vignette|La vicomté de Labourd au sein du duché de Gascogne en 1150. vignette|Le Labourd au Pays basque. Le Labourd ( ; ) est un ancien fief féodal rattaché d’abord à la Navarre puis à la Gascogne sous le nom de vicomté de Labourd et enfin au Duché d'Aquitaine. Le territoire disparut lors de la révolution française avec la création du département des Basses-Pyrénées (rebaptisé Pyrénées-Atlantiques en 1969).

Selon l'Académie de la langue basque, le Labourd est un des sept territoires basques traditionnels (Zazpiak Bat - les sept en un) nommés en 1643 par l'écrivain Axular dans l'avant-propos de son livre « Gero »Gero, bi partetan partitua eta berezia (1643) connu généralement comme Gero (Après en basque) a été sa seule œuvre. , avec la Soule, la Basse-Navarre, la Navarre, la Biscaye, l'Alava et le Guipuscoa.

Le Labourd fait partie de l'arrondissement de Bayonne, département des Pyrénées-Atlantiques. Sa réalité géographique correspond à la zone d'influence de différents ports de pêche, ancien comme Biarritz ou actuel, comme Saint-Jean-de-Luz. Il s'agit surtout de la zone d'influence du port de Bayonne, avec l'ancienne route commerciale de la Navarre : Pampelune - Bayonne. Labastide-Clairence, puis Ustaritz, furent des centres logistiques de ce port de Bayonne.

Lorsque les territoires maritimes de la seigneurie de Biscaye, indépendante depuis 1224 du royaume de Navarre, s'allièrent en 1379 au royaume de Castille, et que ce dernier conquit en 1200 le Guipuscoa et l'Alava, le royaume de Navarre fut contraint de trouver un nouveau débouché maritime, au . Bayonne remplit alors cette fonction et gagna en prospérité, en devenant le nouveau port de la Navarre, et toute la zone alentour subit cette influence. Bayonne, initialement appelée Lapurdum, a donné son nom à ce territoire historique. La prospère Bayonne sera l'objet de convoitise et sera longtemps séparée du reste du territoire. , puisqu'elle n'a jamais cessé d'être occupée par des Labourdins : Basques et Gascons.

Ustaritz a été le lieu de réunion de l'assemblée territoriale du Labourd, jusqu'à la destruction des trois territoires historiques du Pays basque français, lors de la Révolution française, la nuit du , et l'abolition des privilèges. En l'occurrence, les privilégiés de l'époque, noblesse, clergé et la nouvelle bourgeoisie, étaient exclus de cette assemblée territoriale, qui réunissait les délégués des communes labourdines. La destruction de ce Biltzar, réalisée par la bourgeoisie, en tant que vestige de l'Ancien Régime, répondait d'abord à ses propres intérêts.

À l'issue de d'urbanisation accrue, le Labourd correspond aujourd'hui à la zone urbaine et péri-urbaine du Pays basque nord ou français. Le Labourd est aujourd'hui divisé en deux syndicats mixtes des SCOT de l'agglomération Sud Pays Basque (bassin de vie d'Hendaia-Donibane Lohizune) et de l'agglomération Bayonne Sud des Landes (bassin de vie Baiona-Angelu-Biarritz). Cela a pour conséquence une réflexion stratégique séparée sur des thèmes majeurs, comme les transports, le logement, l'environnement ou le développement économique. Entre autres, les problèmes de circulation entre ces deux pôles urbains ou les embouteillages au niveau de Maignon sont une conséquence directe de ce manque de coopération urbaine et périurbaine.

Noms et gentilés Noms Le Labourd tient son nom à la fois, . de , la station de la cohorte romaine localisée à l'emplacement de la ville haute de Bayonne, et de la vicomté du Labourd dans le comté de Gascogne, qui fut érigée au début du .

Le nom latin dériverait du nom basqueJean-Baptiste Orpustan, , . LapurdiEuskaltzaindia - Académie de la langue basque. Celui-ci résulte d'une formation complexe qu'il est aujourd'hui difficile de reconstituer. Lapurd- serait une contraction de deux termes : labe et urd. Le premier, labe, signifie « four » en basque moderne .. Mais, en toponymie, labe correspond au basque moderne labaki, un terme qui signifie « défrichement » et parfois « brûlis » ou « écobuage » .. Le second terme, urd, est un oronyme qui signifie « replat, plateau ». La contraction lapurd- pourrait dès lors signifier « plat(s) des brûlis ».

Gentilés Le gentilé français est Labourdin . ., le labourdin étant le dialecte basque parlé, en France, dans la région de Saint-Jean-de-Luz et, en Espagne, dans celle d'ElizondoEntrée ..

En basque, l'Académie recommande la forme lapurtar.

Géographie

Les limites du Labourd right|thumb|300px|Paysage de Labourd Le Labourd est délimité par : le Seignanx, le Pays de Gosse et le Pays d'Orthe au nord (département des Landes). L'embouchure de l'Adour n'est pas une frontière naturelle du Labourd, le fleuve ne se jette dans l'océan entre Anglet et Tarnos que par la suite du Détournement de l'embouchure de l'Adour, travaux finalisés en 1578L'Adour : histoire, géographie et détournement "L'Adour a été contraint de déplacer son embouchure par la volonté des dunes, remontant plus ou moins loin de Bayonne. Au début de notre ère, il se jetait dans l'Océan à Capbreton, quinze kilomètres plus au nord, en 910 il monte jusqu'à Port-d'Albret, à trente kilomètres ; en 1164, il perce la dune, face à Bayonne, pour peu de temps : Capbreton est élu de nouveau dix ans plus tard, et Port-d'Albret en 1390. Bayonne, ensablée, périclite ; Charles IX ordonne alors de creuser une tranchée dans la dune, face à la ville, qui entend redevenir port de mer. L'opération est réalisée par les habitants sous Henri III ; Louis de Foix, architecte de l'Escurial, la dirige. Le 28 octobre 1578, l'Adour, aidé par une crue de la Nive, se précipite dans la brèche façonnée par les hommes, au droit d'une ville nouvelle, Boucau-Neuf, qui signifie « nouvelle bouche ». Port-d'Albret devient Vieux-Boucau. Bayonne est revigorée. Il ne reste plus qu'à maintenir la brèche ouverte contre vents, sables et marées.". le golfe de Gascogne ou de Biscaye à l'ouest la Basse-Navarre à l'est le Guipuscoa (Basse Bidassoa) et la Communauté forale de Navarre (Baztan, Bortziriak) au sud.

Division territoriale selon l'Académie de la langue basque Depuis 1999, l'Académie de la langue basque ou Euskalzaindia divise le territoire du Labourd. Euskal Herriko udalerrien zerrenda alfabetikoa (Liste alphabétique des communes du Pays basque). selon les recommandations du comité de sa commission d'onomastique Onomastika batzordea. En 2012, des personnalités telles Txomin Peillen, Jean-Louis Davant, Jean-Baptiste Orpustan ou Bernadette Soulé y siègent.. D'autres organisations et institutions telles que l'Eurocité basque Bayonne - San Sebastián. ou GaindegiaObservatoire pour le Développement Socio-Économique d’Euskal Herria. utilisent cette division géographique pour réaliser des statistiques ou les commenterAcción colectiva Hegoalde-Iparralde par Francisco Letamendia, Madrid, Editorial Fundamentos, 2006, Colección Ciencia, Serie Política, 295 pages.. Certains regroupements communaux correspondent simplement aux anciennes divisions cantonales françaises. Par exemple, Lapurdi Itsasegia correspond au canton de Saint-Jean-de-Luz dans les années 1970. vignette|150 px|Division territoriale selon Euskaltzaindia. Baiona-Angelu-Biarritz (Bayonne-Anglet-Biarritz) : Anglet, Bayonne, Biarritz, BoucauBaiona-Angelu-Biarritz (-a) (Lapurdi) : toponymes sur le site de l'Académie de la langue basque.. Lapurdi Beherea (Bas-Labourd) : Lahonce, Mouguerre, Saint-Pierre-d'Irube, Urcuit, VillefranqueLapurdi Beherea (-a) (Lapurdi) : toponymes sur le site de l'Académie de la langue basque.. Lapurdi Ekialdea (Labourd-Est) : Bardos, Bonloc, Briscous, Guiche, Hasparren, Macaye, Mendionde, UrtLapurdi Ekialdea (-a) (Lapurdi) : toponymes sur le site de l'Académie de la langue basque.. Lapurdi Erdialdea (Labourd-Centre) : Ahetze, Arbonne, Arcangues, Bassussarry, Halsou, Jatxou, Larressore, Saint-Pée-sur-Nivelle, UstaritzLapurdi Erdialdea (-a) (Lapurdi) : toponymes sur le site de l'Académie de la langue basque.. Lapurdi Garaia (Haut-Labourd) : Ainhoa, Cambo-les-Bains, Espelette, Itxassou, Louhossoa, Sare, SouraïdeLapurdi Garaia (-a) (Lapurdi) : toponymes sur le site de l'Académie de la langue basque.. Lapurdi Itsasegia (Côte du Labourd) : Ascain, Bidart, Biriatou, Ciboure, Guéthary, Hendaye, Saint-Jean-de-Luz, UrrugneLapurdi Itsastegia(-a) (Lapurdi) : toponymes sur le site de l'Académie de la langue basque..

Climat et relief thumb|La Rhune Le Labourd connaît un climat océanique doux (températures moyennes : 4 à 12° en hiver, 16 à 24° en été).

Son relief est fait de collines, dont l'altitude augmente vers l'est et le sud (contreforts des Pyrénées). Les montagnes sont de faible altitude : l'Artzamendi, point culminant du Labourd, situé sur la commune d'Itxassou, ne fait que 924 mètres. La région du Bas-Adour est quant à elle plate (plaine des Landes de Gascogne).

Les 4 fleuves et rivières principaux qui le parcourent sont : l'Adour (Aturri en basque) la Nive (Errobi en basque) la Nivelle (Urdazuri en basque) la Bidassoa (Bidasoa en basque)

Géographie historique : province de Labourd et Labourd contemporain

En ce début de , tant les documents cartographiques et les bases de donnéesVoir par exemple , ou les données statistiques de la . que les représentations mentales de la large majorité de la populationGisèle Carrère-Prignitz, « Représentations du Sud : enquête sociolinguistique au Pays basque et en Béarn », dans Gisèle Carrère-Prignitz, Véronique Duché-Gavet et Yves Landerouin (coord.), Les Pyrénées, une frontière ?, L'Harmattan, 2005, p. 245 (au sujet de la rive droite de l'Adour, Boucau et Saint-Esprit)., intègrent Bayonne et Boucau au Labourd. Si on se réfère à la province historique du Labourd, Bayonne en est en un sens disjoint, au moins depuis 1193, date où Richard d'Angleterre (en sa qualité de duc d'Aquitaine) achète au vicomte de Labourd ses droits sur BayonnePierre Hourmat, Histoire de Bayonne, publiée comme numéro spécial () du Bulletin de la société des sciences, lettres et arts de Bayonne, 1986..

Si on définit la province de Labourd par sa coutume, il faut en exclure d'une part Bayonne, d'autre part Saint-Esprit et Boucau : la première a sa propre coutume, les deux autres, landaises jusqu'en 1857, connaissent la coutume de DaxAnne Zink, L'héritier de la maison - Géographie coutumière du Sud-Ouest de la France sous l´Ancien Régime, Éditions de l'EHESS, 1993 , notamment carte 7 et p. 28.. On obtient les mêmes limites si on s'intéresse au ressort de son assemblée représentative, le Biltzar (du moins à partir de 1763, date à laquelle Urt, Bardos et Guiche y sont réintégréesAnne Zink, op. cit., p. 57.).

Le Labourd au sens du droit civil (en jaune)|thumb|center

Sur la carte ci-dessus, le ressort de la coutume du Labourd (qui est aussi celui du Biltzar) figure en jaune, celui de la coutume de Bayonne (la ville de Bayonne au sud de l'Adour) en vert, celui de la coutume de Dax (Boucau et Saint-Esprit) en bleu.

Bailliages et sénéchaussées en Labourd|thumb|center