L'équipe du Honduras de football () est la sélection de joueurs honduriens représentant le pays lors des compétitions internationales de football masculin, sous l'égide de la Fédération du Honduras de football ( (FFH)).

Née en 1921, la sélection hondurienne a connu sa meilleure performance en remportant en 1981 la Coupe des nations de la CONCACAF, le championnat d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale et des Caraïbes, à domicile. Elle a également participé à trois reprises à la Coupe du monde, en 1982, 2010 et 2014.

Histoire Les débuts du Honduras Le premier match officiel du Honduras a lieu le , à Guatemala city, contre l'équipe du Guatemala, et se solde par une défaite sur le score fleuve de 10 buts à 1, ce qui constitue aussi la plus large défaite du Honduras.

Une sélection nationale ne retrouve les terrains que neuf ans plus tard, pour les Jeux d'Amérique centrale et des Caraïbes de dont elle termine troisième derrière Cuba et le Costa Rica. Dans les années qui suivent, ces jeux régionaux sont les seules occasions pour lesquelles une sélection est rassemblée, en puis en (elle y est de nouveau troisième).

Elle dispute également la Coupe CCCF en à San José où l’équipe enregistre sa plus large victoire contre le Nicaragua, le , sur le score de 13 buts à 0. Les Honduriens participent aussi aux éditions de , , 1957, et . Leur meilleure performance dans cette compétition est une deuxième place acquise lors de l'édition de 1953, derrière le Costa Rica, pays hôte.

Une fédération spécifiquement consacrée au football, la Federación Nacional Autónoma de Fútbol de Honduras (FENAFUTH), est fondée en 1951 et obtient immédiatement son affiliation à la FIFA. Elle devient membre de la CONCACAF depuis sa fondation en 1961.

Il faut attendre les éliminatoires de la Coupe du monde 1962 pour y voir participer le Honduras pour la première fois, mais il est éliminé dès le premier tour par le Costa Rica, après un match d'appui. Lors des qualifications à la Coupe du monde 1966, il est encore éliminé au premier tour en phase de poule, par le Mexique et les États-Unis.

La CONCACAF organise en 1963 la première édition de son tournoi continental, sur le modèle du championnat sud-américain qui existe depuis 1916. Vainqueur de son groupe au premier tour, le Honduras s'incline en poule finale face au Costa Rica, vainqueur, le Salvador, pays hôte, et les Antilles néerlandaises. Après avoir manqué la qualification à la deuxième édition de la Coupe des nations de la CONCACAF en 1965, le Honduras organise celle de 1967. En poule finale, il termine troisième derrière le Guatemala et le Mexique.

La « guerre du football » de 1969 avec le Salvador

Lors des éliminatoires à la Coupe du monde de 1970, le Honduras domine lors d'une première phase de poule la Jamaïque et le Costa Rica. En demi-finale du tour final, les Catrachos affrontent leurs voisins du Salvador. Vainqueurs à l'aller à Tegucigalpa (1-0) puis défaits au retour à San Salvador (0-3), dans des climats particulièrement hostiles à l'équipe visiteuse, ils s'inclinent finalement lors du match d'appui à Mexico (2-3 ).

Ce dernier match, joué sur terrain neutre, provoque des troubles dans les deux pays qui dégénèrent en conflit armé : c'est la célèbre « guerre de cent heures », appelée à tort « guerre du football » car les raisons du conflit dépassent largement le cadre du sport. Elle cause la mort de plusieurs milliers de militaires et de civils.

De 1970 à la Coupe du monde 1982 vignette|328x328px|L'équipe du Honduras lors d'un match amical avant la Coupe du monde 1982. Pour la Coupe du monde 1974, le Honduras écarte d'abord le Costa Rica mais est éliminé au tour final, terminant quatrième sur six. Haïti, à domicile, devance notamment le Mexique et se qualifie pour le mondial. La sélection hondurienne connaît alors sept ans de quasi-interruption et ne s'inscrit notamment pas pour les tours préliminaires à la Coupe du monde de football 1978.

Le Honduras retrouve les terrains pour la Coupe des nations de la CONCACAF 1981, qui tient lieu de tours préliminaires à la Coupe du monde 1982. Dirigée par le charismatique Chelato Uclés, la sélection termine en tête de la poule d'Amérique centrale et se qualifie pour la poule finale de la CONCACAF, qu'elle organise en à domicile. Elle y termine de nouveau à la première place, devant le Salvador, le Mexique, le Canada, Cuba et Haïti, et remporte ainsi son premier titre de champion de la CONCACAF. Elle y gagne de surcroît son billet pour la phase finale de la Coupe du monde 1982, avec son dauphin le Salvador. Le match nul obtenu face au Mexique, qui élimine ce dernier des qualifications au profit du Salvador, est vécu amèrement au Mexique.

Pour sa première participation à une Coupe du monde, le Honduras arrive en pleine décontraction. Il tient en échec, à la surprise générale, le pays organisateur, l'Espagne, à Valence. Après l'ouverture du score précoce d'Héctor Zelaya, l'Espagne n'égalise qu'en seconde période sur pénalty. Il récidive contre la surprenante Irlande du Nord (1-1, but d'Eduardo Laing). Finalement battu par la Yougoslavie sur un nouveau pénalty en toute fin de match, il finit quatrième de son groupe, à un seul point de l'Espagne, deuxième.

Les irrégulières années 1980, 1990 et 2000

L'exploit de 1982 est sans lendemain. Lors des éditions 1985 et 1989 de la Coupe des nations de la CONCACAF, qualificatives pour les Coupes du monde de 1986 et 1990, le Honduras ne réitère sa performance de 1981. En 1985, la sélection est devancée au tour final par le Canada, après avoir éliminé lors des tours précédents le Suriname, le Salvador et le Panama. Quatre ans plus tard, elle est éliminée dès son entrée en lice au second tour des qualifications par Trinité-et-Tobago, après deux matches nuls (0-0, 1-1), du fait de la règle des buts marqués à l'extérieur.

En 1991 la CONCACAF renomme sa Coupe des nations d'Amérique du Nord, centrale et Caraïbe « Gold Cup ». Pour y participer, les sélections d'Amérique centrale doivent dorénavant disputer un nouveau tournoi qualificatif, la Coupe UNCAF des nations. Deuxième de la Coupe UNCAF en 1991, le Honduras participe à la première édition de la Gold Cup. En tête de son groupe devant le Mexique (1-1), le Canada (battu 4-2) et la Jamaïque (battu 5-0), puis vainqueur en demi-finale du Costa Rica (2-0), le Honduras s'incline en finale contre les États-Unis, pays hôte, aux tirs au but (0-0 , 4-3 - après huit essais pour chaque équipe).

vignette|Scène du duel classique entre Honduras et Costa Rica (ici en 2009). Deux ans plus tard, le Honduras remporte la Coupe UNCAF des nations (devant le Costa Rica, le Panama et le Salvador) mais est ensuite éliminé dès le premier tour de la Gold Cup, en terminant troisième de sa poule derrière les États-Unis et la Jamaïque. Pour la Coupe du monde 1994, le Honduras finit quatrième de la poule du dernier tour de qualifications, derrière le Mexique, le Canada et le Salvador.

Le Honduras remporte de nouveau la Coupe UNCAF en 1995, en battant le Costa Rica aux tirs au but puis le Guatemala en finale (3-0). Mais ce succès n'a pas de suite. À la Gold Cup 1996, il est éliminé au premier tour avec deux défaites contre le Canada et les moins de 23 ans du Brésil, invités pour l'occasion. Pour la Coupe du monde 1998, il est battu au second tour par le Mexique et la Jamaïque mais devance Saint-Vincent-et-les-Grenadines à qui il inflige une lourde défaite (11 buts à 3) le .

Il se classe quatrième de la Coupe UNCAF en 1997 et troisième en 1999. À la Gold Cup 1998, il est éliminé au premier tour avec deux défaites contre le Mexique et Trinité-et-Tobago. Deux ans plus tard aux États-Unis, après deux victoires au premier tour contre la Colombie, invitée à son tour, et la Jamaïque, le Honduras est battu 5-3 par le Pérou, autre invité de la compétition, en quart de finale. En 2001, le Honduras organise à domicile la Coupe UNCAF des nations. Éliminé dès la phase de groupe, il manque la qualification pour la Gold Cup 2002.

Quelques semaines plus tard, les Catrachos sont invités à disputer la Copa América, la coupe d'Amérique du Sud des nations, qui se tient en Colombie. Cette invitation fait suite aux forfaits du Canada et de l'Argentine, inquiets du contexte sécuritaire. Ils y réalisent une performance de premier plan en atteignant la troisième place. Après une défaite initiale contre le Costa Rica (0-1), autre invité de dernière minute, ils battent la Bolivie (2-0) et l'Uruguay (1-0) grâce à trois buts d'Amado Guevara et se qualifient pour la suite. Les Honduriens créent la surprise en battant le Brésil, privé de ses meilleurs joueurs, en quart de finale (2-0, but de Belletti csc et de Saúl Martínez). En demi-finales, ils s'inclinent contre la Colombie, pays hôte (0-2). Lors du match pour la troisième place, le Honduras retrouve l'Uruguay, qu'il bat de nouveau (2-2, 5:4 t.a.b., buts de Saúl Martínez et de Júnior Izaguirre).

En parallèle, la sélection dispute les qualifications pour la Coupe du monde 2002. Après un bon parcours, elle se trouve en bonne position lors du tour final mais rate finalement la qualification pour le Mondial après deux ultimes défaites contre Trinité-et-Tobago, déjà éliminée, à domicile (0-1) puis face au Mexique au stade Azteca (0-3).

En 2002, le Honduras remporte la à Hong Kong puis participe à la Coupe Kirin au Japon. Quatrième de la Coupe UNCAF en 2003, il se sort du tour préliminaire de la Gold Cup 2003 mais est éliminé au premier tour par le Mexique (0-0) et les moins de 23 ans du Brésil (1-2, but de León), tous deux finalistes du tournoi. En 2004, il attaque les qualifications pour la Coupe du monde 2006, dont il est éliminé au second tour par le Costa Rica et le Guatemala.

Deuxième de la Coupe UNCAF en 2005, derrière le Costa Rica, le Honduras dispute la Gold Cup 2005. Premier de son groupe au premier tour, après avoir notamment battu la Colombie, il bat en quart de finale le Costa Rica (3-2) mais perd en fin de match sa demi-finale contre les États-Unis (1-2). Wílmer Velásquez est co-meilleur buteur de la compétition avec trois buts, le défenseur Samuel Caballero apparait dans l'équipe type du tournoi.

Deux ans plus tard, le Honduras fait appel à l'entraîneur colombien Reynaldo Rueda. Il se qualifie pour la Gold Cup 2007 malgré une décevante cinquième place à la Coupe UNCAF. Il termine en tête de son groupe avec deux victoires contre le Mexique (2-1) et Cuba (5-0) et une défaite contre le Panama (2-3), mais en quart il perd contre la sensation du tournoi, la Guadeloupe (2-1, but de Carlos Pavón contre deux buts d'Angloma et Socrier). Pavón finit meilleur buteur de la compétition avec cinq buts et fait partie de l’équipe-type du tournoi. À la Coupe UNCAF des nations 2009, tournoi qu'il organise, le Honduras est troisième, éliminé en demi-finales par le Panama (0-1). Lors de la Gold Cup qui suit, il se hisse en demi-finale en battant notamment le Canada (1-0) en quart de finale, mais y est logiquement éliminé par les États-Unis (2-0), pays hôte. L'attaquant Walter Martinez, buteur contre le Canada sur penalty, apparaît à son tour dans l'équipe type du tournoi.

Les années 2010 parmi le gotha mondial Coupe du monde 2010 vignette|Martínez, en blanc, contre l'Espagne à la Coupe du monde 2010. Lors des éliminatoires pour le Mondial 2010, le Honduras se qualifie pour le tournoi final hexagonal, en terminant premier de son groupe du troisième tour, devant le Mexique, la Jamaïque et le Canada, tous trois battus à domicile. Lors de la dernière journée de ce quatrième tour, le Honduras doit espérer que le Costa Rica ne l'emporte pas face aux États-Unis pour conserver la troisième place qualificative. L'égalisation des Américains à la dernière minute de jeu offre au Honduras la deuxième qualification de son histoire pour une Coupe du monde et oblige le Costa Rica à disputer un match de barrage face à l'Uruguay (qu'il perdra).