Saint-Étienne-du-Grès est une commune française, située dans le département des Bouches-du-Rhône en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Principale agglomération rurale du territoire de Tarascon depuis 1820, elle devient commune à part entière en 1935.

Ses habitants sont appelés en provençal les Gresouillès et en français les Gresouillais et les Grésouillaises.

Par le décret du , son territoire est classé au sein du Parc naturel régional des AlpillesDécret portant classement du PNR des Alpilles sur le site de Legifrance, 2007.

Géographie vignette|400 px|left|Carte de la commune.

Au carrefour des routes allant de Saint-Rémy-de-Provence à Tarascon et Arles, d’une part, d’Arles à Avignon d’autre part, la commune de Saint-Étienne-du-Grès s’étend sur environ, moitié sur la partie nord-ouest des Alpilles, moitié sur la plaine de la Crau. Deux territoires aux paysages très différents.

Les terrains en pente douce au pied des Alpilles, mélange de terre d’érosion et de cailloux arrachés à la colline constituent le grès au sens provençal, c’est-à-dire une terre caillouteuse. Ces terres produisent toujours des olives et du vin de qualité supérieure. Un système ingénieux d'irrigation, notamment grâce au canal des Alpines, a permis l'apparition depuis quelques décennies de fruitiers et de primeurs.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat méditerranéen et est dans la région climatique Provence, Languedoc-Roussillon, caractérisée par une pluviométrie faible en été, un très bon ensoleillement (), un été chaud (), un air très sec en été, sec en toutes saisons, des vents forts (fréquence de 40 à 50 % de vents > ) et peu de brouillards. Elle est en outre dans la zone H3 au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Tarascon à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , Saint-Étienne-du-Grès est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Saint-Rémy-de-Provence, une agglomération intra-départementale dont elle est une commune de la banlieue.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Beaucaire, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (57,1 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (56,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (41,7 %), forêts (37,3 %), zones agricoles hétérogènes (13,4 %), zones urbanisées (4,2 %), cultures permanentes (2 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (1,4 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Le mistral Le mistral y souffle violemment du nord ou du nord-ouest, particulièrement en hiver et au printemps. Le mistral souffle fortement 100 jours par an en moyenne et faiblement 83 jours, ce qui ne laisse que 182 jours sans vent par an« Le climat », in ..

On distingue deux types de mistral : le « mistral blanc », qui dégage le ciel en totalité et accentue la luminosité, et le « mistral noir », plus rare, qui est accompagné de pluie.

Données météorologiques Le tableau ci-dessous indique les températures et les précipitations pour la période 1971-2000 :

Mois J F M A M J J A S O N D annéeTempératures maximales (°C) 10,9 12,3 15,3 17,5 22,0 25,8 29,4 29,0 25,0 19,9 14,2 11,6 19,4Températures moyennes (°C) 6,1 7,2 9,7 12,0 16,1 19,8 22,9 22,7 19,2 14,7 9,6 7,0 13,9Températures minimales (°C) 1,1 2,0 4,0 6,4 10,1 13,7 16,4 16,3 13,3 9,5 4,9 2,4 8,4Précipitations (hauteur en mm) 59 47 44 63 52 31 16 37 64 98 58 54 623,4Source : Météo France / Station de Salon-de-Provence.

Toponymie

Grès : saint Etienne, diacre, le protomartyr chrétien est lié au déterminant complémentaire Grès signifiant « endroits pierreux ».

Sant Estève dóu Grès en provençal.

Histoire vignette|La Mourgue, Laurade.|alt= Préhistoire et Antiquité La Mourgue au parc d'activités de Laurade : une pierre grossièrement sculptée et représentant vraisemblablement une divinité païenne pré-romaine de la fécondité. Le terme viendrait du roman morga, devenue mourgue en provençal et moniale en françaisGuy Bègue-Willier, Tarascon - Eclats d'Histoire, Éd. Alan Sutton, 2002.. Elle a inspiré de nombreux poètes (Louis RenardLouis Renard, poème "La Mourgue" : « "Tu la verras donc vers Laurade / Si un jour tu hantes la draille / Car c'est là qu'elle est pétrifiée / Là où murmure un ruisselet », cf bibliographie., Frédédic MistralFrédéric Mistral, long poème Nerte, en 7 chants et un épilogue, 1883 ; Raphèle-les-Arles, éditions CPM, 1996. Traduit en italien, catalan, tchèque, et allemand. Opéra de Charles Marie Widor., ...) et historiens locauxMaurice Bellemère qui a écrit un ouvrage sur Saint-Etienne-du-Grès, cf bibliographie.. Des mythologuesJacques Melchionne, La Mourgue de Saint-Etienne-du-Grès, dans le Bulletin de la Société de Mythologie Française n° 212, 2003 ; Fernand Benoît, « L’art primitif dans la vallée du Rhône », dans les Annales de la Faculté des Lettres d'Aix, 1955 ; Henri Donenville, Histoire et géographie mythiques de la France, Paris, Maisonneuve et Larose 1973. se sont penchés sur ses origines possibles et ses multiples épithètes : « Vierge pétrifiée », « Priape gallo-romain » (dieu-phallus rustique dont le sexe aurait été taillé par la suite), « Déesse-mère néolithique », « Menhir anthropomorphe », « Morgane la fée solaire » ...

Lors de la seconde partie du premier âge du Fer (), la population, jusqu'alors essentiellement nomade, se sédentarise et se met à construire en dur. Le castrum se structure à la manière d'un village avec ses rues et ses maisons adosséesY. Marcadal, « Les oppida des Alpilles », in .. Le processus d'installation permanente est à mettre en parallèle avec l'intensification des échanges économiques avec les commerçants méditerranéens. En échange de produits de luxe, les habitants des Alpilles produisent des céréales et passent d'une état d'autarcie à une véritable économie d'échange. Au cours des siècles suivants, la population des Alpilles diminue de façon importante : le comptoir grec d'Arles attire de nombreux habitants venus de toute la région.

Mais dès la fin de l'Âge du fer (), un castrum est édifié sur l'oppidum de Briançon, plus connu aujourd'hui sous le nom de colline de Notre-Dame-du-Château. Les fouilles ont identifié les ruines postérieures d'un établissement gallo-romain important car situé à proximité du carrefour d'Ernaginum (sur la commune de Tarascon). Cette cité fut détruite en 480 et sur ses ruines fut construite la chapelle de Saint-Gabriel.

Moyen Âge La commanderie templière de Laurade a été construite en 1196 sur une donation de Hugues Ricard. Si le domaine a été remanié, la chapelle Saint-Thomas-des-Templiers (San-Thomé) présente les caractéristiques du plus pur style romano-provençal.

Peu après 1348, les Gavots de la haute vallée de la Durance, pour remercier Marthe de Béthanie de les avoir protégés de la Peste Noire, avaient offert une statue de la Vierge aux Tarasconnais. Elle provenait du petit village de Saint-Martin-de-Queyrières, au sud de Briançon, et fut baptisée la Belle Briançonne.

Placée dans la chapelle de Notre-Dame-du-Château, sur la colline Saint-Michel-de-Briançon - le choix ne fut pas fortuit - lors des Rogations la statue était portée en procession jusqu'à l’église Sainte-Marthe de Tarascon. Notre-Dame-du-Château (du Castrum), est une chapelle d'époque romane. L'édifice est mentionné en 1180 - lors de l'échange que fit l'archevêque d'Arles contre l'église de Castelveyre - puis en 1242 dans la documentation, et fut restauré vers 1419.

Renaissance Le premier pèlerinage attesté date de 1420. La foule des dévots de la Belle Briançonne passait la nuit sur la colline de Saint-Michel-de-Briançon. On peut noter, sans surprise, que la fête de la Belle Briançonne des Alpes se terminait donc sur un très antique « oppidum de Briançon » en Provence, remettant à l’honneur Brigantiæ, la déesse celto-ligure des sommets (Brig = hauteur). C’était l’une des divinités de la tribu des Ségobriges qui occupait cette portion du territoire provençal lors de l’arrivée des Phocéens. .

Période moderne La chapelle de Notre-Dame-du-Château est restaurée en 1859 à la suite d'un legs de particulier et déclarée chapelle de secours par décret du de la même année.

En 1874, la ville se dote d'une gare sur la nouvelle ligne de Tarascon à Saint-Rémy-de-Provence (actuelle place du marché). La ligne bénéficie en 1887 d'une extension jusqu'à Orgon.

Période contemporaine La commune n'existe administrativement que depuis le à la suite du détachement du village de la ville de Tarascon.

La chapelle de Notre-Dame-du-Château est inscrite aux Monuments Historiques en 1926. En 2007 un conflit opposa un artiste qui y avait réalisé une fresque murale et le curé qui, la jugeant « blasphématoire », la fit détruire.

En 1950, après 76 ans d'existence, la ligne de Tarascon à Orgon ferme et la gare disparaît. La portion de 8 km jusqu'à Saint-Rémy-de-Provence est transformée en voie verte..

Politique et administration Liste des maires vignette|Mairie et groupe scolairede Saint-Étienne-du-Grès.|alt=

Intercommunalité Saint-Étienne-du-Grès est une des dix communes de la Communauté de communes Vallée des Baux-Alpilles.

Budget et fiscalité