Le Parti radical , est un parti politique français de centre droit fondé en .

D'abord classé à gauche de l'échiquier politique, il évolue progressivement vers le centre gauche, puis le centre, avant de se situer au centre droit après le départ de son aile gauche en 1972.

Issu des républicains (extrême gauche sous la monarchie de Juillet) et du radicalisme, le parti est particulièrement influent durant la Troisième République.

Très attaché à la propriété privée et à la laïcité, partisan d'un régime douanier libre-échangiste, il devient un parti intermédiaire entre la gauche et la droite, susceptible de s'allier aux socialistes ou aux conservateurs suivant les circonstances.

Dès l'apparition de la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) en 1905, les radicaux occupent une position plus centrale et prédominante sur l'échiquier politique. À la tête du bloc des gauches aux élections législatives de 1902, ils participent au gouvernement Combes et réalisent notamment, après la chute de Combes, la séparation des Églises et de l'État.

Le parti est tout particulièrement influent dans l'entre-deux-guerres, participant à quasiment chaque gouvernement de cette période. En 1936, son influence décroît au profit des socialistes, et les radicaux contribuent à la chute du Front populaire en renouant avec des mesures d'austérité, dénoncées par la SFIO et le Parti communiste.

La bipolarisation de la vie politique française entraînée par la conduit à une marginalisation du radicalisme, déjà affaibli par ses divisions pendant la au sujet des guerres coloniales.

Le Parti radical s'allie alors aux partis de droite et du centre. Cela conduit à une scission définitive en 1972, donnant naissance au Mouvement de la gauche radicale-socialiste, signataire du Programme commun avec le Parti communiste et le Parti socialiste.

Le Parti radical, désormais dit , fait partie, en tant que parti associé, de l'Union pour la démocratie française (UDF), entre 1979 et 2002, puis de l'Union pour un mouvement populaire (UMP), entre 2002 et 2011. Ayant repris son indépendance, il participe en 2012 à la création de l'Union des démocrates et indépendants (UDI).

En 2017, lors d'un congrès de , le Parti radical fusionne avec le Parti radical de gauche (PRG) au sein du Mouvement radical.

Toutefois, en 2019, quelques ex-PRG quittent le MR pour restaurer l'indépendance de leur parti, sous le nom de PRG - Le centre gaucheLe sigle PRG demeure propriété du MRG depuis la fusion. .

En 2021, le Parti radical est relancé, ce qui entraîne de facto la disparition du Mouvement radical. Le parti est membre de la majorité présidentielle Ensemble pour la République.

Histoire Structuration du radicalisme au Les radicaux existent idéologiquement depuis le début du , avec de grandes figures politiques, comme Alexandre Ledru-Rollin. et Louis Blanc. Mais on pourrait facilement retrouver des traces de leur existence aux sources même de la Révolution, dans les Lumières, et principalement chez Voltaire et Condorcet. Le nom radical vient de ce que ce courant de pensée regroupait les Républicains radicaux, qui cohabitaient au Parlement avec les Républicains modérés, les Républicains ralliés et les trois courants monarchistes. Sa philosophie politique sera tout au long de son histoire fortement influencée par la franc-maçonnerie, dont plusieurs des figures politiques radicales sont membres.

En 1843, sous la monarchie de Juillet, les radicaux se regroupent autour d'Alexandre Ledru-Rollin et participent à l'avènement de la . Ils soutiennent les grandes réformes de 1848 : instauration du suffrage universel masculin, abolition de l'esclavage, liberté de la presse, liberté de réunion.

Les radicaux s'opposent au régime de et trouvent un leader, en 1868, en la personne de Léon Gambetta (qui a publié en 1863 La Politique radicale, recueil de discours qui synthétise la doctrine radicale). Leur programme prend corps dans un discours de Gambetta, le « programme de Belleville », prononcé en 1869.

Le , la République est proclamée place de l'hôtel de Ville à Paris., après la défaite de l'Empire face à la Prusse. Les radicaux doivent cependant composer avec les monarchistes orléanistes : sensibilité de centre droit majoritaire conduite par Adolphe Thiers, qui réprime la révolte de Paris lors des évènements de la Commune avec une résolution sanglante, alors que la France est envahie par les troupes allemandes, à la suite de la débâcle de 1870. Adolphe Thiers, Mac-Mahon et les conservateurs monarchistes sont à la tête de la France depuis les élections législatives. En effet, le radicalisme est ressenti comme un courant de pensée trop avancé par les électeurs des zones rurales, qui lui préfèrent une monarchie modérée, garante à leurs yeux d'une plus grande stabilité politique.

Les républicains installés à la tête de l’État depuis 1879, les radicaux incarnent particulièrement l'anticléricalisme et l'opposition à l'expansion coloniale de la France souhaitée par les républicains modérés. Georges Clemenceau, qui n'adhère pas au parti créé en 1901, en est une des figures les plus marquantes.

Création et rôle jusqu'en 1918

vignette|gauche|Le Radical, fondé en 1881, est l' entre 1911 et 1918.|upright vignette|Émile Combes.|upright vignette|Camille Pelletan.|upright Créé les 21, 22 et , le parti radical et radical-socialiste est donc fondé avant même l'adoption des lois de juillet 1901 sur la liberté d'association. Jusque-là, en effet, il n'existait que des groupes parlementaires de différentes tendances politiques et des comités électoraux locaux aux conceptions encore plus variées. L'idée était de réunir au niveau national, dans un même parti, des élus et des militants de même tendance.

Le nouveau parti est issu de plusieurs tendances rivales. C’est un assemblage hétéroclite de comités électoraux, de loges maçonniques, de sections de la Ligue des droits de l’homme, de la Ligue française de l'enseignement, dont la tendance de gauche semble majoritaire à ce moment-là.

Lors de la fondation du nouveau parti, la déclaration de clôture de ce premier congrès, lue par Camille Pelletan, servit de cheville ouvrière au programme politique revendiqué par les radicaux durant les premières années du . Cette déclaration insistait donc sur l'union à gauche, la nationalisation des grands monopoles, la séparation des Églises et de l'État et la création d'un impôt égalitaire fondé sur le revenu. Ce programme fut partiellement appliqué durant les années suivantes, profitant d'une alliance à l'Assemblée nationale appelée Bloc des gauches et composée des républicains modérés de l'Alliance républicaine démocratique (ARD), de certains socialistes (ceux autour de Jean Jaurès) et des radicaux (qui mirent Émile Combes au gouvernement). Cette période fut marquée par la lutte très dure contre les congrégations religieuses dont la plupart furent expulsées.

À la suite de son succès aux élections législatives de 1902, il devient le parti de la et se trouve à l'initiative de plusieurs grandes réformes : la loi de séparation des Églises et de l'État de 1905, dont l'un des artisans est Émile Combes mais la loi est finalement mise en œuvre de façon moins rigide par Aristide Briand, alors républicain-socialiste (socialiste indépendant) ; la création du ministère du travail en 1906 ; l'institution du repos dominical en 1906 ; la création du de retraites ouvrières et paysannes en 1910 ; la création de l'impôt sur le revenu, en 1914 sur l'impulsion de Joseph Caillaux ; l'instauration de la gratuité de l'enseignement secondaire, menée par Édouard Herriot.

En 1907, au congrès de Nancy, le parti adopte enfin un véritable programme politique (présenté par une commission dont le rapporteur était Édouard Herriot). Nettement ancré à gauche, confirmé par le congrès de Pau en 1913, ce programme, après quelques dépoussiérages, sera la pierre angulaire du programme politique de ce parti durant plus d'un demi-siècle. Il prône une politique laïque et anticléricale, marquée par l’action du Président du Conseil Émile Combes (1902-1905) qui conduira aux lois de séparation des Églises et de l’État adoptées avec l'appui efficace du député socialiste Aristide Briand. Les radicaux vantent la propriété privée : ils voient en effet dans l’accession des salariés à la propriété le remède aux problèmes de la société industrielle.

Pendant la Première Guerre mondiale, Georges Clemenceau mène le pays à la victoire. Il reste anticlérical mais n'appartient pas au parti radical et n'est plus identifié comme tel même s'il conserve une image sulfureuse aux yeux des cléricaux.

Dans l’entre-deux-guerres vignette|gauche|Édouard Herriot.|upright vignette|Édouard Daladier.|upright Le parti radical voit son apogée durant l’entre-deux-guerres. Il pèse d’un poids considérable sur la vie politique française. Ainsi, sur les quarante-deux gouvernements qui se sont succédé durant cette période, treize sont présidés par des Radicaux (quatre gouvernements : Camille Chautemps, trois gouvernements : Édouard Daladier, Édouard Herriot, deux gouvernements : Albert Sarraut et un gouvernement : Théodore Steeg).

Son action demeure prépondérante dans le domaine de l’éducation grâce à deux de ses figures de proue : Édouard Herriot et Jean Zay. Conséquence directe de cette action, de nombreux intellectuels sont membres du parti ou sympathisants (comme le philosophe Alain).

Sur le plan interne, la vie du parti est marquée par les oppositions conflictuelles Herriot-Caillaux puis Herriot-Daladier. De plus, la constitution d’une « Gauche Radicale » au sein même du parti, mouvement regroupant les parlementaires qui rejettent la discipline de parti, marque l’ancrage progressif à gauche de ce parti parlementaire.

Mais ce qui fait la curiosité de cette période d’entre-deux-guerres, sur le plan national, c’est la volte-face politique soudaine du parti radical au tournant des années 1930.

En effet, après la chute du Gouvernement Briand VII et sa rupture avec le Bloc national en 1922, le parti radical entre dans l'opposition et prône une politique de gauche qui envisage de chasser la droite du pouvoir, de rétablir la laïcité de l’État, d’étendre les lois scolaires, de pratiquer une politique internationale de détente et de conciliation pour consolider la paix, et, enfin, de rétablir l’équilibre des finances publiques. Le parti y parvient en 1924 à la faveur d'une alliance avec les socialistes au sein du Cartel des gauches. Les radicaux reprennent le pouvoir et sont très largement majoritaires au sein des gouvernements issus de cette alliance. Mais les tensions avec la SFIO, qui refuse d'entrer au gouvernement, croissent au fil des mois, notamment sur les questions financières. La SFIO finit par lâcher le parti radical dès 1926 et un gouvernement d'union nationale dirigé par le leader modéré et ancien président de la république Raymond Poincaré voit le jour. Celui-ci rééquilibre parfaitement les forces entre le parti radical et la droite alors que les socialistes refusent de participer à l'union. Les élections législatives de 1928 sont une défaite pour le parti radical qui retourne dans l'opposition pendant 4 ans face à l'union du centre et de la droite.

Les années 1920 sont aussi celles de l'arrivée des Jeunes Turcs, parmi lesquels on peut citer : Pierre Mendès France, Jean Zay, Pierre Cot, Jacques Kayser et Émile Roche. En 1927, Édouard Daladier, un des Jeunes-Turcs du parti, succède à Édouard Herriot à la tête du parti.