Le de dragons (ou RD) est une unité de cavalerie de l'armée française, créée sous la Révolution à partir du régiment de La Reine dragons, un régiment de cavalerie français d'Ancien Régime, et dissoute en 1992.

Création et différentes dénominations : levée du régiment d'Hocquincourt 1675 : prend le nom de dragons de la Reine 1791 : devient le de dragons 1814 : renommé dragons de Monsieur il reprend son numéro au retour de de l'île d'Elbe, le . 1815 : comme l'ensemble de l'armée napoléonienne, il est licencié à la Seconde Restauration 1815 : création des dragons de la Loire 1825 : renommé de dragons 1940 : dissous 1951 : recréé sous le nom de de dragons 1963 : dissous 1964 : recréation du de dragons à partir du de spahis algériens 1992 : dissolution

Chefs de corps

Jusqu'à la Révolution, les chefs de corps sont appelés mestre de camp. Ils sont propriétaires du régiment qu'ils commandent. À partir de 1791, on parle de colonel. En réalité, seul le premier chef de corps de la Reine dragons avait cette qualité, ses suivants n'étant que mestre de camp-lieutenant, correspondant après à lieutenant-colonel. 1673 : Gabriel de Monchy. (1643 - tué le - à Gramshusen, lors de l'attaque de l'église tué d'un coup de mousquet à la tête), dit le comte d'Hocquincourt, exempt des gardes du corps du Roi (1671, de Rochefort), commandant des dragons de la Reine. 1675 : M. de Brizay, vicomte d'Enonville 1685 : M. Nicolaï, chevalier de Murçay 1692 : M. Texier, marquis d'Hautefeuille 1704 : M. de Riencourt, marquis d'Orival 1731 : M. Lambert d'Herbigny, marquis de Thibouville (qui délaissa ensuite les armes pour la littérature) 1734 : M. de Chabannes, marquis de Chabannes-Pionsac 1740 : M. Durey de Sauroy, marquis du Terrail 1748 : M. Charles, marquis de Morand 1762 : M. de Grossoles, comte de Flammarens 1780 : M. de Franquetot, chevalier de Coigny 1784 : M. de Grammont, duc de Guiche 1788 : M. de Machault, vicomte de Machault 1791 : colonel Louis-Marthe de Gouy d'Arsy (*) 1792 : colonel Marc Pierre de la Turmeliere 1792 : colonel Blaise Duval, dit Duval de Hautmaret (**) 1792 : colonel Adelaïde Blaise François Le Lièvre de La Grange (**) 1792 : colonel Jacques Louis François de Tilly (**) 1793 : chef de brigade François Philibert Michel Pelicot 1794 : chef de brigade François Jourdan 1794 : chef de brigade Vincent 1794 : chef de brigade Jean-Louis-François Fauconnet (**) 1797 : chef de brigade Jacques Le Baron colonel en 1803 1807 : colonel Cyrille-Simon Picquet (**) 1809 : colonel Pierre Alexis de Pinteville (*) 1813 : colonel Claude Mugnier 1814 : colonel Jean-Baptiste Saviot 1815 : colonel Dornier 1823 : colonel Podenas 1830 : colonel Lacour 1834 : colonel Scherer 1845 : colonel Beltramin 1852 : colonel Robinet des Plas 1855 : colonel Jean Jacques Paul Félix Ressayre (**) 1863 : colonel Bourboulon 1869 : colonel Tillion 1870 : colonel Fombert de Villiers 1876 : colonel Maréchal 1881 : colonel Rapp 1887 : colonel Brossier de Buros 1893 : colonel de Lestapis 1898 : colonel de Sesmaisons 1899 : colonel Faure 1908 : colonel Trafford 1912 : colonel Champeaux 1914 : colonel de Champvallier 1918 : colonel Joannard 1925 : colonel Yvart 1931 : colonel Barbe 1933 : colonel du Perrier de Larsan 1936 : colonel Jacottet 1951 : colonel de Soultrait 1953 : colonel Ameil 1956 : colonel Renoult 1958 : lieutenant-colonel Bonnefous 1961 : lieutenant-colonel Boileau 1963-1964 : lieutenant-colonel Jeannerod 1964 : lieutenant-colonel Godard 1965 : lieutenant-colonel Le Diberder 1967 : colonel Fournier 1969 : lieutenant-colonel O'Delant 1971 : lieutenant-colonel Maillard 1972 : lieutenant-colonel Carabin 1974 : colonel Delcourt 1976 : colonel de Cotton 1978 : colonel Thiébaut 1980 : colonel Burel 1982 : colonel Winckel 1984 : colonel Cailloux 1986 : colonel Lefebvre 1988 : colonel Françon 1991 : lieutenant-colonel Riedinger.

Colonels tués et blessés alors qu'ils commandaient le : : chevalier d'Hocquincourt, tué : chevalier de Murçay, tué : chef de brigade Vincent, tué : colonel Lebaron, tué : colonel Picquet, blessé.

Historique des garnisons du : de Laon à Saarburg vignette|555x555px|Lettre de l'intendant de Soissons aux officiers municipaux de Laon les informant de l'arrivée du régiment - archives municipales de Laon En , le régiment de La Reine dragons s'installe à Laon, dans une caserne tout juste construite, qui, et cela est aussi nouveau, lui est affectée en propre et qui possède manège, carrière, magasins à fourrage et même un hôpital. Les dragons y prêtent serment « à la Nation, au Roy et à la Loy » le . Devenu début 1791, et après avoir juré cette fois fidélité "à la Nation, à la Loi, aux dépositaires du pouvoir exécutif, de maintenir de toutes ses forces la Constitution, de n'abandonner jamais ses guidons, d'observer exactement les règles de la discipline et de vivre libres ou de mourir", le régiment quitte cependant la ville l'année suivante pour les campagnes de la Révolution et de l'Empire. Il . Le quartier sera quant à lui détruit par les bombardements lors de la Première Guerre mondiale ; seul ne subsiste désormais qu'un fronton inscrit aux monuments historiques.

De la fin de l'Empire en 1815 et jusqu'à la guerre de 1870, les régiments sont mobiles sur tout le territoire métropolitain et changent de garnison quasiment tous les deux ans. La chute de l'Empire trouve ainsi le à Nîmes. Il est reformé en 1816 à Gray (Haute-Saône) sous le nom des dragons de la Loire. Avant de redevenir en 1825, il est successivement à Nancy, Charleville, Saint-Omer, Lille et Verdun. Il passe ensuite par Lyon, Tours, Pontivy, Valenciennes, Paris, où il connaît les émeutes de , Tours à nouveau, Dax, Limoges, Poitiers, Fontainebleau, Sedan, Chalon-sur-Marne, Limoges, Nantes, Chartres, Arras et Toul.

En 1853, avant de partir pour la Crimée, il est stationné à Tarascon. Puis viennent Clermont-Ferrand, Paris, Saint-Mihiel, Valenciennes, Lunéville et Lyon.

En 1870, il est à Libourne, qu'il retrouve un court moment après la guerre et avant de repartir pour Lyon.

À partir de cette époque s'instaure une certaine stabilité. De 1872 à 1880, le régiment est à Chambéry, qu'il a déjà connu entre 1867 et 1869, où il concourt aimablement à la vie locale.

De 1880 à 1886, il est à Joigny. Ce casernement dans l'Yonne voit arriver quelques innovations techniques.

Il stationne ensuite à Évreux, quartier Tilly, de 1886 à 1914. Les caractéristiques de cette période sont le maintien de l'ordre lors des mouvements sociaux et les épidémies dues à des locaux insalubres qui font que la ville est menacée de voir partir son régiment de cavalerie. Malgré tout, le peut s'enorgueillir d'être passé en revue par la reine Victoria en visite en Normandie et de servir d'escorte aux présidents Carnot et Faure lors de leurs déplacements dans cette région. Des expériences d'essai de fer à cheval en aluminium, non concluantes, ou de tir réel lors des manœuvres sont aussi effectuées. À l'entrée en guerre, le est à Vincennes, qu'il retrouve en 1919 après un court passage à Maisons-Laffitte. Il y reste jusqu'en 1940. Là ce sont représentation et sport qui dominent. En effet, depuis le défilé de la victoire sur les Champs-Élysées, le régiment participe à tous ceux des et , il assure de nombreuses factions lors des funérailles de hauts personnages ou encore l'escorte des hôtes de prestige de la France ou de la capitale. Sa fanfare renommée est aussi recherchée pour animer les fêtes autant locales que patriotiques. Du côté du sport, même si l'escrime n'est pas en reste, c'est notamment en hippisme que les héritiers des dragons de la Reine se montrent des plus habiles. Ces résultats sont probablement pour quelque chose dans le fait que le reste un régiment à cheval alors que d'autres deviennent motorisés ou mécanisés. Il sera d'ailleurs le seul régiment de dragon à rester complètement à cheval jusqu'à la défaite de 1940.

vignette|Carte postale de chars M24 Chaffee et M26 Pershing du dragons de Besançon en 1955. Dissous comme beaucoup d'autres unités après la défaite, le est recréé à Besançon en 1951, cette fois comme régiment blindé. Pour rivaliser avec les forces de l'Est, cette période est celle des essais de nouvelles organisations avec de nouveaux matériels. Outre les chars M24 Chaffee et M26 Pershing américains de la guerre, elle voit notamment arriver l'AMX-13. Entre 1954 et 1956, des escadrons sont envoyés pour maintenir l'ordre colonial en Afrique du Nord. Ainsi diminué et menacé de réforme, le régiment devient cependant centre d'instruction pour les régiments de cavalerie engagés en Algérie, avant d'être dissous en 1964 pour former le hussards.

Recréé cette même année à partir du régiment de spahis algériens, il supplante alors celui-ci dans sa garnison - quartier Edon - ouverte sur le champ d'aviation de Lachen-Speyerdorf près de Neustadt an der Weinstrasse (Allemagne). Les AMX 30 remplacent alors les AMX13 et nos dragons les utilisent au mieux de leurs possibilités.

Enfin, en 1978, il rejoint Saarburg - Quartier de Lattre -, toujours en Allemagne, jusqu'à sa dernière dissolution en . Il laisse à son départ les bâtiments au chasseurs, qui les exploitera jusqu'en 2010. Depuis, le site, comme d'ailleurs celui de Neustadt, est à l'abandon et son avenir comme entité militaire est désormais scellé (7.). À Vincennes cependant les célébrations du centenaire de la Première Guerre mondiale donnent lieu à la pose d'une plaque souvenir puisque , tandis qu'à Évreux l'ancien manège à chevaux trouve une nouvelle vie en 2015 à travers une salle de spectacle qui donne une « revue de la caserne » où le tient la part belle.

Historique des combats

Ancien Régime

Révolution et Empire thumb|upright=0.8|Dragon et sapeur de dragons de la Grande Armée, gravure de Bellangé illustrant l’Histoire de Napoléon de Laurent de l’Ardèche, 1843. Le de dragons fait les campagnes de 1792 à 1794 à l'armée du Nord. 1792 : bataille de Valmy, combat de Quiévrain, bataille de Jemmapes, bataille de Menin 1793 : Neerwinden, Lille et Mont-Sainte-Gertrude 1794 : à l'Armée du Nord, batailles de Mouscron, de Courtrai, de Tourcoing et de Malines Il fait les campagnes des ans IV et V à l’armée du Rhin 1795 : blocus de Mayence 1796 : Renchen, Rastadt le , Biberach et Neumühl (hameau de l'actuelle commune polonaise de Boleszkowice). Le , un détachement d’environ 40 cavaliers de ce régiment et de 200 hommes de la de deuxième formation, firent mettre bas les armes à Anglais débarqués, avec de l'artillerie, près d'Ostende Il fait les campagnes des ans VI et VII aux armées de Mayence et du Danube Il fait la campagne de l'an VIII aux armées du Rhin et d'Italie 1799 : bataille de Stockach Il fait la campagne de l'an IX à l'armée d'Italie 1800 : Marengo le et Monzambano A la paix d'Amiens, le , le régiment reste en garnison à Savillan. En 1803 il rentre en France et est cantonné à Troyes, Compiègne, Senlis et Chantilly. Campagnes de l'an XIII à 1807 aux et de réserve de la cavalerie de la Grande Armée 1805 : bataille d'Ulm, bataille d'Ebersberg, 2 décembre : bataille d'Austerlitz. Lors des escarmouches précédant la bataille d’Austerlitz, 50 dragons du RD, se trouvant à pied, sont encerclés à Wischau (bataille d'Ulm) et forcés de se rendre à un parti de cosaquesMichel Roucaud, « Le récit méconnu de la bataille d'Austerlitz par le maréchal Alexandre Berthier : avortée une relation officielle », paru dans la Revue historique des armées no 238, 2005, disponible en ligne SHA, consulté le 13 janvier 2007 1806 : campagne de Prusse et de Pologne : 14 octobre : bataille d'Iéna, bataille de Scheltz, bataille de Zehdenick, bataille de Prentzlow, bataille de Bieżuń. Armée de Rhin-et-Moselle 1807 : Bergfried, bataille de Hoff durant laquelle le colonel Jacques Le Baron est tué, 8 février : bataille d'Eylau, bataille de Friedland Le colonel Lebaron a été tué au combat de Hoff le .