Guy Charmot, né le à Toulon et mort le 7 janvier 2019 à MarseilleSite de l'Ordre de la Libération https://www.ordredelaliberation.fr/fr/les-compagnons/193/guy-charmot consulté le 9 janvier 2019 à 17h41, est un médecin militaire et résistant français, compagnon de la LibérationDu 10 juin 2017 jusqu'à son décès survenu le 7 janvier 2019, il fut le doyen des derniers compagnons de la Libération encore en vie durant cette période-là. Il était également le dernier survivant des 39 médecins membres des compagnons de la Libération..

Jeunesse et famille Issu d'une famille de fonctionnaires, il est petit-fils d'instituteur et arrière-petit-fils d'un gendarme originaire du Doubs qui s'était installé dans le sud après l'annexion du comté de Nice.. Il est le fils d'Ulysse Charmot, inspecteur de l'enregistrement au service des impôts, et de Claire Esmieu, issue d'une vieille famille provençale de Manosque.. En 1948, il se marie avec Édith Dubuisson (1922-2011), étudiante en médecine en même temps que lui, fille d'une amie de sa mère qui lui avait refusé la main de sa fille car l'outre-mer l'attirait trop. Édith Dubuisson honore sa demande en mariage en acceptant de vivre en Afrique, refusant la vie de broussarde et lui demandant de passer les concours. De cette union naît Dominique Charmot-Bensimon à Dakar en 1951, scolarisée en France, puis étudiante à Jussieu, avant de devenir maître de conférences de biologie à l'université de la Méditerranée Aix-Marseille II..

Études et formation Au contact de personnalités de son entourage qui ont été des pionniers à Dakar, à Brazzaville et au Gabon, à l'époque où Albert Schweitzer fonde l'hôpital Albert Schweitzer de Lambaréné, Guy Charmot se passionne pour l'aventure. Quand il envisage de devenir médecin, ses parents souhaitent qu'il fasse ses études dans le cadre militaire, car l'armée paie les études. Il entre en 1934 à l'École du service de santé militaire de Lyon (devenue l'École de santé des armées). Très jeune, il est attiré par une carrière dans le service de santé des troupes coloniales, en particulier l’activité d’assistance médicale indigène, car les colonies sont à l'époque synonymes d'aventures. À l'exception de la fièvre jaune, qu'on savait alors prévenir par la vaccination, on connaissait peu de choses sur les pathologies parasitaires, bactériennes ou virales du continent africain et qu'un monde de recherches s'ouvrait pour découvrir les médicaments et vaccins nécessaires.

En , il devient docteur en médecine. Il est affecté dans un régiment de chasseurs à pied à Saint-Avold. En 1939, à la fin de ses études, il rejoint l’École d’application du service de santé des troupes coloniales à Marseille, au Pharo..

Seconde Guerre mondiale La « drôle de guerre » En , Guy Charmot est en attente d'une affectation pour l'Afrique occidentale française. Il est médecin-lieutenant d'active au d'artillerie coloniale (). En , il est désigné pour les colonies, mais il obtient de rester en France avec son régiment dans le secteur défensif de la Sarre, à Morhange, dans la Moselle, endroit jugé sensible selon l’État-Major pour la défense de la ligne Maginot. Il doit partir pour l'outre-mer contre sa volonté..

Le ralliement à la France libre Il embarque en mars 1940 à Bordeaux pour Dakar afin de rejoindre son affectation dans le nord de la Côte d'Ivoire..

Sans avoir entendu l’appel du général de Gaulle du , mais se sentant humilié par l’Armistice, il est convaincu par son camarade Marcel Orsini de se joindre au groupe de dissidents qui s’est formé à Bobo-Dioulasso.. Il passe dès juillet 1940 en pirogue de Haute-Volta au Gold Coast, puis au Cameroun où il rallie les Forces françaises libres en septembre. Il est ainsi l’un des militaires de l’Afrique occidentale française qui s’évadent de ce territoire resté fidèle à Vichy. Il est incorporé au du de Tirailleurs du Cameroun. Début novembre, il est acheminé par mer vers Libreville et débarqué à l’embouchure de la Tsini. Il embarque pour Douala après la victoire..

Fin , le gagne Maroua, dans le Nord-Cameroun, et installe son camp aux portes de la ville. C’est là qu’il prend le nom de «bataillon de marche » (BM 4), en application de l’ordre du . Affecté comme médecin au BM 4 dès sa formation, il part du Cameroun en décembre 1940 pour rejoindre en Palestine la coloniale du lieutenant-colonel René Génin..

La campagne de Syrie en 1941 Guy Charmot prend part à la campagne de Syrie en juin 1941 avec le BM 4. Pour cela, successivement le , il quitte Maroua et se regroupe à Massageit, campement situé à au Nord-Est de Fort-Lamy, où il reste pendant les opérations de Koufra. Le , arrive l’ordre de départ vers l’Est. Il passe successivement par Bokoro, Ati, Abeche, franchit la frontière entre Adre et El-Geneina et gagne El Fasher puis El Obeid au Soudan où il est embarqué sur train le . Il atteint Le Caire, passe le canal de Suez à El Qantara et débarque le à Qastana (Palestine) dans un camp où sont regroupées les Forces françaises libres.

Avec celles-ci, il participe à la campagne de Syrie, franchissant la frontière le , peu après bombardée et mitraillée par des avions. Il attaque, le 16, le village de Kissoue, où il subira des tirs d’artillerie, puis fait route vers Damas, qu’il atteint le , et vers Alep et Homs. Après la cessation des hostilités le , il s’installe à Damas dans la caserne Hamidieh.

L’Éthiopie en 1941 Le , il part pour l'Éthiopie : embarquement à Suez le à bord du Cap Saint Jacques et débarquement le à Berbera. Il est regroupé avec les Anglais et les Sud-Africains à Buramo pour participer à la prise de Gondar en décembre 1941, nécessaire pour maintenir les intérêts français du chemin de fer d'Addis-Abeba à Djibouti. Il s’installe ensuite à Dire-Daoua, loin des combats qui se déroulent en Libye. Enfin, le , arrive l’ordre de retour : il embarque à Berbera sur le Burma, débarque à Suez, puis arrive à Beyrouth..

Le Liban en 1942 C’est l’époque où Erwin Rommel fonce à travers la Libye avec pour objectif la conquête de l’Égypte. Ceci explique que le BM 4 se voit confier la mission d’établir une position défensive dans les montagnes du Liban, entre le village d’Antoura-Mtein et le col de Zahle. Ces travaux seront inspectés par le général de Gaulle, pendant le mois d’août. L’Afrika Korps étant arrêté devant El Alamein, cette mission devient sans objet et il s’installe le dans une caserne de Tripoli..

La campagne de Tunisie Cette presque vie de garnison cesse le lorsqu'il reçoit son affectation dans les rangs de la française libre de la française libre en Libye, à Tobrouk. Quelques jours plus tard, Guy Charmot participe aux combats de la campagne de Tunisie. En Tunisie, la française libre relève la division britannique et le bataillon prend position, au cours de la nuit du au , dans un bois d’oliviers, à l’ouest et au sud du Djebel Takrouna, solidement tenu par les Allemands. L’attaque est menée le . L’assaut est très dur, des combats individuels sont livrés à la mitraillette et à la grenade et les pertes sont importantes. Les tirs cessent le .

Après un bref retour en Libye, à Zouara, le BM 4 revient en Tunisie et s’installe dans une oliveraie entre Nabeul et Hammamet.

La campagne d’Italie Le BM 4 débarque le au port de Naples et il est transporté d’abord à Frigano Maggiore, puis à Montemarano et Castelvedere Di Calore, passe le Garigliano en attendant l’offensive contre la ligne Gustave. qui débute le . Guy Charmot se distingue particulièrement durant la campagne d'Italie, au cours des combats des 17 au ., poussant au plus loin ses postes de secours et sauvant ainsi plusieurs de ses camarades de combat par la rapidité de ses interventions sur la ligne de feu..

Le , il est devant Tivoli où la pénètre le . Après la traversée de Rome, la poursuite s’accélère. Le contact n’est repris qu’au nord de Viterbe, devant Montefiascone le où, après un assaut appuyé par les chars, le BM 4 reprend la ville. La Légion étrangère relève le BM 4 à Bolsena dans la nuit du 13 au . Les opérations d’Italie sont terminées pour Guy Charmot.

Le , il embarque sur le Durban Castle, destination inconnue. Pendant , le Durban Castle fait le bouchon en rade de Tarente. Enfin, le , il prend sa place dans le convoi et va débarquer dans la baie de Cavalaire, à quelques kilomètres de Hyères.

La Libération La Provence Guy Charmot participe au débarquement de Provence à Cavalaire. le .. Le , le BM 4 reçoit l’ordre de s’emparer des hauteurs du Thouar (commune de La Garde) qui dominent Toulon. L’attaque est lancée à . Le Bataillon investit sans trop de difficulté l'objectif assigné, la cote 132. À peine arrivé là, il est pris à partie par l'artillerie ennemie mais parvient à reprendre sa progression dans Toulon, en dépit d'un inopportun le manque de carburant pour les véhicules. Les déplacements se font alors tantôt à pied, tantôt en camion quand c'est possible. Guy Charmot est blessé lors de ces combats de la libération de Toulon..

Charmot rejoint Avignon où il franchit le Rhône le . Remontant ensuite la vallée de l’Ardèche, il arrive à Chamborigaud, où il est bloqué par une nouvelle pénurie d’essence, du au .

La Bourgogne, les Vosges et l'Alsace Enfin ravitaillé, le BM 4 reprend sa route jusqu'à Autun pour y relever un bataillon de la Légion ; il atteint ensuite Beaune puis Villersexel, le . Le c'est dans la région de Villafans qu'il relève le . Le , il reçoit l’ordre de s’emparer du village de Lyoffans puis de pousser sur Andornay. Il faudra toute la journée pour s’emparer de la localité de Lyoffans, défendue maison par maison par des éléments SS. Six fois, l’assaut sera donné au cimetière, parmi les tombes éventrées par les obus. L’affaire ne s'achèvera qu’à la nuit tombée.

Le , le front de la Division s’étendant le long des crêtes des Vosges, de plus en plus vers le Nord, le BM 4 fait mouvement en direction du Ballon de Servance. Dans la soirée, il relève aux Evaudois, un bataillon de la et, jusqu’au , sera engagé dans une continuelle activité alliant patrouilles et embuscades.

Le , dans la matinée, il reçoit l’ordre de s’emparer du col de la Chevestraye, puis de descendre sur Plancher-les-Mines, avec pour objectif final Auxelles-Haut et le . L’attaque démarre à sans préparation d’artillerie. Le soir même, le col de Chevestraye est enlevé. Pendant que le BM 4 déborde la trouée de Belfort par le Nord, la ville de Belfort est elle-même enlevée.

Aucune opération d’envergure n’étant prévisible, du fait des conditions météorologiques prévisibles pendant un certain temps sur le front d’Alsace, la devenue disponible est désignée pour appuyer les combattants des FFI engagés dans la réduction de la poche de Royan.

Le , par voie ferrée et par route, le BM 4 fait mouvement vers le Sud-Ouest. Le , il s’installe à Saint-Ciers-sur-Gironde. Le , il est à Pérignac dans la région de Cognac, puis prend la direction de la Gironde et Bordeaux. Mais l'offensive des Ardennes surprend les Alliés qui doivent repositionner leur dispositif. La situation s’aggrave brusquement en Alsace, où les Allemands font peser une lourde menace sur Strasbourg. La française libre quitte le Sud-Ouest et toutes affaires cessantes retraverse la France en diagonale entre le et le , jour où le BM 4 se retrouve à Sélestat et relève des éléments de la . La mission est de défendre la ville coûte que coûte. De part et d’autre, les activités des patrouilles sont intenses et les duels de mortier continus. La ville semble déserte bien que dix mille habitants y vivent terrés dans les caves.

Le , relevé par le BM 21, le BM 4 part en direction du Sud, d’abord pour Kintzheim, où il relève le , puis pour Saint-Hippolyte où, le , il se regroupe au pied du Haut-Koenigsbourg. Le lendemain, faisant face à l’Est, il investit la rive gauche de l’Ill à la corne sud-est de la forêt de l'Illwald, de manière à contrôler les mouvements d'ennemis qui pourraient s'y cacher. L'opération s’effectue sans encombre ; trois Allemands sont faits prisonniers.