Magda Goebbels, née le à Berlin où elle est morte le , était la femme de Joseph Goebbels, ministre de la Propagande du Troisième Reich.

Née d'une union illégitime entre un ingénieur et son employée de maison, Magda Behrend n'est tout d'abord pas reconnue par son père biologique. Sa mère se marie par la suite avec un riche commerçant juif, Richard Friedländer, qui participe à l'éducation de sa belle-fille et lui donne son nom. Par sa fréquentation de pensionnats huppés et des milieux mondains, Magda Friedländer devient bientôt une jeune fille de la haute société. Elle a une relation amoureuse avec le jeune sioniste Victor Arlozoroff et porte alors un certain intérêt à la cause qu'il défend, la création d’Israël. En 1921, elle se marie avec Günther Quandt, un riche veuf âgé de alors qu'elle n'en a . Le couple a un fils, Harald, mais les Quandt divorcent .

Magda Quandt milite alors au NSDAP, où elle trouve bientôt un travail qui la rapproche du gauleiter de Berlin, Joseph Goebbels. Fascinée par le propagandiste du mouvement et par le dirigeant nazi Adolf Hitler, elle lie bientôt une relation amoureuse avec le premier qu'elle épouse , et devient une proche du second. Elle suit son époux au début des dans son aventure politique, lorsque le parti nazi accède au pouvoir. En , Joseph Goebbels devient ministre de la Propagande. Magda Goebbels joue alors un rôle qui peut être comparé à celui de « Première dame » du Troisième Reich, en participant à des cérémonies officielles, des réceptions, des visites d'État et en se posant pour la propagande du régime nazi comme la « plus grande mère du Reich ».

Néanmoins, dans sa vie privée, elle tente de mener une existence libre, s'affranchissant par exemple de l'interdiction de se maquiller ou de porter des vêtements de luxe, et s'intéressant de près à la chose politique mais sans jouer de rôle en la matière. Fanatique nazie, elle suit son mari dans les derniers jours du Reich, en s'installant dans le bunker du Führer à Berlin. Avant de se suicider avec son époux, elle tue ses six enfants Goebbels, confiant par écrit à son premier fils, combattant dans la Luftwaffe, que .

Biographie Enfance et adolescence vignette|Richard Friedländer, beau-père de Madga Goebbels, mort en déportation en 1939 à Buchenwald. Maria Magdalena Behrend est née en 1901 de la relation d'Oskar Ritschel, un ingénieur fortuné, et d'une employée de maison de ce dernier, âgée de : Auguste Behrend. Celle-ci cache son statut de fille-mère avant d’épouser Ritschel. Non reconnue à cette époque par son père biologique, Magda porte alors le nom de famille de sa mère. Le couple Ritschel divorce alors que Magda a trois ans. Deux ans plus tard, sa mère l'envoie vivre à Cologne auprès d'Oskar Ritschel qui s'installe ensuite à Bruxelles en Belgique. À partir de 1906, il paie ses études dans un pensionnat catholique près de Bruxelles (au cloître des Ursulines à Vilvorde, pendant huit ans), ville où elle est bientôt rejointe par sa mère et le mari de celle-ci, un commerçant juif nommé Richard Friedländer qui l'élève avec tendresse puis l'adopte en lui donnant son nom. Son père et son beau-père s’apprécient et participent chacun à l’éducation de la jeune fille, qui . C’est une jeune fille gâtée, que chaque père emmène parfois avec lui en voyage.

Mais en , la Première Guerre mondiale éclate et les Friedländer sont soudainement obligés de repartir pour Berlin, après l’invasion allemande ; son beau-père y poursuit son activité de commerce mais ses avoirs sont placés sous séquestre et il ne peut que survivre difficilement grâce à de petits emplois. Finalement, Richard Friedländer se sépare d’Auguste en 1918 mais continuera à garder le contact avec sa fille adoptive et à payer ses études, alors que les relations restent toujours tendues entre Auguste Friedländer et sa fille.

Magda Friedländer garde également le contact avec son père, Oskar Ritschel, qui vit alors à Bad Godesberg et l'initie au bouddhisme. À Berlin, elle fréquente un collège public puis un lycée de jeunes filles de bonne famille, le pensionnat Holzhausen, à Goslar. Admirée pour son assurance et sa connaissance des milieux mondains, elle y devient une bonne amie de Lisa Arlozoroff, fille d'une famille pauvre d'émigrés russes ayant fui les pogroms. Elle y rencontre aussi le frère aîné de celle-ci, Viktor Haïm Arlozoroff, un jeune sioniste qui devient son premier grand amour. Ce dernier devient plus tard en Palestine - où il arrive en 1923 - l'une des grandes figures du sionisme avant d'y être assassiné. Magda Friedländer intègre le groupe gravitant autant des Arlozoroff, participe aussi avec ferveur (selon les carnets de Lisa, la sœur de Victor Arlozoroff) aux réunions et débats du groupe Tikvat Zion (« Espoir de Sion ») sur l'avenir de la Palestine, apprend l'hébreu et porte même l'étoile de David que Viktor Arlozoroff lui a offerte, projetant d'émigrer avec lui en Palestine. Mais leurs chemins se séparent puis elle obtient son Abitur (baccalauréat).

Premier mariage avec Günther Quandt vignette|Son premier mari, Günther Quandt, cliché de 1941. En 1920, revenant de vacances vers son internat, dans le train qui va de Berlin à Goslar, la jeune fille de fait la connaissance de l'industriel Günther Quandt (1881-1954), veuf âgé de , alors un des hommes les plus riches d’Allemagne, membre de la famille Quandt, notamment propriétaire de l'entreprise BMWAntoine Vitkine, Magda Goebbels, la première dame du , 2017, documentaire.

- Citations d'Ello et Günther Quandt recueillies par Hans-Otto Meisner en 1952 ;

- Citations d'Auguste Behrend publiées dans le magazine Schwäbische illustrierte en 1952 ;

- Citations du journal de Joseph Goebbels, tenu entre 1923 et 1945.

Regarder en ligne. Impressionné par l’allure et le charme de Magda Friedländer, il parvient à l'emmener en promenade en se faisant passer pour un ami de la famille ; puis il la demande en mariage. La perspective de vivre dans la grande bourgeoisie sans souci matériel masque la différence d’âge, et après quelques semaines de réflexion, Magda accepte le mariage . Cependant, elle doit renoncer au nom de Friedländer, à cause de ses connotations juives qui le rendent peu convenable aux yeux de la famille de son futur mari. Sollicité par celui-ci, qui lui montre ses possessions et son train de vie, son père biologique accepte alors de reconnaître sa fille avant son mariage afin qu'elle porte son nom, Ritschel, au lieu de Friedländer. De plus, sa mère divorce peu après de Richard Friedländer qui n'est pas invité au mariage et disparaît de la vie de sa belle-fille. Elle avait néanmoins dans un premier temps demandé elle-même à prendre le nom de son beau-père Friedländer, témoignage d'un attachement réel et sincère envers ce dernier, et réciproque. Catholique, elle se convertit au protestantisme, religion de Quandt, qu’elle épouse le à Bad Godesberg.

Devenue « Madame Magda Quandt », elle prend en charge les rôles de mère et de maîtresse de maison, tout en s'occupant des deux fils du premier mariage de Quandt. Ils vivent dans une villa berlinoise sur la Frankenallee et, parfois, se rendent à Neu-Babelsberg et au domaine Severin situé près de Parchim (Mecklembourg).

Mais la jeune mariée se rend rapidement compte qu'elle vit dans une cage dorée entourée de domestiques, et que son rêve d'une vie heureuse aux côtés d'un millionnaire ne se réalise pas. Lui garde une vie très rigide, ne lui accordant que peu de temps, alors que Magda Quandt subit également le rejet de sa belle-famille, dédaigneuse à l’égard de cette toute jeune fille qui avait conquis rapidement le cœur de Quandt, trop tôt après la mort de sa première épouse. Dix mois après le mariage, le , elle met au monde un fils, Harald Quandt et, en 1925, la famille doit prendre en charge en plus les trois enfants d'un partenaire d'affaires de Quandt, subitement devenus orphelins. Magda Quandt consacre alors son temps à l'éducation des six enfants, qui comprend le piano et les obligations sociales. Elle participe néanmoins aux voyages d’affaires de son époux, en Amérique du Sud et aux États-Unis, donnant l’image d'un couple stable. Elle se lie d’amitié avec sa belle-sœur, Eleonore Quandt, surnommée « Ello », qui devient sa seule alliée dans la famille, et va rester une de ses proches jusqu’à la fin de sa vie.

La paix familiale est soudainement rompue quand Hellmuth, le fils aîné de Quandt, meurt à la suite d'une erreur médicale. Sa mort détruit le dernier lien qui subsistait entre les mariés. Leurs différences devenues trop marquées, Magda ne supporte plus sa vie étouffante et se réfugie dans sa liaison avec son ancien ami, Viktor Arlozoroff, revenu à Berlin, entre 1928 et le début . Mis au courant, son mari la rejette brusquement.

Revenue vivre auprès de sa mère, Magda Quandt menace de publier des lettres « scandaleuses » sur les premières liaisons hors mariage de son mari, découvertes en fouillant la maison de Babelsberg. Comme la famille Quandt veut à tout prix éviter une telle humiliation, elle parvient à obtenir de Günther Quandt qu'il lui fournisse un appartement luxueux, une pension de par mois, de en cas de maladie, et qu'il lui cède le droit de garde de leur fils Harald.

Entrée dans le milieu nazi et Joseph Goebbels Adhésion au NSDAP vignette|redresse=1.1|Portrait non daté de Joseph Goebbels par Heinrich Hoffmann. Riche divorcée, Magda Quandt s’ennuie à nouveau dans cette nouvelle vie oisive sans souci amoureux ni matériel dans le Berlin des années 1930 où la crise économique qui frappe le pays ne la touche pas. Elle rêve d'aventure, et dans cette attente, pense à étudier l'histoire de l'art ou le droit, devenir décoratrice ou avocate. Alors qu'elle se plaint de la fadeur de son existence, sa mère comprend : « J'ai su... ce qui tourmentait cette jeune femme gâtée, qui était certes ma fille, mais qui m'était pourtant plus énigmatique qu'une inconnue : elle s'ennuyait, et ne savait pas quoi faire d'elle-même ». Elle demeure au à Berlin (actuelle Theodor-Heuss-Platz). Elle reçoit rapidement une proposition de mariage d’un dénommé Hoover, neveu du président américain Herbert Hoover qu’elle avait connu lors d'un voyage d’affaires de son mari à New York, et qui fait le voyage à Berlin pour lui demander sa main : elle refuse, et alors qu'ils reviennent en voiture du golf-club du Wannsee, ils sont victimes d’un accident qui les conduit à l'hôpital.

Magda adhère vers 1929 au « club Nordischer Ring », qui regroupe les membres de la bonne société berlinoise favorables aux idées du parti nazi. Là alors, espérant trouver une cause à défendre pour combler son ennui, elle participe à un rassemblement du parti, au palais des sports de Berlin en . Magda est fascinée par le discours de celui qui n'est alors que gauleiter de Berlin mais bien une personnalité en vue du parti nazi : l'orateur Joseph Goebbels, âgé de . Auguste Friedländer indique que sa fille lui a confié avoir cessé d'écouter après les premières phrases de Goebbels pour se concentrer sur la façon dont il s'exprimait. Le lendemain, elle s'inscrit dans la cellule du NSDAP de son quartier (Berlin-Westend) où elle est l'adhérente numéro 297442. Alors qu'elle propose d'offrir son aide, on lui conseille de lire le manifeste du dirigeant Adolf Hitler, Mein Kampf, et Le Mythe du vingtième siècle, d’Alfred Rosenberg, et on l'invite à s'occuper du secrétariat.

Magda dirige bientôt la section féminine locale du NSDAP. Néanmoins, maquillée et vêtue de toilettes luxueuses, peu encline à côtoyer les couches populaires qui fréquentent cette unité, et consciente de sa valeur, elle se présente directement au quartier général du parti à Berlin, au . Grâce à son excellente formation et à ses connaissances linguistiques, on lui confie un poste au secrétariat du gauleiter-adjoint, où elle est notamment chargée des archives de la direction ; elle travaille donc à proximité du gauleiter Goebbels.

Travail au NSDAP et rencontre avec Goebbels