Le Taklamakan (تەكلىماكان قۇملۇقى en ouïghour, Täklimakan qumluqi en UKY, ) est un désert continental d'Asie centrale, dont la grande majorité de la surface se trouve dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang en République populaire de Chine.

Il est surnommé la « Mer de la mort ».

L'étymologie du mot Taklamakan est incertaine, les deux hypothèses les plus vraisemblables étant soit un emprunt à l'arabo-persan (« endroit délaissé, à l'abandon ») soit une expression strictement ouïghoure, taqlar makan, signifiant « lieu des ruines ».

De forme ovoïde, ce désert occupe une vaste cuvette géologique bordée par les massifs du Pamir et des Tian Shan au nord et à l'ouest et par la cordillère du Kunlun puis le plateau du Tibet au sud. Il se situe à l'ouest du désert de Gobi.

Avec d'ouest en est et du nord au sud et une surface de Données géologiques sur geology.com, il s'agit du le plus vaste, bien que ce classement varie selon les sourcesDescription du Taklamakan sur worldlingo.

Le désert conjointement avec les forêts de peupliers de l'Euphrate ont été proposés en 2010 pour une inscription au patrimoine mondial et figure sur la « liste indicative » de l’UNESCO dans la catégorie patrimoine naturel..

Géographie physique thumb|left|Dans le Xinjiang, la région autonome ouïgoure thumb|right|300px|Désert du Taklamakan et le bassin du Tarim Ce désert très ancien Anthony J. Parsons, Athol D. Abrahams, Geomorphology of desert environments, Springer, 1994, , qui se situe dans le gigantesque bassin du Tarim, est un désert de sable mouvant, avec environ 85 % de sa surface constituée de dunes de sable mouvantes. Il présente une importante subsidence entre la dépression de Tourfan et les monts Kunlun et Karakoram, vraisemblablement formée au cours de l'oligocène. L'ensemble repose sur d'épaisses couches sédimentaires — pouvant atteindre jusqu'à mètres — formées au pliocène et au pléistocène. Cet affaissement important a permis la formation du fleuve Tarim, long de et qui se perd dans le Lop Nor (Lac Lop en mongol), immense marécage salé situé au sud de Tourfan et dont la superficie diminue au fil des siècles. C'est là que la Chine a effectué la plupart de ses essais nucléaires.

D'autres cours d'eau, comme la Keriya, descendent du massif du Pamir, à l'ouest, ou des Kunlun, au sud-ouest. Il y a , à la fin de la dernière glaciation, la Keriya traversait le désert jusqu'au Nord. Cette phase d'écoulement s'est produite jusque vers , puis le débit a diminué et les eaux se sont perdues dans les sables. Les anciens cours sont signalés par les troncs d'arbres morts grossièrement alignés entre les dunes. Les explorateurs y ont trouvé d'anciennes cités, comme celle qui a été appelée Jumbulak Kum (« Les Sables ronds »), sur un ancien cours de la Keriya. Datée de l'an 500 , elle était située très en profondeur dans le désert. Aujourd'hui, seule la rivière de Khotan, située plus à l'ouest, parvient à traverser le désert.

Ses dunes, de natures différentes, atteignent des hauteurs allant de à . Elles auraient achevé leur formation il y a ans. Bien que principalement sablonneux et constitués d'ergs, on y trouve également des plaines argileuses et des regs.

Climat Tempêtes de sable au-dessus du Taklamakan|thumb|left|250px Le climat du Taklamakan est continental. Il se caractérise par des précipitations extrêmement faibles, allant de par an à l'Ouest à seulement par an à l'Est. Cette aridité provient notamment du fait que lors de l'élévation du plateau tibétain durant le Miocène, les modifications majeures de la circulation atmosphérique ont profondément transformé les paramètres de la mousson et rendu le bassin particulièrement sec.

Les températures estivales sont élevées, pouvant atteindre à l'extrémité Est du désert — la température moyenne étant de en juillet. Les hivers y sont assez froids, avec une moyenne de -9 à en janvier. Les températures les plus basses peuvent facilement atteindre les Takla Makan Desert, sur britannica.com.

Les vents de Nord et de Nord-Ouest, prédominants en été dans les régions de l'Ouest du désert, forment une circulation complexe des masses d'air à leur point de convergence — près du centre du désert, à proximité de la Keriya — ce qui influence fortement la topographie des dunes de sable. Au printemps, de forts courants ascendants se forment en raison du réchauffement des sols, ce qui engendre des vents de Nord-Est pouvant s'avérer très puissants. Pendant cette période, ces derniers — mêlés aux vents provenant d'autres directions — génèrent de fréquentes tempêtes de sable qui remplissent l'atmosphère de poussière et ce, jusqu'à d'altitude.

Écorégion

Le désert du Taklamakan constitue une écorégion terrestre définie par le Fonds mondial pour la nature (WWF), qui s'étend au-delà des limites géographiques du désert mais exclut la zone des forêts décidues et steppe du bassin du Tarim, située en son centre.

Flore Presque intégralement composé de sable en mouvement, le désert n'abrite pratiquement aucune végétation. Lorsque le mouvement du sable ralentit, les dunes peuvent être colonisées par certaines espèces végétales telles que Alhagi sparsifolia, Scorzonera divaricata ou Karelina caspica. Dans les régions périphériques dont le substrat est plus stable, la végétation peut couvrir jusqu'à 5 % du sol. Les principaux arbustes sont Ephedra przewalskii et Nitraria sphaerocarpus. Les arbres qui poussent le long des cours d'eau sont des peupliers de l'Euphrate. Les sables peuvent porter des arbrisseaux du genre tamarix ou des graminées.

Faune En raison de son inhospitalité pour l'homme, le désert du Taklamakan abrite encore de petites populations d'animaux ayant disparu du reste de la Chine, comme le chameau de Bactriane et l'âne sauvage d'Asie.

Le Lob Nor, où l'on pratique la pêche à la pirogue, abrite, selon les saisons, une grande quantité d'oiseaux aquatiques : mouettes, sternes, cygnes, canards, hérons, etc.

Conservation L'activité de l'homme a tendance à réduire leur territoire, par l'exploitation des forêts ou de mauvaises pratiques d'irrigation : on estime que le désert a gagné depuis le début de notre ère, dont au cours du . La surface des forêts de peupliers serait passée de en 1958 à en 1979.

Ceinture verte

Depuis 1978, le gouvernement chinois met en oeuvre des politiques de lutte contre la désertification dans le nord du pays, notamment via la Grande Muraille Verte. Dans la période maoïste, les espaces désertiques ont parfois été présentés comme un milieu à "vaincre", tandis que les inquiétudes liées aux tempêtes de sable et à l'avancée de la désertification se renforcent.

Le programme vise à établir une chaîne végétale discontinue combinant zones boisées, prairies et zones agricoles, sur un axe allant du Xinjiang au Heilongjiang dans le nord de la Chine. Il est souvent présenté comme l'un des plus vastes projets de reboisement au monde.

Autour du Taklamakan, les plantations mobilisent des essences adaptées aux milieux arides (peupliers du désert, saxaouls, saules) afin de fixer les dunes et de protéger les infrastructures. Des analyses soulignent toutefois qu'une logique initiale de volumes, avec des essences à croissance rapide, a pu se faire au détriment de la diversité écologique et de la durabilité, tandis que les campagnes plus récentes insistent davantage sur l'adaptation locale, la régénération, la diversité des essences et les contraintes hydriques.

Fin novembre 2024, Reuters rapporte l'achèvement d'une ceinture végétalisée d'environ 3 000 km autour du Taklamakan, après la plantation du dernier tronçon sur la bordure sud, dans le comté de Yutian, et relève que l'efficacité contre les tempêtes de sable ainsi que les taux de survie des plants restent débattus.

Une étude publiée en 2026 conclut que la restauration écologique en marge du Taklamakan s'accompagne d'une absorption nette de CO2, suggérant la formation d'un puits de carbone local associé aux plantations.

Cette dynamique s'inscrit dans un ensemble plus large d'aménagements régionaux, dont le chemin de fer Hotan-Ruoqiang, présenté comme la dernière section permettant de boucler une boucle ferroviaire autour du Taklamakan. Dans le domaine énergétique, pv magazine rapporte qu'une filiale de China Three Gorges Energy a annoncé en 2024 un projet intégré dans le Taklamakan comprenant notamment 8,5 GW de solaire et 4 GW d'éolien, avec des capacités de stockage.

Population humaine

Le désert du Taklamakan est bordé au nord et au sud par une série de villes-oasis comme Gaochang, Tuyoq et Tourfan qui constituaient les branches nord et sud de la route de la soie entre les chaînes de montagnes environnantes et le corridor du Gansu à l'est.

Depuis le , la population est constituée de Ouïgours turcophones. Depuis le milieu du , la région connaît une forte immigration de Chinois Han.

Antérieurement, la région était habitée par une population de langue indo-européenne, les Tokhariens, qui furent progressivement turquisés. Les traces archéologiques (en particulier les momies du Tarim) indiquent un peuplement depuis le début du millénaire avant notre ère au moins.

Bibliographie Pierre Gentelle, « Une géographie du mouvement : le désert du Taklamakan et ses environs comme modèle », Annales de géographie 567, .

Bibliographie : Art et culture thumb|Site de la vallée du fleuve Keriya

et : cette exposition évoque une aire culturelle comparée avec le monde des steppes des Scythes de la Sibérie du Sud et du Kazakhstan, l'empire kouchan et le Gandhara, sur la période allant du au de notre ère L'exposition présente l'étude de textiles antiques (s), divers et d'exceptionnelle qualité, parfois d'une grande finesse (100 trames au cm). Elle documente aussi le plus ancien sanctuaire bouddhique (première moitié du ) du Xinjiang, en matériaux présumés périssables mais qui ont survécu dans le cadre désertique, avec ses décors peints réalisés à main levée d'un trait rapide et juste. Tandis que les figures des buddha ont des traits indianisés, le décor et le traitement des vêtements sont le fruit d'un métissage culturel. L'exposition apporte des témoins d'échanges avec le sous-continent indien ancien, la Bactriane et le monde hellénistique, et la Chine ancienne sur la route de la soie. La continuité avec certaines pratiques actuelles au Xinjiang ouïgour est relevée. Les processus de désertification, l'architecture, la vie domestique et la musique ouïgoures (du Turkestan chinois) font l'objet d'articles illustrés (photographies et poèmes) qui situent l'enquête archéologique précisément. Bibliographie.

Bon aperçu photographique pour des comparaisons avec les grottes du Xinjiang.

Judy Bonavia, trad. Matthieu Salem, Guides Olizane, Route de la soie - de Xi'an à Kashgar sur les traces des caravanes, Genève 2002 . Les momies du Taklamakan : un reportage d'ARTE VOD, 2003, sur la Mission archéologique franco-chinoise au Xinjiang, conduite par Corinne Debaine-Francfort.. et Idriss Abduressul..

Peter Hopkirk, Bouddhas et rôdeurs sur la route de la soie, Londres, 1980

Références

Voir aussi

Articles connexes Bassin du Tarim Géographie de la Chine Grande muraille verte (Chine) Momies du Tarim, Complexe funéraire de Xiaohe Makan Map Route de la soie, Endere, Miran, Niya Alphabet kharoshthi

Liens externes

Une nouvelle « autoroute » fend le sable du désert géant du Taklamakan, Papiers de Chine

Taklamakan Taklamakan Catégorie:Géographie du Xinjiang Catégorie:Bassin sédimentaire Catégorie:Environnement dans la région autonome du Xinjiang Catégorie:Écorégion en Chine Catégorie:Route de la soie Catégorie:Liste indicative du patrimoine mondial en Chine