vignette|La qualité environnementale d'une construction vise généralement à prendre en compte les trois « piliers » et enjeux du développement durable (environnementaux, sociaux et économiques) durant le cycle de vie du bâtiment.

La haute qualité environnementale (HQE) est un concept environnemental français datant de 2004, enregistré comme marque commerciale et accompagné d'une certification « NF Ouvrage Démarche HQE » par l'AFNORNorme NF294 HQE Maisons individuelles., qui concerne le bâtiment. Il vise ..

La HQE est inspirée du label haute performance énergétique auquel il ajoute une dimension sanitaire, hydrologique et végétale. La démarche pour l'obtention de la certification peut être effectuée par l'association HQE, association française reconnue d'utilité publique en 2004Décret du 5 janvier 2004 portant reconnaissance d'une association comme établissement d'utilité publique, JORF 8, 10 janvier 2004, 835, texte 8, NOR INTA0300333D, sur Légifrance..

C'est une initiative associative d'origine privée, fondée sur un référentiel de quatorze cibles, qui peut être intégrée dans les offres d'architecture et d'ingénierie visant à améliorer la conception ou la rénovation des bâtiments et des villes, en limitant le plus possible leur impact environnemental néfaste. Concernant le volet énergie, ces démarches qualitatives tentent de surenchérir et de se substituer aux labels officiels haute performance énergétique (HPE).

Contrairement aux labels publics français haute performance énergétique (HPE, HPE-EnR, HPE-2009) ou Bâtiment de basse consommation (BBC), la locution haute qualité environnementale (HQE) a fait l'objet d'un dépôt de marque commerciale par l'association HQE. En 2016, l'Association HQE et GBC-France (membre français du World GBC) fusionnent et deviennent l'Association HQE-France GBC« Fusion de l'Association HQE et de France GBC », BatiActu, 12 juillet 2016..

La démarche HQE étant critiquée pour son manque de lisibilité et sa défense des intérêts commerciaux des industriels : l'association est dirigée par des représentants de l'industrie du bâtiment, elle adhère au syndicat des fabricants de produits de construction (l'AIMCC). Certains professionnels lui préfèrent la méthode britannique BREEAM, la démarche Bâtiments durables méditerranéens et/ou des processus de conception liés aux labels publics français.

HQE et normalisation La « haute qualité environnementale » n'est pas une somme de normes, mais un ensemble d'objectifs (visant à approcher ou atteindre des « cibles ») posés au moment de la conception. Diverses normes visent certains des objectifs qui sont aussi ceux de la démarche environnementale appliquée à l'architecture. En particulier, en 2011, l'AFNOR a produit une nouvelle norme (NF EN 15643-1, rédigée par le comité technique CEN/TC 350 du Comité européen de normalisation) pour les ouvrages de construction visant l'évaluation de la contribution des ouvrages de construction au développement durable (via les performances environnementales, sociales et économiques). Cette norme est conçue pour le bâtiment entier ou l'un de ses éléments. Six autres normes sont prévues pour 2011 et 2012, portant notamment sur les méthodes de calculs (projet de norme EN 15978).

Principes La Haute Qualité Environnementale est une démarche de qualité, qui vise un meilleur confort dans la construction et l'usage du bâti. Elle est basée sur une approche du « coût global » (financier et environnemental) d'un projet ; de sa conception à sa fin de vie, en comprenant idéalement au moins un bilan énergétique, bilan carbone, et une analyse du cycle de vie et d'entretien et de renouvellement des éléments bâtis en jeu.

Deux principes sous-tendent l'approche HQE. La construction, l'entretien et l'usage de tout bâtiment induisent un impact sur l'environnement, et donc un coût global, que la HQE tentera de réduire ou compenser, au-delà de ce que demande la loi (en France aujourd'hui pour au minimum 7 cibles obligatoires sur 14) et en visant la performance maximale pour au moins trois cibles dites "prioritaires". L'économie d'un projet de construction HQE est donc appréhendée sous l'angle du coût global ; elle tient compte à la fois de l'investissement et du fonctionnement. Le principe des cibles : Il est lié à la démarche qualité ; la cible est atteinte si dans le domaine concerné, le niveau relatif de performance est égal à celui du meilleur projet connu au même moment. Après de longs débats, l'association HQE a admis que toutes les cibles pouvaient ne pas être traitées en visant le maximum de performance, ce qui aurait, pour des raisons de coût initial, mis la HQE hors de portée des petits budgets.

La démarche peut et doit être adaptée à chaque projet – dès la conception, en étudiant si possible soigneusement le choix du lieu. Il est nécessaire de travailler avec un écologue et pourquoi pas avec un psychosociologue - car la HQE s’intéresse aux besoins et fonctions du vivant, s’appuie sur la biodiversité, et doit intégrer les atouts et contraintes liés au contexte (dont le contexte humain, social, etc.) ; autant d’éléments qui varient toujours selon le lieu, l’époque et les caractéristiques du projet.

Certains effets de seuils et d'échelle sont plus facilement atteints à l'échelle de quartiers qui peuvent être urbanisés en suivant ces principes, avec des modalités variant selon l'échelle d'action considérée (voir les notions d'écoquartier, écovillage, ou encore écoville utilisée en Chine).

Quatorze cibles La démarche HQE comprend 14 cibles (détaillées dans le référentiel « Qualité environnementale du bâtiment ») :

Cibles d’écoconstruction C1. Relations harmonieuses du bâtiment avec son environnement immédiat C2. Choix intégré des produits, systèmes et procédés de construction C3. Chantier à faibles nuisances

Cibles d'éco-gestion C4. Gestion de l’énergie C5. Gestion de l’eau C6. Gestion des déchets d'activités C7. Gestion de l’entretien et de la maintenance

Cibles de Confort C8. Confort hygrothermique C9. Confort acoustique C10. Confort visuel C11. Confort olfactif

Cibles de Santé C12. Qualité sanitaire des espaces C13. Qualité sanitaire de l’air C14. Qualité sanitaire de l’eau

Pour respecter la « Démarche HQE », le bâtiment doit atteindre au minimum : 7 cibles au niveau de base 4 cibles supplémentaires (soit 11 cibles) au niveau performant 3 cibles supplémentaires (soit 14 cibles) au niveau très performant

Une ? La démarche HQE contient seulement 14 cibles, cependant, l'idée d'une cible complémentaire autour des problématiques de biodiversité est apparue. En particulier, dans les bâtiments respectant la norme HQE, la volonté de biodiversité est omniprésente.

Acteurs

En France, la démarche HQE a donné naissance à une marque déposée par l’Association HQE. Plusieurs organismes contribuent à en structurer la démarche et à en faire la promotion : l’Association HQE, le Centre scientifique et technique du bâtiment, et l'association Qualitel, notamment Cerqual pour le logement.

Ces organismes ont mis en place un système de certification visant à la délivrance du certificat du droit d'usage de la marque « NF Bâtiments Tertiaires - Démarche HQE ». Cette certification s’appuie sur un référentiel technique en deux volets : le système de management de l’opération (SMO) et la qualité environnementale du bâtiment (QEB).

Évaluation Diverses évaluations ont été mises en œuvre depuis la fin des années 1990.

Un retour d'expérienceÉtude « HQE Performance » ; Contexte, présentation, Bilan sur les bâtiments neufs a été publié en 2012 par l'association HQE, l'Ademe, le Centre scientifique et technique du bâtiment et le MEDDTL (test de performance environnementale au regard de l’analyse du cycle de vie et de la qualité de l'air intérieur, lancé fin 2010 sur 74 bâtiments (nouveaux) "basse consommation", sur la base de la Norme expérimentale XP P01-020-3Norme expérimentale XP P01-020-3 (référence pour le calcul des impacts environnementaux des bâtiments..L'ensemble testé correspond à 20 maisons, 19 immeubles de 800 appartements), 21 bâtiments de bureaux et 14 bâtiments commerciaux ou d’enseignement ( de surface tertiaire)Batiactu, HQE Performance : un premier retour d’expérience sur les bâtiments neufs, consulté 2012-04-12. Le test a été fait avec le logiciel Élodie du CSTB. La consommation moyenne d'énergie était de (dont 30 % pour la consommation énergétique réglementée (chauffage, climatisation, eau chaude sanitaire, éclairage et auxiliaires), 51 % pour la consommation énergétique non réglementée et 19 % pour les produits & équipements (énergie grise). Il a confirmé l'importance (56 % de la consommation énergétique totale) des usages non réglementés et de l'énergie grise), surtout dans le tertiaire. Ceci est souvent non pris en compte puisque dépendant en grande partie de l'usager. Les émissions de gaz à effet de serre (en /m/an) étaient de 15,6 kgeq/m/an (moyenne) pour cette étude. 0,7 kgeq/m/an provenaient de la consommation d"eau et 2,2 kgeq/m/an des rejets induits par la "consommation énergétique non réglementée". 4 kgeq/m/an venaient pour la consommation énergétique réglementée. 8,7 kgeq/m/an étaient émis par les produits et équipements. Les bâtiments tertiaires émettaient le plus d'équivalent avec 22,2 kgeq/m/an. Les déchets proviennent surtout de la construction/déconstruction et sont estimés à (moyenne). La consommation moyenne d'eau était de dans les maisons individuelles, de dans le tertiaire et de dans le logement collectif. La qualité de l'air mesurée dans le « bâtiment neuf à réception » les paramètres mesurés étaient : dioxyde d'azote, benzène, formaldéhyde, particules (PM 2,5 et 10), composés organiques volatils totaux (COV) et radon (là où il est susceptible d'être présent) était conforme aux normes ou valeurs sanitaires recommandées, sauf pour le formaldéhyde (valeur cible de « très bonne qualité » : jamais atteinte). Les mesures ont confirmé les fortes variations de qualité de l'air selon les pièces d'un même bâtiment.

Évolutions, perspectives De nombreuses évolutions de la norme sont envisagées : une certification : le , l’activité de certification des acteurs et des ouvrages de construction initiée au sein du Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) est transférée à une filiale, Certivea qui conçoit, développe et réalise des prestations de certification d’acteurs et d’ouvrage de construction ; des routes HQE : en France, avec l'assistance du CSTB et d'autres acteurs, le conseil général du Nord a mis en place en 2005-2006 un groupe de travail sur ce thème ; des installations sportives HQE : les Jeux olympiques souhaitent minimiser leur impact environnemental, notamment par des approches de ce type. En France, la HQE diffuse peu à peu dans ce milieu Association AIRES, La HQE dans les équipements sportifs, 14 février 2012. Après test sur 9 pilotes, et alors que la HQE (haute qualité environnementale) se développe dans plusieurs domaines du sport ;et une certification HQE peut depuis mi-2012 même être attribuée à des piscines et centres aquatiques via le label NF Équipements Sportifs –Démarche HQE™label NF Équipements Sportifs –Démarche HQE™, par Certivéa. ; une quinzième cible HQE : un début de réflexion existe depuis 2004 avec notamment la direction Environnement du conseil régional du Nord-Pas-de-Calais sur le thème d'une quinzième cible HQE visant une meilleure intégration de la biodiversité. Cette cible intégrerait aussi et plus largement l'idée de « remboursement de la dette écologique » (du bâti et de ses habitants ou usagers) ;