Phaseolus est un genre de plantes à fleurs de la famille des Fabaceae, regroupe les espèces de haricots au sens strict, soit environ quatre-vingts espèces de plantes herbacées annuelles originaires d'Amérique centrale (à contrario du genre Vigna réservé aux haricots originaires d'Afrique et d'Asie) dont quatre présentent un réel intérêt économique et agricoleLa culture des haricots et des pois, Jean-Marie Polèse, Artémis, .
La plus connue est le haricot commun (Phaseolus vulgaris) cultivé comme légume dans toutes les régions tempérées et chaudes du globe. Dans la langue commune, le terme « haricot », peut suivant le contexte d'emploi, recevoir la valeur de 1) la plante Phaseolus vulgaris, 2) de son fruit (sa gousse) ou 3) de sa graine, dans n'importe quel étatles valeurs peuvent être: la plante et ses parties à n'importe quel stade végétatif ou pour les parties comestibles dans n'importe quel état de préparation culinaire. Exemples 1) plante 2) gousse 3) graine . Le principe de dénomination suivant est utilisé: lorsqu'on enlève d'un objet X une partie accessoire, la partie habituellement la plus utile ou la plus significative peut encore être désignée par métonymie par le même terme X (même si elle a subi une transformation chimique). De nombreuses autres espèces apparentées sont aussi appelées « haricot », notamment dans le genre Vigna (haricot mungo, haricot adzuki).
Les haricots, riches en amidon (féculents) et en protéines, jouent un rôle important dans l'alimentation humaine, en particulier dans certaines régions tropicales d'Afrique et d'Amérique latine.
Étymologie Phaseolus Le nom générique Phaseolus, attribué au genre par Linné (Species plantarum, 1753), est emprunté aux auteurs latins et vient du mot grec , passeolus Pline, 27, 94, passiolus, Pline, 18, 125; 202 etc., emprunt grec d'origine obscure. Dans les textes latins de l'Antiquité, il désigne une (ou plusieurs) légumineuse à graines alimentaires, comme la dolique mongette, connue aussi sous le nom de « haricot à l'œil noir », rattachée aujourd'hui au genre Vigna (Vigna unguiculata Walp. subsp. cylindrica Verdc.) ou bien le niébé Vigna unguiculata.
Haricot L'origine du mot « haricot », qui n'a pas de rapport évident avec la plante, a longtemps été controverséeSelon une hypothèse évoquée par Alphonse de Candolle, dans son Origine des plantes cultivées, le terme dériverait de l'italien araco, cité par les botanistes Durante et Mattioli, dérivé du grec araxos, qui désignait une autre légumineuse, probablement une gesse (Lathyrus ochrus DC) (Origine des plantes cultivées, A. De Candolle, Librairie Germer Baillère et Cie, Paris, 1889). En fait, le mot dérive du francique..
Mais pour le Dictionnaire historique de la langue française, rédigé par l'équipe de lexicographes autour d'Alain Rey, l'origine n'est plus controversée: sa valeur initiale est « ragoût », connue par l'expression haricot de mouton « ragoût de mouton ». Les formes déverbales hericot (1398), haricot (1596) de l'ancien verbe harigoter ou haligoter (v.1175 Chrétien de Troyes) signifient « couper en morceaux, mettre en lambeaux », dérivé probablement d'un francique °hârion (reconstitué) signifiant « gâcher » et peut-être « abîmer en cassant, en déchirant ». Donc un haricot serait un « ragoût » obtenu par une découpe de la viande en morceaux..
L'histoire du mot haricot permet ensuite de comprendre comment à partir de la valeur d'origine « ragoût » dérivée du francique, il a pu en venir à renvoyer à la plante américaine Phaseolus vulgaris et ses parties comestibles. Le haricot de mouton était un ragoût (dans lequel le mouton était coupé en petits morceaux), en général accompagné navets ou de fèves. Au début du , on trouve en effet l'expression fèves d'aricot (1628) qui semble avoir produit la forme abrégée haricot (attestée en 1645, dans le dictionnaire français-espagnol de Oudin, dans lequel on trouve l'entrée ). Auparavant, le terme ne pouvait référer à Phaseolus vulgaris, plante provenant d'Amérique centrale et méridionale, et qui n'avait été rapporté en Italie qu'en 1528, et nommé fagivolo (du latin phaseolus) d'où en provençal fayol, qui a donné fayot. C'est à la demande du pape Clément VII que le haricot mexicain est cultivé en Italie, d'où il serait passé en France à l'occasion du mariage de Catherine de Médicis en 1533 avec le futur Henri II. Mais le phaseolus, passiolus latin que l'on trouve dans Pline (Hist. nat, 18, 125) au , était une autre plante. Ses dérivés occitans fayol ont d'abord été utilisés pour la légumineuse américaine, avant qu'un nouveau procédé de création néologique ne soit utilisé. La dénomination d'une nouvelle graine (ou plante) peut se réaliser en prenant un nom de graine anciennement connu, de même aspect (fève) et en ajoutant une spécification (fève utilisée dans tel plat: fève de haricot) et en ne gardant finalement que la forme abrégée (haricot) la plus discriminante. Le haricot américain est arrivé sous une multitude de formes et de couleurs et s'est mélangé aux pois, fèves, déjà existants, sans qu'à l'époque, on sache distinguer clairement les variétés, des espèces et sans connaître les origines. Par contre, il avait un usage spécifique dans le ragoût de mouton.
Il faut attendre la seconde moitié du , pour que le légume nommé haricot, que l'on croyait autochtone, soit correctement identifié comme une plante américaine.
Dans son Théâtre de l'agriculture, en 1600, Olivier de Serres n'emploie pas le terme haricot mais faziols (une seule occurrence dans une comparaison : ). Après l'introduction du Phaseolus vulgaris en France au milieu du , la plante et surtout ses parties comestibles furent appelées du provençal fayol (et ses dérivés, févrole, faziole, fayot), utilisé aussi pour une légumineuse antique proche. Mais un siècle plus tard, on commence à observer un nouvel usage. Dans son Dictionnaire universel, Antoine Furetière distingue deux entrées pour Haricot dans l'édition de 1690 . Puis dans l'édition de 1727, une autre entrée sur la plante est ajoutée : . Sous l'entrée Fève, on lit aussi . La première édition du Dictionnaire de l'Académie française en 1694, concurrent du Furetière, indique . Ces deux descriptions de fèves de haricot (ou haricot) concordent parfaitement avec le Phaseolus vulgaris américain: ce qui établit qu'au , on consommait un ragoût de mouton accompagné de Phaseolus vulgaris.
Selon d'autres auteurs, le terme « haricot » dériverait du nom nahuatl (langue des Aztèques) de la plante, ayacotl. En fait, c'est une fausse information venant de José-Maria de Heredia qui au , a inventé imprudemment cette forme ayacotl, totalement imaginaire selon l'équipe d'Alain Rey.
Aspects botaniques Caractéristiques générales du genre
thumb|upright=0.6|Fleur de haricot commun thumb|upright=0.6|Corolle du haricot commun avec sa carène spiralée. thumb|upright=1.1|Gousses de haricot de Lima thumb|right|upright=0.6|Germination épigée de graines de haricot
Les espèces du genre Phaseolus sont des plantes herbacées généralement annuelles, parfois bisannuelles ou vivaces pour certaines d'entre elles, dans des conditions de milieu favorables.
Il s'agit de plantes lianescentes à croissance indéterminées. Les tiges volubiles, peu ramifiées, s'enroulent autour de leur support et peuvent atteindre quatre mètres de haut. Il existe aussi des variétés à croissance déterminée et à port nain, qui ont été sélectionnées par l'homme pour des raisons de facilité de culture.
Les feuilles sont alternes, composées imparipennées, comprenant de 3 à 5 folioles de forme ovale-acuminée. Les deux premières feuilles (feuilles primordiales) sont toutefois différentes : entières et opposées.
Les fleurs zygomorphes sont de type papilionacé. Elles sont disposées en grappes lâches, axillaires. La corolle est formée d'un pétale supérieur (l'étendard), de deux pétales latéraux (les ailes) et de deux pétales inférieurs (la carène). La carène a un bec enroulé en spirale, ce qui constitue un caractère distinctif par rapport au genre Vigna dont la carène est non spiralée. La couleur des pétales varie du blanc au pourpre et leur teinte blanche, rose, violette ou pourpre est spécifique de chaque variété. La fécondation est généralement autogame.
Les fruits sont des gousses déhiscentes, de couleur variable, généralement verte, parfois jaune ou pourpre foncé. Elles contiennent de 5 à 12 graines de taille et de couleur très variable selon les espèces et variétés.
La germination est, sauf exceptions (Ph. coccineus), épigée, c'est-à-dire que la graine est soulevée hors de terre par l'hypocotyle (tigelle) et déploie ses deux cotylédons avant l'apparition des deux premières feuilles.
Les Phaseolus, comme beaucoup d'espèces de légumineuses, se caractérisent aussi par leur capacité à utiliser l'azote de l'air grâce à une symbiose dans les nodules racinaires avec une bactérie fixatrice de l'azote, Rhizobium phaseoli.
Toutes les espèces du genre sont diploïdes et ont 22 chromosomes (2n=22), à l'exception de quelques-unes qui ont subi une réduction aneuploïde à 20 chromosomesPhaseolus vulgaris, UC Davis, Department of Plant Sciences.
Classification Place du genre dans la famille des Fabaceae Le genre Phaseolus appartient à la famille des Fabaceae, sous famille des Faboideae (anciennement connu sous le nom de « Papilionacées » en référence à la forme caractéristique de la corolle florale), tribu des Phaseoleae, sous-tribu des Phaseolinae.
Le genre Phaseolus et le genre Vigna qui lui est très proche forment un groupe taxonomique compliqué, parfois appelé « complexe Phaseolus-VignaPhaseolus vulgaris sur le site NIAS Genebank- Japon ». Le nombre d'espèces initialement rattachées au genre Phaseolus s'élevait à environ 200. Gaston Bonnier écrit dans sa Grande Flore . Un grand nombre d'entre elles ont été reclassées dans le genre Vigna, à la suite des travaux du botaniste anglais, Bernard VerdcourtBernard Verdcourt, Studies in the Leguminosae–Papilionoideae for the ‘Flora of Tropical East Africa’, 1–5, Kew Bulletin 24 & 25, 1970–71., qui a restreint le genre aux seules espèces d'origine américaines présentant un style étroitement spiralé et des grains de pollen sans couche réticulée. Selon certains auteurs (Daniel G. Debouck, 1988), le genre compterait seulement 56 espècesAndré Gallais et Hubert Bannerot, Amélioration des espèces végétales cultivées : objectifs et critères de sélection, éditions INRA, 1992, page 393 (Source originale : Debouck, D.G. 1988. Phaseolus germplasm exploration in Genetic resources of Phaseolus beans, Gepts, P. (ed.), Kluwer Academic Publishers, Dordrecht, Holland, pp. 3-29)..
Phaseolinae La sous-tribu des Phaseolinae regroupe les 21 genres suivantsTaxonomie des Plantes de GRIN : thumb|200px|right|Phaseolus coccineus, le haricot d'Espagne, plante ornementale qui produit aussi des graines comestibles Alistilus N. E. Br. Austrodolichos Verdc. Dipogon Liebm. Dolichopsis Hassl. Dolichos L. Lablab Adans. Macroptilium (Benth.) Macrotyloma (Wight & Arn.) Verdc. Mysanthus G. P. Lewis & A. Delgado Nesphostylis Verdc. Oxyrhynchus Brandegee Oryxis A. Delgado & G. P. Lewis Phaseolus L. Physostigma Balf. Ramirezella Rose Spathionema Taub. Sphenostylis E. Mey. Strophostyles Elliott Vatovaea Chiov. Vigna Savi Wajira Thulin
Synonymes Phasellus Medik. in Vorles. Churpf. Phys. Ges. 2 (1787) 352 APN Phaseolos St. Lag. in Ann. Soc. bot. Lyon 7 (1880) 131 Caracalla Tod., Ind. Sem. Hort. Panorm.(1861) 32 Lipusa Alef., Landw. Fl. (1866) 26 APN Candelium Medik. in Vorles. Churpf. Phys. Ges. 2 (1787) 352 APN Cadelium Medik., Phil. Bot. 1 (1789) 206Mansfeld's World Database of Agricultural and Horticultural Crops.
Principales espèces The Plant List répertorie une centaine de Phaseolus acceptés. D'après une ancienne liste de GRIN usda, le genre Phaseolus comprend environ 80 espèces réparties en quinze sectionsGRIN, subdivisions du genre Phaseolus :
espèces non affectées Phaseolus augusti Harms