( « Obscurci par les nuages ») est le septième album studio du groupe britannique de rock progressif , sorti le chez . Il sert de bande originale au film français La Vallée, réalisé par Barbet Schroeder. C'est la seconde collaboration du groupe avec le cinéaste, la première remontant au film More en 1969. L'album est enregistré en deux fois au château d'Hérouville, en France, alors que le groupe est en pleine tournée.

L'album est plus court que certains des précédents titres du groupe et fait un usage intensif de la guitare acoustique. Les paroles des chansons sont centrées sur l'amour, un thème commun au film dont l'album s'est inspiré. Le seul single de l'album est . est considéré comme un coup d'arrêt pour le groupe, qui a déjà commencé à travailler sur son prochain album, , sorti l'année suivante. L'album atteint la sixième place des ventes au Royaume-Uni, la quarante-sixième place aux États-Unis et la première place en France. Il reçoit d'abord des critiques assez positives au Royaume-Uni, mais les avis rétrospectifs des fans et des critiques sont mitigés, certains notant cependant des similitudes avec la production ultérieure de Pink Floyd.

Historique Contexte vignette|gauche|alt=Un homme âgé et chauve à la mâchoire carrée tenant un micro.|Barbet Schroeder, ici en 2013, réalisateur de La Vallée. a déjà enregistré les bandes originales des films en 1968, en 1969, ainsi qu'une partie de en 1970. En 1972, à la suite du succès de , son réalisateur Barbet Schroeder demande au groupe d'enregistrer la bande originale de son prochain grand projet. Le nouveau film, La Vallée, met en scène deux voyageurs en quête spirituelle en Nouvelle-Guinée, et Schroeder pense que la musique de conviendrait au style du film. Le groupe a déjà commencé les premiers enregistrements d'un nouvel album, , mais les membres profitent d'une tournée au Japon pour mettre en suspens ce travail.

Écriture et enregistrement

L'enregistrement d’ a lieu aux Studios, dans le château d'Hérouville, un studio d'enregistrement résidentiel à une cinquantaine de kilomètres de Paris créé par Michel Magne en 1969. Les membres de s'y rendent deux fois, du 23 au et du 23 au , et le mixage final est réalisé du au aux Studios de Londres, où a précédemment enregistré . Le rôle d'ingénieur du son se partage certainement entre , le du groupe, qui aurait réalisé la version stéréo pour l'album, et Andy Scott, qui travaille alors au château en tant qu'assistant et aurait mixé la version mono pour le film.

Comme ils l'avaient fait pour , les membres du groupe visionnent un premier montage du film et notent le tempo de certaines scènes avec un chronomètre. À partir de cela, ils créent un certain nombre de chansons pouvant être fondues dans un ordre arbitraire à différents moments du montage final du film. Barbet Schroeder a expliqué le processus de création de l'album : Les membres du groupe ne se préoccupent pas de créer des chansons complètes, estimant que n'importe quelle pièce musicale serait exploitable sans avoir besoin de solos, mais, soucieux de produire suffisamment de matériel, ils en viennent à écrire une série de chansons bien structurées. Selon le batteur , les sessions sont très expéditives et l'enregistrement se déroule dans la précipitation.

Au cours de la première session d'enregistrement en , la chaîne de télévision française ORTF filme un court segment de l'enregistrement de l'album par le groupe ainsi que des interviews du bassiste et du guitariste David Gilmour. Dans un extrait d'une interview aux qui est apparue dans , Waters déclare que les premiers pressages britanniques de l'album contenaient une sibilance excessive..

Parution et accueil

sort au Royaume-Uni le , puis aux États-Unis le , tous deux sur le label . L'album atteint la première place des ventes en France., la troisième place aux Pays-Bas et au Danemark, la sixième place au , et la quarante-sixième place au (où il est certifié disque d’or par la RIAA en 1997). L'accueil moindre aux États-Unis s'explique peut-être du fait que La Vallée n'y est sorti qu'à partir de 1977. est sortie en single aux États-Unis, le groupe estimant qu'elle était adaptée à la radio. C'est la première chanson de depuis à être diffusée de manière significative aux États-Unis. En 1986, l'album sort au format CD. Une version remastérisée numériquement sort en 1996. Il est à nouveau remastérisé en 2016 pour le coffret , et sort individuellement l'année suivante..

L'album est bien accueilli par la critique au Royaume-Uni. Peter Erskine de Disc déclare : Dans , parle d'un album .

Même parmi les fans, n'est pas l'un des albums les plus populaires de , bien que ait déclaré que c'était l'un de ses albums préférés des Floyd. Les critiques rétrospectives sont mitigées ; en 2014, déclare que , tandis que le décrit en 2004 comme une .

Postérité Les deux premiers titres de l'album, et , sont joués l'un après l'autre en concert à la fin de 1972 et lors des tournées de 1973. Ils font également partie des partitions utilisées pour la collaboration du groupe avec Roland Petit et le Ballet national de Marseille au Palais des Sports de Paris, en 1973. n'a jamais été interprété en concert par , mais David Gilmour l'a repris pour sa tournée solo en 2006. L'une de ces interprétations figure sur le DVD de Gilmour en 2007 et également sur la version vinyle de son album en public de 2008, ..

est joué en direct lors de quelques concerts à la fin de 1972 et au début de l'année suivante. Le motif de batterie qui ouvre ce titre est recyclé pour sur .

Caractéristiques artistiques Style et instruments Les chansons d’ sont toutes courtes, contrairement aux longs instrumentaux d'autres albums de Pink Floyd. Une forte influence de la musique country est présente sur plusieurs chansons, avec une utilisation importante de la guitare acoustique. Les instruments utilisés dans l'album comprennent la Precision Sunburst de , une D-35 acoustique, la Black Strat de David Gilmour, sa double manche, la batterie Ludwig de ainsi qu'un des tout premiers modèles de batterie électronique. Richard Wright joue quant à lui sur plusieurs claviers, tels que son Farfisa, son orgue Hammond M-102, un piano acoustique, un Mellotron et le synthétiseur VCS 3 qu'il a acheté au .

Musique

En ouverture de l'album, le titre Obscured by Clouds est un instrumental qui fait un usage intensif du VCS 3. Mason y joue de la batterie électronique tandis que Gilmour intervient avec une ligne mélodique parfois jouée en slide et dont le son est très saturé. s'enchaîne directement après le premier titre avec un climat totalement différent, dû à un riff de guitare très rock se rapprochant même du hard rock et semblable à de l'album . Son titre provient d'une phrase souvent prononcée par le roadie Chris Adamson qui, quand les membres du groupe lui demandaient où il était, répondait : est l'une des deux collaborations d'écriture sur l'album entre le claviériste Richard Wright (qui a composé la musique) et Roger Waters (qui a écrit les paroles). Le style de la chanson se rapproche du jazz, avec un duo au chant composé de Gilmour et Wright qui rappelle . La basse de Waters accompagnée de la batterie de Mason créent une rythmique fluide et aérienne, transcendée par trois solos de Gilmour (le premier sur sa Black Strat et les deux autres sur sa ).

est un autre titre très rock composé de quatre couplets très brefs et d'un long solo de guitare de Gilmour. Cette chanson de guitariste est soutenue par le rythme pop-rock de Mason et par une ligne de basse de Waters solide et nerveuse. est un titre acoustique simple au style romantico-nostalgique. Les paroles, qui sont accompagnées d'une très belle mélodie, parlent du temps qui passe, avec un narrateur qui vieillit au fil de la chanson. Son titre, qui peut se traduire par ou , retranscrit mal la finesse de la chanson. Mason a en effet expliqué que, pour respecter les délais du film, les titres des chansons de l'album ont été choisis . Enfin, est un instrumental adaptant à un tempo plus lent, passant d'une signature rythmique de 6/8 à 4/4.

est la dernière chanson publiée par Pink Floyd dont les paroles sont écrites par Gilmour jusqu'à la sortie de en 1987. Le titre peut avoir été dérivé du roman d'Arthur C. Clarke Les Enfants d'Icare (). La chanson s'ouvre sur des nappes de clavier apparaissant progressivement, suivies de la batterie électronique de Mason qui disparaît quand Gilmour commence à chanter avec une voix très rock. Le titre est également ponctué de nombreuses parties de guitare (deux acoustiques rythmiques et deux électriques légèrement saturées). Gilmour entame également un solo qui rappelle en partie celui de . est la deuxième chanson, après de ., à traiter de la mort du père de Waters pendant la Seconde Guerre mondiale. Son titre est dérivé du comptage , prononcé avec un accent cockney. est une ballade acoustique légère et joyeuse, rappelant les groupes ou . est écrit et chanté par Wright, avec des paroles de Waters. C'est une chanson d'amour, mais le protagoniste ne se souvient pas du nom de la fille, ce qui suggère qu'elle aurait pu être une groupie. est cependant une chanson qui s'éloigne beaucoup du style progressif de , avec un son plutôt pop, des harmonies riches et une structure tortueuse. , l'instrumental de clôture de l'album, se termine par un enregistrement des chants de la tribu Magupa, comme dans le film. Le reste de la chanson repose sur des nappes d'orgue Hammond, des notes issues d'un VCS3 et une ambiance pesante créée avec un second VCS3, le tout accompagné des percussions de Mason.

Pochette Le titre initial de l'album est probablement , mais le groupe se brouille avec la société de production et choisit finalement ( « Obscurci par les nuages ».). Celui-ci fait référence à la vallée couverte de brouillard du film La Vallée. En anglais, ce dernier sort d'ailleurs sous le même nom que l'album.

La pochette de l'album est, comme pour une majorité des albums de , conçue par Storm Thorgerson et Aubrey Powell de Hipgnosis. Il s'agit d'une photographie d'un homme assis dans un arbre, dont la mise au point a été réduite jusqu’à rendre l’image complètement déformée. L'idée est venue d'une diapositive qui s'est bloquée alors que Hipgnosis visionnait des clichés du film sur un projecteur . Schroeder a déclaré par la suite que le groupe ne voulait pas que la pochette soit particulièrement belle car devait lui faire concurrence, mais Thorgerson a insisté sur le fait qu’ n'avait pas été considéré autrement que les autres albums de Pink Floyd.

Fiche technique Titres

Musiciens : orgue Hammond M102 Spinet, piano électrique Rhodes 73/88 Mark 1, piano acoustique Yamaha, synthétiseur EMS VCS3, synthétiseur EMS VCS3 Synthi A, Synthétiseur ARP Solina Ensemble, chant : guitares acoustique, électrique et pedal steel, synthétiseur EMS VCS3, chant : basse, chant : batterie, percussions

Charts et certifications

Charts album Pays Durée du classementMeilleurclassementDate hitparade.ch/pink floyd/albums 4 semaines1972 bac-lac.gc.ca/Rpm/search/pink floyd/albums/1972 10 semaines -? billboard.com/pink floyd /chart history/billboard 200 25 semaines. 43 semaines1972 2 semaines 7 semaines . 14 semaines

Certifications

Pays Certification VentesDate . +. +

Notes et références Notes

Références

Annexes Bibliographie

Liens externes Fiche complète sur l'album Traduction des chansons de l'album

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