Henry Brooks Adams ( - ) est un écrivain, romancier, essayiste, historien, médiéviste, biographe, autobiographe, professeur d'université, journaliste, rédacteur en chef américain, connu pour sa monumentale en .

En 1919, il est le lauréat du Prix Pulitzer qui récompense son autobiographie .

Henry Adams est considéré comme l'un des adeptes et prosélytes de l'antisémitisme aux États-Unis.

Biographie

Jeunesse et formation Henry Brooks Adams est né le à Boston dans l'État du Massachusetts, il est le quatrième des sept enfants de Charles Francis Adams, Sr. et de Abigail Brooks épouse Adams. Il est issu de l'une des plus illustres familles du pays, son grand-père John Quincy Adams et son arrière-grand-père John Adams, furent présidents des États-Unis.

En 1854, après ses études secondaires Henry Adams est admis à l'université Harvard. Pendant ses études il écrit pour le . Il sort diplômé en 1858, lors de la remise de diplôme il est nommé pour être l'orateur de sa promotion.

À l'automne 1858, il part pour l'Allemagne étudier le droit à l'université Humboldt de Berlin, après un semestre, pendant deux ans il part faire son Grand Tour en Europe. Pendant son séjour européen il est correspondant du , il y envoie ses interviews, notamment celui de Giuseppe Garibaldi.

Carrière professionnelle En 1860, Henry Adams est de retour aux États-Unis, juste à temps pour participer à l'élection présidentielle américaine de 1860 et donner sa voix pour Abraham Lincoln.

Londres Il devient le secrétaire de son père qui vient d'être élu au Congrès. Grâce à ce poste il peut reprendre ses études de droit, projet contrarié car en 1861, le président Abraham Lincoln nomme son père ambassadeur des États-Unis au Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande. Sur sollicitation de son père, Henry Adams l'accompagne à Londres.

Lors de son séjour londonien, il a l'occasion de faire la connaissance de Lord Palmerston, de réformateurs tels que John Bright et Richard Cobden, du philosophe John Stuart Mill ainsi que d'écrivains comme Robert Browning et Charles Dickens et du géologue Charles Lyell qui vient d'adhérer à la théorie évolutionniste de Charles Darwin. Pour en savoir plus, il interviewe Charles Lyell, entretien qui est publié par la North American Review, et lit les oeuvres d'Auguste Comte et d'Herbert Spencer.

Henry Adams se montre sceptique envers la théorie de l'évolution, non par conviction religieuse mais par son pessimisme qui doute de tout progrès notamment quant au genre humain.

Il devient également l'ami de qui l'introduit auprès des cercles libéraux, amitié durable consolidée par une correspondance régulière. L'un comme l'autre sont attentifs aux politiques menées par des réformistes. gauche|vignette|upright|John Stuart Mill À Londres, il apprend que son pays est déchiré par la guerre de Sécession, comme d'autres Américains de sa génération, il se demande comment cette guerre civile a pu éclater et s'en retourne aux principes des Pères fondateurs des États-Unis dont fait partie son aïeul John Adams. C'est ainsi qu'il lit De la démocratie en Amérique d'Alexis de Tocqueville et plusieurs ouvrages de John Stuart Mill dont (Considérations sur le gouvernement représentatif), qui conclut de la nécessité des masses à être dirigée par une élite.

Retour aux États-Unis En 1868, Henry Adams retourne aux États-Unis et s'installe à Washington où il commence à travailler comme journaliste pour le compte de divers journaux et magazines tels que la North American Review, The Nation et autres périodiques américains et britanniques.

Par ses articles, il s'attaque de façon virulente au président Ulysses S. Grant, à son entourage et à son administration minée par la corruption.

L'enseignant En 1870, Henry Adams part pour Boston pour devenir le rédacteur en chef de la North American Review et commencer une arrière d'enseignant d'histoire médiévale à l'université Harvard, cela jusqu'en 1877. Ses cours changent du style magistral de son époque, il sollicite ses étudiants à donner leur avis et à développer leur sens critique.

Noces En , Henry Adams épouse Marian « Clover » Hooper Adams, issue d'une famille de la haute bourgeoisie de la Nouvelle-Angleterre et connue pour son intelligence. Son père est un descendant des « rois de la mer » de Marblehead depuis le . Le couple passe une année de lune de miel en Europe.

Engagement politique Henry Adams adhère au Parti républicain en 1872.

L'historien En 1876, il démissionne de son poste de rédacteur en chef de la North American Review, démission suivie en 1877 de celle de son poste d'enseignant à l'université Harvard, afin de consacrer à son travail d'historien notamment de recherches sur l'histoire des États-Unis de 1789 au début du .

Pour parfaire ses recherches, il entreprend plusieurs voyages avec son épouse pour l'Europe pour consulter des archives concernant les États-Unis.

Premières publications

En même temps qu'il prépare son monumental ouvrage, , il publie en 1879 la biographie d'Albert Gallatin, suivie par celle de John Randolph en 1882, deux personnalité importantes qui se sont illustrées sous les mandats successifs des présidents Thomas Jefferson et de James Madison.

Washington vignette|upright|John Hay en 1897. gauche|vignette|upright|J. Donald Cameron, sénateur des États-Unis En 1880, Henry Adams et son épouse emménagent à Washington dans une résidence donnant sur le Lafayette Square non loin de la Maison-Blanche. Ils comptent parmi leur proches le diplomate John Hay et le géologue Clarence King, le sénateur J. Donald Cameron et leurs épouses, ensemble ils forment un cercle privé qu'ils nomment . Leurs échanges fournissent les matériaux pour son roman à venir .

Le romancier En 1880, Henry Adams publie sous anonymat son premier roman Democracy, qui dévoile les corruptions et intrigues de la capitale, son nom sera dévoilé en 1909. gauche|vignette|Henry Adams à son bureau, 1883 Puis en 1884, il publie sous le nom de plume de Frances Snow Compton. Roman qui expose les conflits entre la science et la religion, les hommes et les femmes sous la période dite du Gilded Age. Le personnage titre, Esther Dudley, est inspiré par son épouse Marian « Clover » Hooper Adams

Tragédie Au printemps 1885, le père de Marian « Clover » Hooper Adams, meurt, cette dernière, très affligée par ce décès, entre dans un épisode dépressif et le dimanche quand Henry Adams revient d'une promenade il découvre le corps de sa femme, elle s'est empoisonnée avec des sels utilisés pour le développement de ses photos. Elle est enterrée au .

Elizabeth Sherman Cameron vignette|upright|Elizabeth Sherman Cameron Henry Adams, ne se remettra jamais de la perte de son épouse qu'il considère comme "irremplaçable", pour apaiser son deuil, il entreprend de 1890 à 1892 un tour du monde avec son ami John Lafarge, ils font notamment escale au Japon et en Polynésie. En se renseignant sur l'histoire de Tahiti il recueille suffisamment de données pour écrire Tahiti: Memoirs of Arii Taimai e Marama of Eimee publié en 1893. Au cours de son périple, il fait la connaissance de Elizabeth Sherman Cameron, l'épouse du sénateur de Pennsylvanie, J. Donald Cameron. Ils développent une relation d'amitié qui se transforme en passion amoureuse du côté de Henry Adams.

Paris De 1892 à 1914, Henry Adams passe régulièrement l'été à Paris, il peut se permettre ce genre de séjour car depuis 1900, ses revenus liés à ses droits d'auteur se montent à par an.

C'est durant ses séjours en France qu'Henry Adams s'intéresse aux cathédrales gothiques françaises, ses recherches sont rassemblées dans un livre , publié à compte d'auteur en 1904, puis édité par les éditions Houghton Mifflin Co. en 1913. Ce livre est plus qu'un guide, c'est un hommage vibrant au Moyen Âge, selon lui la Vierge de la cathédrale de Chartres est un symbole de l'unité spirituelle et intellectuelle de la chrétienté des , unité qu'il oppose au morcèlement du fruit des scientifiques et des philosophes à la recherche de lois universelles. Ce contraste entre l'âge d'or du Moyen Âge et le est un des thèmes récurrents de son autobiographie publiée à usage personnel en 1904 et 1906, puis en 1918 par les éditions Houghton Mifflin Co.

Retour à Washington Henry Adams se rapproche de John Hay qui devient son ami intime jusqu'à sa mort en 1905, leurs résidences respectives, conçues par l'architecte Henry Hobson Richardson, sont voisines le long du Lafayette Square.

Les craintes Henry Adams se méfie des guerres coloniales, il s'oppose radicalement à l'annexion des Philippines par les États-Unis en 1898 à la fin de la guerre américano-philippine. Il prédit la fin de la puissance britannique du fait de la dimension de son empire qui conduit à un déséquilibre démographique et donc à des conflits possibles, s'appuyant sur les leçons de l'histoire comme la chute de l'Empire Romain à partir du et le déclin de la puissance de l'Église catholique à partir du . Il fait part à Elizabeth Sherman Cameron de ses craintes sur la possibilité qu'éclate dans Russie tsariste une révolution semblable à la Révolution française qui pourrait s'étendre à toute l'Europe, craintes confirmée par le déclenchement de la Première Guerre mondiale en 1914.

Henry Adams approuve la décision du président Woodrow Wilson de faire participer les États-Unis à la Première Guerre mondiale, car il espère la formation d'une alliance atlantique qui garantirait la paix pour de nombreuses années

Fin de vie vignette|Adams Memorial par Augustus Saint Gaudens. En 1912, une crise cardiaque le laisse handicapé. Il meurt le dans sa résidence à Washington.

Henry Adams repose au de Washington, plus précisément au aux côtés de son épouse.

Œuvres

Romans et essais , , , , ,

Biographies

, , ,

Autobiographie

,

Correspondance

, ,

Histoire

,

History of the United States of America (9 volumes)

Thomas Jefferson , , , ,

James Madison

, , ,

Honneurs et distinctions

1884 : élection comme membre de l'American Antiquarium Society, 1892 : élection à la charge de président de l'American Historical Association, 1919 : lauréat du prix Pulitzer pour son autobiographie, ,

Henry Adams et l'antisémitisme Selon J. C. Levenson, l'attitude de Henry Adams envers les Juifs a varié, contrairement à Ezra Pound qui fut constant dans sa haine des Juifs. Son antisémitisme n'apparait dans aucun de ses ouvrages, mais dans sa riche correspondance. Par ailleurs dans son autobiographie The Education of Henry Adams quand des Juifs sont cités ce n'est pas en mauvaise part. Ce n'est qu'après la Shoah, au lendemain de la seconde Guerre mondiale que des chercheurs se sont penchés sur l'antisémitisme d'Henry Adams et ce avec un biais post Holocauste ne différenciant pas l'antisémitisme des années 1890 de l'antisémitisme actuel, générant ainsi des contresens et des anachronismes. Plusieurs de ses proches sont des Juifs comme les membres de la famille Palgrave fondatrice des éditions Macmillan Publishers, le géologue Clarence King, Charles Milnes Gaskell, , une amie intime de son épouse Marian Hooper Adams. Ce n'est qu'après la mort de cette dernière en 1885 que Henry Adams souffrant d'insomnies, de dépression qu'il commence à avoir des propos antisémites qu'il profère dès 1888. Mais curieusement lors de son voyage à Tahiti, il fait la connaissance d'un Juif britannique Loïs Salmon dont il fait l'éloge. La panique de 1893 semble avoir réveillé son antisémitisme à travers sa critique du capitalisme dont les banquiers sont des Juifs tels que Rothschild ou J.P. Morgan, reprenant les clichés antisémites de son temps.

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