Noirefontaine (en wallon Noerfontinne) est une section de la ville belge de Bouillon située en Région wallonne dans la province de Luxembourg.

C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977.

Le village se trouve à quelques kilomètres au nord de Bouillon.

Toponymie

Géographie

Démographie

Source: INS recensements population 1866: Scission de Dohan 1900: Scission de Bellevaux et Les Hayons

Histoire de Noirefontaine

En 1330, Jean de Noirefontaine et Salvary, son frère, figurent comme témoins dans l’acte qui constitue une fondation au profit de l’autel Saint-Georges, faite par Jacques II, seigneur d’Orchimont et dame Agnès, son épouse. Noirefontaine était un des appendices de l’ancien duché de Bouillon dont les seigneurs étaient avec ceux de Botassart, Muno et Corbion, qualifiés de dires et comme tels composaient jadis la Cour souveraine de Bouillon. Le dernier jugement rendu par les 4 Sires est de 1516. Le , l’appendice de Noirefontaine a été annexé du duché de Bouillon par l’acquisition qui en a été faite par un seigneur particulier, mais le sieur de Sandron, juge, procureur général et receveur en aurait joui comme de son bien propre sous prétexte d’un engagement simulé qui a été déclaré nul par arrêt de la Cour Souveraine de Bouillon. Didier de Sandron, mort en 1700 au château de Carlsbourg avait choisi comme héritiers les 3 fils du sieur François de Luxembourg, seigneur en partie de Corbion.

En 1700, il y eut dès ce moment, trois seigneurs à Noirefontaine : Jean-Joseph de Luxembourg et ses 2 frères, Jacques-Joseph et Pierre-Antoine. Jean-Joseph de Luxembourg, Seigneur de Noirefontaine, Gembes, Poupehan, etc. mourut le , âgé de 37 ans. Il fut inhumé à Corbion. Ses biens furent acquis à ses deux frères puînés. Ceux-ci par des extractions continuelles à l’égard de leurs vassaux de Noirefontaine, virent leurs biens et seigneuries de Noirefontaine, confisqués en 1736 afin de satisfaire les nombreux créanciers.

En 1749, Jean Bodson, Seigneur de Noirefontaine et autres lieux et capitaine d’une des compagnies de la milice bourgeoise, ancien bourgmestre de Bouillon, reçut des lettres de noblesse de Charles Godefroid, le . En 1796, le , Noirefontaine est annexée au département des Ardennes françaises, avec Bouillon, chef-lieu de canton.

En 1808, la commune de Noirefontaine fait toujours partie de l’arrondissement de Sedan, département des Ardennes françaises.

Le , Pontian Henry devient maire à Noirefontaine par arrêté de Monsieur le Gouverneur du Grand Duché de Luxembourg en remplacement de J._B. Renson, décédé. Il a prêté serment de fidélité à sa Majesté le Roi des Pays-Bas, Prince Orange Nassau, et à la loi fondamentale du royaume.

En 1830, Jacques Demoulin devient bourgmestre à Noirefontaine.

Depuis lors, Noirefontaine fait partie de la Belgique.

Quelques détails connus de l'histoire

Anciennement, il y avait un château disparu. Les derniers propriétaires de ce château étaient les demoiselles de Noirefontaine, appelées « Linotte ».

En 1359, la fontaine est dite noire à cause d’un lit de cailloux noirs ; un fourré épais la couvre et empêche le jour d’y pénétrer, ce qui faisait dire « Quelle noire fontaine ! ». Deux fontaines placées aux extrémités du village étaient aménagées en lavoirs publics. L’eau qui s’écoule forme deux ruisseaux qui, réunis à d’autres, vont se jeter dans la Semois après avoir jusqu’en 1945 fait tourner la roue du moulin appelé Hideux Moulin et qui appartenait autrefois à la famille seigneuriale de Noirefontaine. Le dernier propriétaire du moulin fut la famille Ramlot. Aujourd’hui le moulin est transformé en restaurant « L’Auberge du Moulin Hideux »site web de l'Auberge du Moulin Hideux..

Le toponyme « La Malangroule » (la gare à Noirefontaine) ou la « mal en gueule » s’explique par la mauvaise langue de la femme d’un habitant et des méchants propos qui en étaient la suite.

Le lieu-dit « La Sentinelle » trouve sa justification dans le fait que les soldats de Bouillon venaient en sentinelle jusque-là.

Une briqueterie à Noirefontaine

thumb|upright=1.3|La briqueterie, carte postale de 1904

Une carte postale de 1904 nous fait découvrir une activité peu commune dans cette région : la fabrication de briques.

Le , la ligne du vicinal Bouillon - Paliseul était inaugurée. L’assemblage des tas ne devait pas en être éloigné.

Au début des années 1930, un entrepreneur de travaux publics eut l’idée de rendre vie à cette activité, son choix se portant sur l’emplacement de l’actuelle station « Les Routiers » et de ses abords au lieu-dit ‘Briqueterie‘ où d’importants travaux de terrassements furent exécutés pour le placement de nouvelles cuves. Des fumerolles s’échappèrent pendant des jours et des jours d’une pyramide tronquée constituées de couches alternées de briques et de charbon concassé.

Les briques étaient de qualité médiocre. Le meilleur du lot servit à l’édification des cloisons de l’hôtel du Panorama. Outre la plasticité de l’argile, la réussite dépendait de la cuisson de l’ordre de . La brique fabriquée aujourd’hui a encore la même composition que celle d’il y a mille ans mais les propriétés de la terre cuite sont immuables.

Vestiges du passé : Les Minières

Minières (1850) : C’est une mine de fer peu profonde qui s’exploite à ciel ouvert, située au bord d’un petit bois. Un grand trou est entouré d’arbres ; dans le creux et sur les parois sont entassées de feuilles mortes et de la terre. En creusant le fond, on trouve encore des pierres rouges, noirâtres, lourdes, qui sans doute, contiennent du fer.

On fondait ce minerai entre la route actuelle de Dohan et celle de les Hayons au lieu appelé « La Forge » ou « Fonderie ». (Les anciens disent encore « Les Forges »). Les champs voisins de ces minières jusque la gare, portent le nom de « Minières ». Il y a un calvaire que nous nommons la « Croix des Minières ». On a abattu le bois de la Forge, le sol déblayé permet d’y découvrir des « scories » d’autrefois, vestiges de la fonte du fer en cet endroit.

Nulle tradition n’est conservée concernant cette forge. Les restes du mur ont disparu sous les remblais de chemin de Noirefontaine à les Hayons. Ses mines de fer se découvrirent l’une à côté de la chaussée qui conduit Bouillon à Sedan, une seconde non loin de Noirefontaine, au coin du Menuchenet et une troisième sur une montagne de Honsaure, au midi du moulin de la Cornette. Le minerai était très pauvre, elles ne produisirent qu’un fer aigre et cassant faute de castine ou minette inconnue dans le duché et propre à la mettre en fusion. Selon l’opinion commune, ces mines cessèrent d’être exploitées en 1725.

Des essais d’extraction d’ardoises ont été faits il y a quelque cent ans, en divers endroits, sur le territoire de Noirefontaine. Ces tentatives n’ont pas abouti. Dans une fosse, on a recherché un peu de plombagine.

L’écobuage Jadis, à Noirefontaine comme dans beaucoup d’autres villages en Ardenne, le sol était très pauvre, les gens aussi. Les bestiaux paissaient dans les forêts, qui avec les bruyères couvraient presque tout le territoire, et rentraient peu dans les étables (fumier rare).

Alors, les paysans pratiquaient l’écobuage. L’épais tapis formé à la surface du sol par les bruyères est écroûté, retourné, mis en tas, séché au soleil, et lentement brûlé sur place. Cette combustion dure quelques jours, répandant au loin dans le paysage une odeur de tourbe. Les cendres éparpillées forment un engrais qui permet une maigre récolte de seigle. Immédiatement après, la terre est rendue à sa sauvage indépendance. Des graines qu’elle recelait, sortent des genêts. On les rase alors pour servir de litière et la bruyère réapparaît. Un même lopin de terre de forêt est soumis à l’écobuage tous les 20 ans.

Les cultivateurs récoltaient ainsi une médiocre quantité de seigle. On achetait de la farine à Bouillon, provenant des blés de France, et beaucoup de ces gens mouraient en laissant des dettes. Un jour, un habitant de Noirefontaine, Henry Bertrand qui travaillait à Oisy rapporta un peu d’engrais dans sa besace. Il sema ce peu sur son seigle et eut une récolte qui dépassait de beaucoup les autres. L’année suivante, toutes les familles, sauf deux (qui ne voulaient pas employer « cette sale poussière ») décidèrent d’utiliser cet engrais. Les récoltes des deux réfractaires ne furent pas coupées, tellement c’était peu de chose. Les habitants se dirent : « Nous sommes sauvés, nous n’aurons plus faim. » Ceci est une preuve que le sol naturel de l’Ardenne est pauvre. On abattit les forêts et les défricha : l’étendue des terres cultivables augmenta.

1792 : Le combat des " Longs champs " En , un détachement français commandé par le général Marchand avait pris ses quartiers d’hiver sur les hauteurs de Menuchenet entre Noirefontaine et Bellevaux.

Le camp bientôt appelé camp des Montagnards comprenait 1200 hommes. Pareille troupe, devant subsister sur place, se livra dans les villages environnants à des pillages effrayants et à des réquisitions de toutes sortes (vivres, grains, fourrages, bestiaux,…) qui plongeaient les habitants dans une misère effroyable.

À l’aube du , sur les hauteurs entre Bellevaux et Noirefontaine, les Français et les Autrichiens engagèrent un effroyable combat qui ne s’acheva que sous les murs du château féodal de Bouillon.

Cet épisode est appelé " Le combat des Longs champs ".

Le détachement commandé par les Autrichiens était fort de quatre mille hommes. Les Français engagèrent environ deux mille hommes dont douze cents gardes nationaux sedanais.

Le plateau de Curfoz fut le théâtre des plus furieuses mêlées.

À proximité se trouve un chemin forestier que les anciens appellent le chemin des veuves.

Aujourd’hui l’ancienne " Voie des Hayons " porte le nom de " Voie des Montagnards ".

Que reste-t-il du camp ? Une levée de terre assez impressionnante d’un développement en demi-lune d’une centaine de mètres qui devait constituer l’assise du retranchement en même temps qu’un élément de défense.

Le camp comptait cinq redoutes (postes de guet).

Une pièce frappée en 1792 fut trouvée au cours de travaux de jardinage. Elle est conservée précieusement. L’une des faces porte l’effigie du roi Louis XVI avec cette inscription " Louis XVI Roi des Français ". L’autre face fleur de lys présente en son milieu l’emblème des licteurs avec cette inscription fort dégradée " LA NAT ... A LOI LE ROI ".

1944 : Le Maquis de Noirefontaine Le camp des maquisards est né au mois d’. Il est situé dans un coupe-feu au-dessus de la pente escarpée du Moulin Hideux. Septante à quatre-vingts hommes la composent.

Monsieur l’abbé Arnould, professeur au Collège Cardinal Mercier, en est l’aumônier, Mademoiselle Jeanne Hallet est l’infirmière. Le ravitaillement est assuré en grande partie par le village de Les Hayons et spécialement par Julien Renaudin, garde-champêtre.

La mission du maquis de Noirefontaine consiste essentiellement dans la surveillance des routes.

Dès les premiers jours, ils attaquent des tanks dans la côte de Bouillon, un de ceux-ci se met immédiatement en action et nos maquisards camouflés sont honorés d’un coup de canon qui heureusement ne donne aucun résultat.

Un soir, ayant appris que des Allemands se trouvent dans un hangar non loin de la chapelle de Buhan, ils organisent l’encerclement et les Allemands sont contraints de se rendre, cette belle capture rendra un grand service à l’avenir.

Quelques jours plus tard, le camp de Noirefontaine reçoit des armes pour plusieurs camps des environs ; il faut les transporter d’urgence et ce n’est pas facile.