La musique chinoise est une forme essentielle de l'art chinois, très ancienne et très variée. Elle s'est développée indépendamment des musiques de l'Ouest asiatique, généralement modales (maqâm turco-arabe, dastgâh persan ou râga indien), bien qu'elles aient eu une influence par certains instruments (comme le yangqin). Elle est également influencée par les peuples d'Asie centrale (Turcs et Mongols) avec le erhu (), instrument omniprésent.

Les religions de la Chine déjà variées subissent l'influence du bouddhisme qui fut syncrétisé avec le confucianisme et le taoïsme pour former le chan (), appelé zen au Japon, les régions traditionnellement plus animistes ou chamanistes ont également subi l'influence d'autres religions. Certaines régions de la Chine évoluent par exemple vers l'Islam et l'on retrouve des mosquées sur l'ensemble du territoire chinois, ils s'inprègnent et enrichissent donc de nombreuses cultures voisines, comme la majorité des cultures. En raison de l'ampleur du territoire, les musiques chinoises englobent des types de musiques régionales très variées.

Musique traditionnelle vignette|Opéra à Beijing Des témoignages archéologiques attestent du développement de la musique chinoise dès la dynastie Zhou (1122 à 256 ). Le diapason (alors un tuyau de flûte) était considéré comme un élément stratégique en ce temps-là, et seul l'empereur le détenait. Une fois par an, il allait écouter les orchestres de ses provinces et vérifier la bonne tenue de leurs musiques. Si elles déviaient du diapason, il y avait danger d'agitation sociale, car cette déviation musicale était un signe avant-coureur de l'autre. Si au contraire, elles se conformaient au diapason, l'empereur pouvait repartir confiant.

Le Bureau de musique impérial, établi à partir de la dynastie Qin (-221,-207), se développe considérablement sous l'empereur Han Wudi (-140,-87), et fut chargé de superviser la musique de Cour, la musique militaire, et de décider des musiques populaires qui pouvaient être officiellement reconnues. Dans les dynasties suivantes, le développement musical subit fortement les influences étrangères, notamment celles d'Asie centrale.

D'après Mencius, un puissant lui avait demandé s'il était moral qu'il préfère la musique populaire à la musique classique : la réponse fut que seul le plaisir qu'on y prend compte.

La notation de la musique chinoise se fait désormais à l'aide du jianpu, un système à chiffres. Les mélodies perçues en Occident comme typiquement chinoises sont celles déclinées sur le mode pentatonique. Les petits orchestres urbains sont constitués selon la classification sizhuyue (« bambou et soie »), en vertu de la composition de leur orchestration. On distingue tout autant dans la musique instrumentale que dans l'opéra, la musique wenchang ou wenban traitant du répertoire lyrique mélodique civil et le wuchang ou wuban traitant du répertoire percussif martial.

Fanbai Le fanbai () est le chant liturgique bouddhiste apparu au et psalmodié en sanskrit par les prêtres chinois à différents moments de la journée. Il est parfois accompagné de percussions. Il est à l'origine du Shōmyō japonais.

Yayue Le yayue () est l'ancienne musique de Cour chinoise jouée par l'élite des lettrés.

Guyue Le guyue () est lui aussi une ancienne forme de musique de Cour chinoise sous la dynastie Tang, à Chang'an. Elle se scinde en : ge zhang (le style chanté), taoqu (le style instrumental joué par un petit ensemble) et saoqu (comprenant des pièces instrumentales diverses). Ces deux derniers se rencontrent encore dans les longues musiques assises (zuoyue) cérémonielles, alors que seul le saoqu figure au répertoire des courtes musiques debout (xinqyue).

Opéra

Il existe bien des variétés d'opéras et de théâtres en Chine. Le kunqu en étant l'une des formes les plus anciennes. La forme d'opéra de Pékin est l'une des plus célèbres, mais chaque région à sa forme d'opéra.

Musique régionale En raison de l'immensité de son territoire, il existe une grande variété de régionalismes en Chine. Certains genres ou styles se rencontrent toutefois sur l'ensemble du pays. On peut y distinguer notamment dans tout le sud les houzi ou chants de travail, et les shange ou chants de divertissement. Dans le nord on trouve les yangge ou chants agraires.

Guchui yue Le guchui yue () ou chuida yue (), il s'agit d'un ensemble populaire de vents et percussions usant selon les régions des hautbois guanzi, shuangguan ou suona. Son appellation varie en fonction de sa composition et de sa situation : chuigu shou (), guyue ban, shifan, longchui... Le sheng guan est composé de l'orgue à bouche sheng, du hautbois guanzi, de la flûte dizi et de percussions qui jouent de la musique rituelle bouddhiste ou taoïste dans la rue, dans les fêtes calendaires ou à l'occasion des mariages et funérailles, etc.

Fujian La musique courtoise nanyin ou nankouan, qui remonte au , caractérise cette région du sud-est. Elle est constituée de romances ou ballades (k'in) épiques dédiées au prince Meng Chang. Le chanteur s'accompagne à l'aide de tablettes de bois et est secondé par deux luths, une vièle, une flûte, un hautbois et des percussions. La ballade a une forme fixe et comprend un prélude et un postlude instrumentaux qui encadrent le chant dont le rythme et la mélodie sont règlementés. Ce genre se retrouve aussi à Taïwan. Le fujian qingyin désigne la musique urbaine « élégante » de cette région.

Guangdong L'opéra cantonais est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Le chaozhou xianshi est un ensemble à cordes caractéristique de l'Est de la province du Guangdong dans la culture dite « 'Teochew (de Chaozhou et Shantou).

Le guangdong xiaoqu est un style de chant de Canton, la capitale provinciale.

Guangxi vignette|Percussion zhuang en bronze.

Le Guangxi est une région autonome des Zhuang, la deuxième plus importante population de Chine. Cette région autonome comporte également un certain nombre d'autres minorités, créant une mosaïque de cultures et de musiques. Le Zhuang, utilisent différentes percussions métalliques dont certaines en bronze, d'autres en forme de poisson. Le tianqin est un instrument zhuang proche du đàn tính vietnamien.

Hunan et Hubei Huaguxi (« opéra des fleurs et tambours »), opéra folklorique dansant commun à ces deux provinces. Il existe également des minorités Miao et Tujia en assez grand nombre dans ces deux provinces, ayant leurs propres répertoires musicaux folkloriques.

Guizhou vignette|Miaos jouant du sheng.

Le chant « volant » feige caractérise la musique des Hmongs. Il s'agit d'une sorte de yodel pratiqué dans les régions montagneuses, permettant une communication à longues distances de thèmes d'amour. Ces chants interviennent lors de fêtes calendaires (youfang) où les jeunes échangent leurs sentiments sous forme de chants antiphoniques, accompagnés parfois de l'orgue à bouche lusheng.

Les Hmongs se servent aussi de feuilles d'arbres placées entre leurs lèvres, pour produire une musique nommée cugenao.

Shaanxi La capitale du Shaanxi, Xi'an était la capitale Chang'an de la dynastie Tang, dynastie dont le rayonnement culturel s'est diffusé sur l'ensemble de l'extrême orient, par ses arts, que ce soit par l'écriture des Hans, la peinture, mais aussi la musique et ses instruments.

Shanghai Le jiangnan sizhu est une musique typique « du sud du fleuve » de la ville jouée sur un quartette « soie et bambou ».

Shanxi Le Shanxi est une région de tradition musicale paysanne, chantée. Le suona y est un instrument important de la musique rituelle.

Sichuan Le qingyin est une ballade narrative du caractérisant le Sichuan. Un chanteur usant de claquettes en bois déclame une épopée accompagné au luth pipa. Le sichuan yangqin est aussi un chant narratif mais joué essentiellement à la cithare yangqin.

Taïwan La musique de Taïwan est très proche de la musique de la Chine continentale. La domination japonaise, pendant sa colonisation (1895 — 1945) a également eu une influence sur cette musique. Il y existe toutefois des traditions particulières liées aux aborigènes de l'île. Le pasibutbut est un chant polyphonique des Bununs destiné à un rituel agricole.

Région autonome du Tibet et aires culturelles tibétaines

Dans la région autonome du Tibet (Xizang) et les subdivisions administratives autonomes tibétaines des provinces du Qinghai, Sichuan, Yunnan et Ganzu, la musique tibétaine occupe une place importante, qu'il s'agisse de musique sacrée, inspirée du bouddhisme tibétain, ou de musique folklorique et populaire, accompagnant les danses où l'on tourne en rond.

Xinjiang

Les principaux peuples du Xinjiang, sont des peuples turco-mongols. Les Ouïghours, les Kazakhs et Kirghizes, tous turcophones, dont une importe partie est de culture musulmane. Il existe également des Tadjiks de culture persane, qui partagent avec les peuples turcs le maqâm, musique microtonale. Certains peuples turcs pratiquent aussi des musiques pentatoniques, qui sont d'avantages liées= au courants chamaniques de l'Altaï, situé au Nord du Xinjiang. Les Mongols oïrats, principalement bouddhistes, comportant certains syncrétismes avec le tengrisme, chamanisme turco-mongol, pratiquent plus traditionnellement la musique mongole qui est également une musique pentatonique.

Yunnan vignette|Orchestre traditionnel naxi.

La province du Yunnan est peuplée d'un grand nombre de minorités ayant chacune les styles musicaux. La population Han parle le mandarin du Sud-Ouest, comme dans les provinces voisines du Sichuan, Hubei et Hunan et différents autres traits culturels communs. On retrouve également un certain nombre de minorités communes à ces provinces, comme les Miaos (dont les Hmongs) ou plus rarement les Tujias.

La musique religieuse dongjing du peuple peuple Naxi caractérise le centre Nord de cette région depuis le . Il s'agit de divers types de chants de louanges accompagnés d'un groupe instrumental composé de 15 à 36 musiciens. Les rites taoïste, confucéen et bouddhiste se mélangent ici. Ces musiques sont exécutées lors de fêtes calendaires ou à l'occasion de naissance ou de deuil. Interdit par la révolution culturelle, il renaît peu à peu sous forme d'un répertoire varié.

Le peuple Naxi, de culture dongba, joue de la musique traditionnelle à la fois folklorique et savante typique à cette culture en petit groupe d'une trentaine de personnes dans la région de Lijiang au Nord du Yunnan depuis le

Au Sud du Yunnan, le peuple Dai, d'origine thaïlandaise, utilise entre autres instruments, le hulusi, instrument utilisant une calebasse d'où sortent des tubes de flûte, dont le son tiré d'une anche mobile est très feutré, à l'image de la douceur de la population. Le sheng, notamment utilisé par les Miaos, au son assez proche, un autre instrument à anche mobile, faite de tubes verticaux et commun à cette région du Sud du Yunnan, mais aussi aux pays qui lui sont frontaliers que sont le Laos et le Vietnam.

Plus au Nord, sur le plateau du Tibet, la population de culture tibétaine et mongole, joue de la musique traditionnelle tibétaine et mongole.

Zhejiang L'Opéra Yue () est joué à Shengzhou (ville-district situé à Shaoxing), mais également à Shanghai.

Instruments traditionnels vignette|Instruments de musique chinoise.