Un bardeau, un tavaillon, un tavillon, une ancelle, une essente, une essiaule, un essi, selon les régions, est un petit élément de revêtement en bois permettant de protéger des intempéries les toitures et les façades. Cette planchette en forme de tuile est utilisée comme matériau de couverture et de bardage.

Une couverture de tavaillons sert à la fois d'isolant thermique traditionnel et de protection contre les intempéries. Il est répandu dans de très nombreuses régions du monde, en particulier en France dans le massif du Jura, les Vosges, les Alpes, les Pyrénées, la Creuse, mais aussi l'île de la Réunion et la Corse.

Les bardeaux sont faits de planchettes de bois (châtaignier, épicéa ou mélèze en général) refendues dans le fil.

Vocabulaire et étymologie L'origine du tavaillon semble remonter au (dictionnaires Le Robert) dans le Jura suisse.

En Normandie, les plaques de bois en forme d'ardoise sont appelées essentes ou aissantes« Aissante », www.cnrtl.fr (consulté le 21 mai 2019). et un bardage de tuiles de bois, de planches, d'ardoises ou de tuiles est un essentage ou aissantage.

Dans le Morvan, les tuiles de bois utilisées en bardage sont appelées essiaules.

Le confectionneur et poseur de bardeaux s'appelle le bardelierLéna Badin, « Il est l'un des derniers bardeliers de France », Sud Ouest édition Dordogne, , ., et le poseur de tavaillons s'appelle le tavaillonneur.

Histoire L'utilisation de planchettes de bois pour la couverture des toits date du Néolithique.

Au Moyen Âge, l'utilisation des tavaillons était répandue dans toute l'Europe et, avec le chaume, constituait la principale forme de couverture des toits. Avec le développement des transports, ces toitures ont progressivement été remplacées par des tuiles en terre cuite, en ardoise, ou même en tôle, pour des raisons économiques et pratiques. À partir du XVIIe siècle, les tavaillons, plus courts et plus résistants, ont gagné en popularité, remplaçant progressivement les ancelles.

Dans les régions montagneuses, notamment le Jura et les pays de Savoie, la tradition du tavaillon persiste. Des études patrimoniales et architecturales ont révélé que le tavaillon est profondément enraciné dans l'histoire architecturale des pays de Savoie. Cette méthode traditionnelle connaît un renouveau significatif depuis les années 1970.

Longtemps négligés, ils regagnent en popularité, notamment grâce à la convergence de divers facteurs : la quête de l'« authentique », du traditionnel, du naturel et du caractère typique dans le choix des matériaux, la conservation du patrimoine et leur conformité avec les nouvelles valeurs du développement durable, de la protection de l'environnement et de l'écocitoyenneté.

Le tavaillon présente de nombreux avantages, notamment son authenticité, son esthétisme, sa durabilité, ainsi que son confort hygrométrique et acoustique. Il est également respectueux de l'environnement et du patrimoine.

Utilisation L'utilisation du tavaillon est dorénavant régie en France par un cahier des règles professionnelles tant au niveau de sa fabrication que de sa pose. Le centre technique du bois et de l'ameublement a aussi officialisé l'utilisation du tavaillon en épicéa pour la couverture des toits. Cette réglementation est nécessaire car il n'existe pas un savoir-faire unique et figé ; de plus, il était important de faire reconnaître cette technique par les assurances et les bureaux de contrôle.

Ce sont des éléments traditionnels de couverture du Jura et dans les Alpes. En Pays de Savoie, plus de de toitures sont couvertes chaque année de tavaillons, en particulier dans les secteurs des Aravis, d'Abondance et du Massif du Mont-Blanc. La surface couverte a doublé en cinq ans et une enquête marketing a montré que 74 % des occupants de logements couverts de tavaillons n'auraient pas préféré un autre matériau.

Quelques toits du Mont-Saint-Michel sont recouverts de tavaillons qui viennent des villages du Haut-Doubs.

Dans les Balkans, et notamment en Albanie, les toits en bardeau de bois sont très courants, à l'exception du versant adriatique où il laisse la place à la tuile romaine.

Variation Le tavaillon et le tavillon diffèrent par leur technique de pose : le tavaillon est posé bord à bord, avec un recouvrement vertical, quand le tavillon est posé avec un double recouvrement, vertical et latéral, étant de ce fait plus adapté à des toits courbesLe tavaillon, toute une histoire..., site de Haut Jura Tavaillons.

Leurs dimensions et leurs formes sont variables suivant les régions :

effilé en longueur, de 10 à 14 cm de large pour 40 à 45 cm de long et 15 à 20 mm d'épaisseur, dans l'est de la France et les Alpes françaises. On parle de tavaillon ; effilé en largeur, de 10 à 15 cm de large pour 42 cm de long pour les toitures et 33 cm de long pour les façades et 3 à 5 mm d'épaisseur, en Suisse. On parle de tavillon.

Ils sont en principe cloués avec ou sans pré-perçage, mais quelquefois posés comme en Franche-Comté. Ils sont, dans ce cas, lestés avec de grosses pierres ou maintenus en place par des rondins. Dans les deux cas ils sont posés avec un recouvrement vertical et avec (ou sans) recouvrement latéral. On en compte généralement près de 100 unités au mètre carré mais jusqu'à 250 unités (recouvrement latéral). En Norvège, le tavaillon local, plus épais, en bois rouge de Furu (Spon), est fixé à l'aide de chevilles de bois.

À épaisseur égale, les toitures en bois sont dix fois plus isolantes que la tuile, vingt fois plus que l'ardoise, trente-cinq fois plus que la pierre ; en effet, de tous les matériaux de toiture, le bois est, de très loin, le meilleur isolant thermique. Or la méthode de pose des tavaillons par recouvrement (vertical, latéral ou les deux) crée des épaisseurs variant de 5 à 12 centimètres, ce qui accroît d'autant le différentiel thermique avec les autres matériaux bien plus fins.

Le bois choisi dépend de la région : l'épicéa ou mélèze dans les zones montagneuses, chêne ou châtaignier en plaine. Les bardeaux réunionnais sont réalisés à partir de Tamarin des Hauts, Bois de benjoin, Bois de fer, camphrier, filao, de natte.

Leur durée de vie est variable et fonction : de l'essence de bois utilisée ; du climat ; de l'orientation de la toiture (idéalement nord-sud) ; de la méthode de pose.

Le pire ennemi du tavaillon est l'humidité et les champignons lignivores. Pour accroître la durée de vie du toit, on peut retourner les tavaillons. Cependant, on considère que les toitures réalisées en chêne ou en châtaignier peuvent atteindre 100 ans, 80 ans pour le mélèze, 40 ans pour le pin et 25 ans pour l'épicéa ou le sapin.

Processus de fabrication vignette|Fabrication de bardeaux au Village historique acadien. Les tavaillons sont des tuiles de bois fendues avec des outils spécifiques. On trouve des tavaillons sciés qui résistent moins longtemps, la fibre du bois étant interrompue, l'eau y pénètre plus facilement. Les tavaillonneurs travaillent le bois vert.

Les outils traditionnels sont : haches et scies pour couper l'arbre ; départoirs ou anseille et maillets pour fendre le bois ; les vilebrequin et grive pour poser des chevilles de bois ; le banc d'âne et la plane pour calibrer le tavaillon ; les outils de pose des couvreurs, comme le tourniquet.

Bardeau fendu À l'origine, tous les bardeaux étaient fendus. Ils mesurent généralement de 25 à de long et de 6 à de large. Ils sont posés à la manière des lauzes, c'est-à-dire qu'il faut tester les bardeaux pour qu'ils ne boitent pas, qu'ils posent franchement sur les précédents. Ils sont fixés à l'aide de pointes ou d’agrafes.

Bardeau scié

Galerie

Notes et références

Annexes

Bibliographie

.

Articles connexes Style Shingle Bardeau d'asphalte Bardeau solaire

Liens externes Le tavillonnage Tavillons, bardeaux, anseilles : l'histoire d'amour du bois. Association romande des tavillonneurs, Bâtir, , p. : ill., croquis. Tiré à part. Tavillonnage, patrimoine.vd.ch Secrets de tavillonneurs, Passe-moi les jumelles du , RTS Tavillonneur en Gruyère Revoir ce métier d'artisanat avec une vidéo (1962) des archives de la Télévision suisse romande Film Le geste retrouvé du tavillonneur de André et Jack Beday (2002)

Catégorie:Élément de construction Catégorie:Façade Catégorie:Bardeau Catégorie:Architecture savoyarde Catégorie:Écoconstruction Catégorie:Architecture en Suisse Catégorie:Culture du massif du Jura Catégorie:Tradition alpine Catégorie:Tradition vivante du canton de Vaud Catégorie:Tradition vivante du canton de Fribourg