Columba, les pigeons, est un genre d'oiseaux columbiformes, de la famille des Columbidae. Vivant à l'origine dans les milieux terrestres mais s'étant répandus, pour certaines espèces, en plaine et dans les villes, ils se nourrissent principalement de graines mais avec un régime très élargi autour des lieux où les déchets alimentaires leur sont disponibles, ce qui leur vaut parfois le surnom d'« éboueurs urbains ».
Pesant en moyenne 500 à , ces oiseaux appartiennent à plusieurs espèces. On les trouve dans tous les continents. Le pigeon vit entre 5 et et (en général) forme des couples stables. Le mâle et la femelle partagent toutes les tâches, y compris celle de nourrir les pigeonneaux avec le lait de jabot qu'ils produisent à l'aide d'une glande de leur jabot.
Le Pigeon domestique (Columba livia domestica) est élevé pour sa chair, mais aussi pour la colombophilie et la colombiculture. C'est aussi un oiseau commensal des centres-villes.
Liste des espèces thumb|right|250px|Pigeons âgés de quelques jours. thumb|right|250px|Les croisements entre pigeons sauvages et de nombreuses variétés de pigeons domestiques expliquent la grande variété des « robes » observées. Selon , le genre Columba est représenté par 35 espèces (ordre phylogénique) :
Columba livia Gmelin, JF, 1789 — Pigeon biset ; Columba rupestris Pallas, 1811 — Pigeon des rochers ; Columba leuconota Vigors, 1831 — Pigeon des neiges ; Columba guinea Linnaeus, 1758 — Pigeon roussard ; Columba albitorques Rüppell, 1837 — Pigeon à collier blanc ; Columba oenas Linnaeus, 1758 — Pigeon colombin ; Columba eversmanni Bonaparte, 1856 — Pigeon d'Eversmann ; Columba oliviae Clarke, S, 1918 — Pigeon de Somalie ; Columba palumbus Linnaeus, 1758 — Pigeon ramier ; Columba trocaz Heineken, 1829 — Pigeon trocaz ; Columba bollii Godman, 1872 — Pigeon de Bolle ; Columba junoniae Hartert, EJO, 1916 — Pigeon des lauriers ; Columba unicincta Cassin, 1860 — Pigeon gris ; Columba arquatrix Temminck, 1808 — Pigeon rameron ; Columba sjostedti Reichenow, 1901 — Pigeon du Cameroun ; Columba thomensis Barboza du Bocage, 1888 — Pigeon de Sao Tomé ; Columba pollenii Schlegel, 1865 — Pigeon des Comores ; Columba hodgsonii Vigors, 1832 — Pigeon de Hodgson ; Columba albinucha Sassi, 1911 — Pigeon à nuque blanche ; Columba pulchricollis Blyth, 1846 — Pigeon cendré ; Columba elphinstonii (Sykes, 1832) — Pigeon d'Elphinstone ; Columba torringtoniae (Kelaart, 1853) — Pigeon de Ceylan ; Columba punicea Blyth, 1842 — Pigeon marron ; Columba argentina Bonaparte, 1855 — Pigeon argenté ; Columba palumboides (Hume, 1873) — Pigeon des Andaman ; Columba janthina Temminck, 1830 — Pigeon violet ; Columba versicolor Kittlitz, 1832 — Pigeon de Kittlitz ; Columba jouyi (Stejneger, 1887) — Pigeon à col d'argent ; Columba vitiensis Quoy & Gaimard, 1832 — Pigeon à gorge blanche ; Columba leucomela Temminck, 1821 — Pigeon leucomèle ; Columba pallidiceps (Ramsay, EP, 1878) — Pigeon à tête pâle ; Columba delegorguei Delegorgue, 1847 — Pigeon de Delegorgue ; Columba iriditorques Cassin, 1856 — Pigeon à nuque bronzée ; Columba malherbii Verreaux, J & Verreaux, É, 1851 — Pigeon de Malherbe ; Columba larvata Temminck, 1809 — Pigeon à masque blanc.
Parmi celles-ci, deux sont éteintes : Columba versicolor – Pigeon de Kittlitz ; Columba jouyi – Pigeon à col d'argent.
Noms en synonymie Columba elegans, un synonyme de Phaps elegans, la colombine élégante, une espèce endémique d'Australie.
Comportement sexuel du pigeon vignette|droite|250px|Le pigeon est un des oiseaux les plus proches de l'homme. Il est toutefois interdit de le nourrir dans certaines villes, pour ne pas encourager sa prolifération vignette|droite|Pigeons de la place Saint-Marc de Venise. Chez le pigeon, les étapes du comportement sexuel de l'attraction jusqu'à l'accouplement et aux fonctions parentales sont sous un contrôle direct des hormones, la testostérone pour le mâle et la progestérone pour la femelle. Il s'agit d'une interaction réciproque. Des stimuli déclencheurs chez le partenaire stimulent des hormones contrôlant des comportements qui à leur tour servent de déclencheurs pour le partenaire et ainsi de suite.
Chez le pigeon mâle, la présence d'une femelle favorise la sécrétion de testostérone qui déclenche des comportements proceptifs, tels que la parade nuptiale. Le mâle tourne sur lui-même en gonflant ses plumes et en balayant le sol avec sa queue ouverte. Ce comportement d'approche provoque à son tour une sécrétion d’œstrogène chez la femelle. Elle stimule alors le comportement proceptif caractéristique à son sexe qui sert à communiquer au mâle son état de réceptivité s'il y a lieu, ce qui augmente alors la sécrétion de testostérone du mâle, qui stimule à son tour le comportement proceptif de la femelle.
Les étapes suivantes, construction du nid par les partenaires, copulation qui mène à la ponte par la femelle et à l'incubation, et finalement à l'alimentation des pigeonneaux par les partenaires, sont aussi contrôlées par des hormones. Chez les oiseaux, la ponte est contrôlée par la progestérone.
Nuisances urbaines Les pigeons font souvent partie de la faune urbaine. En ville, de nombreux habitants se plaignent des pigeons ou d'une surpopulation de pigeons. Le grief le plus courant est la dégradation des maisons ou des immeubles par les déjections, celles-ci étant particulièrement acides. Pour lutter contre ces volatiles, plusieurs méthodes sont employées, parmi lesquelles les pigeonniers contraceptifs ou la capture et la stérilisation.
Sur l'orientation des pigeons . Ce résultat est en 2012.
Une étude de novembre 2025 met en évidence la présence d'une zone sensible au magnétisme dans le cerveau des pigeons. En mai 2026, une autre étude démontre la présence de cellules magnétiques dans le foie des animaux. Les macrophages, également présents dans la rate, dégradent les globules rouges âgés et se chargent ainsi en fer. Des expériences menées sur des groupes de pigeons dont on a détruit ces cellules, comparés à des groupes témoins non traités, montrent que les premiers mettent plus de temps à rentrer, voire se perdent, tandis que les seconds rentrent comme à leur habitude. Ces expériences ont été faites par jour couvert, car les pigeons semblent ne pas utiliser ce système d'orientation par jour ensoleillé, mais plutôt leur vision. Il semble donc que ces animaux utilisent un mix de solutions pour se repérer et se diriger.
Symbolique Calendrier républicain Dans le calendrier républicain, le Pigeon était le nom attribué au du mois de germinalPh. Fr. Na. Fabre d'Églantine, Rapport fait à la Convention nationale dans la séance du 3 du second mois de la seconde année de la République Française, ., généralement chaque du calendrier grégorien.
Culture populaire Littérature Le Pigeon, roman de Patrick Süskind publié en 1987, narre la journée infernale de Jonathan Noël, un Parisien solitaire vigile de profession, qui endure une crise existentielle lorsqu'il s'aperçoit qu'un pigeon, symbole de désordre dans l'existence soigneusement rangée du protagoniste, se tient devant la porte de sa chambre de bonne.
Sémantique On parlait autrefois en France de coulomb, terme qui désignait indistinctement colombes et pigeons, et de pijonfin s. pijon « oiseau de la famille des Colombidés » (Les Crieries de Paris, 23 ds Fabliaux, Éd. Barbazan et Méon, II, 278) ou pigon (1488)Pigon ; « homme naïf, facile à duper » 1488 (Rec. Trepperel, Éd. E. Droz, Sotties, IX, 60) ; ainsi que de pigeons de mer (1835Lamart (1835 ), Voyage en Orient, t.1, p.54).
Diverses locutions incluaient le mot « pigeon » : le cœur de pigeon était en 1690 une « sorte de cerise » Jean-Baptiste de La Quintinie, 1690, Instruction pour les jardins fruitiers et potagers. « aile de pigeon » pouvait signifier « poignée de plâtre gâché que l'ouvrier lève à la main ou à la truelle et qu'il dépose sans le plaquer ou le lancer »(Ac.); 4. a) 1694 (Thomas Corneille)).
Le terme « pigeon » isolé pouvait aussi désigner : « chacune des demi-mailles par lesquelles on commence un filet de pêche » 1769(Duhamel du Monceau, 1769 Traité général des pêches); « morceau de pierre dans la chaux »(Annales de chimie, 1841 , II, 431) ; « petit morceau de bois ou de métal qu'on place dans l'onglet d'un cadre pour le renforcer » 1842 (Ac. Compl.) 1842..
Dans le nord de la France, on parle aussi de coulombs, de coulons, ou coularsA. Duvaux (1904) Histoire du fief de la Motte et de Coutant. DAH Avesnes Tome VI (Chap : Seigneurs de la Terre et prairie d'Avesnes ; voir notes de la section des pages 97 à 100). Les éleveurs de pigeons voyageurs y sont appelés coulonneux.
Dans les dictionnaires du , signifie filouter, duper, tromper un homme simple et naturel. Dans la seconde moitié du , on utilise le mot pour définir ce qui rappelle la forme d’une gorge de pigeon (étymologie reprise du Trésor de la langue française informatisé), ce qui conduira à parler soutiens-gorge à décolleté pigeonnant.
De nos jours, un pigeon est un homme qu'on peut « plumer », en abusant de sa naïveté pour profiter de lui. Dans le langage familier, c'est un homme facile à duper (Dictionnaire Français Larousse).
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Portail de la Colombophilie Pigeons de la Première Guerre mondiale
Liste de races de pigeons Sia heu lupe méthode de chasse tongalaise Faune urbaine
Bibliographie . .
Liens externes
Programme de recherche francilien : le pigeon en ville Vidéo d'une parade nuptiale de pigeon Vidéo de la ponte d'un œuf par un pigeon femelle
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