LUS Open de tennis est un tournoi de tennis se déroulant annuellement dans le parc municipal de Flushing Meadows - Corona Park à New York, au sein de l'USTA National Tennis Center. Appelé « US National Championships » jusqu'en 1967, il se joue depuis 1881 et a connu plusieurs implantations. D'abord joué à Newport, il déménage ensuite au sein du West Side Tennis Club de Forest Hills avant de s'implanter à Flushing Meadows en 1978. D'abord uniquement ouvert aux hommes, les femmes font leur entrée dans le tournoi en 1887. À partir de 1968 et comme tous les autres tournois, il s'ouvre aux professionnels. Aux côtés du simple messieurs et du simple dames se déroulent aussi des compétitions de double messieurs, double dames et double mixte. Le tournoi fait partie de la catégorie des tournois du Grand Chelem, comme l'Open d'Australie, Roland-Garros et Wimbledon. L'US Open est la dernière levée de l'année et se joue sur deux semaines, traditionnellement entre la fin août et le début du mois de septembre (il se termine à la fin de la première semaine complète de septembre).
Il est le point culminant de la saison estivale américaine sur « dur », qualifiée d'« US Open Series ». Après s'être joué de 1881 à 1974 sur gazon, l'US Open s'est brièvement tenu sur terre battue américaine de 1975 à 1977 avant d'adopter une surface dure de type ciment puis Decoturf après 1978. Ces deux dernières surfaces, plus neutres que le gazon ou la terre battue, sont relativement rapides et avantagent plutôt les joueurs de type offensif comme les serveurs-volleyeurs (John McEnroe ou encore Pete Sampras). Après le changement de composition du gazon de Wimbledon en 2000, l'US Open est devenu le Grand Chelem le plus rapide mais, du fait d'une disparition du service-volée et d'un léger ralentissement de la surface, le jeu pratiqué à l'US Open privilégie principalement les échanges de fond du court. Depuis 2020, l'épreuve est disputée sur la surface dure Laykold.
Historique vignette|upright=1.2|Stade Arthur Ashe en Decoturf en 2005. vignette|L'édition 1920 de l'US Open à Forest Hills. Premières éditions
L'US Open est créé peu de temps après la création du tennis, que l'on date souvent de et la publication par le major britannique Walter Clopton Wingfield du A portable Court of Playing Tennis, sorte de brevet détaillant les règles de ce nouveau sport issu du jeu de paume. Il faut peu de temps pour que ce nouveau sport soit exporté en Amérique du Nord. Dès l'année 1874, des matchs de tennis semblent s'être déroulés sur le territoire américain. Dès 1881 est créée l'United States National Lawn Tennis Association devenu l'US Tennis Association (USTA), la fédération américaine de tennis. C'est alors la toute première fédération nationale de tennis à voir le jour. Cette association met rapidement en place le premier championnat national des États-Unis à Newport dans le Rhode Island le . Il est remporté par un étudiant de Harvard de 19 ans du nom de Richard Sears, surnommé Dick Sears. Le tournoi de double est quant à lui remporté par Clarence Clark et Fred Taylor. Richard Sears établit rapidement une domination totale sur le tournoi en le remportant sept fois de suite jusqu'en 1887 et six fois de suite en double entre 1882 et 1887. Cette performance est facilitée par l'existence à l'époque du système du challenge round institué en 1884. Ce terme désigne le match opposant pour une édition donnée, le vainqueur de l'édition précédente au joueur ayant remporté le tournoi des All Comers (qui réunit les autres joueurs), le gagnant du match remportant le tournoi. En 1888, Richard Sears décide de ne pas défendre son titre et c'est Henry Slocum qui lui succède après avoir remporté la finale du tournoi contre Howard Taylor. Il conserve son titre l'année suivante avant d'être défait par le jeune Oliver Campbell âgé de 19 ans et six mois et qui reste durant un siècle le plus jeune vainqueur du tournoi avant d'être détrôné par Pete Sampras en 1990. Il conserve son titre durant deux ans avant de prendre sa retraite sans défendre son trophée en 1893, permettant à Robert Wrenn de s'imposer. Tout comme son prédécesseur, il conserve son titre deux ans mais est vaincu au cours par Fred Hovey en 1895. L'année suivante, il prend sa revanche au cours d'une finale serrée (7-5, 3-6, 6-0, 1-6, 6-1). Il s'impose une cinquième fois en 1897 en défaisant le Britannique Wilberforce Eaves, premier non-Américain à atteindre la finale du tournoi. En raison de son service militaire, il est obligé de céder son trophée l'année suivante. C'est Malcolm Whitman qui en profite pour régner durant trois ans sur l'US Open avant de reprendre ses études et d'abandonner le tennis. C'est sa dernière victime en finale, William Larned, qui lui succède en 1901 et 1902. Lors de cette édition, il bat le Britannique Reginald Doherty, quadruple vainqueur de Wimbledon. Toutefois, il est vaincu en 1903 par Lawrence Doherty, le frère de Reginald, qui devient le premier non-Américain à s'imposer. En outre, il remporte aussi le double avec son frère en 1902 et 1903. Toutefois, il ne défend pas son titre en 1904 et le trophée retourne aux Américains, en la personne de Holcombe Ward. Il est défait l'année suivante par Beals Wright, lui-même vaincu en 1906 par William Clothier, qui fait partie des nombreux joueurs à ne pas défendre son titre. Cela permet à William Larned de rétablir son hégémonie sur le tournoi pour une durée de cinq ans lors de laquelle il s'impose notamment contre Clothier en 1909 et Tom Bundy en 1910 après des combats en cinq manches. Lorsqu'il remporte le tournoi pour la dernière fois, il est âgé de 38 ans ce qui reste aujourd'hui un record et égale le record de sept titres de Richard Sears. Durant les années de domination de Larned, l'US Open connaît un grand succès et le tournoi s'agrandit d'années en années. En 1908, le tableau oppose 128 joueurs puis 202 en 1911, le record. C'est aussi en 1911 que le est joué pour la dernière fois avant d'être abandonné. Dorénavant, le vainqueur de l'édition précédente doit lui aussi participer au tournoi. C'est Maurice McLoughlin qui remporte le premier tournoi sous cette nouvelle formule, battant en finale Wallace F. Johnson et devenant le premier vainqueur de l'US Open à remonter un déficit de deux manches à zéro en finale (3-6, 2-6, 6-2, 6-4, 6-2). Il conserve son titre lors de l'édition 1913. Il est finalement battu par Richard Williams en 1914. Malgré le déclenchement de la Première Guerre mondiale la première année, l'US Open n'est pas interrompu, y compris après l'entrée en guerre des États-Unis en 1917. En 1915, du fait de l'importance croissante du tournoi, celui-ci quitte Newport pour le à Forest Hills, à New York.
Années 1920 : les Européens à l'assaut de l'Amérique thumb|gauche|Bill Tilden remporte à sept reprises le tournoi lors des années 1920, égalant le record de Richard Sears et William Larned. La finale de l'édition 1919 oppose deux rivaux qui vont marquer le tournoi de leur empreinte. Bill Johnston remporte en effet le tournoi contre Bill Tilden mais les deux joueurs vont se rencontrer encore cinq fois au même stade de la compétition avec à chaque fois le même résultat : la victoire de Bill Tilden. Cela commence dès 1920 avec le premier succès de Bill Tilden confirmé l'année suivante contre Wallace F. Johnson puis à nouveau contre Bill Johnston en 1922, 1923, 1924, 1925. Tilden remporte aussi le tournoi de double à cinq reprises (1918, 1921, 1922, 1923, 1927) et le double mixte à quatre reprises (1913, 1914, 1922, 1923). De 1921 à 1923, en raison des travaux d'extension au sein du avec notamment la construction d'un court central de , le tournoi messieurs est brièvement organisé au sein du Germantown Cricket Club à Philadelphie. En 1926, Bill Tilden est finalement vaincu en quart de finale par le Français Henri Cochet qui met fin à une série de 42 victoires consécutives de l'Américain (le record du tournoi). Bill Johnston ne peut en profiter car il est lui aussi battu par un Français, Jean Borotra. Le monde du tennis masculin connaît alors la domination de quatre joueurs français (Jean Borotra, Henri Cochet, René Lacoste et Jacques Brugnon) connu sous le nom des Quatre Mousquetaires. La finale de l'édition 1926 est la première où ne figure aucun Américain et oppose Lacoste à Borotra pour la victoire du premier. Borotra se console en remportant le double mixte aux côtés d'Elizabeth Ryan. L'édition 1927 confirme l'hégémonie française avec le succès de Cochet sur Borotra alors qu'il était mené deux manches à rien (4-6, 4-6, 6-3, 6-4, 7-5) et en sauvant six balles de match. En 1928, Henri Cochet s'impose pour la deuxième fois en défaisant l'Américain Francis Hunter en finale. Toutefois, cette édition est la dernière lors de laquelle les Français parviennent à s'imposer puisque l'année suivante, Bill Tilden remporte son septième titre en battant Hunter, ce qui lui permet d'égaler Larned et Sears.