vignette|Quartier Vauban à Fribourg-en-Brisgau (Allemagne).

Un écoquartier est un quartier ou un ensemble de bâtiments dont la conception vise à être plus durable que des constructions standards. L'objectif est d'associer la maîtrise des ressources nécessaires à la population et aux activités de production économiques, à la maîtrise des déchets qu'ils produisent.. Il comprend une fourniture locale de l'énergie ainsi qu'un retraitement des déchets sur leurs aires de production, compte tenu des techniques et des circuits courts de recyclage et de distribution connus respectant les réglementations en vigueur. C'est une unité d'aménagement qui produit accessoirement une unité culturelle. Cette caractéristique de maîtrise dépend généralement d'une implication des habitants.

Définition Le terme « écoquartier » est un néologisme associant le substantif « quartier » au préfixe « éco- », emprunté au grec ancien , « maison ».

Ce néologisme est à l'origine du label ÉcoQuartier., promu par le ministère français de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie (MEDDE). Il désigne un projet d'aménagement urbain visant à intégrer des objectifs dits « de développement durable » - concernant les 3 volets économiques, sociaux et environnementaux - et à réduire l'empreinte écologique du projet. Cette notion insiste sur la prise en compte de l'ensemble des enjeux environnementaux en leur attribuant des niveaux d'exigence ambitieux..

thumb|Eva Lanxmeer à Culembourg. Selon les promoteurs de ce terme, un écoquartier concilierait autant que possible ces différents enjeux environnementaux dans le but de réduire l'impact du bâti sur la nature : Réduction des consommations énergétiques : les bâtiments, notamment, répondent à des exigences très strictes avec des consommations au mètre carré aussi faibles que possible. Les écoquartiers remarquables recourent tous aux énergies renouvelables (solaire, le plus souvent). Meilleure gestion des déplacements avec limitation de la voiture et incitation à l'utilisation de transports doux (transports en commun, vélo, marche) : les écoquartiers favorisent l'usage du vélo grâce à des pistes cyclables, la présence de parking à vélo sécurisé, des voies piétonnes permettent de circuler en toute sécurité, des arrêts de bus parcourent le quartier, etc. Cette limitation de l'automobile peut même aller jusqu'à son interdiction totale, comme dans le cas des quartiers Carfree, mais dans tous les cas elle implique au moins une réflexion sur l'offre de stationnement automobile.. Réduction des consommations d'eau : les eaux pluviales sont récupérées et utilisées pour arroser les espaces verts, nettoyer la voie publique ou alimenter l'eau des toilettes. Limitation de la production de déchets : la collecte sélective des déchets est de rigueur, mais les déchets verts peuvent également être facilement compostés grâce à des emplacements prévus à cet effet - le compost pouvant ensuite être utilisé pour les jardins et espaces verts. Favoriser la biodiversité : suivant les écoquartiers, des mesures peuvent être prises ou encouragées pour permettre à une flore et une faune locale de s'épanouir. Les matériaux de construction utilisés et les chantiers peuvent faire l'objet d'une attention particulière (écomatériaux, meilleure gestion des déchets de chantier, réutilisation d'éléments dans le cadre d'une réhabilitation…). Un projet (2012) prévoit d'expérimenter l'utilisation de modules préfabriqués en usine, assemblés sur site en quelques heures (une nouvelle maison (ossature bois) devrait être assemblée chaque jour sur le quartier), à Vert-Saint-DenisL’éco-résidence des «Marches de Bréviande» en Seine-et-Marne, construit sur une ancienne carrière, présentée par Batiactu.

Label « ÉcoQuartier » vignette|La labellisation comporte 4 étapes représentées sur le schéma. L'histogramme compare le nombre de villes labellisées depuis 2000 au nombre de villes labellisées en 2018. Le label « ÉcoQuartier » est le résultat d’un processus comprenant la signature de la Charte des Écoquartiers par des élus et leurs partenaires. Cette charte contient 20 engagements répartis en quatre parties majeures : « Démarche et processus », « Cadre de vie et usagers », « Développement territorial » & « Environnement et climat ». L'obtention du label « ÉcoQuartier » s'inscrit dans une démarche volontaire et partenariale, aucune aide financière n'est prévue.

La labellisation comporte quatre étapes correspondant aux différents stades du projet. La séparation du Label en quatre étapes permet au ministère de mesurer la tenue des engagements des collectivités dans le temps.

Étape 1 : obtenu par la signature de la charte « ÉcoQuartier » Étape 2 : engagement du chantier. Le label écoquartier « étape 2 » est délivré par la Commission nationale ÉcoQuartier après expertise. Étape 3 : livraison de l’ÉcoQuartier, label obtenu après ici aussi expertise. Étape 4 : confirmation de l’ÉcoQuartier, crée en 2017, permet de mesurer la tenue des engagements dans le temps, après de vie dans le quartier..

Concepteurs et usagers De l’élaboration à la phase d’exploitation, tout quartier est le résultat de l’action entreprise par une multitude d’acteurs aussi variés que nombreux. L'idée de parer une opération d'urbanisme du label « Écoquartier » émane généralement de la collectivité concernée ; parfois, d'un collectif de citoyens.

Une équipe de maîtrise d'œuvre pluridisciplinaire est sollicitée pour articuler les enjeux entre eux : urbanistes, paysagistes, architectes, sociologues, consultants en environnement… Lesquels doivent se montrer particulièrement ouverts à la protection de l'environnement.

La réalisation d'un écoquartier requiert la participation de principaux intervenants du secteur du bâtiment et des experts en construction tels que les assistants à maîtrise d'ouvrage (AMO), concepteurs, promoteurs, architectes, paysagistes, ingénieurs..., indispensables pour garantir la cohérence du projet. On retrouve donc des promoteurs, investisseurs et gestionnaires de réseaux tels que le groupe MecoConcept & Assainissement. associé au groupe Betem International. qui ont pour concept des offres d'écoquartiers autonomes en énergie et en eau potable. En France, les bailleurs sociaux se sont beaucoup impliqués dans les quartiers puisqu'ils ont tout intérêt à voir les factures énergétiques diminuer. Ils sont devenus un moteur majeur dans le lancement de telles opérations.

Mixité fonctionnelle : service, commerce et culture Dans l’optique de réduction des distances, le quartier écologique tente d’établir un zonage multifonctionnel. Réunissant évidemment du logement (majoritairement collectifs), mais aussi des entreprises, des services, des commerces (souvent au rez-de-chaussée des immeubles), des établissements publics, des salles de spectacle… Un exemple de ce genre d’installation est le centre Krokus à Hanovre, qui réunit sous le même toit : une bibliothèque, un centre d'arts, des salles de réunions, un studio, un atelier et une maison de quartier. Ou encore l'écocité Tianjin en Chine qui rassemble des logements, des parcs et jardins, des écoles des équipements médicaux, des quartiers d'affaires avec une volonté d'utilisation de véhicules hybrides pour les trajets entre les différentes installations.. Dans ce zonage multifonctionnel se trouvent également de nombreux espaces verts. Ici aussi, les quartiers durables marquent leur originalité par le fait d'éviter la séparation entre les jardins privés et les espaces publics, ceci afin de constituer un continuum vert et d'augmenter le bien-être.

Mobilités dans les écoquartiers Dans la conception des écoquartiers la mobilité et les déplacements sont des enjeux environnementaux mais aussi économique incontournables afin de diminuer la pollution de l’air et les émissions de gaz à effet de serre. Les concepteurs préconisent le développement des transports collectifs et l’utilisation de mobilités douces, mobilités durables, aussi appelé « Écomobilité », comme alternatives à l’usage de la voiture en lien avec la densité urbaine.

Les ambitions en matière de mobilités affichées dans les projets d’écoquartiers prennent en compte les déplacements au sein de ce dernier tout en travaillant sur une densité et une compacité acceptable. Les mobilités douces telles que le vélo, la marche, et les transports collectifs tels que l’auto-partage ou le covoiturage sont privilégiés pour réduire la dépendance à l’automobile. L’intégration des mobilités douces se fait par la mise en place d’aménagement de services tels que des accès aux vélos importants dans les espaces publics, la limitation de stationnements des voitures, l’adaptation des espaces publics pour faciliter l’accès au quartier et dans le quartier ou encore l’aménagement de parkings de manière restreints, aux périphéries des écoquartiers, loin des logements et des bureaux. L’écoquartier « Danube » à Strasbourg est un parfait exemple ou le stationnement automobile est très restreint ou le nombre de places de stationnement automobile prévu pour les habitants du quartier est de pour 2 ménages.. Cela permet de limiter les circulations internes mais cela permet aussi l’aménagement de nouveaux types d’espaces plus favorables au mode de vie des habitants: l’augmentation de la taille des logements, influencer leurs pratiques de déplacements, en effet, la proximité du stationnement renforce la fréquence d’usage de la voiture.

Ces aménagements vont susciter des pratiques de mobilités différentes selon l’implication des habitants et par exemple la distance de marche acceptable selon eux. Elle est par exemple en Belgique de 300 à . Cette distance est beaucoup plus importante en Roumanie..

Réflexion sociale sur la vie en communauté L'habitat groupé constitue une caractéristique commune à plusieurs écoquartiers pionniers d'Allemagne, notamment le Quartier Français, Loretto et Mühlenviertel. Dans le quartier de Loretto, cette forme d'habitat a favorisé l'émergence d'associations locales et d'événements culturels, contribuant au dynamisme social du quartier. L'attractivité croissante de ce type d'habitat s'accompagne d'une hausse des prix immobiliers, modifiant progressivement le profil sociologique des résidents vers les classes moyennes..

Critiques, controverse L'architecte Rudy Ricciotti, lauréat du grand prix national de l'architecture en 2006, estime le concept d'écoquartier vide et racoleur au point de le qualifier de « terme abominable » et de préciser : ..

D'autres estiment que le concept d'écoquartier prend un certain sens quand il s'agit de rénovation urbaine, mais se contredit quand il s'agit d'implantation détruisant un milieu naturel ou semi-naturel. Et certains de voir naître des projets d'écoquartiers ruraux.-naturels-regionaux.fr Exemple d’accompagnement vers le développement d'écoquartiers ruraux très déconnectés des services (transports en commun ou gare, école, alimentation, santé). Si la concentration de l'habitat et des activités humaines est moins écologique que la répartition de la population dans des villes plus petites (immeubles énergivores, importation alimentaire), le comportement des habitants influence la qualité finale du quartier (écocitoyenneté, avec utilisation de transports propres, tri des déchets, développement de l'auto-énergie et mise en commun des moyens, etc.).