vignette|220x220px|Napoléon Ier signe son abdication avec le traité de Fontainebleau (1814), peint par François Bouchot (1843). L’abdication est l'acte selon lequel une personne renonce et cède d'elle-même sa fonction avant l'expiration du temps correspondant à l'exercice de celle-ci. Dans le droit romain, on appliquait le terme spécialement pour dépourvoir un membre d'une famille, comme déshériter un enfant. Aujourd'hui, ce mot s'utilise rarement sauf dans le sens de renoncer au pouvoir suprême d'un État. Un terme similaire pour un élu ou un fonctionnaire serait renonciation ; pour un salarié une .
Étymologie La substantif féminin [consulté le 2017]. [consulté le 2017].Entrée des Dictionnaires de français [en ligne], sur le site des éditions Larousse [consulté le 2017]. « abdication » (prononcé en français standard) est un emprunt au latin , substantif féminin Entrée , dans [consulté le 2017]. dérivé de , supin de , verbe Entrée , dans . composé de préfixe ab traduisant l'éloignement, la séparation ou l'achèvement et de dicare, « proclamer solennellement qu'une chose sera »).
Abdications dans l'Antiquité Parmi les abdications les plus mémorables de l'Antiquité, on peut mentionner celle de Sylla le dictateur en 79 av. J.-C., et celle de l'empereur Dioclétien en 305.
La Couronne britannique L'abdication la plus connue de l'histoire récente est probablement celle du roi Édouard VIII du Royaume-Uni en 1936, qui abdiqua du trône britannique pour pouvoir se marier avec la divorcée Wallis Simpson, malgré les objections de lestablishment britannique, des gouvernements du Commonwealth, de la famille royale et de l'Église d'Angleterre (voir la crise d'abdication d'Édouard VIII). Ce fut aussi la première fois dans l'Histoire que l'on renonçait à la couronne britannique de façon entièrement volontaire. Richard II d'Angleterre, par exemple, fut forcé d'abdiquer après qu'il fut dépouillé du trône par son cousin, Henri Bolingbroke, en 1399, pendant que Richard se trouvait hors du pays.
Quand Jacques II d'Angleterre, après avoir lancé le grand sceau du Royaume dans la Tamise, fuit en France en 1688, il ne renonça pas formellement à la Couronne, et l'on discuta au Parlement la question de savoir s'il avait perdu son droit au trône ou s'il avait abdiqué. On s'accorda sur cette dernière version, car une assemblée générale des Lords et des Communes accorda « que le roi Jacques II s'étant efforcé de révoquer la constitution du royaume, en brisant le contrat originel entre le roi et le peuple, et, conseillé par les jésuites et d'autres personnes corrompues, ayant violé les lois fondamentales, et s'étant lui-même retiré hors du royaume, il a abdiqué du gouvernement et que le trône est vacant ». Le parlement écossais prononça un décret de forfaiture et déposition.
Étant donné que le titre de la Couronne dépend d'un statut, en particulier l'Acte d'établissement, une abdication royale ne peut s'effectuer que par une loi du Parlement. Pour donner un effet légal à l'abdication du roi Édouard VIII du Royaume-Uni, on dicta His Majesty's Declaration of Abdication Act 1936.
Abdications modernes thumb|L'abdication de Charles Quint par Louis Gallait (1841).|gaucheHistoriquement, lorsqu'un monarque abdiquait, on percevait cela comme un abandon profond et choquant du devoir royal. En conséquence, les abdications avaient normalement lieu sous les circonstances de tumulte politique et de violences extrêmes (comme sous Charles X en France, sous Constantin en Grèce ou sous Léopold III en Belgique).
Cependant, ceci a totalement changé pour un petit nombre de pays : les monarques des Pays-Bas, du Luxembourg, de Belgique, d'Espagne ou du Cambodge ont abdiqué en raison de leur âge avancé.
Au Liechtenstein, le prince Hans-Adam II, et avant lui son père, Franz-Joseph II, ont désigné leurs fils aînés régents, dans un acte qui équivaut à une abdication de fait, sinon de droit.
Liste
Ceci est une liste d'abdications importantes :
Sylla -79 Dioclétien 305 Isaac Comnène 1059 Huizong, empereur chinois de la dynastie Song Étienne II de Hongrie 1131 Albert de Brandebourg 1169 Ladislas III de Pologne 1206 Jean d'Écosse 1296 Jean VI Cantacuzène, empereur d'Orient 1355 Richard II Éric VII de Danemark 1439 Amédée VIII de Savoie 1440 Murad II, sultan ottoman 1444 et 1445 Charles QuintCharles abdiqua comme roi des Pays-Bas () et d'Espagne (), en faveur de son fils Philippe II d'Espagne. Aussi en 1556, de façon séparée, il abdiqua volontairement de ses possessions allemandes et du titre d'empereur romain germanique. 1555-1556 Christine de Suède Marie d'Écosse Jean II de Pologne 1668 Jacques II d'Angleterre 1688 Auguste II de Pologne 1706 Philippe V d'Espagne 1724 Victor-Amédée de Sardaigne 1730 Ahmed III, sultan ottoman 1730 Charles de Naples (en accédant au trône d'Espagne) 1759 Stanislas II de Pologne 1795 Qianlong, empereur chinois de la dynastie Qing Charles-Emmanuel IV de Sardaigne Charles IV d'Espagne Joseph Bonaparte de Naples Gustave IV de Suède Louis Bonaparte de Hollande Napoléon 4 avril 1814 et 22 juin 1815 Victor-Emmanuel de Sardaigne Pierre IV de PortugalPierre IV de Portugal et Pierre du Brésil étaient la même personne. Il était déjà empereur du Brésil quand il succéda au trône du Portugal en 1826, mais il en abdiqua tout de suite en faveur de sa fille Marie II de Portugal. Plus tard il abdiqua du trône du Brésil en faveur de son fils Pierre II. Charles X de France Louis "XIX" de FranceLouis-Antoine de France contre-signe l'acte d'abdication de Charles X, renonçant ainsi à ses droits à la Couronne au profit d'Henri "V". Pierre du Brésil Michel de Portugal Guillaume des Pays-Bas Louis-Philippe Louis de Bavière Ferdinand d'Autriche Charles-Albert de Sardaigne Léopold II de Toscane Isabelle II d'Espagne Amédée d'Espagne Alexandre de Bulgarie Milan de Serbie Puyi, dernier empereur de Chine (abolition de la monarchie) Nicolas II de Russie (abolition de la monarchie) Guillaume II d'Allemagne (abolition de la monarchie) Marie-Adélaïde de Luxembourg Rama VII de Siam Édouard VIII du Royaume-Uni Charles II de Roumanie Victor-Emmanuel III d'Italie Wilhelmine des Pays-Bas Léopold III de Belgique Farouk d'Égypte Fouad II d'Égypte (abolition de la monarchie) Charlotte de Luxembourg Omar Ali Saifuddien III de Brunei Juliana des Pays-Bas Jean de Luxembourg Norodom Sihanouk de Cambodge Jigme Singye Wangchuck du Bhoutan Benoît XVI (s'agissant d'un pape, on parle plutôt de renonciation) Beatrix des Pays-Bas Hamad ben Khalifa Al Thani Albert II de Belgique Juan Carlos d'Espagne Muhammad Faris Petra Akihito du Japon Margrethe II de Danemark Henri de Luxembourg
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Jacques Le Brun, Le Pouvoir d'abdiquer. Essai sur la déchéance volontaire, Gallimard, 2009. Alain Boureau et Corinne Péneau, Le deuil du pouvoir - Essais sur l'abdication, Les Belles Lettres, 2013. Charles-Éloi Vial, Le Siècle des chutes. Abdications et déchéances en France 1814-1870, Perrin, 2022.
Articles connexes Listes de dirigeants Renonciation du pape
Liens externes
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