Le Paricutín est un volcan du Mexique situé dans l'État du Michoacán. Il est né le au cours d'une éruption qui a duré neuf ans, ce qui en fait un des volcans les plus jeunes de la Terre avec Surtsey né en 1963 et l'Ardoukôba en 1978. Il se présente sous la forme d'un cône volcanique aux pentes escarpées culminant à d'altitude, dominant des coulées de lave d'où émerge le clocher de l'ancien village de San Juan Parangaricutiro.

Géographie thumb|left|Cavaliers sur les coulées de lave en route pour le Paricutín visible au dernier plan sur la gauche.

Le Paricutín est situé dans le sud-ouest du Mexique, dans l'ouest de l'État du Michoacán, à environ à l'ouest de Mexico, à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de la ville d'Uruapan et non loin de l'ancien village de San Juan Parangaricutiro situé au nord-ouest. Il est immédiatement entouré par le Cerro Canicjuata à l'ouest, le Cerro Jarátiro et le Cerro Equijuata au nord, d'autres petits cônes de cendre, ainsi que par le Cerro Tancitaro au sud.

Ce cône volcanique est couronné par un cratère dont l'un des rebords culmine à , , ou d'altitude, soit au-dessus des terrains environnants. Il est flanqué au nord-est par le Nueva Juatita, une bouche éruptive latérale qui est à l'origine de la majorité des coulées de lave déversées par le volcan.

Le Paricutín fait partie d'un ensemble de plus de volcans gris répartis sur 200 à et composant le champ volcanique de Michoacán-Guanajuato situé sur la meseta Tarasca. Cette région volcanique est un maillon occidental de la cordillère Néovolcanique composée de volcans alignés du golfe du Mexique à l'est jusqu'à la côte pacifique sur de longueur pour de largeur. La lave émise par le Paricutín est typique du volcanisme calcoalcalin d'un arc volcanique continental avec contamination crustale granitique donnant des laves basaltiques à andésitiques.

Histoire thumb|left|upright|Le Paricutín en éruption en 1943. thumb|Vue nocturne du Paricutín en éruption en 1943.

Le Paricutín naît le dans un champ de maïs, au lieu-dit « Cuitzyutziro », sous les yeux de son propriétaire, Dionisio Pulido, et de sa femme, Paula Rangel, vivant au village de San Juan Parangaricutiro. L'évènement débute vers alors que tous deux inspectent leurs champs après y avoir travaillé toute la journée et s'apprêtant à rentrer chez eux. Ils sont alors témoins d'un tremblement de terre accompagné d'un grondement sourd mais ils n'y prêtent pas plus d'attention, ce genre de phénomène étant courant depuis plus de huit jours. Cependant Dionisio aperçoit non loin en direction de l'ouest de grandes flammes et une épaisse fumée sortant de terre, le tout dans un fort grondement et accompagné d'une odeur de soufre. La fissure, ouverte dans le sol vers , mesure un peu plus de cinquante mètres de longueur, cinquante centimètres de profondeur et cinq centimètres de largeur et les matériaux éjectés s'accumulent déjà sur trente centimètres de diamètre. Terrifiés, ils regagnent le village en courant et font part de leur expérience. Ces faits sont consignés le lendemain au cours d'une session extraordinaire du conseil municipal qui en informe notamment le gouverneur du Michoacán et le président de la République.

Quatre jours après le début de l'éruption, le cône mesure de hauteur, projette des téphras à de haut et émet sa première coulée de lave basaltique. Les séismes sont de plus en plus nombreux et augmentent en magnitude. Les du village de Paricutín, le premier à être détruit, et les de celui de San Juan Parangaricutiro sont contraints à l'exode sur de nouvelles terres qui forment un nouveau village appelé Nuevo San Juan Parangaricutiro. Une semaine après le début de l'éruption, le volcan atteint de hauteur, 293 en juillet, 393 en décembre et finalement 424 en juste après la fin de son éruption. Cette activité effusive accompagnée d'un panache volcanique et de retombées de téphras se poursuit jusqu'en 1948 avec quelques variations d'intensité. En janvier de cette année, l'activité cesse pour une durée de trois ans. Début 1952, la lave refait son apparition jusqu'au , marquant la fin de son éruption. Au total, le Paricutín rejette au cours de cette éruption typiquement strombolienne d'indice d'explosivité volcanique de 4 un volume de 0,7 à de lave qui recouvre 18,5 à de superficie ; les de téphras recouvrent quant à eux une superficie de , détruisant la végétation. Malgré la soudaineté de l'éruption, sa durée et les volumes de lave émis, seuls trois morts sont à déplorer en raison des éclairs provoqués par le panache volcanique.

L'éruption représente un intérêt majeur pour les volcanologues qui peuvent assister à la naissance d'un volcan et aux différentes étapes de sa formation.

Tourisme Le volcan et ses environs constituent un important site touristique du Mexique. Le sommet est accessible par un sentier.

Dans la culture populaire Le clocher de l'église de San Juan Parangaricutiro est visible dans le film Le Jardin du diable, sorti en 1954, une partie des extérieurs y ayant été tournée.

L'écrivain révolutionnaire Victor Serge, alors au Mexique, décrit l'apparition du volcan et ses conséquences sociales dans un récit intitulé « Le séisme », inséré dans le recueil Le Tropique et le Nord. Il introduit ainsi : .

Le Paricutín est désigné en 1997 par CNN comme étant l'une des .

Ce phénomène a inspiré le film Volcano (1997) de Mick Jackson, mettant en vedette Tommy Lee Jones et Anne Heche.

Notes et références

Annexes Bibliographie

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Articles connexes Liste des volcans du Mexique

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