La photographie est un art visuel, qui consiste à enregistrer un sujet en fixe, avec un ensemble de techniques, de procédés et de matériels.
Par extension, le terme « photographie », ainsi que son apocope « photo », désignent aussi le phototype c'est-à-dire .
La prise de vue photographique repose sur deux composantes essentielles. D'une part, par la présence d'un dispositif optique permettant de capter la lumière ambiante pour la création de l'image et d'autre part d’un support argentique ou numérique afin de fixer cette image.
Les usages de cette technique ont évolué, et sa dimension professionnelle et artistique a notamment été reconnue.
Étymologie Le substantif féminin (consulté le . (consulté le ).Entrée .Entrée , dans (. « photographie » (photography) a été proposé par John Herschel dès et provient de deux racines d'origine grecque : le préfixe « photo- » (φωτoς, photos : lumière, clarté) — « qui procède de la lumière », « qui utilise la lumière » ; le suffixe « -graphie » (γραφειν, graphein : peindre, dessiner, écrire) — « qui écrit », « qui aboutit à une image ».
« Photographie » signifie ainsi littéralement « peindre avec la lumière ». Le terme plus court « photo » est très fréquemment utilisé. Dans le cas où l'on parle d'une image photographique, on emploie aussi souvent les termes « image » ou « vue », les termes « tirage » et « agrandissement », étant de moins en moins usités depuis l'avènement de la photographie numérique.
En français, « photographie » est attesté dès 1832 dans le Dictionnaire général de la langue française de François Raymond, mais comme Entrée , dans .. Le premier emploi connu de photographie comme figure dans les Carnets d'Hercule Florence, à la date du ..
En allemand, le terme est attesté dès le dans le .
Invention de la photographie
La photographie résulte d'une série de nombreuses innovations technologiques et techniques dans les domaines de l'optique, de la chimie, de la mécanique, de l'électricité, de l'électronique et de l'informatique. Elle se base sur le mécanisme biologique de l'œil humain.
vignette|upright=1.2|Point de vue du Gras, le premier résultat connu d'une expérience de Nicéphore Niépce. Ce cliché photographique pris en 1826/1827 représente une partie de la propriété de Niépce. vignette|upright=1.2|La Table servie est la première nature morte fixée et une des premières photographies (physautotype), attribuée à Nicéphore Niépce, prise à une date non connue au début des années 1820 ou des années 1830. vignette|upright=1.2|Photographie en couleurs d'Agen en 1877 par Louis Ducos du Hauron.
Les deux phénomènes nécessaires à l'obtention d'images photographiques étaient pour certains connus depuis longtemps et explicités dans le Traité d'optique du mathématicien, philosophe et physicien arabe Alhazen au début du . Les réflexions d'Aristote et les travaux du père de l'optique moderne Ibn al-Haytham, ont permis de mettre la réalité en boîte ; il suffit de percer un « petit trou » (sténopé) dans une chambre noire (en latin : camera obscura) pour voir apparaître une image inversée dans le fond blanc de la boîte. D'autre part, les alchimistes savaient que la lumière noircissait le chlorure d'argent. Vers 1780, Jacques Charles, connu pour son invention de l'aérostat gonflé à l'hydrogène, parvint à figer de façon fugitive, une silhouette obtenue par le procédé de la chambre noire sur du papier imbibé de chlorure d'argent. Thomas Wedgwood (1771-1805) fit des expériences analogues avec le nitrate d'argent ; il en publia un mémoire en 1802. De son côté, John Herschel en 1819 décrit les propriétés de l'hyposulfite de sodium qui deviendra le fixateur.
Nicéphore Niépce, un inventeur de Chalon-sur-Saône, en 1822-1824, associe ces trois procédés pour fixer l'image sur des plaques d'étain recouvertes de bitume de Judée, sorte de goudron naturel soluble dans l'essence de lavande et qui possède la propriété de durcir à la lumière. Il suffit alors d'éliminer le bitume excédentaire en le dissolvant. L'image obtenue est de qualité moyenne et nécessite plusieurs jours de pose. La première héliographie (c'est ainsi qu'il nommait un tel cliché photographique) qui nous est connue est Point de vue du Gras (1826-1827) représentant une aile de sa propriété à Saint-Loup-de-Varennes en Saône-et-Loire. À partir de 1828 Niépce s'associe avec Louis Daguerre mais il meurt subitement en 1833 et Daguerre poursuit seul l'amélioration du procédé, notamment en découvrant le principe du développement de l'image latente, moyen de raccourcir le temps de pose à quelques dizaines de minutes.
En 1839, Daguerre promeut son invention auprès du savant et député François Arago, qui lui accorde son soutien. C'est ainsi que la date conventionnelle de l'invention de la photographie est le , jour de la présentation par Arago à l'Académie des sciences de l'« invention » de Daguerre, le daguerréotype.. C'est en fait une amélioration de l'invention de Niépce en 1824.
En 1861, Thomas Sutton réalise la première photographie couleur. En 1869, Louis Ducos du Hauron et Charles Cros présentent un procédé à l'origine de la trichromie.
Appareil photographique
vignette|redresse|Fondamentaux de la prise de vue : lentille objectif, obturateur (réglé à 1/25), diaphragme (sur 3). On devine la forme hexagonale du diaphragme à travers l'objectif.Un appareil photographique comprend un objectif et un détecteur photosensible, ainsi que des mécanismes permettant de réaliser des réglages (mise au point, diaphragme), la prise de vue (déclencher l'obturateur), et dans certains cas éclairer la scène (flash). Si les principes de l'appareil photo sont restés les mêmes depuis son origine au , les technologies ont considérablement évolué au fil du temps. Un changement majeur a été le passage de l'argentique au numérique à la fin du .vignette|redresse|Profondeur de champ : les gouttes d'eau reflétant le Soleil sont situées en dehors du champ. L'image de ces points lumineux est alors celle du diaphragme, ici un nonagone.
Prise de vue photographique
Genre photographique
Le genre photographique précise la pratique de la photographie, distinguant les sujets, thèmes, techniques, disciplines, styles, applications, etc. On distingue par exemple les photographies réalisées en extérieur sous un éclairage naturel ou public, de celles faites en intérieur avec un éclairage artificiel modulable ; et les photographies comportant ou non une présence humaine.
Maîtrise de la lumière
On distingue la lumière naturelle, en intérieur ou en extérieur, et la lumière artificielle.
Les lumières artificielles diffèrent par leur source, continue (incandescence, tungstène ou LED) ou discontinue (flash électronique) et par la dimension de la source (allant d'une dizaine de cm de diamètre pour les petits projecteurs Fresnel comme les Mizar ou les Magis, à plus de de diamètre comme les du modeleur FP de Broncolor en passant par toute la gamme de modeleurs de Profoto et d'Elinchrom).
Comme son nom l'indique, la photographie consiste avant tout à utiliser de la lumière pour enregistrer quelque chose. Ceci suppose d'une part qu'il y ait de la lumière à enregistrer, et d'autre part que cette lumière forme des figures et une image intéressante par ses contrastes : contrastes d'intensités entre noir et blanc, contrastes de couleurs, contrastes de textures, qui par leur disposition restituent le sujet photographié. L'art du photographe consiste avant tout à jouer avec cette lumière, ce qui implique parfois d'organiser l'éclairage pour mieux capter son sujet.
Il ne suffit pas qu'il y ait de la lumière pour pouvoir faire une bonne photographie, encore faut-il qu'elle soit adaptée au sujet que veut capter le photographe. Une photo en contre-jour conduit par exemple à un fort contraste entre le sujet et le fond, mais les détails du sujet proprement dit seront souvent peu discernables dans les zones sombres : c'est en cela qu'un portrait pris en contre-jour est souvent considéré comme raté (et nécessite l'usage d'un coup de flash pour déboucher le sujet). Mais ce contre-jour peut constituer par lui-même un effet artistique intéressant, pour mettre en évidence une silhouette abstraite. Inversement, le photographe peut choisir de corriger l'exposition pour saturer le fond, et restituer son sujet dans un halo lumineux.
Le contre-jour est souvent associé à des images à fort contraste, où le sujet apparaît sombre sur un fond lumineux. Toutefois, il peut aussi être utilisé dans des conditions de lumière homogène, en particulier en portrait. Lorsqu’un sujet est placé devant une source lumineuse avec un fond de luminosité équivalente, le contre-jour agit comme un détourage naturel, séparant visuellement le sujet du décor. Cette technique permet de faire ressortir la silhouette sans recours à un éclairage latéral ou frontal, un procédé parfois comparé à la « kick light » en photographie ou en cinéma anglo-saxon.
De même, l'éclairage direct du soleil crée des zones d'ombre et de lumière, qui peuvent former un fond très contrasté, nuisant à la lisibilité du sujet principal. De ce point de vue, il est possible de représenter un sujet dans un éclairage uniforme ou diffus. Pour éviter ce problème, les studios d'artistes sont de préférence éclairés par des baies ouvrant vers le nord..
Sujet et composition Par rapport au sujet qu'il veut reproduire, le photographe ajoute un élément essentiel de la photographie : le cadre.
Le cadre établit avant tout une limite entre ce qui sera reproduit sur l'image et ce qui au contraire devra en être exclu. Contrairement au peintre, qui ajoute des éléments à sa composition, le premier souci du photographe est d'éliminer de son cadrage les éléments inutiles, étrangers à l'idée qu'il veut faire passer, ou qui détourneront l'attention du spectateur : personnage passant dans l'arrière-plan, câble électrique, avion dans le ciel… Selon un proverbe de portraitistes, on doit d'abord s'intéresser au décor avant de regarder le modèle.
Le cadre définit ensuite l'espace dans lequel le sujet sera mis en scène. La photographie doit présenter les différentes parties de son sujet d'une manière qui en rende la perception plaisante et aisée. Les lignes de force de l'image se définissent par rapport au cadre : diagonales, règle des tiers Pour une scène donnée, c'est par le cadrage que le photographe peut harmoniser ou non sa composition. Le soin à apporter au cadrage est particulièrement critique dans le cas des diapositives, qui ne peuvent pas être recadrées par la suite.
Valeur de plans Le « sujet » d'une photographie est tout ce qu'il y a dans le cadre. En dehors de cadrages particulièrement « serrés », l'élément principal n'occupe souvent qu'une fraction minime de l'image. Le reste forme le décor, souvent en avant plan ou arrière-plan, parfois dans le même plan que l'élément principal. Une bonne composition doit assurer que le décor met en valeur le sujet d'une manière suffisamment contrastée, et ne distrait pas l’œil par des détails inutiles.
Le premier plan, le second plan, et l'arrière-plan définissent souvent des zones dans une photographie. Selon la profondeur de champ, un de ces plan peut être mis en valeur.
Le cadrage pour le portrait se décline du plus lointain au plus rapproché en plan large, plan serré, plan italien, plan américain, plan taille, plan buste, gros plan et détail (très gros plan).
L'orientation permet d'accentuer les plans, comme un point de vue en contre-plongée ou en plongée.
Réglages Plusieurs réglages sont nécessaires à la réalisation d'une photographie. La justesse de ces réglages conditionne la qualité technique de l'image, notamment sa netteté et son exposition. Les appareils photographiques modernes prennent en charge tous ces réglages à l'aide d'automatismes qui sont souvent débrayables.