Romazières est une commune du Sud-Ouest de la France située dans le département de la Charente-Maritime, en région Nouvelle-Aquitaine.
Ses habitants sont appelés les Romaziens et les RomaziennesLes gentilés de Charente-Maritime.
Géographie Le cadre géographique La commune de Romazières est située à proximité de la forêt de Chef-Boutonne qui chevauche la limite départementale séparant les Deux-Sèvres au nord-est de la Charente-Maritime au sud-ouest. Elle est également bordée au sud par la forêt de Fontaines qui s'étend sur une grande partie de la commune voisine de Fontaine-Chalendray. Enserrée entre ces deux massifs forestiers composés essentiellement de feuillus, Romazières est enclavée dans une zone de hautes collines calcaires où aucun point de son finage communal n'est situé au-dessous des 100 mètres d'altitude comme les communes voisines de Saleignes, les Éduts et Vinax. Romazières appartient géographiquement à la partie méridionale du Seuil du Poitou où le relief se renforce notablement, près de la forêt d'Aulnay et de celle de Chef-Boutonne, donnant les plus hautes altitudes au département de la Charente-Maritime. Dans la commune, son « sommet » se trouve au Bois-Giffard culminant à 144 mètres, en limite départementale.
Bien que située dans une région de causse où la sécheresse estivale est chronique à cause des calcaires perméables qui ne retiennent pas l'eau, la commune est devenue un riche terroir céréalier. En effet, la nature calcaire de ses terrains en a fait de bonne heure une terre céréalière en raison de la présence des groies qui, bien amendées ou chaulées, donnent des sols fertiles. Les cultures privilégiées sont le blé et l'orge de printemps et le blé dur. Ce qui a eu pour conséquence un changement radical du paysage agricole comme observé dans les communes alentour. L'ancien bocage qui prévalait sur la commune jusqu'au début des années 1970 est devenu un paysage d'openfield après les grandes opérations de remembrement agricole. Aujourd'hui, les champs voués exclusivement aux céréales laissent apparaître de grands espaces nus où seules les hautes collines boisées brisent la ligne d'horizon.
Localisation
Romazières se trouve à à l'est d'Aulnay-de-Saintonge, chef-lieu du canton le plus étendu du département de la Charente-Maritime et à à l'est de Saint-Jean-d'Angély, chef-lieu d'arrondissement et principale ville de la Saintonge du Nord.
Chef-Boutonne, chef-lieu de canton du département voisin des Deux-Sèvres, est la ville deux-sévrienne la plus proche de Romazières, étant située à 24 kilomètres au nord-est.
La ville la plus proche de Romazières dans le département voisin de la Charente est Ruffec, située à 32 kilomètres à l'est.
Le petit village de Romazières est traversé par la route départementale qui relie Néré à Ruffec via Villiers-Couture, Couture-d'Argenson en Deux-Sèvres et Villefagnan, chef-lieu de canton en Charente.
Communes limitrophes La commune de Romazières qui fait partie du canton de Matha dans sa bordure orientale est limitrophe du département voisin des Deux-Sèvres que sépare à l'est la forêt domaniale de Chef-Boutonne.
Au nord de Romazières se trouve le petit village de Saleignes contigu à la forêt domaniale de Chef-Boutonne
Romazières jouxte à l'ouest la petite commune des Éduts caractérisée par son village haut perché. La commune est bordée au sud-ouest par une faible portion de la vaste commune de Néré et au sud par la commune de Seigné.
Enfin, au sud-est et à l'est, elle est en contact avec les communes de Fontaine-Chalendray que sépare la forêt de Fontaine et de Villiers-Couture, cette dernière étant limitrophe des Deux-Sèvres avec la commune la plus méridionale de ce département voisin.
Hydrographie Aucun cours d'eau référencé par le Sandre ne traverse la commune.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique et est dans la région climatique Poitou-Charentes, caractérisée par un bon ensoleillement, particulièrement en été et des vents modérés. Elle est en outre dans la zone H2b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Villiers-Couture à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Romazières est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (64,9 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (62 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (59 %), forêts (35 %), zones agricoles hétérogènes (5,9 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Risques majeurs Le territoire de la commune de Romazières est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse), inondations, mouvements de terrains et séisme (sismicité modérée). Il est également exposé à un risque technologique, le transport de matières dangereuses.. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle..
Risques naturels Certaines parties du territoire communal sont susceptibles d’être affectées par le risque d’inondation par débordement de cours d'eau. La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations et coulées de boue survenues en 1982, 1999 et 2010, chapitre Risque inondation..
vignette|redresse=1.2|Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux de Romazières. Les mouvements de terrains susceptibles de se produire sur la commune sont des tassements différentiels, chapitre Mouvements de terrain..
Le retrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie. 8,2 % de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (54,2 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national). Sur les dénombrés sur la commune en 2019, sont en aléa moyen ou fort, soit 42 %, à comparer aux 57 % au niveau départemental et 54 % au niveau national. Une cartographie de l'exposition du territoire national au retrait gonflement des sols argileux est disponible sur le site du BRGM...
Par ailleurs, afin de mieux appréhender le risque d’affaissement de terrain, l'inventaire national des cavités souterraines permet de localiser celles situées sur la commune..
Concernant les mouvements de terrains, la commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par des mouvements de terrain en 1999 et 2010.
Risques technologiques Le risque de transport de matières dangereuses sur la commune est lié à sa traversée par une ou des infrastructures routières ou ferroviaires importantes ou la présence d'une canalisation de transport d'hydrocarbures. Un accident se produisant sur de telles infrastructures est susceptible d’avoir des effets graves sur les biens, les personnes ou l'environnement, selon la nature du matériau transporté. Des dispositions d’urbanisme peuvent être préconisées en conséquence, chapitre Risque transport de matières dangereuses..
Démographie
La commune de Romazières fait partie des communes les moins peuplées du canton d'Aulnay, auxquelles s'ajoutent Les Éduts, Saleignes et Vinax qui ont toutes le trait commun de compter moins de 100 habitants.
Cette petite commune rurale, comme beaucoup dans cette partie du nord-est de la Charente-Maritime, appartient à ces zones rurales en voie de désertification où le problème démographique est particulièrement préoccupant. Lors du recensement de 2007, Romazières comptait 66 habitants. À son apogée vers le milieu du , pendant la monarchie de Juillet, elle en comptait presque le quintuple, 304 en 1841. Mais l'accélération de la dépopulation de la commune a été impressionnante depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale où Romazières a perdu plus de la moitié de sa population en un demi-siècle seulement, passant de 162 habitants en 1946 à 80 habitants en 1999.
La commune a atteint dès le recensement de 1999 son niveau démographique le plus bas jamais enregistré de toute sa période contemporaine.
Aujourd’hui, la densité est nettement inférieure à ( en 2007), ce qui en fait une des communes les moins densément peuplées de la Charente-Maritime.
Toponyme Le nom de la commune apparaît en 963 sous la forme latine de terra de Rubras Macerias, c'est-à-dire des ruines rouges ou rousses au moment de l'occupation de ces lieux au milieu du Moyen Âge. Le substantif macerias a donné le français mazière dont le sens désigne des ruines tandis que le qualificatif Jacques Duguet, Noms de lieux des Charentes, éditions Bonneton, 1995, p.141.
Il se peut que le village gallo-romain initial ait subi les incursions dévastatrices des envahisseurs barbares au moment de l'effondrement de l'Empire romain à la fin du et aurait été incendié après leur passage. Le village abandonné aurait été de nouveau découvert au temps des défrichements monastiques de la vaste sylve d'Argenson qui recouvrait toute cette région au milieu du Moyen Âge.
Histoire Une origine gallo-romaine, une prospérité médiévale