Torigni-sur-Vire est une ancienne commune française du département de la Manche et de la région Normandie, peuplée de habitants. Elle est depuis le une commune déléguée au sein de la commune nouvelle de Torigny-les-Villes.
Elle est située à une dizaine de kilomètres au sud-est de Saint-Lô, elle est le siège de la communauté de communes et a été chef-lieu de canton jusqu'en 2015.
Géographie Localisation Torigni-sur-Vire est en Bocage normand, plus précisément en Pays saint-lois.
Géologie et relief Le point culminant () se situe au sud-ouest, en limite de commune, près du lieu-dit la Maladrerie. Le point le plus bas () correspond à la sortie du territoire des Nonains, à l'ouest.
Hydrographie Le territoire est entièrement dans le bassin de la Vire par un sous-affluent appelé ruisseau de Torigni. ou les Nonains.. Ce ruisseau et ses deux affluents alimentent dès leur entrée sur le territoire les étangs de Torigni, puis le ruisseau traverse l'agglomération avant de passer sur le territoire de Condé-sur-Vire où il rejoint le Hamel un kilomètre avant sa confluence avec le fleuve côtier.
Climat La pluviométrie annuelle avoisine les (archive Wikiwix du site basse-normandie.ecologie.gouv.fr)..
Paysages L'atlas de paysages de la Basse-Normandie place principalement la commune dans l'unité de la vallée de la Vire aux « paysages variés mais déterminés par un encaissement profond du cours d’eau »., mais en limite ouest du Bocage en tableaux caractérisé par « une série de vallées parallèles sud-ouest/nord-est » aux « amples tableaux paysagers » .. Ne couvrant que , le territoire communal est le moins étendu de son canton et est majoritairement couvert par l'agglomération. Celle-ci est à au sud-est de Saint-Lô et à au nord de VireDistances routières les plus courtes selon Viamichelin.fr..
Urbanisme Lieux-dits, hameaux et écarts En dehors de la partie urbaine, les principaux lieux-dits sont, de l'est à l'ouest, dans le sens horaire, la Passelaie, la Bigne (au sud), la Cavée, la Maladrerie, la Dannerie, la Goulerie, le Champ (à l'ouest) et la Planquerie..
Voies de communication et transports La ville est au croisement de l'ancienne route nationale 174, déclassée en route départementale 974, et de la départementale 40. Celle-ci permet de rejoindre Caumont-l'Éventé et Caen à l'est et Tessy-sur-Vire à l'ouest. La rejoint l'autoroute A84 à Guilberville au sud et permet de continuer vers Vire. Au nord, elle rejoint Saint-Lô qui est également accessible par la nouvelle à quatre voies (de Guilberville à Carentan) qui offre une entrée proche sur le territoire de Condé-sur-Vire. Depuis la fermeture aux voyageurs de la gare ferroviaire de Torigni et de la ligne Saint-Lô - Vire en 1938, la gare la plus proche est celle de Saint-Lô. L'aéroport de Caen-Carpiquet est à .
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Torineo en 1159, Torignie vers 1175, Thorigni en 1252François de Beaurepaire, Les noms des communes et anciennes paroisses de la Manche, éditions Picard 1986, .. Sous l'ancien régime, les graphies Thorigny et Torigny étaient communes, mais à partir de 1810, apparaît Torigni qui va se généraliser dès 1829. Le déterminant complémentaire -sur-Vire est ajouté en 1849, bien que la ville se situe à plusieurs kilomètres de la rivière à laquelle il fait référence.
Certains érudits du passé expliquaient l'origine du toponyme Torigni sur le mode de l'étymologie populaire par le latin turris ignis « tours de feu ». C'est ainsi qu'a été créé le blason de la ville. Ce genre d'étymologie encore reprise de nos jours (monographies, bulletins paroissiaux, hebdomadaires, quotidiens, sites internet) n'est pas basée sur l'étude phonétique des formes anciennes, ni sur celle des homonymes et n'a donc pas de fondement scientifiqueYves Nédélec, Préface à l'ouvrage de François de Beaurepaire, Les noms des communes et anciennes paroisses de la Manche, éditions Picard 1986, ..
Comme le montrent les formes anciennes, Torigni appartient à toute la série des (ex: Thorigny-sur-Marne, Tauriniaco vers 700, Thoriniaco vers 1180, Toriniacum , Thoregny en 1274, Toregni en 1283, Thorigny lez Laigny sur Marne en 1488, Thorigny en France en 1549), (ex: Thorigné-d'Anjou, Tauriniacum en 996 - 1010), Thorignat, à savoir à un type toponymique gallo-roman , composé du suffixe -(i)acum signifiant « lieu, propriété de » (gaulois -acon, du celtique commun *-āko(n) ), précédé d'un nom d'homme gallo-roman Taurinus, anthroponyme qui eut une grande diffusion en Gaule. Ce nom de personne est, entre autres, illustré par saint Taurin, évêque d'Évreux aux .
Il dérive du latin taurus « taureau » (le mot celtique - gaulois - équivalent est taruos, taureau), cependant le suffixe -in- est commun en celtique. La forme féminine Taurina est attestée dans des inscriptions en langue gauloise à côté de termes celtiques (exemple : le peson de fuseau d'Autun, où l'on trouve : TAVRINA|VIMPI « belle génisse » : latin taur- + suffixe diminutif celtique -īno, gaulois vimpi « beau, belle », cf. gallois gwymp « joli »)Pierre-Yves Lambert, La langue gauloise, éditions errance 1994, .. L'utilisation de noms de personnes latins ou latinisés correspond à un processus de romanisation également bien attesté dans l'épigraphie, où les mêmes personnages ou des personnages de la même famille mêlent à la fois des anthroponymes latins à d'autres bien gaulois.
Les formes plus récentes Thorigny ou encore Torigny sont conformes à l'usage qui veut que le [i] final d'un nom propre français soit graphié -y (sauf Henri) depuis la fin du Moyen Âge. La généralisation de la graphie Torigni date du et représente un retour à celle utilisée initialement à l'époque médiévale, ce qui est exceptionnel pour les noms en -(i)acum, sauf dans l'Orne. Le déterminant complémentaire -sur-Vire a été ajouté en 1849, sans que la Vire coule sur son territoire.
Histoire Moyen Âge Torigni formait une baronnie qui existait dès les premiers temps des ducs normands. Parmi ses seigneurs on relève Hamon le Hardi qui participa en 1066 la conquête normande de l'Angleterre, Robert de Gloucester, Jean de Vienne (1351) dont Torigny lui fut donné par Philippe le Bel, Hervé de Mauny, cousin de Du Guesclin.
Dans la première moitié du la paroisse a pour seigneur Hamon aux dents, l'un des barons normands révoltés contre le jeune duc de Normandie, Guillaume le Bâtard, qu'il affrontera en 1047 à la bataille de Val-ès-Dunes, et où il trouvera la mort..
Mabel FitzRobert de Gloucester, fille de Robert FitzHamon apportera à la suite de son mariage en 1121 ou 1122, la baronnie de Torigni, ainsi que celle de Creully, à son époux Robert de Gloucester..
La ville est pillée par les Anglais le lors de la chevauchée d'., et sera aux mains des Anglais, dans le cadre de la guerre de cent Ans et l'occupation de la Normandie par ces derniers, de 1418 à 1450.
Temps modernes Propriété des Goyon de Matignon depuis le deuxième quart du , la baronnie est érigée en comté par lettres patentes de par , en faveur de .
En , le comté est augmenté en faveur de Charles de Matignon puis de son fils, François (1607-1675), des et de plusieurs autres fiefs (baronnie de Guilberville…) par lettre patentes de .
Le , François de Matignon, dans un aveu est titré de comte de Thorigny et de Montmartin, seigneur et baron de Saint-Lô, Conseiller du roi en ses Conseils, chevalier de ses ordres, capitaine de de ses ordonnances, gouverneur des villes, châteaux et citadelle de Cherbourg, Granville et Saint-Lô, lieutenant général de ses armées et au gouvernement de Normandie.. À sa mort, en , le comté échoit à son fils Henri (1633-1682), et entre ensuite dans la liquidation de succession de celui-ci en exécution du testament qu'il a rédigé au château de Caen le , testament passé devant maîtres Jolivet et Le Danois, notaires de Caen, en présence de , curé de Saint-Georges du château de Caen. Le comté, estimé à , rentre dans le lot d'une de ses filles, Charlotte de Matignon (1657-1721) épouse de (1644-1725), suivant un contrat de partage et transaction, passé en l'hôtel du marquis de Seignelay, avec la seconde héritière Catherine-Thérèse de Matignon épouse de Jean-Baptiste Colbert de Seignelay..
Le comté, augmenté au , était composé d'un ensemble de terres et seigneuries situées dans plusieurs « pays » bas-normands, au carrefour du Bessin, du Cotentin et du Bocage virois. Plus de soixante fiefs noble relevaient de cet important fief de dignité, dont le maître avait droit de haute justice sur vingt-neuf paroisses : comme mentionné dans l'aveu et dénombrement des comté et haute justice de Torigny rendu au roi le par François de Matignon (1607-1675). Celui-ci percevait également des droits sur les trois foires annuelles et les deux marchés hebdomadaire établis à Torigny.
Révolution française et Empire Pendant la Révolution française, la commune sera occupée brièvement par la première armée chouanne (1795-1796) de Frotté..
Époque contemporaine Seconde Guerre mondiale Bombardée le , la commune est libérée le par le d'infanterie américain.. À la suite de ces bombardements, le château a entièrement brûlé.
Le , Torigni-sur-Vire intègre avec trois autres communes la commune de Torigny-les-Villes. créée sous le régime juridique des communes nouvelles instauré par la loi du de réforme des collectivités territoriales. Les communes de Brectouville, Torigni-sur-Vire, Guilberville et Giéville deviennent des communes déléguées et Torigni-sur-Vire est le chef-lieu de la commune nouvelle.
Politique et administration Découpage territorial Sous l'Ancien Régime, Torigny est le siège d'un des cinq bailliages royaux ressortissant au présidial de Caen. De 1656 à 1789, elle est le chef-lieu d'une sergenterie () qui ressort à l'élection de Saint-Lô, sauf de 1636 à 1639 et de 1661 à 1691 où elle est rattachée à l'élection de Bayeux..
Tendances politiques et résultats
Candidats ou listes ayant obtenu plus 5 % des suffrages exprimés lors des dernières élections politiquement significatives : Européennes 2014. (39.79 % de votants) : FN (Marine Le Pen) 25,39 %, UDI - MoDem (Dominique Riquet) 23,50 %, UMP (Jérôme Lavrilleux) 22,40 %, PS-PRG (Gilles Pargneaux) 10,57 %, EELV (Karima Delli) 5,05 %. Législatives 2012. : (58,37 % de votants) : Philippe Gosselin (UMP) 46,22 %, Christine Le Coz (PS) 34,25 %, Denis Féret (FN) 8,79 %. (56,67 % de votants) : Philippe Gosselin (UMP) 54,97 %, Christine Le Coz (PS) 45,03 %. Présidentielle 2012. : (80,76 % de votants) : Nicolas Sarkozy (UMP) 33,71 %, François Hollande (PS) 25,50 %, Marine Le Pen (FN) 17,97 %, François Bayrou (MoDem) 9,17 %, Jean-Luc Mélenchon (FG) 8,20 %. (79,65 % de votants) : Nicolas Sarkozy (UMP) 53,49 %, François Hollande (PS) 46,51 %. Européennes 2009. (39.19 % de votants) : Majorité présidentielle (Dominique Riquet) 34,65 %, PS (Gilles Pargneaux) 14,65 %, Centre-MoDem (Corinne Lepage) 10,71 %, LV (Hélène Flautre) 10,24 %, Ext-G (Christine Poupin) 22,40 %, Ext-D (Carl Lang) 5,51 %, FN (Marine Le Pen) 5,35 %.
Administration municipale
Le conseil municipal était composé de dix-neuf membres dont le maire et cinq adjoints.. Ces conseillers intègrent au complet le conseil municipal de Torigny-les-Villes le jusqu'en 2020 et Anne-Marie Cousin devient maire délégué.
Jumelages .
Équipements et services publics Enseignement Le collège public Albert-Camus accueille environ .
Population et société Les habitants sont appelés les Torignais.
Démographie
Sports et loisirs Le Football club des Étangs fait évoluer deux équipes de football en ligue de Normandie et deux autres en divisions de district..
L'Étoile sportive Torigni handball possède une équipe masculine en Honneur régional dans la Ligue de Normandie, et une féminine en Excellence départementale. Le club dispose également de deux équipes B..