Le (, appellation couramment utilisée jusqu'au , mais devenue rare) est un musée de l'histoire et de la culture humaine, situé dans le quartier de Bloomsbury à Londres, au Royaume-Uni. Ses collections, constituées de plus de sept millions d’objets, sont parmi les plus importantes du monde et proviennent de tous les continents. Elles illustrent l’histoire humaine de ses débuts à aujourd'hui.

Le musée a été fondé en 1753 et ouvert au public en 1759. Son statut actuel de lui permet d’être financé par le département de la Culture, des Médias et du Sport. Le British Museum compte six millions de visiteurs par an et s'affiche comme le site touristique le plus fréquenté de Grande-Bretagne. Comme dans la plupart des musées et galeries d’art du Royaume-Uni, l’entrée est gratuite, à l’exception de certaines expositions temporaires ; les dons sont encouragés.

Histoire Ouverture en 1759 gauche|vignette|redresse|Le buste de Hans Sloane en vitrine au British Museum. Le est créé en 1753, notamment à partir de l'immense collection de léguée par le riche médecin et scientifique sir Hans Sloane...

Le musée est ouvert au public le à la Montagu House à , au même emplacement qu'aujourd'hui ; il compte alors quelque . Les collections s’enrichissent notamment avec les contributions du capitaine Cook, et de William Hamilton, archéologue et diplomate britannique.

La défaite de Napoléon en Égypte (campagne d'Égypte) permet d’acquérir des pièces d'art égyptiennes, dont la pierre de Rosette. Puis au début du , lord Elgin, ambassadeur à Constantinople, apporte au musée des sculptures du monde grec.

Nouveau bâtiment, érigé en 1865 En 1865, un nouveau bâtiment est construit rue Great Russell dans le quartier de Tottenham Court, pour remplacer l'ancien (). Le bâtiment comporte une vaste salle de lecture dans laquelle nombre d'écrivains, philosophes et savants illustres ont travaillé, comme Karl Marx ou Charles Dickens.

Les collections d’histoire naturelle furent déplacées dans un nouveau musée (musée d'histoire naturelle de Londres, ) à South Kensington en 1880. Jusqu'en 1997, le British Museum hébergeait dans le même bâtiment le musée et la bibliothèque nationale : depuis lors, la British Library est située près de la gare de Saint-Pancras. Enfin, en est ajoutée la « Grande CourLe British Museum, guide souvenir, édition en français de 2007. ».

Expositions et afflux touristique au La plus importante exposition provisoire hébergée par le au long de son histoire est celle intitulée « The First Emperor: China's Terracotta Army », du à , qui a rassemblé et douze soldats de terre cuite provenant du mausolée de Qin Shi Huang, le premier empereur de Chine.. Cette exposition a fait du musée l’attraction culturelle la plus visitée du Royaume-Uni en 2007 et 2008...

Une autre exposition mémorable est celle de 1972 consacrée au pharaon Toutânkhamon.

Le British Museum est devenu au , avec le Tower Bridge, le palais de Buckingham, ou d'autres grands sites, l'un des piliers du succès touristique de la ville de Londres, confrontée au tourisme de masse..

Travail de mémoire autour du fondateur de la collection

En , à la suite du mouvement de protestation Black Lives Matter, le British Museum retire de son piédestal le buste de son fondateur, Hans Sloane, médecin et naturaliste enrichi grâce aux plantations esclavagistes de son épouse. Le buste est depuis exposé dans une vitrine en rappelant ses activités. Selon le directeur du musée, Hans Hartwig : « Nous l'avons retiré de son piédestal où personne ne le regardait pour le placer sous le feu des projecteurs ».

Bâtiment

Le fut conçu par sir Robert Smirke dans un style néoclassique, et l'idée développée en 1823 ; la construction s'est achevée près de trente ans plus tard. Construit au départ pour abriter la bibliothèque personnelle du roi , ce nouveau bâtiment de forme carrée est situé au nord de Montagu House. L'aile sud du Smirke Building a finalement remplacé la vieille maison.

La salle de lecture circulaire, recouverte d'un dôme de de diamètre, fut bâtie en 1857 par Sidney Smirke, frère cadet de Robert Smirke.

L'Aile blanche, conçue par l'architecte John Taylor, fut ajoutée trente ans plus tard. Les galeries du roi , qui sont une addition dans le style Art nouveau, devinrent partie intégrante du musée en 1914.

Les ailes contenant les collections sont situées autour de la Grande Cour , qui est la plus grande place couverte d'Europe.. Elle a été conçue par Foster and Partners qui a gagné le concours lancé en 2000 dans trois buts : révéler les espaces cachés, repenser les anciens espaces, en créer de nouveaux. Norman Foster s'inspire de sa création pour le Reichstag de Berlin pour le toit. La cour est inaugurée le par la reine ..

Départements Les salles sont regroupées en plusieurs départements, définis selon une grande région ou un thème, et d’autres qui sont temporaires : Égypte et Soudan antiques ; Antiquités gréco-romaines ; Moyen-Orient ; Asie ; Afrique, Océanie et Amériques ; Grande-Bretagne, Europe et préhistoire ; Estampes et dessins ; Monnaies et médailles ; Conservation et recherche scientifique.

Égypte et Soudan antiques

thumb|upright=1.2|Jeunes visiteurs devant la pierre de Rosette, en 1985.

Le héberge une des premières collections mondiales d'art de l'Égypte antique, avec des objets provenant de toutes périodes.

Les sept galeries égyptiennes permanentes du musée exposent seulement 4 % des objets conservés. La salle 4, la plus grande, abrite des pièces de sculpture monumentale et d’architecture pharaoniques, souvent couvertes d'hiéroglyphes.

Beaucoup d’autres aspects de la culture égyptienne antique sont représentés : les sarcophages et les momies, mais aussi des meubles, bijoux et autres objets trouvés dans les sépultures. Ils reflètent la pratique des enterrements somptueux pour les plus riches, dont les familles royales et les représentants du gouvernement Page de l’Égypte antique sur le site du musée..On trouve parmi les pièces de ce département : la momie « Ginger » (environ ) ; la fausse porte en calcaire du mastaba de Ptahchepsès () ; un statue en granite de () ; une grande tête en granite d’ () ; une grande tête provenant d’une statue d’I () ; un grand buste en calcaire d’ () ; les peintures de la tombe de Nebamon () ; un morceau de la barbe du sphinx de Gizeh () ; une statue en calcaire de deux époux () ;

un grand buste de , appelé « Jeune Memnon » () ; une liste des rois d’Égypte provenant du temple de () ; une obélisque du pharaon (règne de 360 à ) ; la pierre de Rosette () ; la momie de Cléopâtre (Thèbes, ) ; une centaine des lettres d'Amarna ; des momies et des sarcophages.

Antiquités grecques et hellénistiques

Le British Museum possède l'une des plus vastes et des plus complètes collections d’antiquités du monde gréco-latin, avec plus de répartis dans : ce secteur est le plus important du musée. Pour le monde grec, les collections proposent des objets allant du début de la préhistoire jusqu'à l’ère byzantine Page de la Grèce antique sur le site du musée.. L’archéologie au n'en était qu'à ses premiers balbutiements ; des chercheurs isolés (Charles Newton, John Turtle Wood, Robert Murdoch Smith et Charles Fellows) commençaient seulement à mettre au jour différents sites tout autour de la Méditerranée.

Les vestiges hellènes proviennent de l'ensemble du monde grec antique : de Grèce continentale et des îles Égéennes, jusqu'aux colonies d'Asie Mineure et d’Égypte en Méditerranée orientale, et même des tyrannies de Grande Grèce (Sicile et Italie méridionale). On y retrouve les cultures cycladique, minoenne et mycénienne, puis la Grèce classique avec d'importantes sculptures du Parthénon à Athènes, ainsi que des éléments de deux des Sept Merveilles du monde : le mausolée d'Halicarnasse et le temple d'Artémis à Éphèse.

Les points forts de la collection comprennent :

du temple d'Héphaïstos : un cadre de coffre en marbre et un coffre de la colonnade (449-) ;

du Parthénon : les marbres du Parthénon ou marbres d'Elgin (447-) ;

des Propylées : un chapiteau et un tambour à colonnes (437-) ;

de l'Érechthéion : une colonne survivante et des accessoires architecturaux (420-), l'une des Cariatides () ;

du temple d'Athéna Nikè : des dalles et des chapiteaux de la frise (427-) ;

du sanctuaire d'Apollon à Daphni : des colonnes cannelées, des bases de colonnes et des chapiteaux ioniques (399-) ;

du monument chorégique de Thrasyllos : une statue de Dionysos () ;

de la tour des Vents : un chapiteau corinthien en marbre () ;

du temple de Bassae : vingt-trois blocs de la frise intérieure du temple (420-) ;

du mausolée d'Halicarnasse : deux figures autonomes colossales identifiées comme Mausole et son épouse Artémise (vers ), une partie d'un cheval du groupe de chars ornant le sommet du mausolée (vers ), une frise d'Amazonomachie : une longue section de frise en relief montrant la bataille entre les Grecs et les Amazones (vers ) ;

du temple d'Artémis à Éphèse : l'une des bases de colonnes sculptées (340-), une partie de la frise ionique située au-dessus de la colonnade (330-) ;

de Cnide, en Asie Mineure : la Déméter de Cnide (), le Lion de Cnide (350-) ;

de Xanthe, en Lycie, Asie Mineure : le tombeau du Lion (550-), des reliefs du tombeau des Harpies (480-), le monument des Néréides : reconstruction partielle d'une tombe lycienne (390-), le tombeau de Merehi (390-), le tombeau de Payava (375-), le décret bilingue de Pixodaros ().

Antiquités romaines Le département possède les plus vastes collections d’antiquités hors d’Italie, depuis le Chalcolithique jusqu'aux premières civilisations italiques et la civilisation étrusque, ainsi que nombre de témoignages sur la civilisation ancienne de Chypre et des colonies barbares de Lycie et de Carie en Asie Mineure. Il présente également plusieurs vestiges de l'époque de la République romaine, mais son point fort est la variété des artefacts antiques provenant de tout l’Empire romain, à l’exception toutefois de la Grande-Bretagne (qui forme le cœur des collections du département de la Préhistoire en Europe).

Ses collections de bijoux et de bronzes, de vases grecs (la plupart tirés de tombes d’Italie méridionale, et qui proviennent des collections de William Hamilton et du chevalier Durand), de verrerie romaine dont le célèbre vase Portland à camées et la coupe de Lycurgue, de mosaïques romaines provenant de Carthage et d’Utique en Afrique proconsulaire dégagées par , et d'argenterie romaine dont la coupe Warren, le vase des quatre saisons de Tourdan et plusieurs grands trésors d'argent de Gaule romaine notamment ceux de Chaourse, de Chatuzange, de Caubiac et de Mâcon (ces deux derniers légués par le philanthrope et parrain du musée, Richard Payne-Knight), sont particulièrement importantes. Les antiquités chypriotes sont également bien représentées : elles proviennent du rachat de la collection de sir William Hamilton ainsi que du legs d'Emma Turner en 1892, qui avait financé plusieurs campagnes de fouille à travers l'île. Les sculptures romaines (plusieurs sont de simples copies d’originaux grecs) sont présentes en grand nombre grâce au fonds Townley et d'autres sculptures provenant de la célèbre collection Farnèse.

Les collections du département de la Grèce antique et de Rome sont réparties dans différentes pièces du musée, mais les principaux vestiges architecturaux et monuments sont au rez-de-chaussée, à travers les galeries 5 à 23. Au premier étage, les galeries contiennent des objets de taille plus modeste, provenant aussi bien d'Italie et de l’Empire romain, que de Grèce et de Chypre.

Proche-Orient vignette|Salle : les bas-reliefs du palais de Ninive (entre 701 et 681 ).