vignette|Une grappe de figues. vignette|Figue. Vue en coupe du sycone percé en bas par l'ostiole et attaché à l'arbre en haut par le pédoncule. La pulpe renferme les akènes encore reliés à leurs pédoncules floraux. La figue est le fruit du figuier commun (Ficus carica) et de quelques autres arbres de la famille des moracées, emblème du bassin méditerranéen où il est cultivé depuis des millénaires. À la Reunion et aux Antilles , dans l'océan Indien, le terme figue désigne aussi une partie du bananier. Pour être plus précis, la figue n'est pas un fruit au sens botanique du terme. Il s'agit en fait d'un réceptacle charnu, le sycone, qui contient les fleurs et, à maturité, une infrutescence d'akènes éparpillés dans une pulpe comestible.

Botanique Description vignette La fleur et le fruit du figuier sont d'un type très particulier. Du point de vue botanique, la figue est un faux-fruit. Avant d'être un fruit, la figue est une inflorescence en forme d'urne appelée synconium ou syconium (ou parfois sycone), sorte de petit sac charnu qui enferme des centaines, parfois plusieurs milliers de minuscules fleurs unisexuées qui en tapissent l'intérieur. Ces fleurs totalement emprisonnées ne peuvent être fécondées sans intervention extérieure.

La fructification du synconium donne un sycone qui possède une petite ouverture, l'ostiole (appelé familièrement œil ou opercule), près de laquelle on trouve des fleurs mâles, mais il n'y a jamais de pollinisation autogame car la maturité des unes et des autres n'est pas synchrone (dichogamie). En fait, ces fleurs sont pollinisées par des hyménoptères spécifiques du genre Blastophaga, une guêpe liliputienne (Blastophaga psenes dans le cas du figuier sauvage européen), totalement dépendants des figuiers (mâles et femelles se développent à l'intérieur des figues) et qui pondent seulement dans certains types de fleurs femelles. vignette|gauche|Ostiole du sycone avant l'anthèse. Les figuiers dits « mâles », ou figuier de bouc, portent en hiver des figues vertes à l'apparence desséchée. Ce sont ces dernières qui abritent les larves de blastophages qui donnent naissance, vers la mi-mai, à une première génération d'insectes. Les blastophages femelles s'envolent par l'ostiole, alors que les mâles épuisés meurent dans la figue. Elles sortent et vont pondre dans une deuxième génération de figues mâles.

En juillet, une nouvelle génération d'insectes voit le jour. En sortant, les femelles se frottent aux étamines des fleurs mâles disposées au niveau de l'orifice de sortie ce qui permet aux grains de pollen de se déposer sur le dos de l'insecte et ainsi d'être transportés jusqu'au figuier femelle, assurant ainsi la fécondation de leurs fleurs femelles. Elles vont aussi pondre dans les fleurs femelles des figues mâles, ce qui donnera la génération de Blastophages de printemps.

Il existe dans la nature trois types de figues qui sont visitées par les blastophages : Les figues à fleurs femelles brevi-stylées du figuier de bouc dans lesquelles les femelles blastophages peuvent pondre et qui donneront des galles à la place des graines, au printemps ou en été. Les figues à fleurs femelles longi-stylées du figuier domestique qui ne permettent pas aux blastophages femelles de pondre mais qui, visitées par ces dernières et donc pollinisées, donneront des figues comestibles produisant des graines. Les figues à fleurs mâles réduites aux étamines.

La fécondation des fleurs des figuiers femelles donnera au mois d'août et septembre les figues fruits qui peuvent être dégustées. En fait, les vrais fruits sont les innombrables petits grains qui parsèment la chair de la figue, ce que les botanistes appellent les akènes.thumb|Des dizaines de variétés représentées dans une nature morte de Bartolomeo Bimbi en 1696.

Variétés Fruits du figuier commun (F. carica) de figues sont recensées dans le monde..

Elles sont classées en 4 groupes : les Caprifigues (figuier "mâle" produisant des figues non comestibles), les Smyrne ou caduques : groupe de figuiers unifères qui doivent être pollinisés (à défaut, les figues tombent avant maturité), le groupe des San Pedro : figuiers intermédiaires bifères devant être pollinisés pour produire des figues d'automne mais pas pour produire des figues fleurs les figuiers communs (ou parthénocarpiques ou persistants - unifères ou bifères) : groupe de figuiers ne nécessitant pas de pollinisation pour fructifier. Ce groupe comprend la plupart des figuiers d'Europe pour lesquels on distingue : les bifères qui donnent deux récoltes par an, en juillet sur les rameaux de l'année précédente et, en automne sur ceux de l'année en cours. et les unifères qui fructifient une seule fois en fin d'été, vignette|Figue Verdino, unifère italienne de fin d'été, spécialement sucrée (coll. P. Nahon). Elles sont sous ordonnées par couleur : les figues vertes (ou blanches), les figues grises (ou rouges) et les figues noires (ou violettes).

Parmi les figues communes on peut citer :

Bifères

Baglama : figue turque présentée en chapelet. Après leur séchage au soleil, ces fruits sont enfilés comme des perles sur un raphia.

Brunswick, grosse figue précoce bifère rougeâtre, arbre à faible développement pouvant être cultivé en pot.

Blanche d'Argenteuil (synonymes : Blanche, Blanche de Versailles) : bifère, supporte bien les climats froids. Fruit moyen et précoce. Peau brillante de couleur jaune orangé à verte se détachant facilement, figue allongée aplatie vers l'œil et tenant bien à l'arbre. Chair blanche, juteuse, très sucrée, parfumée et recherchée pour sa saveur . Dalmatie (synonymes : San Pietro, Du Japon, Blanche Navello). grosse figue verte allongée bifère à chair rouge vif très appréciée en accompagnement de charcuterie, mais il ne faut pas l'utiliser en cuisson . Goutte d'or, bifère, (synonymes : dorée, Figue d'or, goutte de miel) grosse figue précoce jaune doré, chair rose, arbre de faible développement. Granillo : figue de petit calibre originaire d'Espagne. vignette|Figue Grise de Beaulieu - Alpes-Maritimes, type Grise de Saint-Jean (coll. P. Nahon). Grise de Saint-Jean ou Cotignane ou Grisette ou Coucourelle grise ou Célestine ou Cordelière, bifère, figue grise , donne de généreuses récoltes en été comme en automne. Cette figue peut être utilisée de toutes manières ; elle est très bonne séchée. Lérida : figue turque ; très sucrée, contenant des sucres simples facilement assimilables. Madeleine des deux saisons ou (synonymes : Angélique, Early Lemon) bifère, figue verte précoce idéale à consommer fraîche ou en confiture, mais pas pour les plats cuisinés . Michurinska-10, bifère, une variété Bulgare parmi les plus résistantes au froid. Elle donne des figues de tailles moyennes, marronnes à violettes à maturité. Pingo de mel (synonymes: Croisic, cordelia, gillete, St. John, Moscatel Branco, Saint John) bifère, une des 2 variétés blanches portugaises les plus communes avec Branca Tradicional, maturité août, sucrée aime le climat chaud (ne pas confondre avec goutte d'or) . Sultane ou Bellone ou Noire de juillet, grosse figue noire bifère, abondante en automne, intéressante pour toutes préparations, y compris en fruit sec. La Violette de Bavière ou Bayernfeige Violetta bifère, résistante au froid. Elle est cultivée en Suisse, en Allemagne et dans le nord-est de la FranceSite Brin de paille Alsace, association de permaculture à Strasbourg: Planter des figuiers dans l'est de la France.

Unifères Bourjassotte noire, (synonymes : Violette de Solliès, Barnissote noire, Parisienne) figue violette tardive qui représente 75 % de la production française. elle a obtenu AOC et une AOP . Dottato, (synonyme : Dalla goccia ) figue du sud de l'Italie, surtout en Calabre, se consomme principalement séchée, elle a obtenu 2 AOP. . Marseillaise, (synonyme : Figue de Marseille, Blanche de Marseille, blanquette, Couille du pape, Figue d'Athènes) petite figue à la peau jaune-vert ayant une chair rose très sucrée de bonne qualité gustative souvent utilisé comme figue séchée. Arbre de faible développement, rustique . Ronde de Bordeaux, petite figue noire très précoce . Verdino, tardive (rarement bifère avec des très petites figues-fleurs), Toscane, Ombrie petit fruit très sucré, entre-nœud court, fructifère . Classement des figues Turques selon le mode de séchage :

Baglama séchée après lavage à l'eau salée et présentée en chapelet, Lérida séchées sur une ficelle et non sur des claies .

Fruits d'autres figuiers (F. palmata, F. afghanistanica, F. carica x palmata ) vignette|Figue afghane, cultivar Crystal, au mois d’août. (Coll. P.Nahon).

La figue afghane, figue du désert afghan fruit de F. Johannis Boiss. subsp. Johannis in Browicz, se rencontre dans le sud de l'Afghanistan, le sud-ouest du Pakistan et l'Iran . L'arbre est buissonnant avec des feuilles très découpées. On trouve en Europe un cultivar Crystal fructifère, peu sucré à texture fondante. (voir ) .

vignette|Figue chinoise Pinghu (F. palmata x carica var. nahonis ) - coll. P. Nahon

Histoire La figue est considérée à l'heure actuelle comme le plus ancien fruit domestiqué, après la découverte en 2006, dans la vallée du Jourdain en Palestine de neuf figues parthénocarpiques, c’est-à-dire ne produisant pas de graines et dont la culture nécessitait l'intervention de l'homme, en recourant à des boutures. Ces figues seraient vieilles de à et donc domestiquées à la même époque que le riz en Asie, mais avant le blé, l'orge et les légumineuses.

Peu avant le début de la troisième guerre punique, la figue aurait également servi au sénateur Caton l'Ancien pour justifier la nécessité de détruire Carthage. En effet, si une figue de Carthage pouvait arriver encore fraîche à Rome, alors c'était un signe de la prospérité économique croissante de la ville et de sa dangereuse proximité avec la capitalePlutarque, Vie de Caton, 27, dans les Vies parallèles des hommes illustres.Jacques Brosse, Mythologie des arbres, Paris, Plon, 1989, 281..

Le fruit défendu de l'arbre de la connaissance du bien et du mal dans le récit du Livre de la Genèse est assimilé à la pomme d'Adam dans la tradition chrétienne mais à la figue dans la tradition juive.

Au , Pline l'Ancien évoquait déjà la culture de vingt-neuf variétés de figues différentes. Il mentionnait le gavage d'oies sous l'Empire romain à l'aide de figues séchées.

En France, Louis XIV était un grand amateur de figues. La Quintinie, son jardinier, planta donc plus de sept cents figuiers de diverses variétés dans le potager du roi au Château de Versailles pour satisfaire la passion du Roi Soleil.

En Italie, les grands-ducs de Toscane appréciaient également de nombreuses variétés comme en témoigne une peinture de Bartolomeo Bimbi.

De nombreuses fêtes de la figue se déroulent dans les communes où la tradition de sa culture s'est perpétuée : fête de Solliès-Pont, au Mas-d'Azil, Journées Méditerranéennes de la Figue de Vézénobres, etc.

Culture Le figuier n'aime pas l'ombre, il requiert un emplacement chaud et ensoleillé nécessaire au mûrissement des figues. Il résiste bien à la chaleur. Sous des climats plus froids, seules des variétés précoces peuvent être acclimatées.

Dans les pays au climat méditerranéen, la taille du figuier se limite souvent à une taille de formation, puis à une taille d'entretien minimale.

Dans les pays froids, le figuier gagne à être palissé à la diable contre un mur exposé plein sud.

Au Japon, le figuier, en production intensive, est conduit en cordon dont les branches secondaires sont rabattues chaque année après la production des figues d'automne. Cette technique, qui condamnerait la production de figues-fleurs (qui se développent sur le bois de l'année précédente), est donc appliquée principalement aux variétés unifères telles que 'Masui'.

Multiplication Le figuier se reproduit le plus souvent par bouture ligneuse en fin d'hiver.