ElleParfois typographié ELLE, en capitales, comme son logo. est un magazine hebdomadaire français féminin et de société, fondé en 1945 par Hélène Lazareff.
La marque Elle, en France et à l'international, est la propriété du groupe Lagardère, lui-même détenu par le conglomérat français Louis Hachette Group (LHG) et est donné en licence dans plusieurs pays du monde. Ce réseau de magazines est géré par le service ELLE INTERNATIONAL{https://bootstrap.rbi.skyhigh.cloud/clientless/#url=https://www.elleinternational.com/}. En France, le titre est racheté en par le milliardaire tchèque Daniel Křetínský.
Historique Lancement Le premier numéro d'Elle est publié le , peu après l'adoption du droit de vote des femmes en France. La fondatrice est Hélène Gordon-Lazareff, l'épouse de Pierre Lazareff, fille d'exilés russes qui avant la guerre commence sa carrière à Paris-Soir, où elle rencontre son mari, puis à Marie Claire. Réfugiée à New York pendant l'Occupation, elle est journaliste au supplément féminin du New York Times et à la rubrique mode au Harper's Bazaar, un magazine de mode luxueux dont elle s'inspire., tout en conservant un marqué.
La ligne éditoriale du journal est posée dès l'origine dans sa ligne de pied : . Hélène Lazareff précise qu'elle souhaite alors . Les premiers dessins qui paraissent dans le magazine sont signés Christian Bérard, Pierre Simon ou encore Doty.
Si le magazine met en valeur les femmes, sa ligne éditoriale n'est pas féministe, même si Simone de Beauvoir et Marguerite Duras y trouvent où . Il fait connaitre Françoise Sagan lors de sa naissance en littérature en 1954, à l'âge de , quand Bonjour tristesse provoque un scandale mondial"Les dimanches de Louveciennes, chez Hélène et Pierre Lazareff" par Sophie Delassein. Alors que le reste de la presse féminine se montre virulente, Elle lui propose une série de trois articles consacrés à l’Italie et en 1955 elle est accueillie à par Hélène Gordon-Lazareff, qui organise une fête.
La référence des magazines de l'époque destiné aux femmes, non élitistes comme le Vogue, sont alors le Marie Claire d'avant guerre et Le Petit Écho de la mode tirant à plusieurs centaines de milliers d'exemplaires. Mais il se distingue des concurrents où tous les postes de direction sont occupés par des hommes et axe sa communication sur un personnel nombreux et très féminisé avec , à hauteur des trois quarts.
Claudine et Marie-France, l’hebdomadaire a cependant pour originalité de présenter , tout en , et de , notamment par le biais de la littérature. À partir d', une série de six reportages valorise le travail féminin dans la santé et en , Elle titre « , : les femmes de lettres s’imposent ». Des redistributions d’articles ont lieu avec le quotidien France-Soir. Pierre Lazareff, qui vient de fonder France Soir, reste très présent au sein de la rédaction.
La place libre laissée par Marie Claire interdit de publication en 1944 laisse donc des perspectives à Elle mais également aux magazines plus conservateurs Marie France (1944) et Claudine (, racheté trois ans plus tard par Elle). Mais Elle, plus haut de gamme, veut .
Le premier numéro d'Elle, sans publicité car voulant s'adresser plus , est rapidement épuisé malgré le tirage de (pour une moyenne de les numéros suivants)"Elle : un outil d’émancipation de la femme entre journalisme et littérature 1945-1960 ?", par Karine Grandpierre, dans la revue Contextes en 2021 . Plus tard, les publicités sont mais le titre reste moins dépendant que ses concurrents : elles oscillent entre 40 et 50 % de sa pagination totale. Le titre tire en moyenne à puis monte à en 1948, pour atteindre le cap des en 1950. Dès les années 1950, par l'influence de sa fondatrice, il acquiert une notoriété internationale ayant valeur de marque"Comment le magazine ELLE a conquis le monde" par Karine Grandpierre, le 16 janvier 2013 dans La revue des médias .
Simone Baron et Alice Chavanne en assurent la responsabilité, assistées du photographe Jean Chevalier comme directeur artistique, avant l'arrivée en de Françoise Giroud, qui restera rédactrice en chef du magazine jusqu'en 1952 avant son départ pour L'Express. La notion d'émancipation des femmes reste omniprésente dans la ligne éditoriale. Certains sujets peu habituels sont abordés, tels la frigidité dès 1949, ou l'hygiène. Dès les débuts, la photographie de mode, alors peu répandue dans la presse, prend une place importante au sein le magazine.
Au départ, le magazine ne comporte qu'une vingtaine de pages. La ligne éditoriale souhaitée par Pierre Lazareff transgresse les principes des magazines féminins de l'époque : moins de chroniques au profit d'informations précises, elle recentre la mode sur les personnalités plus que les créations jusqu'à en promouvoir certaines , achète des images couleur jusqu'à New York pour les mettre en couvertureAprès la Guerre, si la photographie de mode a peu à peu envahie les magazines depuis les années 1930, celle-ci n'est pas encore systématique en couverture, l'illustration de mode étant encore très présente. Modes et travaux ou L'Officiel par exemple, utilisent encore des dessins à cette époque pour leurs couvertures., éloignant ainsi Elle des magazines de mode proches parfois de simples catalogues. Le contenu du magazine est alors composé de pages sur la haute couture et de rubriques avec recettes, astuces pratiques ou patrons. Peu à peu, au-delà de la mode, l'information et la littérature entrent dans les pages du magazine même si la est déjà présente, par les écrits de Colette, dès le premier numéro.
Années 1950 thumb|Olga Varen tenant une édition du magazine en 1952. Dès le début des années 1950, Elle impose son propre style en étant précurseur dans les domaines du d'inspiration américaine, qui vit ses balbutiements ou du prêt-à-porter qui connaitra son âge d'or la décennie suivante. Le magazine tire alors à plus d'un demi-million d'exemplaires. Si le tirage est alors de , Elle est lu par au moins un million et demi de lectrices ; ce sera deux millions la décennie suivante . En 1952, la jeune Brigitte Bardot apparaît sur les couvertures de la publication. Les années suivantes, les écrits de Françoise Sagan sont régulièrement présents au sein du magazine.
Les « Villages magiques » fondé en 1950 par Paul Morihien, ancien nageur devenu libraire, avec l'aide de Pierre et Hélène Lazareff deviennent les « Villages magiques » du journal ELLE, qui fusionneront avec le Club Med en 1956.. Le magazine diffuse régulièrement des articles sur lui tandis que le « bon magique » donne accès aux villages dans lesquelles des vedettes du cinéma et du théâtre sont invités ou parrains. Parmi eux, Torremolinos, près de Malaga, où a été tourné le film Le Désir et l'Amour en 1951, l'histoire de Martine, d'une troupe d'artistes en tournage, tombée amoureuse d'un jeune et beau pêcheur qui doit remplacer au pied levé le rôle principal.
Le photographe Lionel Kazan (qui entre au studio de Jean Chevalier fin 1952) n'est âgé que de quand il publie sa première couverture, le , avec pour décor naturel le désert algérien. D' à fin 1955, Lionel Kazan signe (il en signera presque une centaine). Claude Brouet, alors journaliste, reconnaît aussi la grande complicité qui existait entre Lionel Kazan et Hélène Lazareff, qui ..
Année après année, le prêt-à-porter prend une part de plus en plus large dans le magazine ; celui-ci ne se contente plus de présenter la mode, il devient prescripteur, s'associant aux grands magasins parisiens. Le magazine consacre jusqu'à huit pages à Prisunic, qui a lancé une ligne de vêtements en 1956 avec Denise Fayolle. Si la haute couture n'est plus prépondérante, Elle reste l'un des rares organes de presse français soutenant Gabrielle Chanel à son retour aux affaires en 1954, ainsi que le débutant Pierre Cardin, le du magazine les années suivantes. Peter Knapp prend la direction artistique en 1959 ; il y restera deux décennies. C'est lui qui donne au mensuel sa forme définitive.
Années 1960 et suivantes Dans les années 1960 et au début des années 1970, le magazine . À la fin des années 1960, des bons réductions délivrés avec le magazine pour les marques de Ungaro, Ricci, Cardin, Courrèges, ou Saint Laurent, entre autres, . Les grands noms , ainsi que les étoiles montantes de la mode, y participent. L'écrivain Alexandre Vialatte y tient une chronique régulière : Le Paris des Parisiennes. Catherine Rousso entre au magazine en 1969 puis devient rédactrice en chef ; elle y restera plus de quarante ans. Vers cette époque, les principaux combats pour l’émancipation des femmes ont déjà été menés depuis la fin de la guerre et dans les années 1970 à 80, la ligne éditoriale s’essouffle et cherche une nouvelle image de la femme. Le « Grand prix des Lectrices de Elle » est lancé le ; il évoluera notablement en 1977 puis en 2002.
Éliane Victor, recommandée par Françoise Giroud, devient rédactrice en chef du magazine en 1978, dans une période ou les tirages sont en baisse. Elle quitte le magazine quatre ans plus tard, ayant réussi à remonter les chiffres de ventes.
En parallèle est lancé en 1986 aux États-Unis l'édition américaine du magazine. Avec sa maquette colorée, sexy et « jeune », c'est rapidement un succès, le magazine allant jusqu'à dépasser les ventes du Harper's Bazaar avec (second des ventes « presse féminine » dans ce pays) et à faire vieillir l'image élitiste du Vogue US, poussant à la perte de son influente rédactrice en chef Grace Mirabella.
En 2002, Valérie Toranian, succède à Anne-Marie Périer, comme directrice de la rédaction du journal, avant d'être remplacée par Françoise-Marie Santucci, en . Rapidement, celle-ci modifie la ligne éditoriale du magazine, entraînant quelques remous de la part de la société des journalistes du magazine.
En 2015, Elle est présent dans le monde entier avec internationales et plus de de lectrices. Le magazine tire pour 2014 à plus de , en forte chute par rapport aux années précédentes.
CMI En , le Groupe Lagardère et sa filiale Hachette Filipacchi Médias annoncent la vente prochaine de plusieurs de leurs organes de presse, dont le magazine Elle, à l'homme d'affaires et patron de presse tchèque Daniel Křetínský... Finalement, en , Lagardère cède ses titres de presse magazine en France (à l'exception de Paris Match et du JDD) à la société Czech Media Invest (CMI) dirigée par Daniel Křetínský.. Cette cession s’accompagne de la concession d’une licence exclusive pour la France sur la marque « Elle » au profit de CMI. Le groupe Lagardère demeure propriétaire de la marque Elle en France et à l’international et touche des royalties. CMI renouvelle la publication en augmentant le grammage du papier, entreprend d'orienter la ligne éditoriale plus vers les « news » et développe des numéros « hors série ».
En , le magazine Elle obtient le statut de publication d’information politique et générale (IPG), une décision historique pour un magazine féminin et une reconnaissance de tous les combats que mène le magazine depuis sa création, en particulier pour l'égalité hommes / femmes... Ce statut le place au même niveau que L'Obs ou Le Point par exemple et ouvre les portes .
En , ELLE.fr lance la version payante de son site en ligne. Quelque dix millions de personnes s'abonnent en quelques mois.
En , afin d’accélérer la mutation numérique de Elle, CMI France nomme Véronique Philipponnat directrice du journal.. En juin, le magazine obtient une interview du Président Emmanuel Macron qui fait le buzz et fait sensiblement progresser les ventes.. La marque « Elle » est alors rentable pour CMI réalisant environ 20 % du chiffre d'affaires du groupe, suivie de près par Art et Décoration. En parallèle, le groupe Lagardère continue de fournir du contenu « clef en main » pour toutes les éditions internationales, dont la française, même si la majorité des pages sont produites en local.