Le Soudan du SudIl est possible d'écrire « Soudan-du-Sud », néanmoins le nouvel État a été admis aux Nations unies sous la forme française sans traits d'union (on suit en cela l'usage retenu avec d'autres noms de pays sans traits d'union, comme l'Afrique du Sud)., en forme longue la république du Soudan du Sud.. ( et ), est un État fédéral d’Afrique de l'EstSelon la classification de l'ONU : Composition des régions macrogéographiques (continentales), composantes géographiques des régions et composition de groupements sélectionnés économiques et d'autres groupements. sans accès à la mer et dont la capitale et plus grande ville est Djouba. Il est limitrophe du Soudan au nord, de l'Éthiopie à l'est, du Kenya au sud-est, de l'Ouganda au sud, de la république démocratique du Congo au sud-ouest et de la République centrafricaine à l'ouest.

Avec l'actuel Soudan , le territoire du pays moderne est conquis par l'Égypte sous la dynastie de Méhémet Ali au . À partir de 1899, le territoire des deux pays actuels, alors non divisé, est administré comme un condominium entre le Royaume-Uni et l'Égypte, statut qu'il conservera jusqu'à l'indépendance du Soudan en 1956. À la fin de la première guerre civile soudanaise, qui dure de 1955 à 1972, le sud devient une région autonome. La révocation de l'autonomie en 1983 provoque une seconde guerre civile, qui se termine avec la restauration de l'autonomie en 2005.

À la suite du référendum d'autodétermination organisé du au , le Soudan du Sud a fait sécession de la république du Soudan le « Les Sud-Soudanais ont voté en faveur de leur indépendance », Euronews, 8 février 2011.. Malgré l'adhésion du Soudan du Sud à l'Organisation des Nations unies (ONU), des conflits territoriaux subsistent quant au tracé définitif et officiel de la frontière soudano-sud-soudanaise« Le Soudan reconnaît la République du Sud-Soudan », Romandie News (avec AFP), 8 juillet 2011..

Entre 2013 et 2020, ce pays connaît une guerre civile particulièrement meurtrière et sanglante entre les partisans du président de la République, Salva Kiir, et ceux du vice-président de la République, Riek Machar..

En 2021, le Soudan du Sud est classé dernier pays du monde en termes d'indice de développement humain (IDH) par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), qui lui attribue un IDH de 0,385, en baisse quasi-constante depuis 2011.

Les peuples nilotiques constituent la quasi-totalité de la population. L'anglais est la langue officielle, et le christianisme est la religion majoritaireAmbassade du Soudan du Sud en Belgique.

Toponymie Le gouvernement sud-soudanais publie en 2011 l'ébauche d'une constitution provisoire : , dans laquelle le nom de l'État est . Cette dénomination est choisie pour des raisons de facilité d'usage parmi plusieurs autres propositions, comme « Azanie », « Nouveau Soudan », « république du Nil », « Équatorie » (en référence à l'ancienne Équatoria), « Koush » (en référence à l'antique royaume de Koush) ou « Djouwama » (), ce dernier nom étant construit à partir des premières syllabes des trois capitales régionales, Djouba, Wau et Malakal. L'anglais est seule langue officielle, selon l'article 6 de la Constitution Constitution transitoire de la République du Soudan du Sud (art. 6)..

En français, le nom officiel est « Soudan du Sud ».., le point cardinal étant traditionnellement placé à la fin en français.. Il est cependant fréquent de rencontrer dans les médias l'anglicisme « Sud Soudan » ou « Sud-Soudan »https://www.cairn.info/revue-politique-africaine-2011-2-page-5.htm#no4.

Géographie

Les pays limitrophes du Soudan du Sud sont le Soudan au nord, l'Éthiopie à l'est, le Kenya à l'est-sud-est, l'Ouganda au sud-est, la république démocratique du Congo au sud-sud-ouest et la République centrafricaine à l'ouest. Le Soudan du Sud a une superficie de . L'appartenance des États fédérés soudanais situés au voisinage du Soudan du Sud comme le Nil-Bleu, le Kordofan du Sud et l'Abiyé n'a pas encore été tranchée : pour l'instant, ils demeurent sous l'autorité de Khartoum.

Le Soudan du Sud est un pays particulièrement bien arrosé par de nombreux cours d'eau. Les principaux sont le Nil Blanc et son affluent le Bahr el-Ghazal, qui contribuent à la fertilisation des régions qu'ils traversent et forment le second plus grand marécage du monde au milieu du pays, le Sudd, avec une superficie avoisinant les .

Avec ses , le mont Kinyeti est le point culminant du pays. Il est situé dans les monts Imatong, non loin de la frontière avec l'Ouganda.

Subdivisions administratives

Le Soudan du Sud est un État fédéral subdivisé en dix États fédérés en .

Subdivisions de 2011 à 2015 et depuis 2020 vignette|Les dix États du Soudan du Sud & les trois régions administratives spéciales (jusqu'en 2015 et depuis 2020), et les trois régions historiques du Soudan. Jusqu'en 2015 puis à nouveau à partir de , le Soudan du Sud a été divisé en dix États constitutifs ainsi que trois régions administratives spéciales (R.A.S), correspondant aux trois régions historiques du Soudan du Sud : quatre dans le Bahr el Ghazal (sans la région disputée d'Abyei): Bahr el Ghazal du Nord Bahr el Ghazal occidental Lacs Warab trois dans l'Équatoria : Équatoria-Occidental Équatoria-Central (contient la capitale Djouba) Équatoria-Oriental cinq dans le Nil Supérieur : Jonglei R.A.S de Pibor R.A.S de Ruweng Unité Nil Supérieur

Subdivisions de 2015 à 2017/2020 vignette|upright=1|La carte des 28 nouveaux États (entre 2015 et 2017).

Le Soudan du Sud est revenu à la subdivision en dix États répartis dans les trois régions administratives spéciales à la suite d'un accord du . Pour le détail et l'historique des États fédérés, voir la page Subdivisions du Soudan du Sud.

Par décret présidentiel du , le Soudan du Sud avait été successivement divisé par décrets présidentiels en « South Sudan Leader's Creation of 28 New States Threatens Peace Pact ». puis en 32 États, avant de revenir à 10 États.

Dix dans le Bahr el Ghazal ÉtatComtésCapitale AweilAweil South, Aweil CentreAweil Aweil EstAweil EstWanyjok GogrialGogrial Est et Gogrial OuestKuajok GokCueibetCueibet Lac OccidentalRumbek Est, Rumbek Nord Rumbek Centre, et WuluRumbek Lac OrientalYirol Ouest, Yirol Est et AwerialYirol LolAweil West, Aweil North et RagaRaga TonjTonj Nord, Tonj Est et Tonj SudTonj TwicTwicMayen Abun WauBagari et Jur RiverWau

Huit dans l'Équatoria ÉtatComtésCapitale AmadiMundri West, Mundri Est et MvoloMundri GbudweAnzara, Yambio, Ezo, Tambura, NageroYambio ImatongTorit, Ikotos, Lopa et MagwiTorit JubekDjoubaDjouba MaridiMaridi et IbbaMaridi NamorunyangKapoeta South, Kapoeta North, Kapoeta East, et BudiKapoeta Rivière YeiYei, Kajo-keji, Morobo et LainyaYei TerekekaTerekeka, Jemeza, Tali, Tigor et GworTerekeka

Dix dans le Nil Supérieur ÉtatComtésCapitale Bieh OccidentalFangak et AyodAyod Bieh OrientalAkobo, Nyirol, UrolAkobo BomaPibor et PochallaPibor JongleiBor, Duk et Twic EastBor LatjoorNasir, Ulang, Maiwut et LonguchukNasir Liech du NordRubkona, Guit, Koch, et MayomBentiu Liech du SudLeer, Mayendit, et PanyijarLeer Nil OccidentalPanyikang, Kodok, et ManyoKodok (anc. Fachoda) Nil OrientalMalakal, Renk, Maban, Melut, Baliet, Akoka, Pigi et KomaMalakal RuwengParieng, AbiemnomPariang

En effet, le , le président de la république du Soudan du Sud, Salva Kiir, a déposé un décret instituant une Fédération à . Il a justifié ce passage de 10 à 28 États fédérés pour permettre la décentralisation du pouvoir. Selon son porte-parole, cette modification de la carte administrative du pays a pour but d'améliorer les services postaux et de donner plus de pouvoir au peuple. L’ancien vice-président sud-soudanais, Riek Machar, a protesté contre ce décret présidentiel qui met selon lui en péril l'accord de paix signé entre le gouvernement et les rebelles le qui était basé sur . Cet accord prévoyait en effet le partage des postes exécutifs locaux des entre les deux parties. Les rebelles bénéficiaient, dans le cadre de cet accord, des postes de gouverneurs des trois États d’Unité, du Haut-Nil et du Jonglei situés dans le nord du pays, riche en hydrocarbures. Ce partage du pouvoir est donc remis en cause par la création de ces .

Avant d’être adopté, le décret présidentiel doit encore être approuvé au Parlement, majoritairement acquis à Salva Kiir. D’après le porte-parole du président, Ateny Wek Ateny, la procédure devrait se terminer d'ici la mi-novembre....

Histoire

Royaume de Koush (-800-350) Nobatie (350c-650c), Makurie (500c-1285c), Alodie (350-1504), Royaume Dadjo (1150c-1450c) Sultanat de Sennar (1504-1821), Sultanat du Darfour (1603-1874) Conquête turco-égyptienne du Soudan (1820–1824), Soudan ottoman (1821-1885) Guerre des mahdistes (1881-1899), Soudan mahdiste (1885-1899) Soudan anglo-égyptien (1899-1956) République du Soudan (1956-2011)

Conflits pour l'autonomie Les dissensions entre le nord du Soudan, à majorité musulmane, et le sud à majorité chrétienne et animiste, sont apparues au lendemain de l'indépendance du Soudan anglo-égyptien proclamée en 1956. En effet, le gouvernement central de Khartoum revint sur les promesses d'autonomie au sein d'un État fédéral qu'il avait faites aux populations de la région. Une mutinerie d'officiers sudistes déclencha la première guerre civile soudanaise qui dura , de 1955 à 1972. Ce premier conflit prit fin à la suite des accords signés à Addis-Abeba en Éthiopie, qui accordèrent finalement au Soudan du Sud un certain degré d'autonomie.

Mais en 1983, le colonel Gaafar Nimeiry au pouvoir à Khartoum depuis son coup d'État de 1969, décide unilatéralement d'étendre au droit pénal le domaine du droit musulman, qui était cantonné depuis la colonisation au droit personnel Hervé Bleuchot, « L'étude du droit musulman : jalons pour une convergence (entre l'islamologie juridique et l'anthropologie juridique) », Droit et Société, , 1990, 193-205 (en particulier 200).. Ce fut l'élément déclencheur de la seconde guerre civile qui embrasa le pays pendant vingt-deux ans. La rébellion était menée depuis le début par l'Armée populaire de libération du Soudan (APLS) dirigé par John Garang, un vétéran de la première guerre civile. Elle était largement soutenue par les États-Unis. Malgré la scission de son mouvement en 1991, Garang maintint la lutte contre le régime de Khartoum qui, après le coup d'État du général Omar el-Bechir en 1989, s'orienta de plus en plus vers l'idéologie islamiste.

Sur la voie de l'indépendance