Sainte-Anne-sur-Vilaine est une commune française située dans le département d'Ille-et-Vilaine en région Bretagne. Elle fait partie du canton de Bain-de-Bretagne et de l'arrondissement de Redon.
Géographie Localisation La commune est située à dix kilomètres de la RN 137 appelée « Route des Estuaires » et approximativement à mi-chemin entre les deux grandes agglomérations que sont Rennes et Nantes, soit à environ quarante minutes de la première et cinquante minutes de la deuxième.
Communes limitrophes
Géologie, relief, hydrographie L'altitude de la commune varie entre . La commune est bordée par la Vilaine et la Chère.
Voies de communication et transports La gare de Fougeray - Langon est située à trois kilomètres du bourg et la gare de Messac - Guipry à quinze kilomètres du bourg. La commune est desservie par la ligne 5 du réseau BreizhGo allant de Grand-Fougeray à Rennes.
Ces deux moyens de transports permettent aux habitants de se déplacer dans les grandes agglomérations.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par la Vilaine, la Chère, le Gras, le ruisseau de la Taberge..
La Vilaine, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Juvigné et se jette dans l'océan Atlantique à Camoël, après avoir traversé ..
La Chère, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Soudan et se jette dans la Vilaine à Pierric, après avoir traversé dix communes..
Le Gras, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de La Noë-Blanche et se jette dans la Vilaine sur la commune, après avoir traversé quatre communes..
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Sainte-Anne-sur-VilaineLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : l'étang de la Taberge ()..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de La Noë-Blanche à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Sainte-Anne-sur-Vilaine est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Institut national de la statistique et des études économiques en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (91,8 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (93,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (50,3 %), zones agricoles hétérogènes (33,1 %), prairies (8,4 %), zones urbanisées (3,6 %), forêts (2,6 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (1 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (0,9 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie
En gallo, le nom de la commune est Sainte-Ane.
La forme bretonne normalisée donnée par l'Office public de la langue bretonne est Santez-Anna-ar-GwilenOffice public de la langue bretonne.
Dans une étude publiée en 1990, Jean-Yves Le Moing indique que 4,4 % des toponymes de la commune sont bretonsJean-Yves Le Moing, Les noms de lieux bretons de Haute-Bretagne, Coop Breizh, 1990, p. 399.
Histoire Moyen-Âge À l'extrémité nord de la commune (à la limite de la commune actuelle de Guipry-Messac) sur la rive gauche de la Vilaine, le lieu-dit "l'Ermitage", un rocher élevé et taillé à pic du côte du cours d'eau, correspond à la retraite de trois ou quatre cénobites. A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, écrivent en 1843 qu'on y voit encore quelques murs d'enceinte et les murailles de l'habitation elle-même et qu'une carrière de phyllade est exploitée pour la reconstruction des écluses de la Vilaine..
Sainte-Anne avant la création de la commune
Depuis la création de la commune
La fin du et le La commune a été créée en 1880, par démembrement de la commune de Grand-Fougeray, sous le nom de Sainte-Anne. Sainte-Anne devient officiellement Sainte-Anne-sur-Vilaine en 1971.
Querelle des Inventaires (1906) La commune de Sainte-Anne connait des troubles significatifs dans le cadre de l'application de la dévolution des biens des Églises à des associations cultuelles, prévue par la loi de séparation des Églises et de l'État du 9 décembre 1905.
Le , environ 400 personnes, dont le maire Émile de Calbiac, et son adjoint Henri de Gouyon, se barricadent à l'intérieur de l'église. Le vicaire mène la résistance, qui devient active du fait du déploiement des forces armées sur ordre du sous-préfet de Redon. Ce dernier se met à la tête de deux compagnies d'infanterie et de cinquante gendarmes et met Sainte-Anne en état de siège. Les hommes, serrés les uns contre les autres et se donnant le bras, barrent l'accès au cœur de l'église, tandis que les femmes restent en retrait non loin du tabernacle. Les gendarmes se frayent alors un passage à coups de crosse de carabine. La bagarre qui éclate laisse un gendarme gravement blessé. Le sous-préfet procède à des arrestations massives : de nombreuses personnes, y compris des jeunes filles, sont menottées. Seulement six habitants, tous cultivateurs, sont arrêtés et inculpés. Deux frères, âgés d'une vingtaine d'années, sont condamnés à plusieurs jours de prison. L'un d'entre eux, Pierre Garçon, a notamment mordu un gendarme de la brigade de Guichen. Le préfet punit le maire et son adjoint en les suspendant de leurs fonctions.
Pour l'historien Anthony Hamon, la rébellion des Saintannais et Saintannaises repose tout autant sur des considérations politiques et religieuses que communautaires. L'application de la loi du , qui se traduit par la visite d'un agent du fisc, est perçue par la population comme une intrusion intolérable de l'État dans les affaires locales. En effet, la communauté saintannaise se sent propriétaire des édifices religieux : les constructions du presbytère, résidence du recteur, et de celle de l'église achevée en 1846, ont été financées en majorité par les habitants. C'est ce que confirme la lettre du recteur Jean-Marie Lebreton et d'Auguste Heuzé, président du conseil de fabrique, adressée aux autorités la veille de l'inventaire : « Vous avez donc ordre d’inventorier cette église ! Demandez aux plus anciens de ceux qui m’entourent ce qu’elle leur a coûté ! Ce qu’elle leur a coûté ? Je puis le dire moi-même, m’appuyant sur le témoignage du vénéré fondateur de cette paroisse, M. Aubrée : « Je certifie hautement que pour la construction de leur église, les habitants de Sainte-Anne ont fait preuve d’une bonne volonté incroyable ; quelques-uns, après avoir vidé leur bourse, ont emprunté des sommes considérables ; d’autres, avec un courage qui m’arrachait des larmes, ont même été jusqu’à vouloir vendre leur bien-fonds et leur mobilier. » Comprenez-vous maintenant notre émotion ? — Nous sommes tous émus, Monsieur, parce que cette église a coûté à tous ; et il n’est pas une famille qui n’ait le droit de réclamer une part dans le mobilier, une part dans les pierres ! Aussi faisons-nous formellement toutes réserves sur la question de propriété, et sur l’évaluation que vous ferez au cours de votre inventaire.»« L'émotion » des habitants de Saint-Anne provient également d'une mauvaise interprétation de l'encyclique Vehementer nos, publiée le par le pape Pie X. S'il condamne bien la loi de séparation du , le pape ne lance aucun appel à la résistance active contre les inventaires. En revanche, le clergé et les catholiques intransigeants d'Ille-et-Vilaine considèrent que l'encyclique interdit les associations cultuelles. À Sainte-Anne, l'exécution de la loi est même perçue comme une atteinte à l'autorité spirituelle du Saint-Siège, comme le révèle encore la lettre du :« Devant cette loi nous étions attristés ; mais nous ne disions rien, parce que notre Chef, à nous catholiques, le Pape, celui-là qui a reçu de Dieu la mission de nous diriger, n’avait point fait entendre sa voix sur ce point. Aujourd’hui, il a parlé ; Il nous a dit, à nous ses enfants, qu’il réprouvait et condamnait cette loi. Jusqu’au jour où il a parlé, nous ne voyions, dans la démarche que vous faites en ce moment, qu’une mesure vexatoire ayant toutes les apparences d’une spoliation future ; maintenant, nous y voyons de plus un mépris formel de l’autorité la plus grande et la plus respectable qui soit au monde, l’autorité du Père commun de tous les fidèles.»
La Première Guerre mondiale Au total, dix-sept habitants de la commune de Sainte-Anne engagés sous les drapeaux sont tués ou portés disparus au cours de la Première Guerre mondiale.
Le pic de mortalité est atteint dès le début du conflit, avec six morts, durant la bataille des Frontières d'. Quatre d'entre eux perdent la vie le , notamment lors du combat de Virton, épisode sanglant de la bataille des Ardennes. L'année 1915 est également plus meurtrière, avec cinq tués et disparus, contre un seul en 1916, trois en 1917, et deux en 1918.
Le dernier Saintannais à perdre la vie au combat s'appelle Julien Provost : il meurt à Crouttes-sur-Marne, le , durant la seconde bataille de la Marne.
La mémoire des soldats tués ou disparus pendant le conflit est honorée par une plaque commémorative en forme de croix, accrochée sur le mur extérieur de l'église à côté de la grande porte d'entrée, ainsi que par un monument aux morts.
La Seconde Guerre mondiale vignette|Le mémorial inauguré le 7 septembre 2002.