvres), fusionnée en 1985 avec l'ENS Ulm ; Fontenaysienne pour une ancienne élève de l'ENS de Fontenay-aux-Roses, disparue en 1985 ; Lyonnais pour un élève ou un ancien élève de l'ENS sciences (1987-2010), de l'ENS Lettres et Sciences humaines (1999-2010) ou de l'ENS Lyon, réunion des deux précédentes (depuis 2010) ; Cachanais, Kchanais ou Saclaysien pour un élève ou un ancien élève de l'ENS Paris-Saclay ; Kerlannais ou Rennais pour un élève ou un ancien élève de l'ENS de Rennes ; Normaloïde, Ulmoïde, Lyonnoïde, Cachanoïde, Kerlanoïde ou Goimard pour un étudiant non-normalien suivant des cours à l'ENS, tout en étant inscrit dans une autre université ; Archicube,'' pour un ancien élève de l'ENS Ulm.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Archives .
Ouvrages . . .
Thèses .
Articles et chapitres d'ouvrage . . . . .
Articles connexes Liste d'élèves de l'École normale supérieure Argot normalien École normale supérieure École normale supérieure (France) École normale supérieure (Paris) École normale supérieure de Lyon École normale supérieure Paris-Saclay École normale supérieure de Rennes Noms donnés aux étudiants d'autres écoles : Énarque Centralien Gadzarts
* Catégorie:Fonctionnaire français Catégorie:Argot scolaire en France