Khéops, ou Khoufou, est le deuxième roi de la de l'Ancien Empire égyptien. Il aurait régné quelques décennies entre la fin du et le milieu du , succédant à Snéfrou et précédant Djédefrê. Il serait le commanditaire de la Grande Pyramide de Gizeh. Les autres aspects de son règne sont peu documentés.

Nom du roi

Son nom égyptien est Khoufou (signifiant « Il protège »), ou en forme longue Khnoum Khoufou (« Que le dieu Khnoum protège »). Cette transcription Khoufou ne prétend pas refléter la prononciation égyptienne authentique mais n'est que la prononciation conventionnelle des égyptologues modernes. La prononciation égyptienne devait être proche de Khawyafwi(y) à l'époque de son règne et de Khewaf(w) à l'époque hellénistique.. Ce pharaon est plus connu sous la forme hellénisée de son nom, Khéops (en grec Χέοψ). On rencontre aussi la graphie française plus ancienne Chéops, conforme à la transcription traditionnelle des noms grecs, mais cette forme est en nette diminutionBooks Ngram Viewer, « Cheops+Chéops vs Kheops+Khéops ». Manéthon le nomme (en grec Σοῦφις)Aidan Mark Dodson, Monarchs of the Nile. American Univ in Cairo Press, 2000, , . et Flavius Josèphe Sofe (en grec Σόφη)Flavius Josephus, Folker Siegert, « Über Die Ursprünglichkeit des Judentums (Contra Apionem), Volume 1, Flavius Josephus », dans : Schriften Des Institutum Judaicum Delitzschianum, Westfalen Institutum Iudaicum Delitzschianum Münster). Vandenhoeck & Ruprecht, Göttingen 2008, , .. Les historiens arabes, quant à eux, le nomment Saurid () ou Salhuk ()Gerald Massey, The natural genesis, or, second part of A book of the beginnings: containing an attempt to recover and reconstitute the lost origines of the myths and mysteries, types and symbols, religion and language, with Egypt for the mouthpiece and Africa as the birthplace, vol. 1, Black Classic Press, 1998, , ..

Généalogie

Ascendance

La mère de Khéops est la reine . Le lien familial entre Khéops et Snéfrou n'est cependant pas certain. L'incertitude est due au fait que la reine est connue par plusieurs documents, dont une bonne partie de son mobilier funéraire, et qu'aucun document n'atteste qu'elle portait les titres classiques des reines-épouses de la période, comme celui d'« épouse du roi » (ḥm.t nsw.t) ou celui de « Celle qui voit Horus et Seth » (mȝȝ.t Ḥr Stẖ).

L'hypothèse généralement admise est que Khéops est le fils de Snéfrou et qu' est donc l'épouse de ce dernier. Par exemple, Michel Baud avance qu'elle porte certains titres typiques des reines-épouses, comme « Suivant d'Horus » (ḫt-Ḥrw) et « Directeur des bouchers de la maison de l'acacia » (ẖrp sšmtj.w jmȝ.t/šntḏ.t), et que la présence du nom de Snéfrou sur le mobilier funéraire de la reine atteste de sa relation avec ce roi ; il justifie l'absence des titres emblématiques des reines-épouses par le fait que son mobilier funéraire est plus en rapport avec son statut de mère royale.

Vivienne Gae Callender n'est pas de cet avis majoritaire, à l'appui de plusieurs arguments. Elle indique par exemple que le long règne de Snéfrou suivi du long règne de Khéops pourrait en fait signifier que Khéops était plutôt de la génération des petits-enfants de Snéfrou. Elle ajoute que l'absence systématique des titres principaux des reines-épouses ainsi que celui de « fille du roi » (sȝ.t nsw.t), mais la présence de celui de « Fille du Dieu de sa chair » (sȝ.t nṯr n.(t) ẖ.t=f) pourraient en fait se comprendre par son statut de descendante de roi. Callender suppose qu'elle pourrait être une collatérale et/ou une belle-fille de Snéfrou.

Épouses

Le nombre d'épouses de Khéops ainsi que leur identité respective font l'objet de débats. Concernant le nombre de reines, le complexe pyramidal de Khéops comprenait de trois pyramides de reines. Les égyptologues débattent toutefois de l'attribution de la plus septentrionale d'entre elles : certains estiment qu'elle était destinée à , la mère du roi. Selon la théorie privilégiée, les chercheurs considèrent que Khéops a eu deux ou trois épouses ayant bénéficié comme dernière demeure une pyramide. Quant à leur identité respective, nous retrouvons :

une reine anonyme qu'une stèle d'époque saïte identifia comme une « fille du roi Khéops » nommée Hénoutsen ; peut-être une troisième reine que les égyptologues avaient autrefois supposée être d'origine libyenne.

Il est également possible, voire même probable, que le roi Khéops ait eu d'autres épouses qui n'ont pas bénéficié de sépulture pyramidale, comme c'est le cas pour d'autres reines de la , comme Persenet, Rekhetrê et Bounéfer.

Descendance

En dehors des successeurs de Khéops sur le trône d'Horus, qui établirent leur propre monument funéraire, presque tous les membres de cette famille royale se firent construire leur tombeau au voisinage immédiat de la grande pyramide à Gizeh.

Plusieurs princes sont attribués à Snéfrou, bien que certaines filiations soient incertaines ; si la majorité d'entre eux ont été enterrés dans le cimetière à l'est de la pyramide de Khéops, d'autres ont pu être enterrés dans le cimetière situé à l'ouest de la pyramide : Djédefrê, son successeur ; Khâefrê (Khéphren), son second successeur ; , « fils aîné du roi de sa chair » (sȝ nsw.t ny ẖ.t=f smsw) ; enterré dans le mastaba double G 7110+7120, à l'origine avec sa sœur et épouse , il est le fils de la reine , le père de la reine ainsi que le vizir (ṯȝty) de son père, , « fils du roi de sa chair » (sȝ nsw.t ny ẖ.t=f) ; enterré dans le mastaba double G 7130+7420 avec son épouse Néfertkaou, sa mère anonyme est représentée dans sa tombe et a souvent été identifiée à la « fille du roi Khéops » nommée Hénoutsen de la stèle saïte, Hordjédef, « fils du roi de sa chair » (sȝ nsw.t ny ẖ.t=f) ; enterré dans le mastaba double G 7210+7220 avec son épouse anonyme, il est reconnu par la tradition égyptienne pour être l'autre des Instruction d'Hordjédef, ainsi que pour être roi, probablement le propriétaire du mastaba double G 7230+7240, lui et son épouse étant restés anonymes du fait de l'état fragmentaire des inscriptions, le « fils du roi de sa chair » (sȝ nsw.t ny ẖ.t=f) anonyme, parfois nommé Khnoumbaef dans la littérature égyptologique, enterré dans le mastaba double G 7310+7320 avec son épouse anonyme ; il a exercé comme certains de ses frères la charge de vizir ; le propriétaire du mastaba a également été identifié par George Andrew Reisner au roi Baoufrê de la tradition, sans aucune preuve, le « fils du roi de sa chair » (sȝ nsw.t ny ẖ.t=f) anonyme, enterré dans le mastaba double G 7330+7420 avec son épouse également anonyme, l'homme anonyme enterré dans le mastaba double G 7410+7420 avec son épouse et sœur ; il porte plusieurs titres, dont celui de « Grand des Cinq de la maison de Thot » (wr djw pr Ḏḥwty), ce qui signifie qu'il était également probablement vizir ; ce personnage a souvent été identifié au « fils du roi » Horbaf, Minkhâf, « fils aîné du roi de sa chair » (sȝ nsw.t ny ẖ.t=f smsw) ; enterré dans le mastaba double G 7430+7440 avec son épouse anonyme ; il a exercé comme certains de ses frères la charge de vizir, le prince anonyme, enterré dans le mastaba G 7350 ; sa mère, une reine anonyme qui a parfois été confondu avec , et son épouse, également anonyme, son représentées sur un fragment de relief de la tombe ; du prince, il ne reste qu'une fine bande d'un côté du bras, , « fils du roi de sa chair » (sȝ nsw.t ny ẖ.t=f) ; fils probablement tardif enterré dans le mastaba G 7810 ; il a été considéré par Reisner comme le fils de Horbaf et de part la proximité des mastabas, hypothèse peu étayée que l'on retrouve encore chez Aidan Dodson et Dyan Hilton, Kaemsekhem, « fils du roi » (sȝ nsw.t) ; fils probablement tardif enterré dans le mastaba G 7660 ; il a été considéré par Reisner comme le fils de et de part la proximité des mastabas, hypothèse peu étayée que l'on retrouve encore chez Aidan Dodson et Dyan Hilton, Douaenhor, « fils du roi de sa chair » (sȝ nsw.t ny ẖ.t=f) ; fils probablement tardif enterré dans le mastaba G 7660 ; il a été considéré par Reisner comme le fils de et de part la proximité des mastabas, hypothèse peu étayée que l'on retrouve encore chez Aidan Dodson et Dyan Hilton, Mindjédef, « fils du roi de sa chair » (sȝ nsw.t ny ẖ.t=f) ; fils probablement tardif enterré dans le mastaba G 7660 ; il a été considéré par Reisner comme le fils de et de part la proximité des mastabas, hypothèse peu étayée que l'on retrouve encore chez Aidan Dodson et Dyan Hilton, Horbaf, « fils du roi » (sȝ nsw.t) ; comme dit précédemment, il a été identifié, sans preuve convaincante, au propriétaire du mastaba G 7410+7420 ; son sarcophage, sans provenance connue, ne permet pas d'être certain de quel roi il pourrait être le fils, même si Khéops est tout à faire possible, Iounou, « fils du roi » (sȝ nsw.t) ; « Chef des phylés de Haute-Égypte » (jmj-r sȝw s̆mˁw) et enterré dans le mastaba G 4150, il a souvent été considéré comme un prince honorifique de par son titre, mais Michel Baud rappelle que ce type de raisonnement doit être nuancé et qu'il pourrait donc s'agir d'un vrai fils royal, que la datation du mastaba oriente vers Khéops, Khentikai, « fils du roi » (sȝ nsw.t) ; enterré dans le mastaba G 2130, il a souvent été considéré comme un prince honorifique et n'est par exemple pas cité par Aidan Dodson et Dyan Hilton, mais Michel Baud, à la suite de Reisner, indique qu'il pourrait s'agir d'un vrai fils royal, que la datation du mastaba oriente vers Khéops, Snéfrouseneb, « fils du roi de sa chair son bien-aimé » (sȝ nsw.t ny ẖ.t=f mry=f) ; enterré dans le mastaba G 4240, il a souvent été considéré comme un prince honorifique et n'est par exemple pas cité par Aidan Dodson et Dyan Hilton, mais Michel Baud indique qu'il pourrait s'agir d'un vrai fils royal, que la datation du mastaba oriente vers Khéops, Kaemâh, « fils du roi » (sȝ nsw.t) ; « Chef des phylés de Haute-Égypte » (jmj-r sȝw s̆mˁw) et enterré dans le mastaba G 1223, il a souvent été considéré comme un prince honorifique de par son titre, mais Michel Baud rappelle que ce type de raisonnement doit être nuancé et qu'il pourrait donc s'agir d'un vrai fils royal, que la datation du mastaba oriente vers Khéops, Oupemneferet, « fils du roi » (sȝ nsw.t) ; enterré dans le mastaba G 1201, il possède plusieurs titres dont celui d'« administrateur de la flotte » (ˁḏ-mr wḥˁw) ; il a souvent été considéré comme un prince honorifique de par son titre, mais Michel Baud rappelle que ce type de raisonnement doit être nuancé et qu'il pourrait donc s'agir d'un vrai fils royal, que la datation du mastaba oriente vers Khéops, , « fils du roi » (sȝ nsw.t) ; potentiellement enterré dans la tombe G 8260 dans le cimetière central de Gizeh, l'hypothèse d'une filiation avec Khéops est proposée par Aidan Dodson et Dyan Hilton ; cependant, le secteur de la nécropole suggère plutôt le roi Khéphren.

Un certain nombre des filles attribuées à Khéops, enterrées dans le cimetière ouest, ont été considérée comme des filles fictives sur la simple base de la localisation de leurs tombes ; or, comme le rappelle Callender, ce présupposé est questionnable, et des princesses enterrées avec un certain luxe ont pu parfaitement se faire enterrer dans le cimetière ouest simplement parce qu'elles avaient chacune leur époux respectif, pas toujours identifié, enterré non loin d'elles. Les filles connues de Khéops sont les suivantes : , « fille du roi de Haute et Basse-Égypte Khoufou » (sȝ.t nsw.t-bjty Ḫwfw) ; elle est l'épouse du prince , avec qui elle a la reine ; elle devient elle-même reine en épousant en secondes noces un roi, très probablement Djedefrê, avec qui elle a probablement une fille, nommée Hétep-Hérès, ainsi que probablement l'un des trois fils aînés de ce roi,