La seconde guerre civile irakienneYassine Khiri, Irak: retour à la guerre civile, L'Express, 5 septembre 2013., ou seconde guerre confessionnelle irakienne. lien sur google livre, est une phase de la guerre d'Irak qui a commencé le et s'est officiellement achevée le . Elle fait suite à la première guerre confessionnelle irakienne, qui s'est déroulée de 2006 à 2009.

Après le retrait de l'armée américaine en , l'Irak connaît un nouveau regain de tensions confessionnelles. En 2013, des manifestations éclatent dans les provinces sunnites pour dénoncer la politique sectaire du Premier ministre irakien chiite Nouri al-Maliki. Fin , les djihadistes de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL) et quelques groupes insurgés sunnites s'emparent de la ville de Falloujah et d'une partie de l'ouest de l'Irak en profitant de la désorganisation de l'armée. Entre juin et , l'EIIL étend son territoire sur une grande partie de l'Irak lors d'une offensive foudroyante qui débute par la prise de Mossoul. Le , l'État islamique en Irak et au Levant se rebaptise « État islamique » (EI) et proclame un califat. Ses victoires et ses exactions provoquent en la formation d'une nouvelle coalition internationale menée par les États-Unis qui fournit un appui aérien, des armes et de l'entraînement aux forces armées irakiennes et aux peshmergas du gouvernement régional du Kurdistan (GRK). Des dizaines de milices chiites se rassemblent également au sein des Hachd al-Chaabi.

Les combats sont indécis entre l'été 2014 et le printemps 2015, mais, à partir de la fin de l'année 2015, les forces irakiennes soutenues par la coalition commencent à reprendre les principales villes conquises par l'État islamique : Tikrit en , Baïji en , Sinjar en , Ramadi en , Falloujah en et Mossoul en . Les dernières poches de l'EI à Tall Afar, Hawija et al-Qaïm tombent entre août et . Le , l'État islamique perd Rawa, sa dernière ville en Irak. Le , après une ultime offensive dans les régions désertiques de l'Ouest, le Premier ministre irakien Haider al-Abadi annonce la contre l'État islamique. Comme en 2009, au terme de la première guerre civile irakienne, l'État islamique est chassé des centres urbains, mais il ne disparaît pas et retourne aux actions de guérilla et au terrorisme.

Prélude Poursuite des attaques après le retrait des Américains (2011-2013)

vignette|upright=1.2|gauche|Soldats américains et koweïtiens s'unissent pour fermer le portail à la frontière entre l'Irak et le Koweït une fois le dernier convoi militaire passé marquant la fin de l'opération New Dawn, 18 décembre 2011.

Après le retraits des forces américaines, les violences entre sunnites et chiites se poursuivent ; à Bagdad d'abord où 10 attentats font au moins 63 morts et 185 blessés le ; 61 personnes sont tuées dans 6 attentats le ; et on compte 200 morts dans 14 attentats le . Les attentats se poursuivent aussi dans tout le pays : le , 27 attaques causent la mort de 107 personnes dans l'ensemble de l'Irak. Le , une vague d'attentats fait au moins 108 tués et 370 blessés . Le une série d'attaques coordonnées contre des civils chiites fait 98 morts et 240 blessés à Bagdad et dans les autres villes du nord du pays . Le , plusieurs attentats à la bombe visant des sunnites font au moins 76 morts à travers le pays . Le une série d'attaques coordonnées contre des quartiers chiites font 71 morts et plus de 220 blessés dans plusieurs villes .

Le , l'armée américaine achève l'opération New Dawn et retire ses dernières troupes du pays. Mais avec le début de la guerre civile syrienne, les tensions s'accroissent en Irak, du fait que Bagdad offre un soutien indirect au régime syrien, notamment en ouvrant son espace aérien aux avions iraniens transportant du matériel à destination de l'armée syrienne .

En 2012, une « armée irakienne libre » est fondée sur le modèle de l'Armée syrienne libre combattant le régime de Bachar el-Assad en Syrie . Les groupes insurgés sunnites, principalement de l'État islamique d'Irak, concentrent alors leurs attaques contre le gouvernement central et la population chiite .

Le , un convoi de l'armée syrienne défendu par des soldats irakiens tombe dans une embuscade tendue par des djihadistes de l'État islamique d'Irak à Akashat. Le , les forces irakiennes déclenchent l'opération al-Shabah afin de sécuriser les frontières syrienne et jordanienne.

Le la ville de Souleimane Bek, dans la province de Salah ad-Din est prise par une troupe de 175 insurgés — 150 baasistes de l'Armée des hommes de la Naqshbandiyya et 25 djihadistes de l'État islamique d'Irak selon les services de renseignements irakiens. L'armée irakienne se déploie le lendemain dans les environs et adresse un ultimatum aux insurgés en leur laissant 48 heures pour quitter la ville. Ces derniers obtempèrent et se retirent de la ville au matin du , après avoir conclu un accord sous la médiation de chefs tribaux et de responsables du gouvernement .

L'ONU estime que plus de ont péri dans les violences en , mois alors le plus sanglant du conflit depuis 2008 .

Troubles dans les provinces sunnites (2011-2013)

thumb|left|upright=1.2|Manifestants sunnites en décembre 2012.

Malgré le départ de l'armée américaine d'Irak en décembre 2011, les violences continuent. Dès le lendemain du retrait total des forces américaines, Tareq al-Hachemi, chef du Parti islamique irakien, fait l'objet d'un mandat d'arrêt qui relance la crise confessionnelle. La politique sectaire du Premier ministre chiite Nouri al-Maliki jette ainsi de nombreux sunnites dans l'opposition, les attaques de l'État islamique d'Irak continuent de faire des milliers de morts, et les ambitions indépendantistes des Kurdes, qui ont formé un Gouvernement régional du Kurdistan autonome en 2005, se heurtent de plus en plus au gouvernement central irakien, 200-206. Contribution de Pierre-Jean Luizard..

De nouveaux troubles éclatent en , après l'arrestation de 120 gardes du corps de Rafa Al-Issaoui, ministre sunnite des Finances. Ce dernier trouve refuge à Falloujah. Des milliers de sunnites manifestent alors et se rassemblent sur un axe du carrefour routier reliant Falloujah à Bagdad. Un camp est établi, surnommé « place de la Dignité » par les manifestants qui réclament la libération des plusieurs milliers de prisonniers sunnites, l'égalité des droits et l'emploi. Le mouvement reçoit le soutien de chefs de tribus et de religieux chiites, et notamment de Moqtada al-Sadr. Cependant lorsque le premier ministre Nouri al-Maliki tente d'engager des réformes, celles-ci sont bloquées par d'autres députés chiites.

Les protestataires rassemblés dans le camp viennent cependant de différents mouvements politiques, les témoins observent la présence de drapeaux irakiens de l'époque de Saddam Hussein, d'autres d'après l'invasion, le drapeau syrien de l'Armée syrienne libre, mais aussi le drapeau noir des salafistes sont également relevés.

Malgré des heurts avec la police, les manifestations sont globalement pacifiques. Mais le , les forces de l'ordre lancent un assaut contre un campement de manifestants non loin de Hawija, près de Kirkouk, qui fait plus de 240 morts, 204-205. Contribution de Pierre-Jean Luizard..

La violence resurgit en décembre. Le quatre policiers sont tués par des insurgés à FalloujahAFP : Irak: 15 militaires tués dans des heurts à l'ouest de Bagdad. Le 28, le député sunnite Ahmed al-Alwani est arrêté à Ramadi. Son frère et six ou cinq de ses gardes du corps sont tués au cours de l'arrestation.

Déroulement Insurrection de la province d'al-Anbar (décembre 2013)

Le , une insurrection de tribus sunnites éclate dans la province d'Al-Anbar . Les djihadistes salafistes de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL) et d'autres mouvements armés participent à ce soulèvement.

Le , Falloujah et plusieurs quartiers de Ramadi sont conquis par l'EIIL . L'armée irakienne intervient et reprend le contrôle de la plus grande partie de Ramadi mais n'ose lancer l'assaut sur Falloujah, qui reste assiégée.

Offensive de l'État islamique dans le nord de l'Irak (juin 2014)

En , l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL) lance une grande offensive dans le nord de l'Irak. Elle commence le par une attaque de diversion contre la ville de Samarra. . Puis le , Mossoul est attaquée par l'EIIL et quelques autres groupes insurgés sunnites comme l'Armée des hommes de la Naqshbandiyya, l'Armée islamique en Irak ou Ansar al-IslamAu moins 45 morts dans des violences en Irak, AFP, 6 juin 2014.Feurat Alani, À Mossoul, une alliance contre nature entre le Baas et les djihadistes, Orient XXI, 12 juin 2014.Cécile Hennion, Ces alliances hétéroclites qui renforcent l'EIIL en Irak, Le Monde, 20 juin 2014. . Les assaillants ne sont que quelques milliers face à et policiers irakiensChristophe Ayad, Le nord sunnite de l'Irak aux mains de l'EIIL, Le Monde, 10 juin 2014. . Pourtant, le , au terme de combats qui ont fait plusieurs centaines de morts, la ville de Mossoul et toute la province de Ninive sont abandonnées par les forces gouvernementales en déroute Anne-Bénédicte Hoffner, « À Mossoul, les cadavres sont abandonnés par centaines », La Croix, 10 juin 2014.. En quelques jours, plus de fuient la ville de Mossoul , tandis qu'une autre partie de la population, excédée par les exactions commises par l'armée irakienne, accueille les djihadistes en libérateurs"Mossoul risque de devenir une zone de guérilla permanente", L'Express, 26 octobre 2016.. Les hommes de l'EIIL hissent leur drapeau noir sur les bâtiments officiels de la ville , puis ils s'emparent de la prison de Badouch où ils délivrent les détenus sunnites mais massacrent 670 détenus chiites .