Le Palais Longchamp est un palais et château d'eau de style néo-classique-Second Empire du , du quartier Cinq-Avenues du de Marseille, dans les Bouches-du-Rhône en Provence-Alpes-Côte d'Azur. Le site est inscrit aux monuments historiques depuis le et classé depuis le et .
Inauguré en 1869, le Palais est composé de plusieurs entités : le pavillon-château d'eau central, est un réservoir des eaux de la Durance venues par le canal de Marseille d'une longueur de 85 km, qui est la principale source historique d'eau potable de la ville de Marseille. le musée des Beaux-Arts de Marseille est situé dans l'aile gauche du palais. le Muséum d'histoire naturelle de Marseille situé dans l'aile droite du palais, sous la tutelle du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, classé musée de France en 2002. un jardin public situé devant avec espace vert, des bassins en cascades, et des statues allégoriques à la gloire de l'eau, amenant de la fertilité, et de l'abondance. le parc Longchamp situé à l'arrière du palais possède l'observatoire de Marseille, un jardin botanique, et parc zoologique - les animaux étant remplacés par des sculptures animalières d'art depuis les évènements de Marseille-Provence 2013).
Ce lieu est desservi par la station du métro Cinq Avenues - Longchamp sur la ligne ainsi que par les stations Cinq Avenues et Longchamp de la ligne .
Historique du Palais Longchamp Au , pour remédier au manque d'eau qui se manifestait de plus en plus avec le développement de l'urbanisme durant les deux siècles précédents, la ville fait construire le canal de Marseille pour dériver les eaux de la Durance. La loi du accorde à la ville une autorisation de dérivation de . Le projet était d'autant plus urgent que la région de Marseille avait subi au printemps/été 1834 une terrible sécheresse suivie en septembre de pluies diluviennes. Les inondations dues au débordement des cours d'eau le Jarret et l'Huveaune avaient provoqué de choléra : fin 1834 et en . Dès 1839, alors que les travaux du canal commencent à peine avec le percement de la galerie des Taillades, la municipalité envisage de faire construire à Marseille, sur le plateau Longchamp, un château d'eau pour célébrer l'arrivée des eaux de la Durance après l'achèvement du canal Augustin Fabre, Les rues de Marseille, édition Camoin, Marseille, 1869, 5 volumes, tome 5 . Le le duc d'Orléans à son retour d'Afrique pose la première pierre de l’ouvrage. Conscient de l'ampleur de la tâche, il dit dans son discours : « Poser la première pierre n'est pas malaisé ; c'est la dernière qui est difficile » Augustin Fabre, Les rues de Marseille, édition Camoin, Marseille, 1869, 5 volumes, tome 5 .
Entre la décision de la construction d'un château d'eau et le commencement effectif des travaux, il s'écoulera trente ans au cours desquels plusieurs projets seront présentés. Cette lenteur s'explique par la difficulté à mettre au point un programme de travaux qui recueille l'approbation du conseil municipal, mais aussi et surtout par le coût élevé des travaux à prévoir.
Le projet de Pascal Coste
thumb Si l'alimentation en eau de la ville était une priorité absolue, la municipalité désirait aussi construire un muséum d'histoire naturelle pour présenter les collections qui étaient provisoirement entreposées dans des locaux de l'ancienne loge maçonnique de rite « écossais » au 49 du boulevard du Musée Paul Masson (sous la direction de), Encyclopédie départementale des Bouches-du-Rhône, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille, 17 volumes parus de 1913 à 1937, tome VI , actuellement boulevard Garibaldi. En 1847 la ville commande à l’architecte marseillais Pascal Coste un projet rassemblant un muséum et un château d'eau. Ce projet restera à l'état d'esquisse, les événements de 1848 ne permettant pas d'aller au-delà Marie-Paule Vial, Le palais Longchamp, Images en manœuvres éditions, 1991, , .
En 1850, sur les conseils de Jean François Mayor de Montricher, l'ingénieur concepteur et réalisateur du canal de Marseille, la ville fait appel à Jean-Charles Danjoy. Cet architecte prévoit la réalisation, sous un arc de triomphe, d’une allégorie de la Durance accompagnée de figures féminines symbolisant la vigne et le blé. Il ne semble pas que Danjoy ait également effectué des dessins pour le muséum. Ce projet n’aura pas de suite non plus.
Les projets de Bartholdi Au début de 1859, le maire de Marseille, Jean-François Honnorat, demande au sculpteur Auguste Bartholdi de réaliser un projet de château d’eau. Bartholdi ne songea tout d'abord qu'à une fontaine monumentale. Après plusieurs entretiens avec le conseil municipal, il associe un muséum divisé en deux corps, isolés avec un château d'eau central Denise Jasmin, Henri Espérandieu, la truelle et la lyre, Actes Sud-Maupetit, Arles Marseille, 2003, , . Il présente un troisième projet en reliant les bâtiments par une vaste galerie ayant son entrée dans l'axe du monument. Devant les hésitations de plusieurs de ses membres, le conseil municipal s'adresse pour juger ce projet à une commission composée de spécialistes : Henri Labrouste et Léon Vaudoyer, inspecteurs généraux des édifices diocésains, et Victor Baltard, architecte de la ville de Paris. Cette commission critique le projet qui ne sera pas retenu.
La ville de Marseille règle ses honoraires à Auguste Bartholdi et s’adresse à Henri Espérandieu en 1861. Les premières revendications de Bartholdi datent de 1863, en affirmant que la colonnade semi circulaire est son idée et son invention. Il soutient également que son projet proposé à la municipalité était sa propriété, car la ville en lui payant ses honoraires n’était pas devenue propriétaire de ses plans. Un procès s’ensuivit mais le tribunal de première instance de Marseille débouta Bartholdi. Après l'inauguration du Palais Longchamp, Bartholdi demande que son nom soit inscrit sur le château d'eau, ce qui est refusé. Faisant preuve d'une grande persévérance, il intente en 1901 un autre procès à la ville, sans succès, puis saisit la cour d’appel d'Aix, qui le condamne à une amende et au paiement des frais de justice.
Le projet Espérandieu thumb|Plan de masse du Palais-Longchamp. Après avoir pensé à Pascal Coste, le maire Onfroy décide en de faire appel au jeune architecte Henri Espérandieu qui est chargé des travaux de construction de la basilique Notre-Dame-de-la-Garde. La commande sera alors très précise, le projet devra porter sur la réalisation d’un château d'eau, à 73 m d'altitude, entouré de cascades abondantes visibles depuis le boulevard Longchamp, d'un muséum d'histoire naturelle, d'un musée des Beaux-Arts et de deux jardins, l'un public, l’autre botanique à l'usage du muséum.
Dès la fin de , Espérandieu présente un premier dessin-projet. Des modifications successives sont apportées notamment pour la liaison entre les deux bâtiments qui sera réalisée au moyen d'une colonnade. L'architecte élabore les plans des deux musées en collaboration avec les conservateurs. Le , les plans du projet définitif sont présentés au conseil municipal qui l'accepte.
Afin de faire baisser les dépenses, le conseil municipal demande le de réduire d'un quart les surfaces à bâtir, mais Henri Espérandieu ne tient que partiellement compte de cette demande, en ne réduisant les surfaces que d'un onzième seulement. Il reçoit un blâme mais garde la confiance du conseil municipal qui est conscient qu'une œuvre grandiose est en cours de réalisation.
L'inauguration a lieu le et une médaille est gravée par Louis Merley pour commémorer cet événementOuvrage collectif, Mémoire d’encre, archives municipales, 1992, , Selon le site de la ville de Marseille : marseille.fr..
Description générale L'entrée et les bassins
L’entrée du Palais Longchamp s'effectue par deux portails placés symétriquement par rapport à l'axe général du monument, la grille de clôture reliant les deux entrées épousant la forme du rond-point Henry-Dunant qui se trouve à l'extrémité du boulevard Longchamp.
Chaque portail d'entrée est encadré de hauts piédestaux sur lesquels sont dressées des statues sculptées par Antoine-Louis Barye figurant un fauve dévorant sa proie : à gauche : un lion terrassant un mouflon et un tigre avec une biche, à droite : un lion tuant un sanglier et un tigre avec une gazelle.
Ces quatre statues sont malheureusement très abîmées par l'érosion et la pollution atmosphérique.
Les allées sur lesquelles s'ouvrent les deux portails, suivent les courbes du bassin pour aboutir aux 2 escaliers d'honneur gauche et droit. Les premières marches sont convexes pour devenir progressivement droites. Ces escaliers qui enserrent le bassin de réception de la cascade se terminent sur une terrasse, qui donne accès à gauche au musée des Beaux-Arts et à droite au muséum d'histoire naturelle.
Les jardins Le Palais Longchamp est indissociable des jardins qui l'environnent. Dès le début du projet, un ensemble de jardins devaient agrémenter et magnifier le bâtiment mais également servir de liens avec les collections des deux musées du site.
Outre les parterres entourant le bassin au niveau de l'entrée principale du site, se trouvent également deux vastes jardins complémentaires situés à l'arrière de l'édifice: le Jardin botanique - au même niveau que le Palais - et le Jardin zoologique situé en contrebas.L'Observatoire se trouve à proximité immédiate du site.
Jardin zoologique thumb|Pavillon de la girafe.
thumb|L'ancienne cage aux ours. L'idée d'installer le jardin zoologique de Marseille sur le plateau Longchamp germe dans l'esprit du projet dès l'aménagement des jardins en 1854, mais ce n'est qu'en 1856 que le zoo est construit. Ce dernier occupe une surface de 5 hectares après qu'il s'est rapidement révélé trop petit, ce qui a amené la municipalité à faire agrandir le jardin au-delà de l'actuel boulevard Cassini. Le zoo était ainsi séparé en deux parties reliées entre elles par un petit pont enjambant le boulevard. Les collections d'animaux semblent importantes dès les débuts du zoo - près de 2 000 oiseaux de 1 250 espèces différentes sans compter des dizaines d'espèces de mammifères et probablement quelques reptiles, ce qui représentait alors 2 450 animaux au totalMarie-Paule Vial, Le palais Longchamp, Images en manœuvres éditions, 1991, . Montricher relia le passage du plateau au zoo par un escalier qui sera doublé quelques années plus tard. Cet escalier est placé le long d'une cascade créée par Montricher et qui rappelle le rôle d'un château d'eau du Palais Longchamp tout en servant de lieu de vie à plusieurs espèces d'oiseaux d'eau, comme des canards et des flamants roses. Les anciennes cages visibles actuellement dans le jardin datent probablement de 1899.
Plusieurs aménagements sont toujours visibles, comme la cage des ours, celle des loups, plusieurs volières, les cages des fauves etc. On trouve également des bâtiments construits pour servir d'abris aux animaux. Ces bâtiments avaient un style propre au pays d'origine de l'animal. Ainsi on peut toujours observer le bâtiment de la girafe et celui de l'éléphant et d'autres petites constructions ayant servi d'abris à des cervidés et des antilopes. Parmi les principales espèces présentées dès les débuts du zoo en 1856 et jusqu'à la fermeture de celui-ci en 1987 : éléphant d'Asie girafe plusieurs espèces de ruminants (cervidés, antilopes, etc.) autruche et casoar tapir terrestre fauves (lion, tigre, léopard) beaucoup de petits carnivores (mustélidés, viverridés) ours brun, ours polaire loup gris de nombreuses espèces d'oiseaux plusieurs espèces de primates (lémuriens, gorilles, cercopithèques, etc.) D'autres animaux ont été présentés de façon épisodique dans l'histoire du zoo : grand dauphin crocodiles hippopotame