Basse-Terre (en créole guadeloupéen : ) est une commune française, située dans le département de la Guadeloupe, sur la côte sous-le-vent de l'île de Basse-Terre dont elle constitue le chef-lieu.

Principal centre administratif de l'île, Basse-Terre abrite la préfecture, le conseil régional, le conseil général, le diocèse de la Guadeloupe, le palais de justice et la cour d'appel de l'archipel. C'est l'une des villes-centres d'une agglomération de plus de , l'unité urbaine de Basse-Terre.

Fondé par le gouverneur Charles Houël, en 1650, comme place forte pour le commerce, le bourg est développé par les ordres religieux des Capucins tout au long des , puis par l'établissement du fort Saint-Charles qui permet de contrôler tout le sud de l'île et le port de Basse-Terre. Peu à peu, la ville devient au le centre administratif et économique de l'île, mais touchée par des séries de cyclones destructeurs (dont celui de 1928) et sous la menace de la Soufrière, elle perd son statut de capitale économique au profit du développement de Pointe-à-Pitre dans la seconde partie du , tout en gardant un certain nombre de prérogatives historiques dans le domaine du judiciaire et de l'administration.

Géographie

Localisation vignette|redresse|gauche|En rouge le territoire communal de Basse-Terre. De de superficie totaleChiffres clés de la commune de Basse-Terret (97105), INSEE, ., la ville de Basse-Terre est située au sud-ouest de l'île de Basse-Terre, et au pied du volcan de la Soufrière, et cernée de plusieurs cours d'eau Elle est exposée à une houle entravant ses relations commerciales.

Les communes les plus proches sont : Baillif à , Gourbeyre à et Saint-Claude à .

Urbanisme Typologie Basse-Terre est une commune urbaine, car elle fait partie des communes denses ou de densité intermédiaire, au sens de la grille communale de densité de l'InseeSelon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités..... Elle appartient à l'unité urbaine de Basse-Terre, une agglomération intra-départementale regroupant . et en , dont elle une ville-centre...

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Basse-Terre, dont elle est la commune-centreLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

La commune, bordée par la Mer des Caraïbes à l'ouest, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, par exemple le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit...

Morphologie urbaine vignette|redresse|Panorama à 360º du front de mer de Basse-Terre, le long du boulevard du Général de Gaulle. La commune s'est organisée, au fil des siècles, le long d'une rue principale, jadis nommée Grand'Rue. La rivière aux Herbes sépare deux noyaux primitifs d'habitations qui aujourd'hui correspondent aux quartiers du Carmel et de Saint-François. La ville s'est développée sur une étroite bande littorale comprise entre la mer des Caraïbes et les premiers mornes de la longue dorsale montagneuse qui partage l'île en deux. Elle est encadrée par le massif volcanique de la Soufrière au nord-est et les monts Caraïbes et le morne Houëlmont au sud-est. La ville proprement dite s'étend sur qui s'étirent sur plus de en dépit d'un relief accidenté et entrecoupé de nombreuses ravines.

Territoire communal Les limites de la commune ont varié au cours des siècles. Le décret colonial du entérine la création des communes et fixe les pouvoirs du maire et du conseil municipal. Le territoire de Basse-Terre était jusque-là scindé en deux : l'intra-muros qui correspond à la partie urbaine et sa proche périphérie et l'extra-muros qui s'étendait jusqu'aux pentes de la Soufrière.

En 1837, deux nouvelles communes, issues de découpage de l'extra-muros de Basse-Terre, les futurs Saint-Claude et de Gourbeyre voient le jour. Une délibération du conseil municipal du précise les limites de la commune. Le , la commune est agrandie et englobe les quartiers du bord de mer de Rivière-des-Pères et de Pintade, trop éloignés de Saint-Claude, ainsi que les sections Thillac, Morne-à-Vaches, Desmarais, Guillard et Delille.

Lieux-dits, hameaux et écarts Les différents quartiers de Basse-Terre sont : Azincourt (également à Saint-Claude), Bas du Bourg, le Carmel, Desmarais (également à Saint-Claude), Guillaud, Morne-Chaulet, Morne-à-Vaches (également à Saint-Claude), Petit-Paris, Pintade, Rivière-des-Pères, la Rue-Maillan, Saint-François, Sur-le-Morne, Versailles.

Logement En 2020, le nombre total de logements dans la commune était de , alors qu'il était de en 2014 et de en 2009..

Parmi ces logements, 73,7 % étaient des résidences principales, 1 % des résidences secondaires et 25,3 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 54,7 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 44,5 % des appartements..

Le tableau ci-dessous présente la typologie des logements à Basse-Terre en 2020 en comparaison avec celles de la Guadeloupe et de la France entière. Une caractéristique marquante du parc de logements est ainsi une proportion de résidences secondaires et logements occasionnels (1 %) inférieure à celle du département (10,1 %) et à celle de la France entière (9,7 %). Concernant le statut d'occupation des résidences principales, 36,2 % des habitants de la commune sont propriétaires de leur logement (36,2 % en 2014), contre 58,7 % pour la Guadeloupe et 57,5 pour la France entière..

+ Le logement à Basse-Terre en 2020. Typologie Basse-Terre Guadeloupe. France entière. Résidences principales (en %)73,774,882,1 Résidences secondaires et logements occasionnels (en %)110,19,7 Logements vacants (en %)25,315,18,2

Voies de communication et transports vignette|redresse|Le rond-point central de Basse-Terre, à l'intersection du boulevard du Général-de-Gaulle et du boulevard du Gouverneur-Éboué.

Transports routiers Bien que située à l'extrémité sud-ouest de l'île, Basse-Terre est un nœud routier important où convergent les trois principales routes nationales deGuadeloupe : la RN 1 vers Pointe-à-Pitre (en passant par Gourbeyre et Capesterre-Belle-Eau), par la côte-au-vent ; la RN 2 vers Baie-Mahault (en passant par Baillif et Vieux-Habitants), par la côte-sous-le-vent ; la RN 3 vers Saint-Claude.

Transports maritimes Basse-Terre possède une gare maritime qui accueille les croisiéristes et des compagnies qui desservent les îles des Saintes.

Transports aériens Basse-Terre est accessible par les airs grâce à l'aérodrome de Baillif, code AITA : BBR, code OACI : TFFB) : d'altitude, avec une piste à usage restreint ne pouvant accueillir que de petits avions à hélices.

Toponymie Son nom vient du vocabulaire de marine en usage au et qui désignait une terre ou un littoral abrité des vents, par opposition à la Capesterre « Le Cap à l'est de la Terre ».

Histoire

Origines autochtones Le site a été un village d'autochtones horticulteurs et potiers. En effet, l’abondance en eau douce, véhiculée par une dizaine de ravines et trois rivières (rivière du Galion, rivière aux Herbes et rivière des Pères), est une de ses richesses naturelles qui favorisa l’installation des hommes bien avant l’arrivée des Français.. Des fouilles au centre-ville effectuées en 2000-2001 ont révélé la présence d'un ancien village autochtone datant du ..

Localisé dans l'actuel centre-ville de Basse-Terre, ce village autochtone, daté du , est fondé par les premières sociétés d'agriculteurs huecans et cédrosans-saladoïdes. Cinq fenêtres ouvertes dans la ville lors d'interventions archéologiques conduites depuis 2000 par l'Inrap dans le secteur de la cathédrale Notre-Dame de Guadeloupe, de la place Saint-François, de la gare maritime, et des rues Schoelcher et Christophe-Colomb, délimitent l'emprise de ce grand village. D'après Dominique Bonnissent, il s'étend de la rivière aux Herbes au sud à la gare maritime au nord, entre le rivage marin et le pied des premiers reliefs du massif de la Soufrière. D'un diamètre de près de et d'une superficie d'environ , ce village apparaît comme l'un des plus vastes de Guadeloupe à cette époque. Les aires d'habitats sont révélées par des trous de poteaux marquant l'emplacement des carbets et par des sépultures de plusieurs sujets inhumés dans des fosses, en position fœtale, avec parfois des céramiques déposées en offrande..

Une sépulture de chien apparaît également caractéristique de cette période. Dans le périmètre des habitats, de nombreux dépotoirs concentrent les rejets issus des activités artisanales et vivrières. Le corpus des céramiques, qui est très varié, évolue au cours des siècles : les décors sont modelés et incisés au Huécan puis sont ornés d'englobe rouge et de motifs peints en blanc au Cédrosan-saladoïde. Si de nombreux outils en pierre, en coquille et en corail illustrent le quotidien, le village se singularise par un atelier de fabrication d'éléments de parures, de perles et de pendeloques sur coquille et sur roches semi-précieuses (améthyste, turquoise, jadéite, cornaline, cristal de roche et jaspe rouge) dont les provenances illustrent les réseaux d'échange avec les autres îles et le continent. D'abondants ossements de poissons, de tortues et d'autres reptiles, de petits rongeurs, d'oiseaux, des coquillages, d'espèces marines et fluviatiles et de très nombreux restes de crabes de terre documentent les pratiques alimentaires.

Entre 2000 et 2002, devant l’importance de ces découvertes pour la Basse-Terre, une campagne de fouilles a été organisée afin de caractériser les deux types d’occupation. Trois zones de fouilles ont été ouvertes, représentant une superficie d’environ et une séquence stratigraphique de . L’occupation autochtone correspond à des niveaux dépotoirs caractéristiques des occupations de zone d’habitat. Ces niveaux, très riches en mobilier, contiennent des rejets de faune consommée, malacofaune et faune vertébrée, de l’industrie lithique et sur coquillage et une forte proportion de céramique. Deux phases d’occupation ont pu être identifiées : une phase ancienne huecan-saladoïde, correspondant aux premières migrations d’horticulteurs-potiers dans les Petites Antilles, et une phase cedrosan-saladoïde, plus récente. Les niveaux sont conservés de façon inégale selon les secteurs car partiellement détruits par le creusement des sépultures de la période coloniale. Une importante série de vases permet d’établir un référentiel typologique supplémentaire pour la phase huecan-saladoïde, très mal documentée dans l’aire caribéenne. L’excellent état de conservation de la faune permettra de caractériser les ressources alimentaires exploitées durant ces phases anciennes..

En 2015, outre la case située 24 rue Schoelcher datant du qui figurait sur le terrain avant sa démolition, elle a permis de reconnaître deux phases distinctes, l’une coloniale et l’autre autochtone. En ce qui concerne la période précolombienne, cette phase est illustrée par un niveau de dépotoir datant de la période Cedrosan-Saladoïde (0-600 environ) qui se traduit par une accumulation, sur une trentaine de centimètres de hauteur, de lentilles de pinces de crabe, de coquillages (burgos, lambis), de corail (cervi cornis), de vertèbres de poisson, de fragments de meules et d’une très forte proportion de fragments de céramique dont certains portent des décors peints ou incisés ainsi que des modelages zoomorphes (adornos)..

Aujourd'hui, les pièces archéologiques sont conservés au dépôt archéologique de l'État.