Kim Collins (né le à Saint-Peter Basseterre, lieu-dit Monkey Hill) est un athlète de Saint-Christophe-et-Niévès spécialiste des courses de sprint. Le , au Stade de France à Paris-Saint-Denis, il est sacré champion du monde du .
Il est le seul athlète christophien de l'histoire à avoir remporté un titre mondial ou olympique et est quintuple médaillé en championnats du monde en plein air, en 2001, 2003, 2005 et 2011, où, lors de ces derniers, il devient à 35 ans le médaillé le plus âgé sur 100 m.
Ses courses se caractérisent par un cycle très rapide des membres inférieurs et un grand nombre de foulées. Sa grande vivacité lui permet de réaliser des départs très prompts qui lui permettent notamment de briller sur 60 m en salle, où il devient vice-champion du monde en 2003 et 2008.
Carrière sportive Débuts Né à Saint-Peter Basseterre, Kim Collins commence l'athlétisme très jeune et décide d'y consacrer sa vie, en se spécialisant au sein de l'université américaine de la Texas Christian University.
Il fait ses débuts sur la scène internationale à l'occasion des championnats du monde 1995 de Göteborg où il est aligné avec l'équipe nationale sur le relais 4 x . En 1996, il participe à ses premiers jeux, aux Jeux olympiques de 1996 à Atlanta où il réalise son record personnel en 10 s 27 (+ ) pour se qualifier en quart-de-finale, sans aller plus loin. L'année suivante, aux championnats du monde d'Athènes, il termine et dernier de sa série du premier tour du à cause d'une blessure, en 21 s 73. En 1998, il réalise 10 s 18 (+ ).
En 1999, il court en 10 s 21 et est qualifié pour les mondiaux de Séville mais n'y passe pas le cap des séries, ne courant qu'en 10 s 50. Sur , il est également sorti dès les séries (20 s 95).
Médaille aux championnats du monde sur (2001) C'est en 2000 que Kim Collins se révèle : il porte durant la saison estivale son record à 10 s 13, qui est bien loin d'un temps pouvant permettre espérer une place dans une finale mondiale. Pourtant, aux Jeux olympiques de Sydney, il prend la et dernière place qualificative de sa demi-finale (10 s 20) et se qualifie pour la finale olympique, devenant le premier christophien à réaliser cet exploit. Mais son manque d'expérience et son départ lent ne lui donne aucune chance : il termine en 10 s 17, tandis que l'américain Maurice Greene s'impose bien loin devant en 9 s 88. Sur , il atteint les demi-finales (20 s 57).
L'année suivante, il décroche ses deux premiers titres à l'occasion des championnats d'Amérique centrale et des Caraïbes où il réalise le doublé 100 et , établissant un record national et des championnats en 10 s 04, puis 20 s 55 sur le demi-tour de piste. Aux championnats du monde d'Edmonton, il réalise une performance proche de son record personnel sur , 10 s 07, ce qui lui donne la place de la finale. Mais sa carrière prend une autre tournure, quand, sur , le christophien décroche la première médaille de l'histoire de son pays en terminant en 20 s 20, record national, derrière le Grec Konstantínos Kentéris et le Jamaïcain Christopher Williams, et à égalité avec l'Américain Shawn Crawford.
Barrière des 10 s (2002) Le , à 26 ans et 113 jours, Kim Collins remporte la médaille d'or des Jeux du Commonwealth de Manchester en signant le temps de 9 s 98 (+ ), devenant à cette occasion le homme de l'histoire à descendre sous la barrière des 10 s au 100 m. Toutefois, à l'issue de la finale, il fait l'objet d'un contrôle positif aux produits dopants, mais ne fait pas l'objet de sanctions de la part des instances internationales, la substance utilisée par le Christophien étant prescrite dans le cadre d'un traitement de l'asthme. Il égale ce record le à Zurich (+ ) et le à Paris (+ ). En fin de saison, il termine du de la Coupe du monde des nations de Madrid qu'il dispute sous les couleurs des Amériques.
En début de saison 2003, Kim Collins monte sur la deuxième marche du podium du des championnats du monde en salle de Birmingham, en 6 s 53 (record national égalé), derrière l'Américain Justin Gatlin. Il s'agit pour lui de sa première médaille mondiale en salle.
Champion du monde du à Paris (2003) thumb|Kim Collins aux Championnats du monde en salle 2008 de Valence En forme lors de la saison estivale, il établit à deux semaines des mondiaux son meilleur temps de la saison à 9 s 99 (+ ) lors du Weltklasse Zurich. Aligné donc sur aux championnats du monde de Paris, le jeune homme discret au style propre (chaussettes noires remontées jusqu'aux genoux) Biographie de Kim Collins, www.athletesmondiaux.com, consulté le 8 septembre 2010 parvient à se hisser en finale, profitant des disqualifications pour faux-départs d'Asafa Powell et de Jon Drummond, et de l'élimination du champion en titre Maurice Greene lors des tours précédents. Situé au couloir , l'athlète de 28 ans prend un excellent départ (ce qui était sa faiblesse dans le passé) et parvient à dominer dans cette finale très ouverte tous ses adversaires, dans le temps modeste de 10 s 07 (vent nul), devançant d'un centième de seconde le Trinidadien Darrel Brown et le Britannique Darren Campbell. Premier athlète de Saint-Christophe-et-Niévès champion du monde, il succède ainsi au palmarès aux américains et canadiens, toujours titrés jusque-là depuis 1983. En 2010, à la suite de cette victoire, le gouvernement de Saint-Christophe-et-Niévès décrète que le serait désormais « Jour Kim Collins », en hommage à sa victoire.
Monte Stratton, son entraîneur à l'Université chrétienne du Texas à Fort Worth, met en avant son efficacité et sa vélocité naturelle : dans un «monde peuplé de gnous puissants, il est une gazelle, qui court sans bruit en se déplaçant sans remuer l'air».
En 2004, il se qualifie pour sa seconde finale olympique à l'occasion des Jeux d'Athènes. Loin d'être favori, le champion du monde en titre se classe en 10 s 00, son meilleur temps de la saison, derrière les Américains, Justin Gatlin, Maurice Greene, Shawn Crawford, le Portugais Francis Obikwelu et le Jamaïcain Asafa Powell.
Nouvelle médaille mondiale sur à Helsinki (2005) En 2005, Kim Collins fait l'impasse, comme en 2003, sur le . L'objectif majeur est de réitérer son titre mondial du 100 m aux championnats du monde d'Helsinki. Le , il court son meilleur temps de la saison en 10 s 00 (+ ) à Londres. Aux championnats du monde, il est le dernier repêché au temps lors des quarts de finales en 10 s 32 mais se remobilise en demi-finale, prenant de nouveau la dernière place qualificative en 10 s 07, éliminant le Britannique Jason Gardener d'un centième. En finale, le Christophien ne conserve pas son titre mais décroche une belle médaille de bronze en 10 s 05, derrière Justin Gatlin (9 s 88) et le Jamaïcain Michael Frater qui devance Collins au millième pour la médaille d'argent.
2006 sera une année plus en retrait pour le double médaillé mondial : auteur de 10 s 33 sur et 21 s 53 sur , il est absent des pistes. En 2007, son retour est plus mitigé. Auteur de 10 s 14 (+ ) à Rieti début septembre, Collins ne se classe que des Jeux panaméricains en 10 s 31.
2008 marque son retour : en mars, il décroche une nouvelle médaille d'argent lors des championnats du monde en salle de Valence, réalisant avec 6 s 54 sur le même temps que le bronzé Dwain Chambers, le titre revenant au Nigérian Olusoji Fasuba. En août, il est sélectionné pour ses quatrièmes Jeux olympiques, à Pékin mais s'incline en demi-finale du , malgré son meilleur chrono depuis 2005 (10 s 05). Néanmoins, il réalise 20 s 25 en demi-finale du et se qualifie pour la finale, à laquelle il terminera dans un premier temps (20 s 59), avant de profiter des disqualifications de Churandy Martina et de Wallace Spearmon pour avoir empiété dans le couloir intérieur.vignette|Kim Collins lors des mondiaux de Berlin en 2009
Retraite (2009) Il participe aux championnats du monde 2009 à Berlin et se qualifie pour les quarts de finale du . Il échoue cependant à ce stade en terminant de sa très relevée série, où figuraient Asafa Powell, Darvis Patton, Marc Burns, Olusoji Fasuba et Ronald Pognon dans un temps de 10 s 20 Résultats des Championnats du Monde Berlin, l'Équipe.fr, Consulté le 25 août 2010. Quelques jours plus tard, il échoue à la sixième place en 20 s 84 de son quart de finale du . Le , âgé de 33 ans, Kim Collins annonce sa décision de mettre un terme à sa carrière sportive Kim Collins se retire, l'Équipe.fr, mis en ligne le 30 septembre 2009 Collins, 2003 World champion, retires. IAAF. Consulté le 28 septembre 2009.. Il abandonnera par la suite cette idée.
En à Manchester, Collins court un en ligne droite en 20 s 59 derrière Tyson Gay qui bat en 19 s 41 le vieux record du monde de Tommie Smith qui tenait depuis 1966, avec 19 s 5 sur 220 yards (). Au moins de juin, il établit son meilleur temps de la saison en 10 s 20 à Bochum, en Allemagne.
Le , il conclut le en salle du meeting de Liévin en position avec un chrono de 6 s 61 derrière notamment Lerone Clarke (6 s 59) et Mike Rodgers (6 s 60) MPM sans les pour Tamgho, L'Équipe, le 8 février 2011. Quelques jours plus tard, il égale la meilleure performance mondiale de l'année sur avec un chrono de 6 s 52 lors de la réunion en salle de Düsseldorf, égalant le chrono du Jamaïcain Nesta Carter. Deux jours après, il améliore cette MPMA sur avec un chrono de 6 s 50 en séries de la réunion en salle de KarlsruheMPM sur pour Collins, Eurosport, le 13 février 2011. C'est par ailleurs son record personnel, et national Le , il boucle en 20 s 43 le des « Great City Games » à Manchester derrière Martial Mbandjock (20 s 35) mais devant Shawn Crawford (20 s 68) ELITE ATHLETES, www.greatcitygames.org, 15 mai 2011.
Double médaillé aux championnats du monde, à 35 ans (2011) En , Kim Collins fait l'impasse sur les épreuves de sprint aux championnats d'Amérique centrale et des Caraïbes et se concentre uniquement sur le relais, où l'équipe de Saint-Christophe-et-Niévès décroche la médaille de bronze dans le temps de 39 s 07.
Lors des championnats du monde de Daegu à l'été 2011, Kim Collins arrive loin du top 10 des meilleurs performeurs mondiaux de l'année, celle-ci étant complétée en position par le Français Christophe Lemaitre en 9 s 92, soit un chrono bien inférieur que le record du Christophien (9 s 98), qui arrive à Daegu avec un temps supérieur à 10 s. Mais le niveau de la compétition ne se révèle pas si élevé que prévu. Kim Collins remporte dans un premier temps son quart-de-finale en 10 s 13 puis sa demi-finale en 10 s 08 devant Nesta Carter. En finale, le faux-départ choc d'Usain Bolt déstabilise les concurrents, sauf Collins qui prend un départ stratosphérique pour mener la première moitié de la course, avant d'être doublé par le Jamaïcain Yohan Blake qui remporte la médaille d'or en 9 s 92, et l'Américain Walter Dix qui le bat pour un centième. Dans un fort vent de face d', Kim Collins décroche donc en 10 s 09 une médaille de bronze, devenant ainsi l'athlète le plus vieux médaillé sur aux championnats du monde. Sur , il atteint les demi-finales (20 s 64), puis, contre toute-attente, décroche une seconde médaille de bronze avec ses coéquipiers en finale du relais 4 x en 38 s 49 (record national), derrière la Jamaïque (37 s 04) et la France (38 s 20). vignette|Kim Collins en 2015 Après les mondiaux, il réalise à deux reprises (lors du meeting de Berlin et au meeting de Zagreb) 10 s 01 (+) sur , son meilleur chrono depuis , à trois centièmes de son record personnel réalisé neuf ans plus tôt Blake : «Courir en 9"7, facile», L'Équipe, 11 septembre 2011 MEETING DE ZAGREB COURSES HOMMES, L'Équipe, 13 septembre 2011. En octobre, il établit en demi-finale des Jeux panaméricains de Guadalajara le temps de 10 s 00, record des Jeux, avant toutefois de s'incliner en finale face au Jamaïcain Lerone Clarke, 10 s 01 contre 10 s 04.