L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) ( [OPEC]), est une organisation intergouvernementale de pays visant à négocier avec les sociétés pétrolières pour tout ce qui touche à la production de pétrole, son prix et les futurs droits de concession. Son siège est à Vienne en Autriche. Les pays membres, qui constituent un cartel, se mettent d'accord sur la quantité et le prix du pétrole exporté.
Histoire L'OPEP. est créée le ., lors de la Conférence de Bagdad, principalement à l'initiative du chah d'Iran Mohammad Reza PahlaviM. A. Oraizi, Amérique, pétrole, domination : Une stratégie globalisé, t. I, Paris, L'Harmattan, 2012, et s.. Le ministre saoudien du Pétrole et des Ressources minérales Abdullah Tariki et le ministre vénézuélien des Mines et des Hydrocarbures . le rejoignent ensuite. Ce dernier songeait créer une organisation internationale des pays producteurs de pétrole pour pallier la baisse du prix du baril (moins de 5 dollars américains à l'époque). À l'origine, seuls cinq pays en étaient membres : l'Arabie saoudite, l'Iran, l'Irak, le Koweït et le Venezuela..
Ils furent rejoints par d'autres pays producteurs : le Qatar en 1961. Cependant, dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes depuis 2017 avec ses voisins dirigés par des régimes sunnites (Arabie saoudite, Émirats arabes unis et Bahreïn) lié à son rapprochement avec l'Iran chiite, le pays se retire finalement de l'organisation en . Pour des raisons diplomatiques, son gouvernement met cependant en avant la décision du pays de renoncer à l'exploitation du pétrole et de se concentrer sur l'exploitation du gaz naturel ; l'Indonésie en 1962, qui se retire en 2008 et réintègre l'OPEP en . avant de quitter à nouveau l'organisation en ; la Libye en 1962 ; Abou Dabi en 1967, qui avec six de ses voisins formera les Émirats arabes unis en 1971, se retire le ; l'Algérie en 1969 ; le Nigeria en 1971 ; l'Équateur en 1973, qui se retire en 1992 et y revient en 2007 avant de se retirer à nouveau en 2020 ; le Gabon en 1975, qui se retire en 1996 mais réintègre l'organisation en . ; l'Angola en 2007 et qui se retire le car le pays est en désaccord avec la révision des quotas décidée par l’organisationL'Angola se retire de l'Opep, désaccord avec les quotas pétroliers, site lorientlejour.com, 21 décembre 2023. ; la Guinée équatoriale en 2017. ; la république du Congo en 2018.
Pendant les cinq premières années de son existence, son siège est situé à Genève, en Suisse. Il est déplacé le à Vienne en Autriche.
Le et lors d'un meeting, le siège de l'organisation est victime d'une prise d'otage dirigée par Carlos.
Le , lors d'un sommet Union européenne-Amérique latine, le président de la Bolivie, Evo Morales a déclaré à des journalistes vouloir que la Bolivie fasse partie de l'OPEP. Néanmoins, le pays n'est qu'un producteur mineur de pétrole. Le jour précédent, l'OPEP s'est engagé à prêter à un taux d'intérêt réduit 10 millions de dollars américains sur 20 ans à la Bolivie, pour aider ses universités publiques..
Fin , il a été annoncé qu'au terme de longues négociations, deux nouveaux pays ont accepté de rejoindre l'OPEP. L'Angola (deuxième producteur de pétrole d'Afrique subsaharienne après le Nigeria avec 1,4 million de barils par jour, et 2 millions de barils à la fin de 2007) est devenu le douzième membre de l'OPEP au « Who are OPEC Member Countries? ».. Il sera suivi par l'Équateur, qui revient dans l'organisation. Ensemble, ils contribueront à la production de l'OPEP à hauteur d'environ 2,5 millions de barils par jour « L'OPEP baissera sa production de par jour à partir de février », Le Monde, ..
Objectifs vignette|Siège de l'OPEP à Vienne en Autriche. La création de l'OPEP vient du fait que jusque dans les années 1950-1970, les compagnies pétrolières avaient les pleins pouvoirs sur le cours du pétrole et imposaient leurs prix aux pays producteurs. C'est ainsi que les principaux pays producteurs décidèrent de se regrouper de manière à pouvoir influer sur le cours du pétrole. La prise de contrôle de la production de pétrole se fit par une politique de nationalisation..
Étant maîtres de leur production, les pays producteurs peuvent de cette manière influencer le cours du baril de pétrole et ainsi augmenter leurs revenus.
Les membres, qui constituent un cartel, se mettent d'accord sur la quantité et le prix du pétrole exporté.
L'idée originelle de Juan Pablo Pérez Alfonso en créant l'OPEP était, au-delà du fait de rendre les pays producteurs maîtres de leur production, de faire en sorte que les bénéfices liés au commerce juste du pétrole permettent le développement des pays sous-développés. Il s'éloigna de l'organisation qu'il avait créée voyant qu'elle ne traitait qu'avec les pays industrialisés qui étaient prêts à payer le prix fixé..
Revenus pétroliers des pays de l'OPEP La rente pétrolière apporte un revenu très fluctuant dans le temps (selon le cours du pétrole notamment), qui varie beaucoup selon le pays, surtout si on le rapporte au nombre d'habitants ; par exemple, selon l’EIA (2019), le revenu pétrolier s'est élevé en 2018 à au Koweït (près de d’habitants), alors qu'il n'était que de pour le Nigéria (+/-200 millions d'habitants)Connaissance des énergies (2019) Ce que les exportations de pétrole rapportent à l’OPEP…, 27 août..
Quand le dollar baisse par rapport aux autres monnaies, les États de l'OPEP voient leurs revenus diminués pour les achats effectués dans d'autres monnaies, ce qui réduit leur pouvoir d'achat puisqu'ils continuent à vendre leur pétrole en dollars. Des contraintes locales (instabilités politiques, guerres) ou internationales (embargo...) influent aussi sur la disponibilité de la ressource pétrolière et donc son prix.
En 2018, l'ensemble des États de l'OPEP a bénéficié d'un revenu pétrolier s'élevant au total à environ 711 milliards de dollars (selon l’EIA), à comparer aux 538 milliards de dollars de 2017, du fait d'une hausse des prix moyens du pétrole brut et d'une hausse des exportations. L’Arabie saoudite recueille le tiers de cette manne (237 milliards de dollars en 2018) devant l’Irak (91 milliards de dollars), les Émirats arabes unis (74 G$), l’Iran (67 G$) et le Koweït (61 G$), les autres pays ayant tous perçu moins de 50 milliards de dollars en 2018.
Mesures historiques, décisions prises par l'OPEP, désaccords 1973 L'OPEP décide une réduction significative de la production et un embargo contre les États-Unis et les Pays-Bas qui avaient soutenu Israël lors de la guerre du Kippour conduite par une coalition de l'Égypte et de la Syrie. Le baril passe brutalement de environ à « Pétrole : les cinq dates qui ont marqué l’histoire de l’Opep », Les Échos, 30 novembre 2016..
Cette décision, qui déclenche le premier choc pétrolier, s'avère un puissant levier pour la promotion des exigences politiques arabes exprimées au Sixième sommet des chefs d'État arabes (novembre 1973).
1986 À l'automne 1985, le prix du pétrole dévisse et passe sous les à la suite d'une augmentation excessive de la production de l'Arabie saoudite. L'OPEP aboutit à l'été 1986 à un accord permettant de stabiliser les cours qui remonteront autour de en 1987.
2008-09 Avec l'émergence de la Chine dans les années 2000 et grâce à une demande toujours plus importante, le pétrole grimpe à des sommets, atteignant un record à . La crise financière met un coup d'arrêt à cette hausse : le baril tombe à moins de . Pour enrayer la chute, l'OPEP décide de réduire sa production de 4,8 millions de barils par jour en trois fois entre fin 2008 et début 2009. Le pétrole remonte au-dessus de .
2014 Avec l'essor du gaz et du pétrole de schiste aux États-Unis, l'offre mondiale dépasse largement la demande. Mi-2014, les cours passent de 110 à . En , l'OPEP décide de ne plus soutenir les prix, afin de protéger les parts de marchés du cartel et de tuer la production américaine avec un baril trop bon marché pour les producteurs de pétrole de schiste.
2016 Le , l'OPEP, réunie à Alger, prend la décision de limiter la production de pétrole brut à un niveau de 32,5 à 33 millions de barils par jour.Opep : la réunion d'Alger tentera de trouver ue solution pour maintenir l'équilibre du marché, Huffpost, 5 septembre 2018..
Le , l'OPEP, réuni à Vienne, annonce être parvenu à un accord pour réduire sa production de 1,2 million de barils par jour à 32,5 millions. L'organisation pétrolière entérine donc ce qui avait été dessiné il y a deux mois à Alger. Dans le détail, l'Arabie saoudite est le pays qui contribue le plus à cet effort avec une réduction de sa production de par jour. À cela il faut ajouter une baisse de concédée par trois pays : les Émirats arabes unis, le Koweït et le Qatar. Cet accord est effectif le et s'ajoute à l'engagement de la Russie de réduire de par jour sa production...
2017 En mai, les pays membres de l’organisation et la Russie se réunissent au siège à Vienne afin de reconduire leurs quotas de production de pétrole jusqu’en . Le but de cette action est de réduire les stocks mondiaux et de pouvoir peser sur les prix..
Durant cette réunion, les membres signent l’intégration d'un autre pays : la Guinée équatoriale. Ainsi en , Gabriel Mbaga Obiang Lima, le ministre équatoguinéen des Mines et des Hydrocarbures, est accueilli par les représentants des autres pays membres au siège de l’organisation.. La Guinée équatoriale devient alors officiellement le membre de l'OPEP. (le sixième pays africain).
2018 Le , à Alger, est présentée la douzième édition du « OPEC World Oil Outlook » (WOO). Ce document permet d’avoir une analyse et une évaluation des défis, changements et perspectives qui attendent l'industrie pétrolière mondiale jusqu'en 2040.
En décembre, l’OPEP se réunit avec pour objectif affiché la baisse de la production afin de contrer la baisse du prix du baril ( le baril en , en baisse de 32 % par rapport à ).
Face aux sanctions américaines, l’Iran connaît une chute de sa production mais l’Arabie saoudite, les E.A.U. et le Koweït ont augmenté leur production.
Le Qatar annonce qu’il va quitter l’organisation en , officiellement pour se concentrer sur sa production de gaz. Mais Téhéran affirme que cette décision confirme « la frustration des petits producteurs face au rôle dominant d’un groupe dirigé par les Saoudiens et la Russie ». Pour les Iraniens, ce groupe aurait la mainmise et déterminerait seul les baisses de production dans le but de réguler le prix du baril selon leurs besoins.
L'évolution des producteurs OPEP sur la décennie 2010 Production, en millions de barils par jourselon Arcadia, déclinaison africaine du Rapport Cyclope 2012 2013 2014 2015 20169,5310,1210,429,59,42,812,853,5432,683,3344,412,953,082,762,933,032,652,762,462,462,242,52,51,91,771,462,11,952,612,752,882,462,551,661,761,711,781,720,460,400,391,390,901,121,121,111,171,150,710,650,650,740,730,550,540,550,490,52Total30,9831,6532,6231,3030,45
2020 En , dans un contexte de très forte réduction de la demande à la suite de la pandémie de coronavirus, l'Arabie saoudite s'engage à une réduction d’un million de barils par jour pour l’OPEP si Moscou et ses partenaires s’engagent à une réduction de . La Russie s'oppose à cette proposition, entraînant une très forte chute des coursLe jour où le marché pétrolier a craqué, lemonde.fr, 9 mars 2020..