Rémi Georges Jean Montardon, né le à Nantes et mort le à Paris Acte de décès à Paris , vue 22/23., est un violoniste et professeur de violon français.

Biographie

Seul enfant d'un couple de tailleurs d'habits, Rémi Montardon voit le jour à Nantes, rue Crébillon. Ses ascendants sont originaires du Gers du côté paternel et d'une famille de marchands épiciers vendéens du côté maternelArchives départementales de la Loire-Atlantique et de la Vendée.

La famille s'installe à Paris vers 1859 où ils logent rue de l'Aiguillerie dans le premier arrondissement. Dans les archives de l'IRPMFIRPMF (Institut de recherche sur le patrimoine musical français) - Société des Artistes, on peut voir que Rémi Montardon ainsi que ses deux parents sont inscrits à la Société des Artistes et ont, a priori, des activités aux théâtre du Gymnase, du Vaudeville et de l'Odéon.

Rémi Montardon obtient au conservatoire de musique de Paris une troisième médaille de solfège en 1863 dans la classe d’Émile Jonas et la même année un deuxième prix de violon ( du Concerto en la mineur de Baillot) dans la classe de Charles Dancla puis en 1865, il obtient le premier prix en interprétant le du Concerto en mi mineur de Pierre RodeLe conservatoire national de musique et de déclamation, Documents historiques et administratifs recueillis ou reconstitués par Constant Pierre (sous-chef du secrétariat / lauréat de l'institut) - Paris Imprimerie nationale - 1900.

Dès lors, il embrasse une carrière de soliste dont voici quelques représentations rapportées par les périodiques de l'époque (Le Temps, Le Ménestrel, Le Gaulois) : il jouera le huitième concerto de Pierre Rode en 1865 avec les « Concerts populaire » dirigé par Jules Pasdeloup et recevra d'ailleurs une bonne critique d'A. de Gasperini dans le journal Le Temps ; en 1866, le même périodique rapporte un article du Journal de Rouen à propos d'un concert donné au grand théâtre ; en 1867, c'est avec les frères Dancla et M. Maratet qu'il exécutera le Carnaval de Venise que Charles Dancla écrivit pour quatre violons solistes.

À la fin de l'année 1867, il est nommé professeur de violon au conservatoire de Strasbourg et premier violon solo de l'opéra en remplacement de Simon Schwaederlé qui lui part s'installer à ParisLa Comédie du 17 novembre 1867. Il fait très bonne impression auprès du public et des critiques lors d'un premier concert donné à l'opéra de Strasbourg avec Le préaux Clercs, opéra comique de Ferdinand Hérold. Durant cette période, il remplace aussi Schwaederlé dans le quatuor éponyme au pupitre de premier violon, à la société de musique de chambre municipale. Il sera ensuite remplacé par Izydor LottoLa vie musicale à Strasbourg sous l'Empire allemand (1871 - 1918), Myriam Geyer, préface de François Lesure, édition de l'École des Chartes.

La guerre franco-allemande de 1870 va marquer la fin de ses activités strasbourgeoises et il retourne semble-t-il à Nantes où naît son troisième enfant, Yvonne Montardon, qui deviendra professeur de piano à ParisAnnuaire des artistes et de l'enseignement dramatique et musical, années 1887 à 1910. En 1873-1874, il remplace M. Magnus dans la classe de violon du conservatoire municipal de Besançon.

Il revient à Paris vers où il se produit en soliste et en formation de chambre dans diverses salles et salons (Erard, Pleyel, Herz etc.). C'est en 1880 qu'il crée la société des Concerts populaires de chambre, société de musique de quatuors destinée à promouvoir des œuvres d'auteurs modernes.

Pendant la saison 1879-1880, huit séances seront exécutées à la salle Herz située au 48 de la rue de la Victoire dans le neuvième arrondissement avec dans le quatuor Rémi Montardon (premier violon), Italiaender (second violon, chef des seconds violons des concerts Colonne), Giannini (alto, des concerts Colonne) et Mouskoff (violoncelle, solo de l'opéra-Populaire)Le Ménestrel du 10 janvier 1880.

Il crée en 1882 L'école française de musique et de déclamation située 4 rue Charras. Les grands principes sont la gratuité des études, pas de limite d'âge et la condition d'être français. Montardon crée cette école en annonçant qu'il comble ainsi une lacune concernant l'impossibilité d'admettre les nombreux élèves-candidats qui se présentent aux cours du Conservatoire national. L'association regroupe 93 professeurs français. Il met en place un concours annuel qui a lieu en juin ou juillet (un mois avant celui du conservatoire de musique)Le Ménestrel du 13 juillet 1884. Cette école est financée par les dons et un budget voté chaque année par le conseil municipal ( en 1887).

En 1887, dans la continuité des concerts populaires, il crée les concerts du Château-d'eau sis au Théâtre du Château-d'eau. Pour la saison 1887-1888, un concours est ouvert afin de pourvoir des places dans tous les pupitres de cordes. Dix concerts seront donnés durant cette première saison de à fin .

Après cette première, Rémi Montardon s'adresse au travers du journal Le Gaulois aux compositeurs français à lui faire parvenir leurs symphonies, suites d'orchestres et ouvertures. Fin , le Château-d'eau change de propriétaire et c'est Martial Senterre qui en prend la direction. Il entreprend d'une part de réparer la salle et y installer l'électricité et, d'autre part , en vue de monter Lucrèce Borgia de Donizetti pour l'inauguration le . Le Château-d'eau deviendra d'ailleurs le Théâtre lyrique national que Senterre sera sommé de renommer Théâtre lyrique par la commission des beaux-artsLe Gaulois du 23 octobre 1888. Rémi Montardon n'a donc plus la place et doit donc rechercher un nouveau lieu pour ses concerts.

Il commence donc sa deuxième saison le et joue le premier concert au Théâtre de la Renaissance. Le second, qui devait avoir lieu au Théâtre Lyrique est contraint d'être repoussé d'une huitaine nous rapporte Le Ménestrel alors que Le Gaulois précise .

Ayant échoué dans son entreprise et reçu de vives critiques, le directeur de l'ex Théâtre du Château-d'eau est à nouveau en quête de repreneur. C'est en qu'Adolphe Milliaud et Cohen prennent la direction du théâtre qu'ils ferment momentanément pour une réouverture prévue le pour l'inauguration. Les nouveaux propriétaires souhaitent innover. Le Petit Journal nous rapporte .

Il va sans dire que ce sont sûrement ces événements ajoutés à d'autres ennuisAnnonce de Rémi Montardon passée par le journal Le Rappel le 15 septembre 1889 qui ont dû pousser Rémi Montardon à démissionner de son poste de Directeur président de l'école française de musique et de déclamation.

Rémi Montardon est promu en 1901 officier de l'Instruction publiqueLe Temps du 30 mars 1901..

Références

Liens externes

Archives du Temps de 1861 à 1940 sur Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF Archives du Gaulois de 1868 à 1929 sur Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF Archives du Ménestrel de 1833 à 1940 sur Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF Archives du Rappel de 1869 à 1933 sur Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF

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