La mention d'un « comitatus Lugdunensis » apparaît dans les sources en 943Charta qua Leotaldus comes et uxor ejus Berta alodum in villa Moncellis cum ecclesia in honore Beatae Mariae et Sancti Andeoli (Saint-Andéol-le-Château?) monasterio cluneniacensis dant "in comitatu Lucdunensi, in agro Pasiacho, in villa Moncellis". Cluny, Tome I, 625, p. 582. Lire en ligne. et 958Carta de ecclesia de Sancti Petri de Noaliaco , Cart. de l'abbaye de Savigny, , p. 93. Lire en ligne. et concerne des terres situées en Jarez et en Roannais.
Les premières mentions du « comitatus forensis » apparaissent dans les sources en 966«(...) in pago Lugdunensi, atque in comitatu Forensi (...) hoc ex curtem meam qui vocatur Poliacus (Pouilly-lès-Feurs)(...)» Charte de Cluny, t. II, , , Lire en ligne. et 981"in villa Arteuno sito (...) Sunt ipse res site in comitatu Forensi'. Charte de Cluny, t. II, , . Lire en ligne.</ref> et concernent des localités (Arthun, Pouilly-lès-Feurs) qui formèrent par la suite le cœur du Forez comtal. Le « comitatus Rodanensis » est mentionné en 952Cart. de Savigny, p. 53, . Lire en ligne (sans mention du « pagus lugdunensis » pour Saint-Jean de Panissières en Forez), en 992Cart. de Savigny p. 270, . Lire en ligne (acte daté du règne d'Hugues Capet) et en l'an milleCart. de Savigny, p. 268, . Lire en ligne.
Vers l'an mil, la dévolution du titre comtal apparaît initialement attachée à Thiberge de Forez, parente de l'héritier déchu du trône de Bourgogne-Provence Charles-Constantin de Vienne qui fut l'épouse du comte Artaud II puis de Pons de Gévaudan.
L'appellation de comte de Forez est employée pour la première fois à l'occasion de l'excommunication d'Artaud IV de Forez (1076) à la suite du conflit qui l'oppose à l'archevêque de Lyon(...) "comitem Forensem, et Umbertum de Bellogioco propter infestationes Lugdunensis ecclesia (excommunicamus)". Lire en ligne. et sera reprise par la suiteFundatio hospitalis pauperum in villa Montisbrisonis. Lire en ligneAndré Barban, Recueil... de fiefs relevant du comté de Forez : XVI. Comté de Forez — ses limites, Recueil de mémoires & documents sur le Forez (Diana, société historique et archéologique du Forez, Montbrison)..
La guerre entre le comte Guigues II et l'archevêque Héracle de Montboissier se solda par l'intervention du pape Alexandre III, l'annulation de la bulle d'or de Frédéric Barberousse, la permutation en 1173 (vente des possessions « lyonnaises » des comtes de Forez et rétrocession des possessions du chapitre de Lyon en Forez) et enfin à l'accession du fils du comte de Forez, Renaud II de Forez, au titre d'archevêque de Lyon en 1193.
À la suite de la permutation de 1173, Philippe-Auguste confirme à Guigues II le droit de garde sur les routesClaude-François Ménestrier, Histoire civile ou consulaire de la ville de Lyon justifiée par chartres, titres, chroniques, vol.2, N. et J.-B. de Ville (Lyon), 1696. Lire en ligne en latin.PARADIN, Mémoire de l'hist. de Lyon, Livre 2, Chap. XXXVII, . Lire en ligne en français. et emploie pour la première fois la double titulature « comte de Lyon et de Forez » (« Forensi & Lugdunensi Comiti »). Cette dernière appellation tardive sera reprise par les historiens pour désigner à la fois la lignée comtale patrilinéaire descendante du comte Artaud II de Forez et celle issue de la maison d'Albon qui lui succède au début du .
À la suite de la permutation de 1173 et de l'accession au trône épiscopal de Renaud de Forez, le titre de comte « de Lyon » ne fut utilisé qu'à titre honorifique par les membres du chapitre de l’Église de Lyon.
Le titre de comte « de Forez » continuera à être porté, après le mariage d'Anne Dauphine, par les membres de la maison de Bourbon ainsi par certains membres de la famille royale de France après le rattachement du Forez à la couronne en 1531.
Premières mentions Le titre de comte était à l'origine un titre non héréditaire attaché à la personnalité qui se voyait confier l'autorité sur le Lyonnais et le Viennois.
La première mention est celle d'Armentarius qui fut intitulé « comte et gouverneur judiciaire de Lyon » pendant l'épiscopat de Nizier de Lyon (552-573)Ralph W. Mathisen, Studies in the history, literature and society of Late Antiquity, (1991:63)"Armentarium comitem, qui Lugdunensem urbem his diebus potestate iudiciaria gubernabat". Greg. Tur. V. Patr. VIII 3.
À la fin du , avec l'affirmation de l'autorité de Pépin le Bref, la principale menace pesant sur le Lyonnais venait de l'Ouest et des rebelles aquitainsPierre Ganivet, Pays lyonnais (2000), p. 51..
Le comte Australdus, mentionné par ailleurs dans le testament du patrice AbbonAustraldus sur le site prosopographie.eu http://www.prosopographie.eu/austar%20wald%20(765)%20B.P.htm"(...) in Bregis de alode parentum nostrorum, quem Austrualdus in beneficio habet(...)" Abbon patrice ou duc de Viennois et de Provence pour Novalaise, 05/05/739, Lire en ligne, est cité à deux reprises lors de la rébellion contre Pépin du gascon Waifre. Il est présent aux côtés de Galeman, comte et général de Pépin, victorieux contre Mancion près de NarbonneChroniques de Frédégaire, II, 258.. Il marcha ensuite avec le comte Alard de Chalon contre le comte des Auvergnats Chilping en 764. Ce dernier préparait une expédition contre le Lyonnais et fut finalement défait sur les rives de la Loire en Forez ou Roannais, peut-être par Australdus qui aurait été gratifié du titre de comte à cette occasionChronicarum Fredegrii Continuation, an. 764."On serait peut-être tenté de faire d'Austraud (Australdus) un comte de Lyon : la rencontre entre Bourguignon et Auvergnats semble se dérouler là où l'Auvergnat faisait peser la menace, c'est-à-dire en Lyonnais (in pago lugdunensi) près de la Loire (donc en Forez ou en Roannais ?) (...) L'attribution du comte Austraud à Lyon reste donc plus pure conjecture", Pierre Ganivet, , p. 51.Propositions de localisation du lieu de la bataille situé sur la Loire, An Entity in Data Space of Regnum Francorum Online sur le site francia.ahlfeldt.se https://francia.ahlfeldt.se/page/documents/11180.
Les comtes carolingiens
BertmundMichel Rubellin, Église et société chrétienne d'Agobard à Valdès, PUL, Lyon, 2003, p.171"Bertmundus Lugdunensis provinciae praefectus" Hithard. apud Bouquet VI, 67 ann. 818. (parent de Berthmond d'Auvergne?) comte et préfet de la province de Lyon est mentionné en 818 et en 828-829, cumulant les responsabilités civiles à Lyon et militaires en Bourgogne, il s'adjoint les services d'un vicomte"Comes noster Bertmundus....Virum (seu vice comitum) pro se constituerit", Agobardi epist. III apud Bouquet, l, c. VI, 360.. Pour l'historien allemand Hubert Gerner, l'anthroponymie indiquerait que le préfet Bermond aurait été à l'origine de la lignée des Bermond/Guigue/Guichard/Artaud, vicomtes puis comtes de Lyon à la fin du "Les premiers comtes locaux en Lyonnais ont tenu au cours du , au moins temporairement, la charge vicomtale, leur prétention au titre comtale pouvant même être ramenée, par le biais des Bermond, au début du , jusqu'au préfet Bermond", H. GERMER, Lyon im Frühmittelalter, p. 38 et 135., de laquelle serait issue Artaud Ier. Sous les ordres de Louis le Pieux, Bertmund mate la rébellion de Bernard d'Italie en 817 en le privant « de la vue et de la vie »Pierre Ganivet, Pays Lyonnais (2000) p. 48.Nithard, Histoire des fils de Louis Le Pieux, éditée et traduite par Ph. Lauaer, Paris, 1964, p. 6-8..
100px|vignette|droite|Mariage de Girart de Roussillon dans un manuscrit du attribué au Maître du Girart de Roussillon. Warin (Guerin de Provence ou son père Warin d'Auvergne), comte, duc et marquis, vers 830-843. Matfrid, comte, mentionné en 843-844. Michel Rubellin le donne pour fils de Matfrid d'Orléans († 836).
En 843, avec le traité de Verdun, Vienne et Lyon intègrent la Francie médiane de Lothaire qui confie la région à Girart de Roussillon.. Girart de Roussillon est comte-marquis de l'empereur Lothaire vers 852“Gerardus…comes atque marchio, D Lo I 126, p. 287.”. En 855, avec le traité de Prüm, l'ensemble comtal lyonnais-viennois (dit « duché de Lyon », Ducatus Lugdunensis) intègre le royaume de Bourgogne de Charles de Provence. Une appellation inédite et tardive vraisemblablement liée aux charges politiques et militaires cumulées par Girard, désormais qualifié de comte"comes et parens noster ac nutritor Girardus, 10/10/856, Recueil Actes Provence 1, p. 1. " et de duc"Praecellentissimo duci G. et clarissimae conjugi ejus B". "Loup de Ferrières, Correspondance, éd. Levillain, t.2, Paris, 1935, p. 150-151., qui officie en réalité comme régent.
À la mort de Charles de Provence en 863, le comte Girard prit le parti de Lothaire II contre Charles le Chauve et parvint à lui conserver l'ancien « duché ».
Le royaume de Lothaire II est divisé à sa mort entre ses oncles par le traité de Meerssen (870) qui attribue Vienne et Lyon à Charles II le Chauve. Girart de Roussillon se rebelle contre Charles le Chauve qui parvient à le chasser. Le souverain remet l'ancien duché à Boson de Provence dont il épouse la sœur Richilde.
100px|vignette|droite|Le roi Boson et saint Étienne, fragment des fresques de l'abbaye de Charlieu, . Boson, duc de Lyon (870-879) et de Vienne, duc de Provence, comte de Mâcon, de Chalon, d'Autun et de Troyes.
Le , Boson se fait proclamer roi de Bourgogne-Provence., à Mantaille, par une assemblée de métropolitains et d'évêques. Il est couronné par Aurélien, l'archevêque de Lyon, probablement dans cette même villeAndré Pelletier, Jacques Rossiaud, Françoise Bayard et Pierre Cayez, Lyon, Histoire de Lyon : des origines à nos jours, Éditions lyonnaises d'art et d'histoire, 2007, .. Il est renversé dès 880. Siwald (?), comte, mentionné en 879. Bernard Plantevelue, comte d'Autun (858-v. 865 et 874/9), d'Ormois (866). Comte d'Auvergne (870), de Toulouse, Limoges (878) et Berry. Marquis de Gothie (878). Pour certains, ce comte Bernard serait Bernard de Gothie. Hugues, comte, mentionné en 900. 100px|vignette|droite|Guillaume le Pieux, d'après une lettrine enluminée (BNF, Ms. Lat. 17716, f°85.) Guillaume le Pieux, fils de Bernard Plantevelue, comte d'Auvergne (886-918) marquis et duc d'Aquitaine « par la grâce de Dieu ». Abbé laïque de Brioude (886-918). Guillaume le Jeune, neveu et héritier du précédent, duc d'Aquitaine et comte d'Auvergne, comte de 918 à 926. Un « comte Guillaume » est mentionné lors du plaid de Thoissey en 944. Pour Etienne Fournial, il s'agit du comte de Mâcon Otte-Guillaume de BourgogneChartes de Cluny, t. 1, p. 610, . - "La charte de Cluny à laquelle souscrit un comte Guillaume est datée juillet 936 par nos éditeurs. Si cette date était exacte, ce Guillaume (n.d.r. Guillaume Tête d'Etoupe) serait le nôtre. Mais le chanoine CHAUME a établi que ce document est de juillet 986 (Rev. Mabillon, 1926, p. 47) et que le comte Guillaume est Otte-Guillaume, comte de Mâcon et non Tête d'Etoupe". FOURNIAL, Rech. sur les comtes de Lyon, p. 251.. Pour Pierre Ganivet, il s'agit plutôt de Geilin Ier, comte de Valentinois, identification qui resterait problématique en termes linguistiques. Hugues d'Arles (?), roi d'Italie. Exerce des fonctions comtales dès 924, avant la mort de Guillaume le Jeune et les abandonne au plus tard en 933« À la suite d'un nouveau traité conclu en 933, à présent entre Hugues d'Arles et Rodolphe II de Bourgogne jurane, Liutprand de Crémone précise qu'Hugues lui céda toute sa terre qu'il avait possédé en Gaule avant son avénement en échange de la promesse que ledit Rodolphe n'entrerait jamais en Italie ». C. LAURANSON-ROSAZ, Francia occidentalis et Francia Media. p. 331.. Hugues le Noir, duc de Bourgogne, mentionné comte de 939 à 952.