Le Pacha est un film franco-italien réalisé par Georges Lautner, sorti en 1968.

Synopsis L'inspecteur de police Albert Gouvion est chargé de convoyer une collection de bijoux d'une valeur inestimable. Mais ayant des problèmes d'argent, Gouvion a renseigné sur l'opération et sur l'itinéraire emprunté par le fourgon blindé, un truand perfide et dangereux, Marcel Lurat dit « Quinquin »

Quinquin et ses complices font sauter le fourgon au bazooka avant de s'emparer du butin. Ce dernier élimine ensuite ses complices un à un, y compris Gouvion.

Le commissaire divisionnaire Louis Joss, supérieur et ami d'enfance de Gouvion veut le venger. Au cours de l'enquête, il comprend que son vieil ami (qu'il surnomme affectueusement « Albert, les galoches ») a quelque chose à voir dans le hold-up. Il avait en effet le don de s'attirer les ennuis, toujours de pire en pire, en s'impliquant par faiblesse dans le milieu des gangsters pour impressionner et plaire à sa séduisante maîtresse, Nathalie Villar, serveuse dans une boîte de nuit et sœur de « Léon de Lyon », un des gangsters éliminés par Quinquin. Nathalie tente ensuite de tuer Quinquin mais est abattue à son tour.

Le commissaire Joss entreprend de faire le ménage dans ces malfaiteurs du milieu parisien (le « mitan » en argot). Pour arriver à ses fins, il organise la confrontation de deux bandes rivales (dont l'une est dirigée par Quinquin et l'autre par Émile le Génois) en montant un piège dans le braquage d’un train postal. Dans la scène finale, Joss tue lui-même Quinquin (sans témoin).

Fiche technique

Titre : Le Pacha Réalisation : Georges Lautner Scénario : Michel Audiard, Georges Lautner et Albert Simonin, d'après le roman de Jean Delion Pouce Dialogues : Michel Audiard Assistants réalisateur : François Audiard, Robin Davis, Paul Nuyttens, Alain Pacchiotti, Yves Ridard, Claude Vital Musique : Serge Gainsbourg (Requiem pour un con, Harley Davidson) et Michel Colombier (Batucada meurtrière, thème de l'attaque du fourgon) Photographie : Maurice Fellous Décors : Jean d'Eaubonne Décorateur : Raymond Gabutti assisté de Michel de Broin Son : Jean Rieul Montage : Michelle David Directeur de production : Robert Sussfeld et Roger De Broin Producteur délégué : Alain Poiré Production : Gafer, Gaumont, Rizzoli Films (Rome) Chorégraphie : Rita Renoir Cascades : Rémy Julienne, bagarres réglées par Henri Cogan Pays de production : , Langue : français Tournage : - .. Box-office France : Distribution : Gaumont Format : Couleurs - 1,66:1 - Mono - 35 mm Genre : policier Durée : 82 minutes Date de sortie : France : Classification : interdit aux moins de 18 ans lors de sa sortie en salles en FranceUniFrance, affiche du film., puis réévaluée en tous publics. Affiche : Charles Rau (France).

Distribution

Jean Gabin : le commissaire divisionnaire Louis Joss, dit « le Pacha » Dany Carrel : Nathalie Villar, la sœur de Léon, serveuse au « Hippie's » Jean Gaven : Marc, un inspecteur André Pousse : Marcel Lurat, dit « Quinquin » Félix Marten : Ernest, dit « le Feutré » Louis Seigner : Paul, le directeur de la police Robert Dalban : l'inspecteur Albert Gouvion Maurice Garrel : Léon Brunet, le receleur André Weber : Émile Vergnes, dit « le Génois » Pierre Koulak : Abdel Schmil, dit « le Coréen » Frédéric de Pasquale : Alfred, un inspecteur Gérard Buhr : Arsène Lumont, dit « le serrurier », un complice de Quinquin Louis Arbessier : le directeur de chez Boucheron Pierre Leproux : Druber, le gardien de la bijouterie Henri Déus : Léon Villar, le frère de Nathalie, dit « Léon de Lyon » Dominique Zardi : Horst Weiss, un homme de Quinquin, dit « Horst de Hambourg » Yves Arcanel : un inspecteur de la police judiciaire Yves Barsacq : le médecin légiste Christian Bertola : Donadieu Michel Carnoy : Malevin Michel Charrel : un consommateur chez Marcel Henri Cogan : Riton Germaine Delbat : madame Druber Michel Duplaix : un inspecteur de la PJ Noëlle Adam : Violette, une serveuse au « Hippie's » Marianne Comtell : Odile, une serveuse au « Hippie's » Serge Sauvion : l'inspecteur René Maurice Auzel : un homme de la bande d'Émile Pascal Fardoulis : un homme de la bande d'Émile Hervé Jolly : un homme de la bande d'Émile Jean Luisi : un homme de la bande d'Émile Pippo Merisi : un homme de la bande d'Émile (crédité Pipo Merigi) Georges Ranga : un homme de la bande d'Émile Henri Attal : un homme de la bande d'Émile Raoul Saint-Yves : le chef de gare de Troyes Philippe Vallauris : un inspecteur de la PJ Serge Gainsbourg : lui-même, en session au studio d'enregistrement Léon Zitrone : lui-même, commentateur hippique Béatrice Delfe : une auxiliaire de police Marcel Bernier : le chauffeur de Brunet Yves Gabrielli : un homme de la bande à Quinquin Adrien Cayla-Legrand : un policier à l'enterrement Jean Sylvère : l'officier de police Marquet Rémy Julienne : un motard Véronique de Villèle : la femme blonde assise au bar Bernard Garet Carmen Aul : Une danseuse au « Hippie's » Rita Reaumur : Une danseuse au « Hippie's » Gérald Bruneau : Le hippie (non-crédité) Henri Gourdan : Le dessinateur à la P.J. (non-crédité) Corrado Guarducci : (non-crédité) Jean Martin : Un homme de la bande à Quinquin (non-crédité)

Production Choix des interprètes Le Pacha marque l'unique collaboration entre Jean Gabin et Georges Lautner. En 1963, Gabin était pressenti pour tourner dans Les Tontons flingueurs réalisé par Lautner. L'acteur voulait imposer son équipe de techniciens pour le film, ce que Lautner refusa, car il ne travaillait qu'avec l'équipe de ses débuts. Finalement, le rôle fut attribué à Lino Ventura.

Le film marque aussi la reprise de la collaboration entre Gabin et le dialoguiste Michel Audiard, après une période de froid.

Apparitions de Serge Sauvion (l'acteur doublant Peter Falk dans la version française de la série policière Columbo) dans le rôle de l'inspecteur René, ainsi que celles du chanteur Serge Gainsbourg (lui-même), du cascadeur Rémy Julienne (un motard), du journaliste Léon Zitrone (le commentateur hippique) et de Véronique de Villèle (dans la boîte « Le Hippie's » au bar, quand le commissaire Joss demande Nathalie Villar à la barmaid).

Tournage

Le tournage s'est déroulé : en Seine-Saint-Denis, au cimetière de L'Île-Saint-Denis dans l’Oise à la sucrerie de Beaurain près de Trumilly., Duvy, à Balagny-sur-Aunette, commune de Chamant en Val-de-Marne dans les studios de Saint-Maurice dans les Hauts-de-Seine à Gennevilliers (scène du bar du Coréen) à Paris dans l’Aube (la gare de Troyes) en Haute-Marne à Chaumont (la gare et son viaduc).

Accueil Problèmes avec la censure Une fois le montage bouclé, le film est présenté le à la commission de censure, qui est ulcérée par la violence du film : non seulement par le fait que le personnage d'André Pousse, Marcel Lurat, dit « Quinquin », tue ses complices, mais aussi parce que le personnage de Gabin, Louis Joss, dit « le Pacha », un commissaire divisionnaire, tabasse « le Coréen » dans un bistrot et tue, sans sommation, Lurat. Pour la commission, il est impossible de montrer dans les salles de cinéma une telle vision de la police..

Georges Lautner ne se laisse pas démonter pour autant et se lance dans des discussions très poussées avec les producteurs et les censeurs pour soutenir son film. N'ayant pas obtenu gain de cause, il va organiser des rencontres radiophoniques faisant venir des jeunes qui racontent comment ils ont été maltraités par la police lors des interrogatoires. Au terme de cet affrontement, la censure va accepter de laisser passer un seul et unique coup de poing et de laisser la fin telle qu'elle est. Satisfait, Lautner révise le montage de son film en supprimant deux coups de poing de Gabin (les deux derniers qui envoient le suspect s'effondrer en sang à travers une vitre ; la séquence est néanmoins visible dans la bande annonce de l'époque).

Sur l'affiche promotionnelle du film, il est affiché « Interdit aux moins », classification de la commission de censure en raison de la violence. Il ne sera classé « interdit aux moins par la commission de censure qu'après deux semaines d'exploitation, une fois que Lautner aura procédé à un remontage atténuant la brutalité du personnage de Gabin.

De plus, la censure s'attaquera à la chanson de Serge Gainsbourg, Requiem pour un con, en raison de sa vulgarité. Elle sera interdite de diffusion sur les ondes radiophoniques. Cette chanson bénéficiera d'une version remixée par Gainsbourg lui-même en 1991, en version électro-funky et ponctuées d’échantillons de ricanements de Serge Gainsbourg. Elle sortira le lendemain de sa mort et sera largement diffusée à la radio, en guise d'hommage.

Critique À sa sortie, Le Monde critique le film pour sa complaisance et sa vulgarité mais souligne la modernité et le côté américain du cadre..

Box-office Le film réalise en France lors de sa sortie, au de l'année 1968. À comparer aux du Livre de la jungle et aux du Gendarme se marie.

Autour du film

Le film est monté en flash-back. Il commence avec les funérailles d’Albert et l’histoire est racontée depuis son début par le commissaire Joss, d’abord dans un monologue intérieur, avant de faire place aux scènes et aux dialogues du film. À la , dans la scène du commissariat, on peut apercevoir parmi les photos des criminels de l'attaque du fourgon les photos de Michel Audiard (cinquième photo en haut du mur de droite) et Georges Lautner (première photo de la seconde rangée de photos en bas à gauche). Le surnom de « Jo les Grands-Pieds », cité par Albert Gouvion lors de son entrevue avec le commissaire Joss, est celui d'un ami de Jean Gabin ayant réellement existé. Neuf ans après Le Pacha, Audiard et Lautner adapteront au cinéma un autre roman de Laborde, Mort d'un pourri. Dans la scène du cabaret « Hippie's », la photo derrière la chanteuse est une affiche de cinéma, Un taxi pour Tobrouk, avec Lino Ventura, Charles Aznavour, Maurice Biraud et Germán Cobos. Le célèbre 36, quai des Orfèvres apparaît dans le filmIsabelle Blondel, Olivier Delacroix, Alice Develex, Nicolas d'Estienne d'Orves, Bertrand Guyard, Colette Monsat, Marie-Noëlle Tranchant et Florence Virerron, « Si le Paname d'Audiard m'était conté », Le Figaroscope, semaine du 10 au 16 mai 2017, pages 8-10.. Quand Nathalie répond à Joss qu'elle a « de la famille à Romorantin », il est possible que ce soit lié à la présence de véhicules Matra dans le film (530 et Djet), fabriqués dans la même localité. Pour les besoins du film, Jean Gabin devait prendre place dans une Matra Djet, petit coupé sport très profilé, qui fut réellement acheté à quelques exemplaires par la police pour les patrouilles sur autoroute à la fin des années 1960 ; découvrant l'engin sur le site du tournage, Gabin aurait déclaré à Lautner : Présentation au musée Matra de Romorantin : Les Matra au cinéma. avant d'accepter, de plus ou moins bonne grâce. À un moment, Albert Gouvion/Robert Dalban dit qu'il a affronté les « bazookas » dans les Ardennes en 1939. En réalité, l'offensive allemande a lieu en 1940, et le bazooka n'a été inventé qu'en 1942. Le film comprend plusieurs références à Brigitte Bardot , dont un poster et la diffusion de la chanson Harley Davidson qu'il lui a composée. Le riff de cette chanson initie d'ailleurs la musique principale et est réinséré tout au long du film comme thème majeur.

Répliques cultes