Saint-Étienne-en-Coglès (prononcé , comme Cogles) est une ancienne commune française située dans le département d'Ille-et-Vilaine en région Bretagne, peuplée de habitantsPopulation municipale .. Elle a fusionné le avec Saint-Brice-en-Coglès pour former la commune de Maen Roch.
Géographie Situation Partie du pays de Coglais.
Relief Les altitudes varient entre 155 mètres (dans l'angle nord-est du finage communal, à la limite avec les communes de Montours et Saint-Germain-en-Coglès ; la pente générale du territoire communal descend vers le sud-ouest, l'altitude la plus basse (73 mètres) étant dans l'angle sud-ouest du territoire de cette ancienne commune, dans la vallée de la Minette, à l'endroit où ce cours d'eau quitte la commune. Le bourg est vers 110 mètres d'altitude.
Hydrographie Plusieurs affluents et sous-affuents de rive droite du Couesnon traversent ou longent le territoire de cette ancienne commune : au sud, la Minette sert de limite communale avec Saint-Sauveur-des-Landes et son affluent le Ruisseau de Vacadieu ainsi qu'un affluent de ce dernier, le Ruisseau de la Piguellerais ont leur source et traversent la partie sud de la commune ; la Loisance traverse la partie nord de la commune, passant un peu au nord du bourg (ses eaux alimentent l'étang de la Motte) et son sous-affluent le Ruisseau Venant (affluent du Ruisseau de la Sévinais, lui-même affluent de rive droite de la Loisance) sert un temps de limite communale avec Montours.
Paysages et habitat rural Saint-Étienne-en-Coglès présente un paysage agraire traditionnel de bocage avec un habitat dispersé constitué de hameaux (appelés localement "villages") et fermes isolées.
Le bourg, traditionnellement de faible importance, a beaucoup grossi dans le courant du et les premières décennies du avec la création de plusieurs lotissements à sa périphérie et des extensions, notamment, au sud du bourg, le long de la route menant à la gare (lorsque la voie ferrée existait) et, plus récemment le long de la D3155 en direction de l'autoroute A84 ; une zone d'activités économiques s'est développée à proximité de l'échangeur autoroutier.
Transports Saint-Étienne-en-Coglès est traversé du Sud au Nord, dans sa partie orientale, par l'autoroute A84 ; l'échangeur autoroutier n°30 dessert la commune, en direction de Rennes côte sud et de Caen côté nord. Le bourg y est relié par la D3155.
Saint-Étienne-en-Coglès est desservi par la D155, qui vient côté sud-est de Fougères et se dirige côté ouest vers Saint-Brice-en-Coglès.
L'ancienne ligne ferroviaire de Vitré à Pontorson a été reconvertie en voie verte au niveau de la commune.
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Ecclesia Sancti Stephani de Cogles au Dom Morice, Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 477, Sanctus Stephanus Fulgeriensis au .
C'est vers 1880 que Saint-Etienne-en-Coglais change de nom pour devenir Saint-Etienne-en-Coglès..
Le gentilé est Stéphanais..
Histoire
Préhistoire
Un grand bâtiment de plan trapézoïdal, datant de avant J.-C., entouré de fosses allongées dans lesquelles des vestiges de mobilier ont été exhumés, a été découvert au Haut-MéeYves Ménez et Stéphane Hinguant, "Fouilles et découvertes en Bretagne", éditions Ouest-France, 2010, .
Antiquité L'ancien pagus minor de Cogleis (territoire romain) est mentionné à plusieurs reprises dans l´Antiquité.
Moyen-Âge La paroisse de Saint-Etienne-en-Coglès est mentionnée dès le (ecclesia sancti stephani de Cogles) selon un acte de 1093 desservie alors par des moines de l'abbaye Saint-Serge d'Angers..
Dans le courant du l'église de Saint-Étienne appartenait aux héritiers d'un seigneur nommé Renier de Taillie, qui avait possédé aussi la chapelle de Bréal-sous-Vitré. Au Hamelin, évêque de Rennes, qui était originaire d'Angers, donna l'église aux chanoines réguliers de l'abbaye Toussaint d'Angers qui fondèrent alors à Saint-Étienne un prieuré-cure..
La seigneurie de Saint-Étienne s'étendait sur une douzaine de paroisses ; son château se trouvait route de Montours au bord de la Loisance, près du village actuel de la Cour ; il est depuis longtemps en ruine. Le seigneur était supérieur, fondateur et prééminencier de l'église paroissiale. Cette seigneurie a appartenu successivement aux familles de Saint-Étienne, Le Bret, Le Bouteiller, de Parthenay (en 1462), de Lorgeril (en 1488), de Rohan (avant 1513), de Maure, de Rochechouart (fin , de Volvire (1654, marquis de Saint-Brice-en-Coglès) et Guérin de la Gasserie.
Temps modernes De nombreux manoirs existaient : Vaugarny (, alors propriété de la famille de la Vieuville ; restauré au par la famille du Pontavice) ; La Mariais (, alors propriété de la famille Boivent) ; et des manoirs disparus de nos jours (Cour de Saint-Étienne, la Baucerie, la Touche, Bois-Henry, la Cocheraye, Rocher-Hullé, Landescat, la Frenouze, le Fail [Feuil]).
La chapelle frairienne Saint-Eustache est mentionnée pour la première fois en 1623, mais la chapelle actuelle date du ; son pèlerinage était fréquenté le jour du Vendredi Saint.
Au l'église Saint-Étienne était encore un remarquable spécimen de l'architecture romane ; elle était composée d'une nef terminée par une abside en cul-de-four, à l'entrée de laquelle s'élevait une belle tour. Ce plan fut modifié en 1615 par l'adjonction de deux transepts ; l'abside fut détruite en 1778.
Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Saint-Étienne-en-Coglès en 1778 :
Au plusieurs moines de l'abbaye Toussaint d'Angers furent successivement recteurs de la paroisse, le dernier étant Frère François Richer, pourvu de la cure le (il fit construire le presbytère) et resta en place jusqu'aux débuts de la Révolution française ; il refusa, ainsi que ses deux vicaires, de prêter le serment de fidélité à la Constitution civile du clergé, devenant donc prêtre réfractaire ; il émigra à Jersey où il décéda.
Révolution française En 1793 la commune de Saint-Étienne-en-Coglès est rattachée au canton de Saint-Brice-en-Coglès et au district de Fougères, puis à l'arrondissement de Fougères en 1801.
L'abbé Bécasse des Flégés est élu curé constitutionnel en 1792, mais il abdiqua le , se retirant dans son château des Flégés, en Baillé..
A. Marteville et P. Varin écrivent que « pendant la guerre civile qui, pendant la Révolution de 90, a si vivement agité l'arrondissement de Fougères, la commune était renommée pour son attachement aux principes nouveaux : aussi, lors d'une attaque opérée par un détachement des armées dites royales, contre ce bourg, la garde nationale de Saint-Étienne], retranchée dans le cimetière et dans l'église, fit-elle une résistance telle, qu'elle força à la retraite la troupe assez nombreuse qui, sous les ordres de l'un des frères Pilet ou de Duboisguy, avait voulu s'y établir. Pendant cette désastreuse guerre civile, il s'était formé une sorte de confédération, ou d'assurance mutuelle, contre les insurgés, si l'on peut parler ainsi, entre plusieurs communes voisines de Saint-Étienne, telles que Saint-Marc, Lécousse, Saint-Brice, etc.. Aussitôt qu'une colonne d'insurgés paraissait sur le territoire de l'une d'elles, le tocsin sonnait, et tout le monde courait aux armes. Aussi, de nos jours même [en 1853] les paysans de ces localités se vantent-ils de n'avoir point été entamés par les chouans »..
Le , Boisguy rassemble 200 hommes au château de Marigny à Saint-Germain-en-Coglès et attaque Saint-Étienne-en-Coglès : six républicains, dont un capitaine, sont tués contre un chouan lors du combatLemas, 115-116.Mémoires du colonel de Pontbriand, 67-68..
Jean Gibon, dit "la Guerre", laboureur à la Bretonnière (mari de Jeanne Chevetel) et ex-chouan, fut condamné à mort pour assassinat et vol par le Tribunal criminel départemental d'Ille-et-Vilaine le 4 thermidor an VI ().
Le L'ancienne église Saint-Étienne menace ruine en 1829 ; quelques travaux sont effectués en 1833, mais sont insuffisants. Cette église est décrite en détail par Amédée Guillotin de Corson vers 1880.
Jusqu'au milieu du le bourg de Saint-Étienne-en-Coglès est constitué uniquement d'un noyau de maisons (les plus anciennes remontent au ou au ) entourant l'église et son vaste enclos paroissial comprenant le cimetière. ; la plupart des constructions actuelles du bourg datent du , les magasins étant alors nombreux (plusieurs maisons ont conservé leurs anciennes devantures de magasin..
Une école communale de filles fut fondée en 1850, tenue par quatre religieuses de la congrégation des Adoratrices de la Justice de Dieu, qui donnaient aussi des soins aux malades pauvres..
A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Saint-Étienne-en-Coglès en 1853 :
Le est inauguré le tronçon de ligne du chemin de fer entre Fougères et Saint-Brice-en-Coglès passant par Saint-Étienne-en-Coglès, et le suivant, celui entre Saint-Brice et le Mont-Saint-Michel (Ligne de Vitré à Pontorson)..
L'abbé Riou, recteur, fait construire en 1880-1881 une école tenue par les Sœurs de Rillé, à laquelle est annexé un important pensionnat.
En 1884 la chute d'un clocheton de l'ancienne église (qui provoque de gros dégâts) entraîne la décision de raser l'édifice et de construire à sa place une nouvelle église selon les plans de l'architecte départemental Henri Mellet dans le style néoroman poitevin ; les travaux de construction débutent en 1892 et le sanctuaire est inauguré solennellement le ..
Le La Belle Époque L´ancienne mairie-école de Saint-Etienne-en-Coglès, construite vers la fin du ou le début du , est ornée d´un fronton triangulaire portant l'inscription "RF MAIRIE". Une nouvelle école des filles est construite entre 1909 et 1912 ; l'école des garçons fut agrandie en 1913. Saint-Étienne-en-Coglès à la Belle Époque
La Première Guerre mondiale Le monument aux morts de Saint-Étienne-en-Coglès porte le nom de 104 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale ; parmi eux 16 sont morts en Belgique, dont 8 le même jour dès le (Louis Bouffort, Auguste Juin, Jean Rochelle et Emmanuel Tropée à Virton, François Chotard à Neufchâteau, Louis Hamel à Châtelet, Jean Egault à Ethe et Hyacinthe Le Maignan à Rossignol), 6 en novembre 1914 (Louis Tourville, Pierre Garnier et Louis Lusley à Boezinge, Gustave Martin à Kortekeer, Louis Cotel à Bikschote et Pierre Veillant), Joseph Gaulier en 1915 et Amand Guérinel en 1916 ; Amand Montorin est mort des suites de ses blessures le dans l'actuelle Macédoine du Nord ; Pierre Huart et Pierre Thomas sont morts tous les deux de maladie en Grèce, respectivement le et le ; 77 au moins sont morts sur le sol français ; une incertitude existe pour 8 soldats pour lesquels les circonstances des décès ne sont pas indiquées..
L'Entre-deux-guerres Le monument aux morts de Saint-Étienne-en-Coglès a la forme d'un pilier commémoratif monté sur un piédestal et surmonté de la statue du Poilu victorieux dû à Eugène Bénet ; le monument est orné d'une croix latine, d'une palme du martyre et d'une Croix de guerre et porte les noms des morts pour la France de la Première Guerre mondiale ; ceux des autres guerres du ont été rajoutés par la suite..Une plaque commémorative en plâtre se trouve aussi dans l'église paroissiale..
Le bourg comptait alors de nombreux commerces et artisanats, par exemple 4 sabotiers.
Le trafic voyageurs sur la ligne ferroviaire Vitré-Pontorson via Fougères, Saint-Étienne-en-Coglès et Saint-Brice-en-Coglès ferme en 1938.
La Seconde Guerre mondiale Le monument aux morts de Saint-Étienne-en-Coglès porte les noms de 6 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale ; parmi ces victimes Léon Roullier est un soldat mort au printemps 1940 lors de la Bataille de France ; les circonstances des décès des 5 autres victimes (L. Guérault, A. Herbert, J. Lainé, J. Loysance et A. Noure sont pas précisées.
L'après Seconde Guerre mondiale Julien Houdusse est mort pour la France pendant la Guerre d'Indochine.