Quaregnon (prononcé ; en borain Cwargnon) est une commune francophone de Belgique située en Région wallonne dans la province de Hainaut.

C'est à Quaregnon que fut adoptée en mars 1894 la charte fondatrice du socialisme belge..

Toponymie Alexandre-Guillaume Chotin mentionne une appellation « in villa Quaterlesia » retrouvée dans un diplôme de l'an 965. Il cite les formes Quaternio (1018), Quaregio (1110 et 1119), Quareum (1168), Quaregnon (1186), Quarinon (1195) et Quargnon (1262). Chotin extrait de ces formes la racine quater, qu'il interprète comme une « mauvaise lecture ou écriture » du latin quarrera signifiant carrière et fait ainsi de Quaregnon « le lieu de la pierraie ».

Sans présenter ses sources, Jean-Jacques Jespers propose une autre étymologie : il rapproche Quaregnon du latin quadrus (carré) : « terre de forme carrée ». Il ajoute une autre possibilité, du latin quattuor (quatre) : « [terre] divisée en quatre partie ».

Vers 686, un oratoire, dédié à saint Quentin, fut élevé à cet endroit, par les soins de saint Ghislain et surtout de sainte Waudru, à qui appartenait le village. Le nom pourrait signifier « carrière », « pierraie ». Il viendrait du celtique, cara keyr, « pierre » et serait l'analogue de Carrare, (ville du marbre blanc), de Carnac, , etc.

Les plus anciennes formes, dans lequel entre le nombre latin quater ou quatuor : « quatre », semblent plus prometteuses.

Quaterlesia signifierait les « quatre lieux » (loca, lesia). Quaregio semble une contraction du latin quatuor regiones, les « quatre régions ou endroits, hameaux ». Quaternio est bas-latin et signifie un « assemblage de quatre choses », que ce soient des hameaux, des villages ou des ruisseaux.

Or, Quaregnon, au Moyen Âge, était divisé en quatre parties :

au Sud : sous la Ville ou Moriauville, actuellement Marionville, la villa de Moreau, Morel ou de Marion, diminutif de Marie, hameau appelé aussi Mauvinage Malvinage (), le lieu du winage, sorte d'octroi d'un nommé Malus ou bien le mouvais winage ; au Centre : Assonchleville (Aisunvillo 1179) qui signifie la villa du milieu ou la villa d'Aisunus ; vers le Nord : Montleville (Summo villa et Summavilla (1199-1240), la ville du dessus, de la hauteur, dont on a fait Mons ville, (Ce nom n'apparaît dans aucun document ancien ou moderne) ; à l'extrême Sud : les communes ou pâturages communs où s'établit le village de Pâturages (Colfontaine). Un titre cité vers cet endroit Altiville (1408) qui serait peut-être la traduction du latin alto villa, altissima villa, la haute villa, située à l'endroit le plus élevé.

Quatre cours d’eau traversent Quaregnon : le rieu de Wasmes ou de la Radde eau, l’eau qui court vite ; le rieu du Cœur ; le Richon, rieu de Quaregnonchiel (1199) ou du Flénu (Mons), vers Jemappes (Mons) ; enfin, la Haine, dans laquelle les trois premiers se jettent.

Quaregnon pourrait signifier « les quatre cours d'eau ».

Par les noms de plusieurs lieux, Quaregnon suscite la curiosité : le Bruille ou Brule (Brulium 1199) ou le bois marécageux (latin brolium, italien broglia) ; le champ du « Castillon » rappelle un petit château ; la « Courbelette », endroit où une rue, un ruisseau font une courbe ; le « Campiau » vers Flénu (Mons), petit champ, où eut lieu le dernier acte de la bataille de Jemappes en 1792 ; Pont au Bourdeau (1407) ; la Croix SaintEtton (1407) ; le Château le Diable, ruines peut-être de l'ancien oratoire de Saint-Quentin, élevé à la fin du ; champ de Baroncouture ; l'Esquigne et l'Eskielette (1379), champs qui donnèrent leurs noms à deux très anciens charbonnages.

Géographie

Situation Quaregnon est située dans la province de Hainaut en Wallonie, la commune est située dans le Borinage et elle fait partie de l'arrondissement de Mons.

Communes limitrophes

Sections de commune # Nom Superf.(km²).. Habitants(2025). Habitantspar km² Code INS 1 Quaregnon 9,19 15.715 1.711 53065A 2 Wasmuel 2,02 3.307 1.635 56065B

Géographie physique La géographie physique de Quaregnon s’inscrit dans le paysage caractéristique du Borinage, une sous‑région du Hainaut façonnée par un relief doux, des sols limoneux et un réseau hydrographique modeste mais structurant. La commune repose sur un plateau faiblement ondulé dont l’altitude varie généralement entre 30 et 80 mètres, formant un ensemble de pentes légères issues de l’érosion ancienne des formations sédimentaires du bassin houiller. Les données altimétriques régionales montrent une topographie peu contrastée, dominée par des replats et des versants très modérés, typiques des zones périphériques du sillon minier wallon.

Le sous‑sol appartient au bassin houiller du Couchant de Mons, constitué de schistes, grès et veines de charbon profondément enfouis, dont la présence a influencé la morphologie locale par l’apparition de légers affaissements miniers et de micro‑reliefs anthropisés. Les sols sont majoritairement des limons loessiques déposés durant les périodes froides du Quaternaire, reposant sur des formations sablo‑argileuses. Les planchettes de la Carte des Sols de Belgique indiquent une prédominance de sols limoneux bien drainés, parfois hydromorphes dans les zones plus basses, avec une valeur agricole variable selon la profondeur du limon et la présence d’horizons argileux sous‑jacents.

L’hydrographie est discrète mais structurée autour de petits ruisseaux appartenant au bassin de l’Escaut. Ces cours d’eau, souvent rectifiés ou canalisés au fil du temps, s’insèrent dans de faibles vallons qui contribuent à modeler le paysage. Les données hydrographiques régionales recensées dans les thématiques INSPIRE confirment la présence de ces éléments linéaires, associés à quelques zones humides résiduelles et à un réseau de fossés drainants typique des communes densément urbanisées du Hainaut.

Le paysage actuel résulte d’une combinaison de facteurs naturels et d’une forte empreinte humaine. Les terrils, bien que situés principalement dans les communes voisines, influencent l’horizon visuel et témoignent de la transformation du relief originel. Les photographies aériennes et données LiDAR disponibles via le Géoportail de la Wallonie montrent une occupation du sol très urbanisée, entrecoupée de poches végétalisées, de parcs et de friches, où subsistent les traces du parcellaire ancien et des infrastructures minières.

Démographie

Démographie: Avant la fusion des communes

Source: DGS recensements population

Démographie : Commune fusionnée

En tenant compte des anciennes communes entraînées dans la fusion de communes de 1977, on peut dresser l'évolution suivante :

Les chiffres des années 1831 à 1970 tiennent compte des chiffres des anciennes communes fusionnées. Source: DGS , de 1831 à 1981=recensements population; à partir de 1990 = nombre d'habitants chaque 1 janvierhttps://view.officeapps.live.com/op/view.aspx?src=https%3A%2F%2Fstatbel.fgov.be%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Ffiles%2Fdocuments%2Fbevolking%2F5.1%2520Structuur%2520van%2520de%2520bevolking%2FPopulation_par_commune.xlsx&wdOrigin=BROWSELINK

+ Évolution démographiqueAnnéePopulationÉvolution 1992=index 1001992100,01993100,0199499,4199598,7199698,7199798,8199898,4199998,1200097,6200197,1200296,7200395,8200495,7200595,0200695,4200794,8200895,6200995,5201096,0201196,5201296,0201395,5201496,0201596,6201697,1201796,9201896,7201996,7202096,2202196,4202296,0202396,6202496,4202596,8202696,7

Histoire vignette|gauche|Les armoiries de Quaregnon. Ce grand village populeux du Borinage a plus d’une particularité. Son histoire ne présente pas de faits saillants. Quaregnon était autrefois la propriété du chapitre de Sainte-Waudru. Le comte de Hainaut, à titre d’abbé, avait le tiers des droits seigneuriaux. L’abbaye de Saint-Ghislain possédait la collation de la cure et jouissait de la dîme conjointement avec le curé. On y trouvait la seigneurie de le Vol, dite de Lambrechies et le fief de Briancon. Cette commune obtint une charte-loi au . La mairie héréditaire de Quaregnon est mentionnée au . Elle appartenait au commencement du la famille de CarnièresEn 1308, Gossuin de Carnières avec sa mère Ysabeau de Winti ou de Naast, et son fils aîné Gilles de Carnières portent plainte pour des droits de justice et de loi sur des prés en pâturages cis à Saint-Ghislain, Quaregnon, et Wasmuel, Gossuin appose son sceau pour lui et son fils qui n'en a pas., qui la vendit au chapitre de Sainte-Waudru en 1321. Celui-ci l’engagea à plusieurs reprises.

Gilles ou Gillion de Carnières, écuyer, seigneur de Carnières en 1308, fils de Gossuin. Il était possesseur de la mairie de Quaregnon, en 1309. En mars 1330, il ne l'était plus car le Comte de Hainaut, Guillaume achète à ses héritiers la mairie de Quaregnon.

En 1894, Émile Vandervelde, homme politique belge, propose le texte idéologique de base du Parti Ouvrier Belge (P.O.B.), la Charte de Quaregnon. Le le RI - Régiment d'Infanterie- et le RAC -Régiment d'Artillerie de Campagne- de l'armée impériale allemande passèrent par les armes 66 civils et détruisirent lors des atrocités allemandes commises au début de l'invasion. Plusieurs familles de mineurs trouvèrent refuge sur le Plateau matheysin, au sud de Grenoble (France). Cette région du Dauphiné, réputée pour ses mines d'anthracite (fermées en 1997), accueillit beaucoup de Belges, notamment à La Mure.

Héraldique

Politique et administration

Conseil et collège communal 2024-2030 Collège communal Bourgmestre Damien Jenart PS 1er Échevin Calogero Fortunato PS 2e Échevin Blaise Hismans PS 3e Échevine Christelle Demoustiez PS 4e Échevin Olivier Harmegnies PS 5e Échevine Elena Millitari PS Président du CPAS François-Michel Vray PS

Liste des bourgmestres de 1830 à aujourd'hui

Pierre Philibert Marie Bonne Buisseret, de 1830 à 1831. Modeste Albert Derbaix, de 1831 à 1843. Henri Joseph Delecosse, de 1843 à 1848. Quentin Nicolas Plumat, de 1848 à 1855. Ferdinand Daubresse, de 1855 à 1858. Ambroise Modeste Derbaix, de 1858 à 1879. Félicien Malengreau, de 1881 à 1886. Alphonse Dupuis, de 1886 à 1890. Félicien Malengreau, de 1890 à 1895. Henri Roger, bourgmestre faisant fonction, de 1896 à 1903, (POB). Anthime Alexandre Malengreau, de 1903 à 1912.

Charles Dupuis, de 1912 à 1921, (Parti Catholique). Florian Pierard, de 1921 à 1924. Oscar Doublet, de 1924 à 1934, (POB). Georges Plumat, de 1934 à 1957, (POB-PSB). Gabriel Chéron, de 1940 à 1944 (bourgmestre de guerre). Alfred Bonjean, de 1957 à 1976, (PSB). Edgard Hismans, de 1977 à 1995, (PSB-PS). André Col, de 1988 à 1992, faisant fonction, (PS).

André Col, de 1995 à 2000 (PS). Guy Roland, de 2001 à 2012, (PS). Jean-Pierre Lepine, de 2012 à 2021, (PS). Damien Jenart, de 2021 à aujourd'hui, (PS).

Jumelages

Patrimoine et culture

Patrimoine architectural Patrimoine immobilier classé

La tour Saint-Quentin vignette|redresse|La tour de l'ancienne église Saint-Quentin et mémorial aux victimes de la guerre 1914-1918.|gaucheLa tour Saint‑Quentin de Quaregnon, aujourd’hui isolée au centre de la Grand‑Place, constitue le dernier vestige de l’ancienne église paroissiale médiévale et l’un des repères patrimoniaux majeurs du Borinage. Édifiée en moellons de grès hennuyer, elle présente une stratification architecturale qui témoigne de plusieurs siècles d’occupation religieuse. Les premières mentions d’une église en pierre dédiée à Saint‑Quentin remontent au début du , mais la tour actuelle intègre des parties datées des , ce qui en fait un témoin rare de l’évolution du gothique régional. Elle est construite sur un plan carré et s’élève en quatre niveaux séparés par des cordons‑larmiers. Son dernier étage est percé d’ouïes jumelées en arcs aigus, surmontées d’une corniche moulurée reposant sur de petits corbeaux, qui portait autrefois une flèche aujourd’hui disparue. De puissants contreforts talutés renforcent l’ensemble, rappelant la fonction de clocher‑porche qu’elle occupait dans l’église médiévale.