En linguistique, le partitif est le cas grammatical qui exprime la partie d’un tout. Exemple : « Il mange de la purée. » Dans certaines langues, il est considéré comme un nombre, et non comme un cas.
Dans certaines langues, comme le finnois ou l’estonien, l’usage du partitif est très étendu et il est utilisé à chaque fois que l’on ne veut pas parler d’un « tout » (marquage des noms précédés d’un adjectif numéral, marquage du complément d’objet, de l’adjectif attribut, etc.). Il s’exprime alors au moyen de suffixes spécifiques (en finnois) ou de modifications de la racine du mot (estonien).
Partitifs fixés et Partitifs entités
Les partitifs peuvent être sémantiquement distingués en se basant soit sur (ils s’appellent alors partitifs entités) soit comme une sous-catégorie d’un grand ensemble (ceux-ci s’appellent partitifs fixés). Les syntagmes nominaux (SNs) intégrés dans les partitifs entités indiquent les entités au niveau individuel, par exemple : « un biscuit » ou les entités au niveau du groupe, comme « Bob et Sue ». Quelques locutions telles que « les linguistes » peuvent être interprétées comme un niveau du groupe et donc, peuvent participer comme un partitif entité – « la moitié de linguistes » ; ou elles peuvent être , donc participer comme un partitif fixé – « un des linguistes »de Hoop, H. (1997). A semantic reanalysis of the partitive constraint. Lingua, 103(2), 151-174.
Les partitifs fixés contiennent les noms comptables pluriels dans leurs syntagme nominal (SN), et peuvent être combinés avec les déterminants quantitatifs comme « beaucoup de », et les nombres spécifiques comme « trois ». Les “partitifs entités” peuvent contenir les ou (quelquefois, les noms comptables pluriels fonctionnent aussi), en les combinant avec les déterminants comme « beaucoup de » ou « demi ». D'autres déterminants peuvent être combinés avec un autre type de partitifs : quelque(s), beaucoup, et tous.
Cas partitif dans les langues finniques
Cas partitif en basque Le basque possède un cas appelé partitif (partitiboa) : sa terminaison est -(r)ik. Il n'existe qu'à la forme indéfinie des noms communs, et marque généralement un objet direct négatif ou absent, de manière tout à fait similaire au français de dans « Je n'ai pas de voiture ». Comme pour les langues finniques, il est apparenté au cas ablatif (de terminaison -tik, pluriel -eta-tik ou parfois -eta-rik).
L'usage principal du partitif est d'accompagner la négation et l'interrogation, en marquant l'actant absolutif (sujet d'un verbe intransitif, objet d'un verbe transitif) lorsqu'il est indéfini : Gaur txokolatea erosi dut. — Aujourd'hui j'ai acheté du/le chocolat. Gaur ez dut txokolatea erosi. — Aujourd'hui je n'ai pas acheté le chocolat. Gaur ez dut txokolaterik erosi. — Aujourd'hui je n'ai pas acheté de chocolat. Orain ez da lapurrik etorriko. — À présent, il ne viendra pas de voleur. Zure neurriko soinekorik aurkitu al duzu? — As-tu trouvé des robes à ta taille ?
Il se retrouve également dans les cas suivants : devant la postposition gabe « sans » (optionnel mais courant) : diru(rik) gabe — sans argent dans les expressions de type X-ik X signifiant « de X en X » ou « X après X » — le partitif préserve ici son sens originel d'éloignement : aterik ate — de porte à porte egunik egun — jour après jour dans les expressions superlatives, pour exprimer le groupe dont il est question (usage optionnel) : Donostiako emakume(rik) ederrena — la plus belle (des) femme(s) de Saint-Sébastien
Exemples par langue
+ Exemples de complément partitif dans une sélection de langues Langue Traduction Structure utilisée Français un verre d'eau fraîche préposition possessive « de » Allemand ein Glas frisches Wasser (moderne) adposition épithète (s'accorde en cas) ein Glas frischen Wassers (désuet) cas génitif Anglais a glass of cool water préposition possessive « of » Basque ur fresko baso bat adposition absolue (non marqué en cas) Espéranto glaso da malvarmeta akvo préposition partitive « da » Estonien klaas värsket vett cas partitif Finnois lasillinen raikasta vettä cas partitif Lituanien stiklinė šviežio vandens cas génitif Roumain un pahar cu apă rece préposition sociative « cu » Russe стакан прохладной воды cas génitif Suédois ett glas kallt vatten adposition absolue
+ Exemples de partitifs absolus dans une sélection de langues Langue Traduction Structure utilisée Français Ceci est de l'eau. article partitif « de la » Je bois de l'eau. Allemand Dies ist Wasser. absence d'article Ich trinke Wasser. Anglais This is water. absence d'article I am drinking water. Basque Hau ura da. article Ur edaten dut. absence d'article Espéranto Tio estas akvo. absence d'article Mi trinkas akvon. Finnois Tämä on vettä. cas partitif Juon vettä. Italien Questa è (dell')acqua. article partitif « della » (optionnel) Bevo (dell')acqua. Occitan Aquò es d'aiga. article partitif « de » Bevi d'aiga. Russe Это вода. nominatif Я пью воду/воды. accusatif ou génitif
Notes et références
Voir aussi
Article partitif
Catégorie:Cas grammatical