L'histoire des techniques de télévision fait l'objet d'un article séparé.

La pré-histoire Au début des années 1930, Philips organise, en ses locaux Bruxellois, pour ses revendeurs, une démonstration de télévision en circuit fermé. La démonstration se déroulait comme suit : les visiteurs assistaient d'abord à un concert en live. Tandis que l'artiste continuait à chanter les visiteurs étaient dirigés vers une autre salle au sein de laquelle était installé un poste de télévision (l'écran était quasi rond) permettant de suivre le concert.

En 1935, lors de l'exposition universelle de Bruxelles, les visiteurs découvriront cette curiosité qu'est la télévision.

1951 : La télévision expérimentale Technique mise au point avant la Seconde Guerre mondiale, la fin du conflit va permettre à la télévision d'entrer dans une phase de diffusion vers le grand public.thumb|right|300px|Démonstration de télévision sur la Grand'place de Mons, le 16 septembre 1947. En 1947 déjà, il y eut quelques démonstrations de télévision réalisées en Belgique par la société britannique Pye Ltd. Dès , quelques téléspectateurs belges jusqu'à Bruxelles pourront capter les émissions de l'émetteur français de Lille. Malgré le scepticisme ambiant qui pense que la télévision est un gadget sans avenir et trop coûteux pour un petit pays, Louis-Philippe Kammans s'attachera dès 1950 à former une équipe pour préparer les débuts du nouveau média : les techniciens viendront de la radio et les équipes de réalisation viendront du théâtre pour la plupart.

À la fin de 1951, les essais en circuit fermé commencent dans la maison de l'INR, place Flagey. Tant du côté francophone que du côté néerlandophone, c'est un studio radio qui sera converti pour accueillir les premières caméras et projecteurs.

Le , on réalise en direct (aucune possibilité d'enregistrement n'existe !) la pièce de Tristan Bernard, Je vais m'en aller.

Dès le départ, la télévision s'installe dans la tour de Babel des normes : les francophones pour se rapprocher de la télévision française adopteront le 819 lignes, mais avec une bande passante normale, réduisant ainsi la qualité par manque de définition horizontale ! les néerlandophones adopteront le 625 lignes européen mais avec des normes belges : modulation positive pour l'image et modulation d'amplitude pour le son. Les premiers téléviseurs belges seront des monstres multi-standards, captant outre les deux normes belges, la norme française à 819 lignes et la norme européenne (Allemagne et Pays-Bas) à 625 lignes avec modulation négative pour l'image et son en modulation de fréquence. Mais ceci, c'est pour la date fatidique du , date du début officiel de ce qui s'appelle Télé-Bruxelles. La première speakerine est Andrée Rolin. Après un relais de Paris pour les informations, une soirée de variétés baptisée Boum. Encore largement expérimentale, elle émet six jours par semaine, deux heures par jour et à côté de ses émissions propres du mercredi et du dimanche, la part belle est faite au relais de la RTF, y compris le journal télévisé français ! Seuls les téléspectateurs habitant dans un rayon de autour de Bruxelles peuvent voir les émissions qui partent d'antennes situées sur le palais de Justice ; en 1954, Liège recevra son émetteur du Bol d'Air (Ougrée). Dès le début, les premiers téléspectateurs belges pourront voir deux chaînes nationales, la francophone et la flamande. En plus, une partie du territoire peut capter les émissions parisiennes émises depuis la RTF de Lille, cependant que, dans le nord du pays, on reçoit les Pays-Bas. Une frange côtière capte même la télévision de la BBC anglaise.

Inspiré par le couronnement de la reine du Royaume-Uni retransmis en direct en France, Belgique, Pays-Bas et Allemagne de l'Ouest grâce à des convertisseurs de définitions, le naît le réseau Eurovision qui groupe les principaux pays d'Europe de l'Ouest, dont la Belgique, dans le but d'échanger des programmes. Les techniciens et le matériel de la régie centrale de contrôle en sont installés en Belgique, sous la coupole qui domine le monumental palais de justice de Bruxelles au sommet duquel, dominant la ville, est installée une grande antenne captant les émissions du réseau belge de relais qui jalonnent tout le pays en liaison avec les réseaux de France, Allemagne et Pays-Bas auxquelles se joindront d'autres pays européens.

L'Eurovision va organiser dès 1954, à destination de huit pays d'Europe occidentale, une série d'émissions dont le reportage du championnat du monde de football en Suisse, plus neuf programmes culturels. L'INR produira en studio, le , une émission sur le folklore wallon présentée en six langues par Irène Janetsky, collaboratrice des émissions radio en langue allemande.

Dès 1955, deux cars de reportage permettront les émissions en extérieur. La même année, le Ciné-Club de Minuit présentera les films de Bergmann, Herzog parfois avant leur sortie en salle. Ce sera la seule émission en Europe présentant ces films exceptionnels.

En novembre 1956, la crise du canal de Suez dans laquelle la France sera fortement impliquée oblige la télévision belge à ne plus relayer les informations partisanes venues de Paris et à créer ses propres informations télévisées. C'est Robert Stéphane qui sera, au pied levé le premier journaliste du journal télévisé belge le . Par manque de moyens, ce ne sera au début qu'une relecture des informations diffusées en radio.

1958 : la maturité - l'Exposition universelle de Bruxelles et la naissance de l'Eurovision Des débuts à cette date, les émissions s'étoffent et on arrivera en cette année fastueuse à supprimer le jour de relâche. On inaugure aussi les puissants émetteurs de Wavre sur le site du centre d'émission radio.

C'est aussi pour le petit service de la télévision, la première expansion en personnel et en matériel pour couvrir quotidiennement de nombreuses heures de direct depuis le plateau du Heysel.

On pourra découvrir, dans le pavillon américain, des démonstrations de télévision en couleur. Plusieurs diffusions d'un même programmes et des échanges de programmes entre chaînes de différents pays sont rendus possibles par l'emploi l'emploi du Kinéscope (enregistrement sur pellicule cinématographique des émissions de télévision) puis des premiers magnétoscopes "Ampex" à pellicule magnétique de deux pouces de largeur.

Ainsi, une première pièce en wallon est présentée à la télévision depuis l'exposition, Tati l'Périqui, et de grands événements, notamment sportifs, pourront être présentés en différé dès la fin des années cinquante.

Dès 1959, le magazine de reportage Neuf millions va permettre aux journalistes de télévision de s'affirmer, notamment lors des évènements du Congo en 1960. Des échanges fructueux auront lieu avec la France : 5 colonnes à la une et la Suisse : Continent sans visa.

Outre l'information, la télévision produira également avec son service ``dramatiques´´ un grand nombre de fictions, pièces de théâtre captées en salle ou filmées en studio, téléfilms Parmi les réalisateurs de ces dramatiques et téléfilms, on retiendra les noms de Joseph Benedek, Louis Boxus, Jean-Louis Colmant, Teff Erhat, Robert Lombaerts, Jean Nergal, Paul Roland, Louis Verlant. Dans l’esprit qui préside aux débuts de la télévision qui se veut éducative, la part belle est faite aux textes classiques sans négliger pour autant la création contemporaine. L'émission ``Théâtre d'aujourd'hui´´ proposera ainsi des pièces d'auteurs tels que Brecht, Obaldia, Pinter, Adamov, Ionesco, Beckett. Mais la concurrence toujours croissante et la volonté de conserver les faveurs d'un public toujours plus large entraîneront à partir des années 1970 une progressive mais inéluctable réduction de telles productions jugées par certains trop difficiles pour un public de plus en plus nombreux et populaire Lire à ce sujet la publication de P. Van den Dungen, De la scène à la lucarne. Pionniers de la télévision en Belgique francophone. Conversations avec Henri Billen, Le Cri, 2008. .

1960 : Exit l'INR, voici la RTB Le mariage du roi Baudouin, le , retransmis avec de gros moyens techniques sera pour le public belge, le début de l'achat en masse des téléviseurs. La même année, un vrai journal télévisé est créé.

Dès 1961, les programmes s'étoffent ; les relais de Paris diminuent. En 1966, ils ne représenteront plus que 15 % du volume total.

Les années 1960 verront aussi les débuts de l'installation de la télévision par câble qui amènera les chaînes françaises déjà présentes pour Bruxelles et une partie de la Wallonie grâce à la puissance de l'émetteur de Lille, ce qui va intensifier la concurrence faite à la RTB. Après avoir occupé des locaux de fortune, la télévision va occuper des locaux adaptés. C'est le grand chantier de la Cité de la Radio-télévision du boulevard Reyers. Les premiers studios de télévision (en noir et blanc, vite obsolètes) seront ouverts en 1967.

En 1963, la captation au Théâtre du Vaudeville du spectacle La bonne planque avec Bourvil et Pierrette Bruno sera reprise par l'ORTF pour remplacer un programme défaillant à la suite d'un mouvement de grève des techniciens français. Le gros succès d'audience qui en résultera va inspirer à la chaîne française la longue série de Pierre Sabbagh, Au théâtre ce soir.

Dès 1962, la télévision belge de langue française prépare la réalisation de 126 épisodes qui doivent retracer l'histoire de la Grande Guerre de 1964 à 1968. La réussite, unique au monde, de cette gageure s'étendra de 1964 à 1968 à raison d'une émission par semaine relatant les événements politiques et militaires sur la base d'actualités d'époque, de reconstitutions et de commentaires illustrés de cartes et schémas et accompagnés d'interviews d'anciens combattants belges et étrangers faisant revivre les quatre années de combat de l'armée ainsi que les duretés de l'occupation du territoire et de la répression des patriotes.

En 1968, première émission d'actualité régionale ; d'hebdomadaire, elle deviendra vite quotidienne. La même année, apparition de la première caméra mobile avec magnétoscope transportable (VR 3000 d'Ampex).

: apparition de la couleur sur de nouveaux émetteurs ; le vieux réseau monochrome ne sera converti qu'en 1977. La norme choisie après d'âpres débats est le PAL. La tour de Babel continue ; les téléspectateurs qui captent les chaînes françaises devront s'équiper en récepteurs mixtes PAL-SÉCAM. Très vite, les télédistributeurs auront les possibilités techniques de transcoder le SECAM en PAL, simplifiant la vie du téléspectateur avide des chaînes françaises. Dès 1976, les premières caméras de vidéo légère arrivent et vont révolutionner d'abord le journal télévisé, puis toute la production extérieure de fiction et de reportage qui glissera progressivement du film vers la vidéo, d'abord au standard U-matic.

En 1971, Neuf millions neuf poursuit la voie des grands reportages, mais en axant aussi sur plus de social et d'humain dans des témoignages de la vie quotidienne.

1972 : première dramatique tournée en couleur : Les Vertueux de Nathan Grigorieff et Pierre Braner avec le Rideau de Bruxelles

1977 : ajout du F C'est aussi par la volonté politique de décentralisation que l'on ouvrira des studios de télévision à Liège et à Charleroi dès le . C'est aussi à ce moment qu'une deuxième chaîne vient renforcer l'offre belge. En 1978, la Bis offrira intégralement en direct la semaine de la finale du Concours musical international Reine Élisabeth de Belgique.

En 1984, création avec d'autres télévisions francophones de la chaîne TV5.

En 1987, à la suite du succès de Sandra Kim, l'année précédente, le Concours Eurovision de la chanson est organisé à Bruxelles dans un des palais des expositions au Heysel.

: lancement de Canal+ TVCF (pour Télévision de la Communauté française). La Communauté française détient des parts dans Canal+ TVCF via la RTBF.