L'ordonnance du est une ordonnance royale qui réorganise les corps de l'armée française après l'exil de à l'île d'Elbe. Elle est signée du roi et du baron de Vitrolles, secrétaire d'État provisoire.

À son retour de l'île d'Elbe, le , prend, le , un décret qui rend aux anciens régiments d'infanterie de ligne les numéros qu'ils avaient perdus.

Historique Après un premier amalgame consistant en une réorganisation des deux armées françaises composées des régiments d'Ancien Régime et bataillons de volontaires nationaux en 1793 puis un second amalgame, en 1796, afin de mettre de l'ordre dans la confusion des corps d'infanterie, le Premier consul prescrivit, par décret du , la réorganisation des corps d'infanterie (1803) afin de permettre une professionnalisation de l'armée.

Avec cette organisation l'armée française compta jusqu'à de ligne et légère.

En 1814, après la campagne de France et la bataille de Paris, les troupes alliées entrent dans Paris et obligent, par le traité de Fontainebleau, Napoléon à abdiquer, le , sans conditions.

Louis XVIII débarqué à Calais le , fut reconnu le comme roi de France et arrive à Paris le . Il décide rapidement de réorganiser l'armée.

Il confirme le général Dupont dans ses fonctions de ministre de la Guerre.

Une ordonnance royale du institua un conseil de la guerre chargé de réorganiser l'armée. Il fut composé des maréchaux Ney, Augereau et Macdonald, du ministre Dupont, des généraux Compans et Curial pour l'infanterie, Latour-Maubourg et Préval pour la cavalerie, Sorbier et Évain pour l'artillerie, Léry pour le génie, Kellermann pour la garde, du commissaire ordonnateur Marchand et de l'inspecteur aux revues Félix.

L'ordonnance du réorganisa l'infanterie portant à quatre-vingt-dix le nombre des régiments d'infanterie de ligne et à quinze celui des régiments d'infanterie légère.

Cette réorganisation porte, dans un premier temps, principalement sur la numérotation des régiments en raison de la vacance de certaines unités et de la réduction des effectifs.

Les trente premiers régiments de ligne conservèrent leur numéro, les autres changèrent de numéro. C'est ainsi que les régiments sont numérotés, sans discontinuité, de 1 à 90 pour l'infanterie de ligne et de 1 à 15 pour l'infanterie légère.

Dans un second temps, les neuf premiers régiments prennent une dénomination de type Ancien Régime, en prélude à une dénomination généralisée.

Cette réorganisation permettait au roi, outre, de , l'abandon du drapeau tricolore avec lequel l'armée s'est battue pendant plus de vingt ans. au profit du drapeau blanc du royaume de France et de rompre avec les fastes militaires de l'Empire.

L’article 8 indique en effet :

Une ordonnance du nomma le prince de Condé colonel général de l'infanterie de ligne, le duc de Bourbon colonel général de l'infanterie légère, et le comte d'Artois colonel général des Suisses et de la Garde nationale.

À son retour de l'ile d'Elbe, le , , réorganisa les différents corps de l'armée. Un décret du rendit aux anciens régiments d'infanterie de ligne les numéros qu'ils avaient perdus sous la Première Restauration.

En réponse à ce décret et au ralliement de l'armée à l'Empereur, Louis XVIII prend, le suivant, une ordonnance concernant le licenciement de l'armée. Les ordonnances royales de Gand et de Cambrai, des 17 et , prises par qui créaient deux nouveaux corps d'infanterie légère sous les dénominations de régiment de la Couronne et de régiment du Nord ne furent pas achevées.

Conséquences En revenant sur le trône en 1814, Louis XVIII multiplie les décisions maladroites et s'aliène une partie de la population. Pendant que les autorités font construire une chapelle expiatoire en la mémoire de Louis XVI et Marie-Antoinette, la Grande Armée ne reçoit pas l'ombre d'un hommage, bien au contraire, car Louis XVIII considère qu'il est inutile d'encenser une armée vaincue.

Avec cette ordonnance, continue de dénigrer l'action de l'armée en réduisant les effectifs de l'armée et en restituant le drapeau blanc du royaume de France, aux dépens du drapeau tricolore, révolutionnaire, avec lequel l'armée a combattu depuis 1792.

Ainsi, des soldats français sont morts pour leur pays en héros mais sont complètement oubliés par le nouveau régime ce qui frustre beaucoup. De plus, c'est parce qu'ils ont perdu en défendant la nation qu'ils sont relégués au ban de la société.

À la suite de cette ordonnance, une bonne partie des soldats napoléoniens sont mis à la retraite ou en disponibilité forcée et sont contraints de vivre à demi-solde, ce qui les exaspère.

Le concept de nationalisme échappe alors complètement au roi et à ses conseillers, ce qui fait le jeu de Napoléon , qui se réclame de ce nationalisme. Cette ordonnance met l'armée française à dos du nouveau régime et le prive du soutien nécessaire au combat contre Napoléon lors de son , condamnant la monarchie à l'exil et instaurant le régime des Cent-Jours.

En effet nombre de soldats se rallient à l'Empereur pour cette raison, considérant qu'ils servent un ingrat en la personne du roi.

L'ordonnance du 12 mai 1814

Ordonnance Du Roi sur l'Organisation de l'Infanterie française, pour l'infanterie. Toutefois cette ordonnance concerne également l’organisation de la cavalerie (), l'organisation de l'artillerie (), l'organisation du génie () et celle de la Vieille Garde ().. Au château des Tuileries, le . LOUIS, par la grâce de Dieu, Roi de France et de Navarre ; Voulant déterminer la force et l'organisation de l'infanterie de l'armée française pour le pied de paix ; Sur le rapport de notre ministre de la Guerre ; De l'avis du conseil de la guerre ; Notre Conseil d'État entendu, Avons ORDONNÉ et ORDONNONS ce qui suit : Article II y aura quatre-vingt-dix régiments (90) d'infanterie de ligne. Chaque régiment sera de trois bataillons. Chaque bataillon sera composé de six compagnies, dont une de grenadiers, quatre de fusiliers et une de voltigeurs. Article 2 Les trente premiers régiments conserveront leurs numéros. Le prendra le 31. Le prendra le 32. Le prendra le 33. Le prendra le 34. Le prendra le 35. Le prendra le 36. Le prendra le 37. Le prendra le 38. Le prendra le 39. Le prendra le 40. Le prendra le 41. Le prendra le 42. Le prendra le 43. Le prendra le 44. Le prendra le 45. Le prendra le 46. Le prendra le 47. Le prendra le 48. Le prendra le 49. Le prendra le 50. Le prendra le 51. Le prendra le 52. Le prendra le 53. Le prendra le 54. Le prendra le 55. Le prendra le 56. Le prendra le 57. Le prendra le 58. Le prendra le 59. Le prendra le 60. Le prendra le 61. Le prendra le 62. Le prendra le 63. Le prendra le 64. Le prendra le 65. Le prendra le 66. Le prendra le 67. Le prendra le 68. Le prendra le 69. Le prendra le 70. Le prendra le 71. Le prendra le 72. Le prendra le 73. Le prendra le 74. Le prendra le 75. Le prendra le 76. Le prendra le 77. Le prendra le 78. Le prendra le 79. Le prendra le 80. Le prendra le 81. Le prendra le 82. Le prendra le 83. Le prendra le 84. Le prendra le 85. Le prendra le 86. Le prendra le 87. Le prendra le 88. Le prendra le 89. Le prendra le 90. Le premier régiment d'infanterie de ligne prendra la dénomination de régiment du Roi ; le d'infanterie de ligne prendra la dénomination de régiment de la Reine ; le d'infanterie de ligne prendra la dénomination de régiment de Dauphin ; le d'infanterie de ligne prendra la dénomination de régiment de Monsieur ; le d'infanterie de ligne prendra la dénomination de régiment d'Angoulême ; le d'infanterie de ligne prendra la dénomination de régiment de Berri ; le d'infanterie de ligne prendra la dénomination de régiment d'Orléans ; le d'infanterie de ligne prendra la dénomination de régiment de Condé ; le d'infanterie de ligne prendra la dénomination de régiment de Bourbon.

Il sera ultérieurement donné des noms aux autres régiments d'infanterie de ligne.

Article 3. Il y aura quinze régiments d'infanterie légère. Chaque régiment sera de trois bataillons. Chaque bataillon sera de six compagnies, dont une de carabiniers, quatre de chasseurs et une de voltigeurs. Article 4. Les quinze premiers régiments conserveront leurs numéros : Le d'infanterie légère prendra la dénomination de régiment léger du Roi ; le d'infanterie légère prendra la dénomination de régiment léger de la Reine ; le d'infanterie légère prendra la dénomination de régiment léger de Dauphin ; le d'infanterie légère prendra la dénomination de régiment léger de Monsieur ; le d'infanterie légère prendra la dénomination de régiment léger d'Angoulême ; le d'infanterie légère prendra la dénomination de régiment léger de Berri.

Il sera ultérieurement donné des noms aux autres régiments d'infanterie légère.

Article 5. Les , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , et d'infanterie de ligne, les , , , , , , , , , , , , , , , , , , et d'infanterie légère ; les quinze régiments de tirailleurs, les quinze régiments de voltigeurs et les deux régiments de flanqueurs, seront distribués entre les cent cinq régiments, conformément à la répartition qui en sera faite par le ministre de la Guerre.

Les deux régiments de ligne créés par l'arrêté du dernier seront amalgamés avec les deux régiments d'infanterie de ligne du Roi et de la Reine. Les deux régiments d'infanterie légère créés par le même arrêté seront amalgamés avec les deux régiments d'infanterie légère du Roi et de la Reine.

Article 6. L'état-major et les compagnies, dans chaque régiment d'infanterie de ligne et d'infanterie légère, seront organisés ainsi qu'il suit : État major : 1 colonel, 1 major, 3 chefs de bataillon, 1 quartier-maître, 1 porte-drapeau, 3 chirurgiens, 3 adjudants sous-officiers, 1 tambour-major, 8 musiciens dont un chef, 1 maître tailleur-guêtrier, 1 maître cordonnier et 1 maître armurier soit 29 hommes (13 officiers et 16 hommes de troupe) ; Compagnies : 1 capitaine, 1 lieutenant, 1 sous-lieutenant, 1 sergent-major, 4 sergents, 1 fourrier, 8 caporaux, 56 grenadiers, fusiliers ou voltigeurs et 2 tambours soit 75 hommes (3 officiers et 72 hommes de troupe).

Ainsi la force d'un régiment sera de treize cent soixante-dix-neuf hommes (), dont soixante-sept officiers (67) et treize-cent-douze sous-officiers et soldats () ; et la force totale de l'infanterie de ligne et légère en officiers, sous-officiers et soldats, sera de cent quarante-quatre mille sept cent quatre-vingt-quinze (), dont un quart au moins sera en congé.

Article 7. Dans l'amalgame qui aura lieu pour la formation de chacun des cent cinq régiments, les officiers et sous-officiers de tout grade seront placés titulairement suivant leur rang d'ancienneté, soit qu'ils se trouvent présentement titulaires, soit qu'ils se trouvent à la suite.

Article 8. II y aura par régiment un drapeau, dont le fond sera blanc, portant l’écusson de France et la désignation du régiment. Le modèle nous en sera présenté par le ministre de ta Guerre, et les drapeaux, seront donnés aux régiments à l'époque que nous fixerons. Outre le drapeau de chaque régiment, chaque bataillon aura un fanion, dont la couleur et les dimensions seront déterminées d'une manière uniforme pour tous les régiments, par un règlement du ministre de la Guerre.

Article 9. Il y aura deux enfants de troupe par compagnie, pris parmi ceux des sous-officiers et soldats du régiment : ils jouiront des avantages qui leur ont été accordés par les derniers règlements.

Article 10. Les appointements et indemnités des officiers, et la solde des sous-officiers et soldats, resteront tels qu'ils sont établis par les règlements actuellement en vigueur.

Article 11.