Luc-en-Diois est une commune française située dans le département de la Drôme, en région Auvergne-Rhône-Alpes.
Géographie Localisation La commune est située à au sud-est de Valence, à à l'est de Crest et à au sud de Die.
Communes limitrophes
Relief et géologie
Le village de Luc-en-Diois est dominé par deux montagnes, le pic de Luc (1084 m) et la montagne de Clamontard (1093 m).
Sites particuliers :
Géologie
Hydrographie
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne. et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été.. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Saint-Roman à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Luc-en-Diois est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Die, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (73,5 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (76,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (64,5 %), zones agricoles hétérogènes (11,5 %), terres arables (8 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (6,2 %), prairies (4 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (2,9 %), zones urbanisées (1,7 %), cultures permanentes (1,3 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Morphologie urbaine
Quartiers, hameaux et lieux-dits Site Géoportail (carte IGN). :
Logement
Projets d'aménagement
Voies de communication et transports vignette|Viaduc du Claps. La commune est traversée par la route départementale 93 (axe de Valence à Gap) et possède une gare sur la ligne de Livron à Aspres-sur-Buëch.
Risques naturels et technologiques Risques sismiques
Autres risques
Toponymie Attestations 77 : Lucus Augusti (Pline l'Ancien, Naturalis Historia, III, 37)... 106-109 : Lucus municipium Vocontiorum est (Tacite, Historiae, I, 66). 333 : mansio Luco (Anonyme de Bordeaux). : Lucus (Table de Peutinger). 1159 : castrum de Luco et castellum quod appellatur Luc (cartulaire de Die, 17). 1165 : castrum de Luc (cartulaire de Die, 6). 1178 : mention du mandement : mandamentum de Luco (cartulaire de Die, 1). 1201 : castrum Luci (Valbonnais, I, 122). : mention du prieuré : prioratus de Luco (pouillé de Die). : mention de la paroisse : capella de Luco (pouillé de Die). 1509 : mention de l'église : ecclesia parrochialis Beate Marie de Luco (visites épiscopales). 1516 : mention de la paroisse : cura de Luco (pouillé de Die). 1788 : Luc (Alman. du Dauphiné). 1891 : Luc-en-Diois, chef-lieu de canton de l'arrondissement de Die.
Étymologie Plusieurs hypothèses : Lucus serait le mot latin pour désigner un bois sacré : Lucus Augusti (« Bois sacré d'Auguste »).
Histoire
Antiquité : les Gallo-romains vignette|alt=Frise colorée à motifs végétaux et oiseaux.|Détail de la mosaïque de Quintus Amiteius retrouvée à Luc. vignette|Vestige du fortin romain au sommet du Pic de Luc. La ville est citée dans l’Histoire naturelle de Pline sous le nom de Caput Lucus Augusti et de Lucus, municipium Vocontiorum par Tacite. Au , l’itinéraire hiérosolymitain (conduisant vers Jérusalem), le nomme mansio LucoJacques Planchon, « Luc-en-Diois / Lucus (Drôme) », Supplément à la Revue archéologique du centre de la France, 2004, 25, .447-450. Numéro thématique : « Capitales éphémères. Des Capitales de cités perdent leur statut dans l’Antiquité tardive », Actes du colloque de Tours des 6-8 mars 2003, 447..
Luc-en-Diois et Vaison-la-Romaine sont les deux capitales de la cité de la tribu gauloise des Voconces. Le nom de Lucus indique un bois sacré (lucus en latin), indiquant une fonction religieuse de la localité remontant avant la ConquêtePlanchon, , 448.. Lucus bénéficiait aussi de sa position sur la voie en rive droite de la Drôme, remontant du Rhône vers le col de Cabre. La voie était empierrée ou dallée dans sa traversée de l’agglomération.
En 69, lors de l’année des quatre empereurs, le général Fabius Valens, partisan de Vitellius, remonte la vallée de la Drôme en rançonnant toutes les villes. Il menace d’incendier Lucus Augusti. Malgré une légende répandue, la ville n’est pas détruite à cette occasionPlanchon, , 450.. Entre 69 et la fin du ou au début du , le statut de capitale religieuse des Voconces est transféré à Die. Lucus Augusti devient une simple étape sur la voie romaine de la vallée du Rhône vers l’Italie. La ville est alors plus étendue que l’actuel bourg, le quartier des Tourettes, au Nord, étant alors un quartier monumental. Lucus Augusti recouvre une quinzaine d’hectares.
Les fouilles de la ville antique sont compliquées par l’important colluvionnement issu de l’érosion des sommets voisins ; en 1890, les travaux de construction de la voie ferrée ont dû perturber les vestiges enfouis. Les fouilles ont révélé les restes d'un temple, , ainsi qu’un bras de statue monumentale (plus de de haut) représentant un sénateur et de nombreuses inscriptions sont visibles au musée de Die et du Diois. Un autel du atteste du culte de la déesse ursine Andarta. La découverte d’une nécropole des s (avec la tombe d’Arbacia, datée de 514) autour de l’ancienne église indique un fort déclinPlanchon, , 449., le bourg pouvant se réduire à un hameau de bord de route. Plusieurs éléments indiquent la présence vraisemblable de domus, dont une mosaïque de plusieurs dizaines de mètres carrés.
Vestiges romains : autel octogonal orné, murs gallo-romains, monnaies. Il y avait aussi un atelier de bronzier et probablement un atelier de tuilier.
L'itinéraire appelé l'Anonyme de Bordeaux la cite en 333 comme mansio Luco sur la voie romaine. Un fortin est installé à la même époque au sommet du pic de LucJacques Planchon, Yannick Teyssonneyre, « Deux exemples de fortifications romaines dans les Alpes occidentales », Dialogues d'Histoire Ancienne, 37/1, 2011, 61-91., afin de surveiller la voie stratégique passant par la vallée de la Drôme, entre la Durance et le Rhône. Cette voie est la plus praticable en hiver pour relier Milan à Cologne sur le Rhin où combattent les armées romaines.
Du Moyen Âge à la Révolution La seigneurie : Au point de vue féodal, Luc-en-Diois était une terre (ou seigneurie) du patrimoine des anciens comtes de Diois. Dès le : elle est hommagée aux évêques de Die. Elle est nommée castrum de Luco en 1159. Vers 1225 : la terre passe (par mariage) aux Agoult. : elle est appelée baronnie. 1540 : elle passe aux Lhère de Glandage. Elle passe (par mariage) aux La Baume-Suze. 1705 : la terre appartient aux Gilbert de Sallières. La moitié passe (par mariage) aux Morard. Les Morard acquièrent l'autre moitié. Ils sont les derniers seigneurs.
vignette|droite|Claps de Luc, lithographie de Alexandre Debelle (1805-1897). En 1442, une partie du Pic de Luc, la montagne dominant le village, se détache du flanc opposé au village et se brise en blocs énormes, barrant la Drôme en amont de l'agglomération. L'amas rocheux reçut le nom de ClapsTerme occitan clap ou clapas, « bloc de rocher ». La même origine se retrouve dans le mot provençal « clapier » : amoncellement de débris rocheux au pied d'une paroi; éboulis, tas de pierres.. Ainsi se formèrent deux lacs, l'un en amont de la montagne, et l'autre au pied du Pic de Luc, le Petit Lac ().
L'assèchement du Grand Lac par le percement du « saut de la Drôme », commencé avant la Révolution et continué après, provoqua plusieurs procès entre les chartreux, propriétaires des terres, et les habitants qui utilisaient les atterrissements (zones du lac naturellement comblées par la Drôme) comme pâturages et pour s'approvisionner en saules et broussaillesRoger Pierre, « Libertés et contraintes des communautés villageoises dans les pays de la Drôme à la veille de la Révolution », Études drômoises, 64, mars 1985, 20..
Avant 1790, Luc-en-Diois était une communauté de l'élection de Montélimar, subdélégation de Crest et du bailliage de Die. Elle formait une paroisse du diocèse de Die dont l'église, dédiée à la Vierge Marie, était celle d'un prieuré de bénédictins de la filiation d'Aurillac, connu dès le , et dont le titulaire avait la collation de la cure et les dîmes.
Le mandement de Luc-en-Diois comprenait la commune de ce nom et peut-être celle de Miscon.
De la Révolution à nos jours En 1790, Luc-en-Diois devient le chef-lieu d'un canton comprenant les municipalités de Barnave, Jansac, Luc-en-Diois, Miscon, Montlaur, Montmaur, Pennes, Poyols et Recoubeau. La réorganisation de l'an VIII (1799-1800) distrait de ce canton la commune de Montmaur mais y adjoint en retour onze communes (Aucelon, la Bâtie-Cramezin, la Bâtie-des-Fonts, Beaurières, Beaumont, Charens, Fourcinet, Jonchères, Lesches, le Pilhon et les Prés).
Le village est progressivement désenclavé par la construction de routes au : route nationale 94 dans les années 1840Norbert Landon, Hervé Piégay, « Mise en évidence de l'ajustement d'un lit fluvial à partir de documents d'archives : le cas de la haute Drôme », Revue de Géographie Alpine, 1999 volume 87, 3, 72. ; route vers La Motte-Chalancon et les Baronnies par Jonchères, construite entre 1857 et 1864Sauvan, , 577..
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