Michèle Alliot-Marie, dite MAM« MAM » pour Michèle Alliot-Marie, surnom donné lors de l'élection à la présidence du RPR en 1999, et très fréquemment utilisé depuis par les médias et son entourage., née Michèle Marie le à Villeneuve-le-Roi (alors en Seine-et-Oise)Le Canard enchaîné, , 2 ; d'après le « Who's Who »., est une femme politique française.
Députée des Pyrénées-Atlantiques durant six législatures, entre 1986 et 2012, elle est maire de Saint-Jean-de-Luz de 1995 à 2002 et députée européenne de 1989 à 1993 et de 2014 à 2019. Gaulliste, elle entre au gouvernement pendant la première cohabitation comme secrétaire d'État à l'Enseignement de Jacques Chirac puis comme ministre de la Jeunesse et des Sports d'Édouard Balladur de 1993 à 1995.
Devenue en 1999 présidente du Rassemblement pour la République (RPR), responsabilité qu'elle exercera jusqu'en 2002, elle assume par quatre fois et sans interruption des portefeuilles ministériels régaliens de 2002 à 2011. Ministre de la Défense durant le second mandat du président Chirac (2002-2007), elle accompagne la professionnalisation de l'armée et la fin de la conscription, soutient l'intervention en Afghanistan et le refus d'envahir l'Irak, gère la crise ivoirienne de 2004 et le conflit israélo-libanais de 2006. Elle est alors considérée alors à plusieurs reprises comme l'une des femmes les plus puissantes du monde par le magazine Forbes.
Soutien de Nicolas Sarkozy lors de l'élection présidentielle de 2007, elle est nommée ministre de l'Intérieur puis Garde des Sceaux, ministre de la Justice en 2009, succédant alors à Rachida Dati. Elle devient ministre des Affaires étrangères en 2010, quelques mois avant le début du Printemps arabe. Contestée pour ses positions lors de la révolution tunisienne qui a provoqué la chute de Ben Ali (elle proposait alors, le à la tribune de l'Assemblée nationale de mettre à disposition du dictateur )., Michèle Alliot-Marie est contrainte à la démission en . Candidate à l'élection présidentielle de 2017, elle renonce à se présenter et se tient en retrait de la vie politique.
Enfance et études Michèle Marie est la fille de Bernard Marie, arbitre international de rugby à XV, ancien député des Pyrénées-Atlantiques et maire de BiarritzCf. Tournoi des Cinq Nations 1965.., et de Renée Leyko.. Le nom composé « Alliot-Marie » est le nom d'usage qu'elle a adopté à la suite de son mariage et qu'elle a conservé après son divorce.
Elle fréquente le lycée de la Folie Saint-James, à Neuilly-sur-Seine, et commence ses études universitaires à la faculté de droit et de sciences économiques de Paris, puis à celle de lettres à la Sorbonne. Après la réforme Faure des universités, elle poursuit ses études à l'université Panthéon-Sorbonne et à l'université Panthéon-Assas. Elle adhère alors à l'UNINeila Latrous et Jean-Baptiste Marteau, « Des jeunes pires que leurs aînés », in UMP - un univers impitoyable, p. 250, 2011, ..
Elle en sort diplômée d'études supérieures de droit privé, de science politique et d'histoire du droit. Elle est docteur en droit en 1973, de l'université Panthéon-Assas, à la suite d'une thèse sur le Salarié actionnaire, et docteur d'État en science politique en 1982 avec une thèse d'État soutenue à université Panthéon-Sorbonne et intitulée Décisions politiques et structures administratives..
Également titulaire du certificat d'aptitude à la profession d'avocat (CAPA), du Certificat de droit et d'économie des pays d'Afrique et d'une maîtrise d'ethnologie, Michèle Alliot-Marie est lauréate de la faculté de droit et de sciences économiques..
Carrière universitaire et professionnelle Durant sa formation, elle se rapproche de son professeur de droit, Michel Alliot, qui était directeur de cabinet d'Edgar Faure, alors ministre de l'Éducation nationale, de 1968 à 1969. Elle l'épouse en 1971, et, avec lui, fréquente les milieux universitaires et ministériels.
Elle est tout d'abord assistante à l'université Panthéon-Assas puis à l'université Panthéon-Sorbonne, entre 1970 et 1984, avant de devenir maître de conférences en droit public à l'École de droit de la Sorbonne à partir de 1984, poste qu'elle quitte pour ses fonctions électives nationales à partir de 1986.
En 1972, elle est appelée auprès d'Edgar Faure, alors ministre des Affaires sociales, comme conseillère technique, fonction qu'elle occupe également entre 1974 et 1976, auprès de Jean-Pierre Soisson, secrétaire d'État aux universités. Alors qu'elle commence sa carrière de conseillère politique, Michèle Alliot-Marie se fait remarquer en entrant à l'Assemblée nationale en pantalon, contre le règlement qui lui imposait un tailleur ; elle finit par avoir gain de cause avec un changement du règlement de l'assembléeL'anecdote est racontée dans ..
Elle est de plus nommée chargée de mission aux cabinets du ministre des Départements et Territoires d'outre-mer, Bernard Stasi, de 1973 à 1974, et du secrétaire d'État au Tourisme, Gérard Ducray, en 1974. Elle devient directrice de cabinet d'Alice Saunier-Seïté, secrétaire d'État puis ministre des universités, de 1976 à 1978, avant de travailler dans le secteur privé, comme administratrice puis PDG de la société Uta-Indemnité, entre 1979 et 1985Who's Who in France. Elle exerce aussi les fonctions d'avocate.
Vie privée Elle épouse en 1971 l'universitaire Michel Alliot, de son aîné. Ils divorceront en 1984.. Depuis 1988, elle a pour compagnon l’homme politique Patrick Ollier..
Parcours politique Engagement local dans le Pays basque Michèle Alliot-Marie entre réellement en politique en 1983, en tant que conseillère municipale de la ville de Ciboure, situé au sud du fief politique de son père, Biarritz, près de Saint-Jean-de-Luz. L'année suivante, elle est élue cette fois-ci à Biarritz, aux côtés de Bernard Marie. En 1990, une partie de la majorité municipale, derrière le premier adjoint UDF-CDS Didier Borotra, passe dans l'opposition en critiquant le projet du maire de construire un hôtel-casino sur le front de la grande plage de la ville, ce qui provoque la chute du conseil, « Michèle Alliot-Marie : remous sur la côte basque », L'Express, 13/04/1995. Les élections municipales anticipées de 1991 sont alors remportées par la liste de Didier Borotra, qui unit à l'UDF locale deux élus socialistes sortants et qui a reçu entre les deux tours le soutien de nationalistes basques.. Elle quitte à cette occasion le conseil municipal en même temps que son père perd la mairie.
thumb|left|alt=Photographie de l'hôtel de ville de Saint-Jean-de-Luz|Hôtel de ville de Saint-Jean-de-Luz.
Elle se tourne alors vers une autre commune de la côte basque, Saint-Jean-de-Luz. Élue au conseil général des Pyrénées-Atlantiques pour le canton de cette commune en 1994, et vice-présidente de l'assemblée départementale dirigée par François Bayrou, elle affronte ensuite le maire sortant, lui aussi UDF-CDS, Paul Badiola, lors des municipales de 1995, et l'emporte. Réélue au premier tour en 2001 (avec 51,86 % des suffrages) et en 2008 (de nouveau tête de liste même si elle a, avant l'élection, précisé qu'elle ne briguerait pas le fauteuil de maire., sa liste est réélue au avec 55,56 % des suffrages et sur 33Résultats des élections municipales de 2008 à Saint-Jean-de-Luz sur le site du ministère de l'Intérieur), elle a cédé son siège de maire à la suite de son entrée au gouvernement en 2002 à Pierre « Peyuco » Duhart et reste première adjointe au maire chargée des relations institutionnelles et de l'intercommunalité.. Elle est également membre titulaire du conseil de l’Agglomération Sud Pays basque depuis sa création en 2005Liste des membres du conseil communautaire sur le site officiel de l'Agglomération Sud Pays basque.
En tant que maire, elle mène une politique visant essentiellement à confirmer le statut de station balnéaire estivale de Saint-Jean-de-Luz et se félicite d'avoir rééquilibré les finances locales.. L'opposition locale néanmoins lui reproche d'avoir trop favorisé les dépenses de prestige et le développement touristique de la ville, au détriment de la circulation et du logement social, en retard, selon elle, de 445 HLM pour atteindre le seuil des 20 % fixés par la loi SRU.. La majorité s'est défendue en promettant, lors de la campagne des municipales de 2008, la construction de sociaux supplémentaires et l'obligation de 30 % de logements sociaux dans tout nouveau programme de construction privé.
L'opposition municipale reproche également à Michèle Alliot-Marie de trop favoriser ses responsabilités nationales au détriment de la commune, lui reprochant notamment de ne pas avoir empêché la fermeture, en 1997, de la sardinerie Saupiquet, provoquant un plan social touchant , ce à quoi ses partisans répondent généralement que son poids politique à Paris a favorisé l'obtention par la ville de subventions du conseil général, de la Région, de l'État ou de l'Europe..
Sur le plan de la politique basque, elle s'oppose à l'idée de transformer le Pays basque en un département distinct, projet défendu par les nationalistes, une grande partie de la gauche mais aussi au sein de l'UDF locale, et propose plutôt la création d'une région « Basque, Béarn, Bigorre », dite les « 3 B ».
Débuts sur le plan national Suppléante de son père, député des Pyrénées-Atlantiques, de 1978 à 1981, elle est élue elle-même à l'Assemblée nationale dans les rangs du RPR pour ce département lors des élections législatives de . Elle entre alors dans le gouvernement de Jacques Chirac en tant que secrétaire d'État à l'Enseignement auprès du ministre de l'Éducation nationale, René Monory.
En 1988, elle est réélue députée cette fois pour la des Pyrénées-Atlantiques (en 1986, le scrutin étant à la proportionnelle de liste, il n'y avait pas de circonscriptions), à savoir Biarritz, Saint-Jean-de-Luz, Hendaye et tout le sud de la côte basque. Elle est réélue en 1993, en 1995 (élections partielles à la suite de la démission de son ancien suppléant qui avait pris le relais lors de son entrée au gouvernement), en 1997, en 2002 et en 2007. Toutefois, elle n'a siégé que de 1988 à 1993 et de 1995 à 2002, laissant sa place le reste du temps, où elle était membre du gouvernement, à son suppléant Daniel Poulou. À l'Assemblée nationale, elle est notamment membre de la Commission des Affaires étrangères de 1988 à 1993 et de 1996 à 2002 ainsi que de la Commission de la Défense nationale et des Forces armées de 1995 à 1996 et de à ..
De 1993 à 1995, elle est ministre de la Jeunesse et des Sports dans le gouvernement Balladur. Elle est confrontée dès cette époque au problème de la violence dans les stades, notamment dans le cadre du match Caen-PSG du . En conséquence, elle est à l'origine de la loi, qui porte son nom, du qui a créé notamment la peine juridique particulière qu'est l'interdiction de stade, publiée au JORF du .. Elle fonde également à ce poste la fédération du bénévolat.
À l'approche de l'élection présidentielle de 1995, elle refuse de choisir entre son Premier ministre depuis 1993, Édouard Balladur, et le président de son parti, le RPR, Jacques Chirac, qui reste l'un de ses mentors en politique. Elle tente alors de faire « la passerelle » entre balladuriens et chiraquiens, surnom qui lui est pendant un temps resté.. Cette neutralité lui vaudra de faire partie des ministres du gouvernement Balladur à ne pas être reconduits dans le gouvernement Juppé issu de la victoire de Jacques Chirac à la présidentielle de 1995. Elle se tourne alors plus particulièrement vers la vie de son parti, le RPR, en crise à la suite des défaites des législatives de 1997, de la contre-performance des régionales de 1998 et surtout du score désastreux des européennes de 1999.
Ascension au sein du RPR